Qui s’est intéressé au mouvement progressiste initié aux États-Unis par le grand Teddy « Bear » Roosevelt où fut introduit le principe des primaires, ne peut que se réjouir de l’initiative socialiste d’en faire de même en France plus d’un siècle après afin de désigner le candidat pour la prochaine élection présidentielle. Cependant, si l’intention paraît louable, se posent tout de même certaines questions quant à la réalisation pratique de cette idée.
Lire la suite »
On se souvient que Martin (Heidegger) avait « un piège à fille, un piège tabou, un joujou extra, qui fait crac boum hu : les filles en tombent à ses [mes] g’noux » (© Jacques Dutronc Jacques Lanzmann). Cette arme, c’était une lettre d’amour type que Martin n’hésitait pas à envoyer à toutes ses conquêtes, ce qui énervait beaucoup sa femme Elfride.
Cet ouvrage consiste en un entretien d’Ernst Gombrich, le grand historien de l’art, avec Didier Eribon, le grand foucaldien. Ce sont les aspects esthétiques que je vais avant tout retenir de cet ouvrage, notamment ceux ayant trait au cadre théorique mis en place par Karl Popper, dont Ernst Gombrich s’inspire ouvertement.
Lire la suite »
Il y a une esthétique chez Karl Popper. Elle est disséminée à de nombreux endroits, et il me semble que ses deux seuls grands développements se trouvent dans La quête inachevée et dans une conférence titrée « La création par l’autocritique dans les sciences et les arts » contenue dans À la recherche d’un monde meilleur. Peut-être aussi dans La télévision : un danger pour la démocratie. Surtout, on en trouve une application chez Ernst Gombrich, bien que ce dernier se soit surtout inspiré de sa philosophie générale plutôt que de l’esthétique « spéciale » que Popper a développé. Car c’est surtout au sujet de la musique que portent les idées de Popper − enfant, il voulait devenir musicien.
Lire la suite »
Avant même d’aborder la question « pour ou contre les défilés militaires le 14 juillet ? » et de prendre parti pour l’un ou l’autre camp, avant même de suspecter les abolitionnistes de l’exhibition belliqueuse juillettiste d’inculture et des les exhorter à reprendre les routes conduisant vers leur septentrion supposé originaire, avant même de qualifier de xénophobe et pétainiste la réaction face à l’audace pacifiste s’autoproclamant seule détentrice du monopole du Civisme et des Valeurs Républicaines, il convient de remarquer une chose.
Demain s’élanceront de Vendée les coureurs du Tour de France. L’occasion pour nous de nous souvenir d’une autre course non moins fameuse s’étant disputée il y a maintenant près de deux mille ans, et qu’un Nazaréen alors encore inconnu à l’époque manqua de remporter, comme nous le rapporte Alfred Jarry. Par la suite, c’est curieusement à partir de cet échec que les admirateurs de ce coureur bâtirent sa renommée par leurs chroniques légendaires − comme quoi, tout n’est vraiment que dans la communication et les spin doctors.
Lire la suite »
Mais comment être fier ? Où l’on revient à ses vieilles amours kantiennes
Société 1 commentaire »
Si l’on suit l’analyse du billet précédent, le mérite moral seul autoriserait à être fier. Mais même en ne l’associant qu’au mérite moral, la fierté semble galvaudée : on pourrait être fier de la moindre action tant qu’elle nous a coûté. Sitôt qu’on agit on peut être fier. Mais la fierté ne doit-elle pas rester quelque chose d’un peu exceptionnel, ou d’un moins d’un peu précieux ? Le concept de mérite moral pourrait en fait jouer contre la fierté.
Kant, par exemple, affirme
« qu’il faut que le devoir, et non le sentiment du mérite [la prétention à pouvoir intimement croire à sa propre magnanimité et au caractère noble et méritoire de sa manière de penser], ait sur l’esprit l’influence non seulement la plus déterminée [précise], mais aussi, s’il est représenté sous le vrai jour de son inviolabilité, la plus pénétrante [efficace] », in Critique de la raison pratique, « Doctrine de la raison pratique pure », Ak V,157, p.288 chez GF.
La Fierté et le mérite moral. Où l’on tente une analyse d’inspiration gnourosienne
Société 2 commentaires »
Le militant d’une minorité attaquant les préjugés et les mots sans s’occuper de trouver des excuses à ceux qui les ont employés (sans doute parce que son propos n’est pas de juger et condamner mais de constater que ce n’est pas cool), pourrait bien se fourvoyer. Tentons de soulever un mauvais aspect de sa démarche. Le militant est fier sans raison, comme le chauvin. Or le chauvinisme c’est pas bien (enfin y parait). Ainsi, la fierté non justifiée, c’est ça le mal1, un mal partagé par le minoritaire et le majoritaire. Pis, ça pourrait être à la base d’une fierté d’être normal, et donc d’une tendance à jeter l’opprobre sur ceux que l’on juge différents. Le moyen, même s’il paraît nécessaire, nuirait à la fin : déclarer sa fierté d’être X, c’est illogique, contradictoire, voire contre-productif.

« La fierté sans le mérite, c’est déjà de l’orgueil ».
Tel est le cri de ralliement que je propose – pourvu qu’on en parle.
Il faut râler contre les marches des fiertés. Ce ne sont pas des marches, mais les échoppes d’un marcher de l’exhibition. Chacun peut y trouver le produit X auquel il veut être assimilé et qui lui sert à s’exhiber. Tiens, un vendeur de choucroute et un autre d’humus. Cette année je serai fier d’être un juif allemand, l’inspiration vient en marchant.
Lire la suite »
Des révolutions numériques aux révolutions arabes
Politique, Sciences & techniques 1 commentaire »
On a beaucoup glosé au sujet du désormais fameux et historique « printemps arabe », sur le rôle que les nouveaux moyens de communication (que l’on n’a désormais même plus le droit de citer) tels que Twitter ou Facebook avaient pu jouer, notamment au sujet de la « contagion » planétaire que ces mouvements de contestation ont provoqué.
