Articles pour le tag: Morale

Ça n’ira pas mieux demain

Philosophie 4 commentaires »

Une idée assez répandue et assez positiviste au sujet du remède à la corruption de notre monde damné, est qu’il faudrait en premier lieu mettre l’accent sur l’éducation des enfants pour qu’il s’améliore. La société est en effet faite d’hommes, qui hier étaient des enfants. C’est parce que cette jeune pâte fut pétrie par de mauvais boulangers que le monde d’aujourd’hui court à cloche-pied. Les parents d’hier portent la responsabilité de la détresse de notre monde, eux qui ont mal éduqué ceux qui, adultes, sont devenus des tyrans. Il ne tient qu’aux parents d’aujourd’hui de prendre conscience que ce sont leurs enfants qui produiront la société de demain, et il suffit donc pour eux de les éduquer correctement afin que tout aille mieux.

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Mais comment être fier ? Où l’on revient à ses vieilles amours kantiennes

Société 1 commentaire »
Texte 3 sur 3 de Kant et la gay pride

Si l’on suit l’analyse du billet précédent, le mérite moral seul autoriserait à être fier. Mais même en ne l’associant qu’au mérite moral, la fierté semble galvaudée : on pourrait être fier de la moindre action tant qu’elle nous a coûté. Sitôt qu’on agit on peut être fier. Mais la fierté ne doit-elle pas rester quelque chose d’un peu exceptionnel, ou d’un moins d’un peu précieux ? Le concept de mérite moral pourrait en fait jouer contre la fierté.

Kant, par exemple, affirme
« qu’il faut que le devoir, et non le sentiment du mérite [la prétention à pouvoir intimement croire à sa propre magnanimité et au caractère noble et méritoire de sa manière de penser], ait sur l’esprit l’influence non seulement la plus déterminée [précise], mais aussi, s’il est représenté sous le vrai jour de son inviolabilité, la plus pénétrante [efficace] », in Critique de la raison pratique, « Doctrine de la raison pratique pure », Ak V,157, p.288 chez GF.

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La Fierté et le mérite moral. Où l’on tente une analyse d’inspiration gnourosienne

Société 2 commentaires »
Texte 2 sur 3 de Kant et la gay pride

Le militant d’une minorité attaquant les préjugés et les mots sans s’occuper de trouver des excuses à ceux qui les ont employés (sans doute parce que son propos n’est pas de juger et condamner mais de constater que ce n’est pas cool), pourrait bien se fourvoyer. Tentons de soulever un mauvais aspect de sa démarche. Le militant est fier sans raison, comme le chauvin. Or le chauvinisme c’est pas bien (enfin y parait). Ainsi, la fierté non justifiée, c’est ça le mal1, un mal partagé par le minoritaire et le majoritaire. Pis, ça pourrait être à la base d’une fierté d’être normal, et donc d’une tendance à jeter l’opprobre sur ceux que l’on juge différents. Le moyen, même s’il paraît nécessaire, nuirait à la fin : déclarer sa fierté d’être X, c’est illogique, contradictoire, voire contre-productif.

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La revendication positive

Société 15 commentaires »
Texte 1 sur 3 de Kant et la gay pride

« La fierté sans le mérite, c’est déjà de l’orgueil ».
Tel est le cri de ralliement que je propose – pourvu qu’on en parle.

Il faut râler contre les marches des fiertés. Ce ne sont pas des marches, mais les échoppes d’un marcher de l’exhibition. Chacun peut y trouver le produit X auquel il veut être assimilé et qui lui sert à s’exhiber. Tiens, un vendeur de choucroute et un autre d’humus. Cette année je serai fier d’être un juif allemand, l’inspiration vient en marchant.
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Quelques gouttes d’huile de coude dans la Rolex

Société 7 commentaires »

L’un des nombreux mérites de l’ouvrage Qu’est-ce que le mérite ? publié par Yves Michaud est d’insister et de creuser la distinction entre deux sortes de mérite : le mérite rétributif d’une part, et le mérite moral d’autre part. Le mérite se dit en effet en plusieurs sens, et il importe de les distinguer très exactement − au lieu de quoi on se risque à d’importantes méprises aux importantes conséquences.

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L’Eternel Retour

Philosophie 10 commentaires »

Gilles DeleuzeDeleuze a donné une interprétation de l’Eternel Retour de Nietzsche si pertinente qu’on la prend volontiers pour la thèse que Nietzsche défendait lui-même, tout en ignorant bien souvent que cette conception est en fait de Deleuze. Laissons de côté, pour l’instant, ce que Nietzsche disait lui-même à ce sujet, pour nous concentrer sur ce que Deleuze entendait.

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Le centrisme vertical

Politique 3 commentaires »

Max WeberBertrand Russell (1872 – 1970) avait coutume de rendre compte des atrocités du XXe siècle par le fait que l’humanité avait incomparablement progressé intellectuellement, mais que du point de vue moral, elle n’avait fait que du surplace, voire était retournée à l’âge de pierre. Si l’homme avait été capable d’entrer dans l’ère atomique, il fut incapable de se rendre compte que construire la bombe A pour l’envoyer sur une partie de l’humanité n’était pas acceptable. S’il avait été capable de développer techniques et technologies, il fut incapable de juger immoral de ne pas les utiliser dans des buts d’asservissement.

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De la moralité religieuse

Politique Pas de commentaire »

Alexis de TocquevilleLa religiosité n’est pas nécessaire à l’action morale. On sait au moins depuis Diderot qu’il est parfaitement possible d’agir moralement tout en étant athée. Même, alors qu’on pourra toujours soupçonner un croyant d’agir moralement uniquement par peur de Dieu ou désir d’une récompense dans la vie prochaine, on ne pourra jamais faire ce reproche à un athée, de sorte qu’à première vue, le motif qui pousse l’athée à agir moralement est plus pur que celui du croyant.

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La morale rousseauiste de Kant

Doxographies Pas de commentaire »

KantAu fond, l’impératif catégorique est rousseauiste. « Agis de telle sorte que tu puisses vouloir que tout le monde agisse ». Là est la volonté générale. Il faut s’y plier. La morale kantienne n’est que rousseauisme déguisé. C’est donc à jeter. Mais la dissimulation était habile.

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Le fondement de la morale

Philosophie, Politique, Sexus Empiricus Pas de commentaire »

DescartesNous avions montré il y a quelques temps que la morale reposait toujours sur un dogme ou quelque chose comme cela en raison des trilemmes de Fries ou de Münchausen ; la morale, comme le remarque Sartre avec l’élève qui était venu le chercher, tombe dans des conflits des devoirs et autres antinomies. Si bien que l’on se retrouve toujours tel l’âne de Buridan, non pas qu’on soit incapable de faire choix, mais incapable de choisir en raison la morale qui nous permettrait de faire ce choix.

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