Articles pour le tag: Revel

Finkielkraut, Glucksmann, Bruckner et BHL

Choses dites, choses vues 5 commentaires »

BHL entartéIl est de bon ton de critiquer les intellectuels médiatiques, tels que Finkielkraut, Glucksmann, Bruckner ou BHL. La posture qu’ils investissent est souvent irritante. Donneurs de leçons pour la plupart, n’hésitant pas, tel Sartre à la sortie des usines Renault, à se tenir debout avec un porte-voix au sommet des Majuscules des Grands Concepts : La Loi, La Liberté, La Démocratie, Le Totalitarisme, Le Racisme, La Laïcité. À énoncer, du haut de leurs bidons, ce qu’est Le Bien, ce qu’est Le Mal, ce qu’est La Justice et L’Injustice. À bidonner sur ce qu’il faut faire et ne pas faire, mais s’accordant tous sur un point : qu’il faut les écouter, déguster le miel de chacune de leur parole en appréciant toute leur valeur gourouesque et évangélique. Lire la suite »

Socrate, Montaigne et la modernité

Doxographies 3 commentaires »

HegelHegel [1] refusait d’accorder à Montaigne le statut de philosophe, comme si celui-ci n’appartenait pas à l’histoire de la pensée, à l’histoire de la philosophie. Pourtant, il est clair que Montaigne s’avère décisif sur bien des points pour comprendre notre modernité. De Socrate, Montaigne tirait des leçons pratiques adaptées à son temps ; pour le lecteur de Montaigne d’aujourd’hui, il est possible d’en faire de même à partir des Essais. Car, n’en déplaise à Hegel, Montaigne marque un tournant dans la pensée européenne quant aux rapports qu’elle entretient avec le légendaire, la connaissance et l’homme. Par conséquent, quels enseignements peut-on tirer du, ou plutôt des socratismes de Montaigne ? Lire la suite »

Introduction. Socrate et Montaigne, philosophes aux mille visages

Doxographies 1 commentaire »

MontaigneIl devient banal de souligner la multiplicité de Montaigne. Il n’y a en effet pas un, mais une infinité de Montaigne dans les Essais. Un passe-temps favori de l’auteur est de s’émerveiller dès qu’il le peut de cette différence, de souligner qu’il est comme un flux héraclitéen qui sans cesse change. « Distinguo est le plus universel membre de ma logique » nous dit-il, maxime qu’il s’efforce d’appliquer à chaque sujet, trouvant, dans ce qui semble a priori le plus simple et le plus convenu, la complexité la plus inattendue. De son dessein de se peindre « tout entier et tout nu », il en ressort le tableau d’un homme qui est différent à chaque page, car à chaque fois envisagé selon un autre point de vue. Montaigne use en effet souvent de ce verbe « peindre ». Comme le remarque Philippe Desan [1], il est un inventeur de l’impressionnisme avant l’heure, se plaisant à ne donner du réel que ce que sa conscience en remarque sur l’instant, pouvant dresser ainsi des images presque opposées d’un même objet à quelques moments d’intervalle, tout comme Monet rendait vingt toiles de la cathédrale de Rouen en une seule journée. Ainsi les commentateurs se perdent-ils dans les chemins ouverts par Montaigne : certains le disent athée, d’autres fidéiste ; certains le dépeignent hédoniste, d’autres ascète ; certains le catapultent réformateur, voire révolutionnaire, d’autres conservateur.

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Le PS touché par le syndrome floridien

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Martine AubryQui ne souvient pas de l’élection présidentielle américaine 2000 si indécise en raison du comptage et recomptage des votes en Floride ? Que n’avait-on entendu à l’époque ? Les États-Unis prouvaient là qu’ils n’étaient plus qu’une république bananière, si tant est qu’ils avaient été un jour démocratiques. Ce pays trop sûr de lui, impérialiste, capitaliste, insolent, au-dessus des lois voire hors-la-loi dévoilait enfin explicitement son essence fasciste.

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Descartes, le dernier philosophe médiéval

Philosophie Pas de commentaire »

René Descartes« C’était une démarche totalement contre nature, et qui constituait un simple renouvellement de l’esprit scolastique, que de vouloir tirer d’une idée forgée de façon entièrement arbitraire l’existence de l’objet correspondant à cette idée » (Kant, « De l’impossibilité d’un preuve cosmologique de l’existence de Dieu », Critique de la raion pure). Ainsi se trouve confirmée l’opinion de Revel sur Descartes, à savoir, qu’il constitue le dernier penseur médiéval. Cela dit, on peut alors étendre cette remarque à tous ceux voyant dans l’argument ontologique une certitude apodictique, et cela de Leibniz à Hegel.

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La sophistique de Jean-François Revel

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Jean-François RevelBien qu’ayant longtemps été très acquis à Revel, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur certains points. Ainsi, dans sa préface à son Anthologie de la poésie française, il nous dit que finalement, les particularités de la langue ne suffisent pas à empêcher l’éclosion de poètes de telle ou telle langue : dire cela, ce serait plutôt une excuse dont on se sert pour justifier un manque de talent.

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Qu’est-ce que comprendre une oeuvre d’art ?

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Jean-François RevelLes musées sont souvent le lieu d’intenses débats entre les spectateurs au sujet des oeuvres d’art qu’ils peuvent rencontrer. Ils se font part, entre eux, de leurs impressions, parfois au point d’en faire profiter même ceux qui ne souhaiteraient pas entendre leurs opinions et voudraient pouvoir goûter à ce qui se présente devant eux dans la plus grande quiétude et dans un silence presque religieux, digne d’une assemblée de quakers. Hélas, cela est rarement possible, au point que dans ses Mémoires, Jean-François Revel propose que l’interdiction de parler qui est faite dans les cinémas soit étendue aux musées et même à toute oeuvre d’art. C’est peut-être un verdict sévère que celui-ci, et peut-être n’est-il justifié qu’en partie. Car, c’est presque un truisme, mais si les gens parlent devant un tableau, une sculpture, un édifice, c’est tout simplement parce qu’ils ont quelque chose à dire au sujet de l’oeuvre qui s’offre à eux. Quelque chose à dire, qui n’est pas nécessairement des plus intelligents – et c’est cela qui semble gêner Revel, mais quelque chose quand même. Le contenu de ce quelque chose est varié, mais d’une manière générale, il concerne la façon dont les gens ont compris ce dont il parle. Et s’il y a discussion, c’est parce qu’ils veulent en débattre avec les autres : leur dire comment ils l’ont compris et savoir comment eux l’ont compris. Pour Revel, la plupart des spectateurs qu’il entend autour de lui semblent mal comprendre, ou tout du moins, moins bien que lui ou certaines personnes, d’où son irritation, qui peut-être est justifiée.

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Faut-il se fier à ses intuitions ?

Philosophie Pas de commentaire »

Archimède Qui n’a jamais entendu parler de la très célèbre « intuition féminine » ? C’est un fait connu que les femmes ont comme un « sixième sens » qui leur permet de sentir mieux que les hommes. Ce sixième sens, à l’inverse du bon sens cartésien, est la chose la moins bien partagée du monde puisque les hommes en revanche semblent être totalement dépourvus de cet organe fabuleux. Pourquoi? Parce que les hommes ont la réputation d’être plus rationnels, plus bruts, plus fermés aux sentiments, au mysticisme. On voit donc qu’à travers cette caractérisations des deux sexes s’opposent le rationnel du coté des hommes, à l’irrationnel du coté des femmes. Les intuitions se trouvent être quelque chose de féminin, s’opposant à la raison.

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Préface de Jean-François Revel à Pourquoi il faut aimer l’Amérique

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Jean-François Revel Revel avertit le lecteur dans sa préface que l’essai qu’il va lire n’est pas simplement une sorte de « pamphlet pro-américain ». Non. En effet, D’Souza est peut-être admiratif de son pays d’adoption. Il n’en reste pas loin qu’il ne perd pas le sens de l’objectivité puisqu’il n’hésite pas à établir certaines critiques lorsque celles-ci se montrent raisonnables – au sens de rationnelles.

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