Articles pour le tag: Marx

Comment gagner les élections ? Que la volonté particulière est introuvable

Politique 2 commentaires »

N’en déplaise aux méchants rousseauistes, le dernier épisode a montré que la prétendue « volonté générale », quand bien même on la considérerait exister, est introuvable. Si tant est qu’elle existe, elle existe de la même façon qu’une chose en soi pour Kant : une entité à laquelle on ne peut avoir accès directement, dont on ne sait l’existence que par la façon dont elle se phénoménalise à nous ; au mieux peut-on la penser, mais pas la connaître. De même, cette volonté générale que l’on pense fondatrice de tout le politique est obligée de se phénoménaliser suivant une certaine procédure. Lorsque les citoyens décident, ils doivent en passer par certaines procédures de décision, afin de faire émerger la volonté générale, et il y a presque autant de volontés générales qu’il y a de procédures de décision, si bien que le plus sûr moyen de gagner une élection consiste encore à choisir le mode de scrutin le plus favorable.

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Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, cours du 31 janvier 1979

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Bernard BerensonIl existe une « phobie d’État », la peur, comme dit Berenson, de « l’invasion de l’humanité par l’État ». Celle-ci s’explique par maintes raisons, comme, principalement la crainte du soviétisme, du nazisme, du planisme, qui sont des trop-plein d’État. Les phobiques de l’État, souvent exilés politiques, exportèrent ces idées sur d’autres terres et les diffusèrent.

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L’open space et le panoptique, le pouvoir et le travail

Société 14 commentaires »

L'open space m'a tuerVoici une petite compilation de deux commentaires donnés au sujet du problème de l’open space, et plus largement au problème de l’organisation du travail contemporaine, réagissant à La dictature de l’« ambiantal » chez Yves Michaud et à L’open space l’a tuer chez Sciigno.

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L’argument d’autorité

Modes d'emploi 2 commentaires »

Pic de la MirandolePeut-on à jamais en finir avec les arguments d’autorité du type : « c’est vrai parce que X l’a dit », « je le crois parce que X l’a dit », « X dit le contraire de Y donc je ne crois pas ce que dit ce dernier car moi je ne crois que X » ? Qui emploie ce genre d’argument se voit la plupart du temps disqualifié par l’interlocuteur qu’il pensait convaincre et qualifié de sophiste, au motif qu’un avis n’est pas nécessairement vrai parce que « magister dixit » : d’un point de vue strictement logique, la vérité d’un énoncé est indépendante de l’énonciateur. Qu’une opinion soit professée par Aristote ou proférée par un lambda ne la rend ni plus vraie ni plus fausse, et tout argument de ce type est par conséquent à ranger parmi les armes de la vile rhétorique, et non dans le canon d’une méthodologie scientifique rigoureuse.

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Le télétravail, stade suprême du capitalisme

Economie 3 commentaires »

Frédéric Lefebvre

Dans un congé maladie, vous pouvez parfaitement être handicapé et maintenu à votre domicile sans pour autant avoir perdu ni vos facultés intellectuelles, ni votre énergie. (…) Plutôt que d’être éloigné très longtemps de votre travail et si vous souhaitez continuer de travailler et ne pas prendre le risque qu’à votre retour, les choses aient été bouleversées dans l’entreprise, cela peut vous donner une sécurité.

Frédéric Lefebvre, à propos de la proposition d’amendement sur le télétravail

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La barbe !

Société 7 commentaires »

Arthur SchopenhauerOn peut même voir, comme symptôme extérieur de la grossièreté triomphante, la compagne habituelle de celle-ci, la longue barbe ; cet attribut sexuel au milieu du visage indique que l’on préfère à l’humanité la masculinité commune aux hommes et aux animaux. On veut avant tout un homme, et seulement après un être humain. La suppression de la barbe, à toutes les époques et dans tous les pays hautement civilisés, est née du sentiment légitime opposé : celui de constituer avant tout un être humain, en quelque sorte un être humain in abstracto, sans tenir compte de la différence animale de sexe. La longueur de la barbe a toujours, au contraire, marché de pair avec la barbarie, que son nom rappelle. Voilà pourquoi les barbes ont fleuri au Moyen Âge, ce millénium de la grossièreté et de l’ignorance, dont nos nobles contemporains s’efforcent d’imiter le costume et l’architecture.

Oussama Ben LadenLa barbe, dit-on, est naturelle à l’homme. Assurément : et pour ce motif elle lui convient parfaitement dans l’état de nature ; mais sa suppression lui convient de la même façon dans l’Etat civilisé. Celle-ci témoigne en effet que la force bestiale, dont le signe caractéristique est cette excroissance particulière au sexe mâle, a dû céder à la loi, à l’ordre et à la civilisation. La barbe augmente la partie animale du visage et la met en relief : elle lui donne par là son aspect si étrangement brutal : on n’a qu’à regarder de profil un homme à barbe pendant qu’il lit ! On voudrait faire passer la barbe pour un ornement : c’est un ornement que, depuis deux cents ans, on n’était accoutumé à trouver que chez les juifs, les Cosaques, les capucins, les prisonniers et les voleurs de grands chemins. La férocité et l’air atroce que la barbe imprime à la physionomie proviennent de ce qu’une masse respectivement sans vie occupe la moitié du visage, et la moitié exprimant le côté moral. En un mot, toute la pilosité est bestiale, tandis que la suppression est le signe d’une civilisation supérieure. La police est d’ailleurs en droit de défendre la barbe, parce qu’elle est un demi-masque sous lequel il est difficile de reconnaître son homme, et qui favorise tous les désordres.

Arthur Schopenhauer, Contre la philosophie universitaire (1851), Éditions Payot & Rivages, 1994, p. 117.

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De la moralité religieuse

Politique Pas de commentaire »

Alexis de TocquevilleLa religiosité n’est pas nécessaire à l’action morale. On sait au moins depuis Diderot qu’il est parfaitement possible d’agir moralement tout en étant athée. Même, alors qu’on pourra toujours soupçonner un croyant d’agir moralement uniquement par peur de Dieu ou désir d’une récompense dans la vie prochaine, on ne pourra jamais faire ce reproche à un athée, de sorte qu’à première vue, le motif qui pousse l’athée à agir moralement est plus pur que celui du croyant.

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La Théorie critique du sport

Sport studies 2 commentaires »

Marc PerelmanLa « Théorie critique du sport », avec un grand « T », est la principale source de contestation du phénomène sportif. Le sport apparaît de plus en plus ancré institutionnellement. STAPS dans les Universités, Ministre des sports, éducation physique et sportive (EPS) à l’école, CIO : on ne compte plus les organismes ayant décidé de le structurer, de le diffuser, de l’imposer. La mission est accomplie puisque le sport est aujourd’hui universellement célébré, des plus pauvres aux plus riches, des dictatures aux démocraties, du prolétaire au professeur.

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Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare

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Gustave de MolinariGustave de Molinari (3 mars 1819 à Liège – 28 janvier 1912 à Adinkerke) était un économiste belge, membre de la Société d’économie politique de Paris dont il fut même le président d’honneur jusqu’à sa mort. Il fut aussi directeur du Journal des économistes, auquel contribuera notamment Frédéric Bastiat. On dit que Molinari fut d’ailleurs disciple de ce dernier. Du point de vue des idées, cela est incontestable. On présente ainsi souvent Molinari comme l’inventeur de l’anarcho-capitalisme, comme le père de « l’ultralibéralisme », comme un partisan forcené de la non-régulation absolue.

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Karl Marx, Le Capital, La thésaurisation

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Karl Marx Le texte que nous étudions ici est extrait du troisième chapitre du premier livre du Capital de Karl Marx où l’auteur s’intéresse au processus ou procès (Prozeß) de la circulation des marchandises et du rôle qu’y tient l’argent (Geld). Plus précisément, c’est à la Schatzbildung, littéralement la formation de trésors, que nous choisissons de rendre par « thésaurisation » qui est son équivalent français provenant du latin thesaurizare « amasser un trésor », qu’est dédié ce texte.

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