Articles pour le tag: Hegel

Iena 1803

Histoire, Philosophie, Politique 1 commentaire »

Francfort, vers 1799-1800, Hegel découvre l’économie : seul le marché permet réellement la satisfaction du désir de chacun (et l’individuation des désirs). Via les marchandises, les lois et la monnaie, les désirs individuels collaborent et se détruisent peu. Malheureusement le Droit, reposant sur une propriété privée non limitée, n’empêche pas les exclus ; pis, il les paupérise. Comment, donc, faire avec les avantages du marché, mais au-delà du marché ?
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Quand j’entends le mot bravitude, je sors mon revolver

Histoire, Philosophie 7 commentaires »

Ce 8 mai, alors que je tentais d’écrire un petit Morbleu qui ne verra peut-être pas le jour au lieu de m’adonner à des activités sérieuses, je me suis dis que la note de bas de page que j’envisageais était un peu longue pour être claire, et abordait un sujet trop grave pour n’être qu’une note de bas de page. Il s’agit d’une réflexion qui m’est venue suite à la lecture d’un texte de Hegel. Lire la suite »

Où l’on découvre l’existence d’une école de philosophie pratique

Pausanias le Périégète 1 commentaire »
Texte 4 sur 8 de Voyage aux Amériques

The School of Practical PhilosophyDans le métro, on voit des publicités pour une énigmatique School of Practical Philosophy qui promet en quelques leçons d’enseigner le bonheur et la liberté. Sans doute du stoicisme-épicurisme ré-assaisonné à la sauce New Age : on a pas fait mieux depuis. Il est écrit en préambule de la constitution que tout le monde en Amérique à droit « à la recherche du bonheur » (titre d’un film de Will Smith où figurent quelques bonnes scènes, comme celle où, quasi SDF, il se trouve à dormir avec son enfant dans les toilettes du métro). Je crois qu’on doit cette idée à Jefferson. Initialement, si je me souviens bien de mon Kaspi, cela signifiait avant tout qu’on avait le droit d’être riche, d’évoluer dans la hiérarchie, qui que l’on soit. C’était une revendication pour un égalitarisme de droit.

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Socrate, Montaigne et la modernité

Doxographies 3 commentaires »

HegelHegel [1] refusait d’accorder à Montaigne le statut de philosophe, comme si celui-ci n’appartenait pas à l’histoire de la pensée, à l’histoire de la philosophie. Pourtant, il est clair que Montaigne s’avère décisif sur bien des points pour comprendre notre modernité. De Socrate, Montaigne tirait des leçons pratiques adaptées à son temps ; pour le lecteur de Montaigne d’aujourd’hui, il est possible d’en faire de même à partir des Essais. Car, n’en déplaise à Hegel, Montaigne marque un tournant dans la pensée européenne quant aux rapports qu’elle entretient avec le légendaire, la connaissance et l’homme. Par conséquent, quels enseignements peut-on tirer du, ou plutôt des socratismes de Montaigne ? Lire la suite »

Comment justifier le fait de dire trop de bêtises ?

Modes d'emploi 5 commentaires »

Paul MorandConstat : alors que les deux servent à produire le même son, il y a plus de K en allemand qu’en français, et l’inverse pour les C. L’emploi des lettres tend donc à l’équilibre. Quoi, parler d’équilibre dans l’usage des lettres est une vilénie ? Permettez-moi Mesdames, Messieurs, de vous signaler que pour le coup l’emploi des lettres n’est pas pur hasard, Paul Morand signalait que pour Leibniz le K était le favori des Allemands parce qu’il évoquait la puissance, alors de Nerval l’avait déjà en horreur. Cet équilibrage pourrait tout à fait être conscient.

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Jean-François Kahn, Où va-t-on ? Comment on y va…

Choses dites, choses vues, Doxographies, Philosophie, Politique 7 commentaires »

Jean-François Kahn« Quand Jean-François Kahn devient philosophe ». Cette annonce méritait bien la une du Point de cette semaine1. C’est aussi écrit sur la tranche du magazine pour que les lecteurs archivant leurs numéros puissent retrouver facilement cet exemplaire annonçant cette si heureuse nouvelle. Jean-François publie ces jours-ci « un vrai traité de philosophie » (sic) « malicieusement intitulé Où va-t-on ? Comment on y va… » Problématique : « L’Histoire a-t-elle un sens ? Où le « progrès » nous mène-t-il ? »

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Cyclosophie

Philosophie, Sport studies 1 commentaire »

La Dali mobileOn peut affirmer sans trop se tromper que de tous nos philosophes, seul Cioran fut véritablement cycliste. « J’ai parcouru la France entière à bicyclette » a-t-il un jour affirmé, mais il se ventait beaucoup.

 

Mais qu’auraient fait tous les autres philosophes, s’ils avaient pédalé ?

 

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De la fin de l’histoire

Histoire, Politique Pas de commentaire »

Francis FukuyamaFukuyama pense que la démocratie libérale se trouve à la fin de l’histoire. Marx pensait que c’était la société sans classes. Du coup, Lénine, suivant le mot de Popper, « appuyait l’inévitable » afin de précipiter la chute de la société capitaliste. Il suffisait d’aider l’histoire à s’accélérer. De même, Fukuyama trouve que les néoconservateurs font preuve d’historicisme, puisqu’il pense que ceux-ci veulent « appuyer l’inévitable » arrivée de la démocratie.

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Le secret de la PlayStation

Economie Pas de commentaire »

PlayStation 3Si la fameuse PlayStation eut un tel succès, c’est, il me semble, parce qu’il était possible de pirater les jeux avec celle-ci. Les autres consoles utilisaient des systèmes incopiables, ou très difficilement copiables. La PlayStation, moyennant une infime modification technique, permettait de pouvoir graver les CD de jeux, et de les utiliser. Ainsi, les joueurs, avertis de cette possibilité, se précipitaient vers la PlayStation pour bénéficier gratuitement des multiples jeux. Cette possibilité avait-elle été laissée ouverte sciemment par Sony ?

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Du pacifisme

Philosophie, Politique Pas de commentaire »

Tian’anmen Un des arguments principal des opposants à l’intervention militaire américaine en Irak fut de vouloir évacuer la guerre comme moyen permettant d’affirmer une décision politique, au profit de celle privilégiant la voie diplomatique, plus louable en apparence. En France, le ministre des affaires étrangères alors en place, Dominique de Villepin, et le président de la République, autrement dit le chef des armées, Jacques Chirac n’en dirent pas moins. Nous voulons ici discuter de la validité de cet argument, sans chercher à savoir si ceux qui l’ont brandi l’ont fait au nom d’une pure conviction en sa vérité, ou bien si plutôt ils l’ont fait en raison de ce qu’il permettait, à savoir, fournir un moyen fiable de compenser l’incapacité militaire en donnant la possibilité d’exister sur le plan international avec une certaine autorité morale. Car en effet, si l’on peut douter de la conviction qu’ont eu nos élites politiques, il n’en reste pas moins qu’un grand nombre de personnes eurent quant à elles une foi inébranlable dans cette affirmation, une foi quasiment religieuse, au point que l’on puisse presque interpréter les nombreuses manifestations pacifistes ayant eu lieu comme de vastes communions humaines voulant faire converger l’humanité vers un idéal de paix, annonçant un absolu paradisiaque devant prochainement s’accomplir ; or c’est justement cet argument, vieille résurgence de la pensée hippie que l’on peut résumer en « faites l’amour pas la guerre », que nous voulons critiquer pour voir ce qu’il autorise et quelles en sont les limites.

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