Articles pour la catégorie : 'Philosophie'

Ça n’ira pas mieux demain

Philosophie 4 commentaires »

Une idée assez répandue et assez positiviste au sujet du remède à la corruption de notre monde damné, est qu’il faudrait en premier lieu mettre l’accent sur l’éducation des enfants pour qu’il s’améliore. La société est en effet faite d’hommes, qui hier étaient des enfants. C’est parce que cette jeune pâte fut pétrie par de mauvais boulangers que le monde d’aujourd’hui court à cloche-pied. Les parents d’hier portent la responsabilité de la détresse de notre monde, eux qui ont mal éduqué ceux qui, adultes, sont devenus des tyrans. Il ne tient qu’aux parents d’aujourd’hui de prendre conscience que ce sont leurs enfants qui produiront la société de demain, et il suffit donc pour eux de les éduquer correctement afin que tout aille mieux.

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Comment Martin (Heidegger) a pécho Hannah (Arendt)

Philosophie, Sexus Empiricus 3 commentaires »

On se souvient que Martin (Heidegger) avait « un piège à fille, un piège tabou, un joujou extra, qui fait crac boum hu : les filles en tombent à ses [mes] g’noux » (© Jacques Dutronc Jacques Lanzmann). Cette arme, c’était une lettre d’amour type que Martin n’hésitait pas à envoyer à toutes ses conquêtes, ce qui énervait beaucoup sa femme Elfride.

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Le transcendantal

Doxographies, Philosophie 11 commentaires »

Lorsque l’on entend le mot « transcendantal », on pense immédiatement à deux personnes. Salvador Dali, qui usait abondamment de ce mot d’une façon bien particulière, mais qui relève peut-être plus de l’anecdote − quoique Dali ait lu Kant et bien d’autres philosophes, comme Nietzsche. Kant, qui fit de ce mot un usage proprement philosophique, et qui fut le premier à l’utiliser massivement dans sa philosophie : il parle en effet de philosophie transcendantale, de déduction transcendantale, de logique transcendantale, de liberté transcendantale, de sujet transcendantal, d’usage transcendantal, de réalisme transcendantal.

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La consultation philosophique par Eugénie Vegleris

Doxographies, Philosophie 3 commentaires »

Que peut faire un philosophe à part « professeur de philosophie » ? Ce livre donne une réponse possible : la consultation philosophique.

Eugénie Vegleris a d’abord travaillé comme professeur de philosophie, puis a choisi de monter son affaire. Son livre offre de nombreux exemples concrets et illustrés de ce qu’est son travail.

La consultation philosophique ne doit pas se confondre avec la formation philosophique ou avec le coaching. La formation doit apporter des compétences en un temps donné tandis que le coaching sert à diriger quelqu’un. La consultation philosophique, qui requiert un temps indéterminé, vise plutôt la liberté des individus.

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On ne naît pas doté du sens commun : on le devient

Philosophie 6 commentaires »

Imaginez Adam, le premier jour de sa vie, adulte et sachant parler. Il voit Eve et veut lui dire qu’il est heureux d’être avec elle dans le jardin d’Eden. Mais il est arrêté par un doute : « Dieu m’a donné un langage et il a dû donner le même à Eve, mais comment savoir si Eve comprendra ce que je lui dis ? Je veux lui dire que je suis heureux, mais peut-être qu’elle ne met pas le même sens que moi derrière le mot « heureux ». Peut être que le mot « heureux » désigne chez elle un sentiment très différent de celui auquel je pense. Comment savoir si nous nous comprendrons ? » Ce problème concerne toute communication.

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Pour en finir avec l’agrégation, le CAPES, et accessoirement aussi avec la philosophie (au lycée)

Philosophie, Société 16 commentaires »

Ayant eu ces derniers mois l’occasion d’observer de près le fonctionnement des prestigieux concours de recrutement de l’enseignement supérieur en philosophie que sont les célèbres agrégation et CAPES, je ne peux m’empêcher de livrer quelques unes de mes impressions, très certainement partiales, partielles et subjectives, dont on m’excusera la longueur, le style et la témérité.

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Bernard-Henri Lévy, malade du botulisme

Choses dites, choses vues, Philosophie 8 commentaires »

Bernard-Henri Lévy« Pour se reproduire, le philosophe ne pénètre pas : il se retire. » Ainsi le philosophe Jean-Baptiste Botul parvient-il à résoudre, en substance, le profond paradoxe de la philosophie kantienne, ou plutôt du philosophe Kant : celui de la cohérance entre sa vie et son oeuvre.

Voici le problème. En théorie, si on veut agir moralement en adéquation avec son humanité, l’impératif catégorique auquel on doit obéir impose « d’agir de telle sorte que l’on puisse vouloir que chacun agisse de la même sorte.» En pratique, Kant ne le respecte pas sur (au moins) un point : il est resté célibataire et sans enfants, et l’on ne peut pas vouloir que chacun suive cette voie puisqu’alors il n’y aurait plus d’humanité. D’où une contradiction. Sans doute est-ce ce qui interrogea également Bernard-Henri Lévy à l’endroit de Jean-Baptiste Botul.

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Onfray attaque Freud, Miller contre-attaque

Choses dites, choses vues, Philosophie 70 commentaires »

Michel OnfrayAprès Dieu, après Kant, la nouvelle cible de Onfray se nomme Freud. Un débat à ce sujet entre Jacques-Alain Miller et lui-même est publié ces jours-ci dans Philosophie Magazine. Je ne l’ai pas encore lu et me garderait bien dans tirer des conclusions trop hâtives : il ne faut pas juger sans avoir tout examiné.

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L’Eternel Retour

Philosophie 10 commentaires »

Gilles DeleuzeDeleuze a donné une interprétation de l’Eternel Retour de Nietzsche si pertinente qu’on la prend volontiers pour la thèse que Nietzsche défendait lui-même, tout en ignorant bien souvent que cette conception est en fait de Deleuze. Laissons de côté, pour l’instant, ce que Nietzsche disait lui-même à ce sujet, pour nous concentrer sur ce que Deleuze entendait.

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Les ongles de Deleuze

Philosophie 1 commentaire »

Gilles DeleuzeDans les Pourparlers, qui sont à Deleuze ce que les Dits et Ecrits, en gros et en plus gros, sont à Foucault, on lit :

Deuxième exemple : mes ongles qui sont longs et non taillés. À la fin de ta lettre tu dis que ma veste d’ouvrier (ce n’est pas vrai, c’est une veste de paysan) vaut le corsage plissé de Marilyn Monroe, et mes ongles, les lunettes noires de Greta Garbo. Et tu m’inondes de conseils ironiques et malveillants. Comme tu y reviens plusieurs fois, à mes ongles, je vais t’expliquer. On peut toujours dire que ma mère me les coupait, et que c’est lié à Œdipe et à la castration (interprétation grotesque, mais psychanalytique). On peut remarquer aussi, en observant l’extrémité de mes doigts, que me manquent les empreintes digitales ordinairement protectrices, si bien que toucher du bout des doigts un objet et surtout un tissu m’est une douleur nerveuse qui exige la protection d’ongles longs (interprétation tératologique et sélectionniste). On peut dire encore, et c’est vrai, que mon rêve est d’être non pas invisible, mais imperceptible, et que je compense ce rêve par la possession d’ongles que je peux mettre dans ma poche, si bien que rien ne me paraît plus choquant que quelqu’un qui les regarde (interprétation psycho-sociologique). On peut dire enfin : « Il ne faut pas manger tes ongles parce qu’ils sont à toi ; si tu aimes les ongles, mange ceux des autres, si tu veux et si tu peux » (interprétation politique, Darien). Mais toi, tu choisis l’interprétation la plus moche : il veut se singulariser, faire sa Greta Garbo. En tout cas c’est curieux que, de tous mes amis, aucun n’a jamais remarqué mes ongles, les trouvant tout à fait naturels, plantés là au hasard comme par le vent qui apporte des graines et qui ne fait parler personne.

Gilles Deleuze, « Lettre à un critique sévère », Pourparlers 1972-1990, p. 13-14.

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