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Où l’on reparle de MahometDepuis les tragiques événements du 11 septembre, l’Occident semble avoir découvert une menace qu’il ignorait, ou plutôt une menace dont il se croyait protégé. Malheureusement, le totalitarisme islamiste est bien réel et la menace n’a aujourd’hui jamais été aussi présente. Le monde islamiste est un acteur géopolitique d’un très grand poids, et que nous sommes forcés d’entretenir à cause de notre trop grande dépendance énergétique à cette région du globe. L’islamisme profite de cet avantage de taille pour tenter de s’étendre encore et encore, par tout les moyens, et le 11 septembre est une preuve tragique de ce constat d’échec de nos démocraties à lutter contre les totalitarismes de toutes sortes. Nos libertés sont aujourd’hui en proie à un grave danger. Mais avant nous, c’est le monde arabe dans sa presque totalité qui est malheureusement gangrené par ce fléau totalitaire.

L’islamisme est un courant politico-religieux, tendant à instrumentaliser l’islam à des fins politiques, le but ultime étant l’instauration d’un État islamiste. Mais avant d’analyser l’islamisme, il convient d’abord de comprendre sa genèse.

L’islam est une religion dite abrahimique. C’est la troisième religion du Livre. Le Dieu désigné par le Coran, l’Evangile, et la Thora est en fait le même. Le Coran, d’après les hadiths (les hadiths sont les traditions ou légendes qui racontent la vie du prophète) fut révélé à Mahomet en l’an 610 après J. C. par l’ange Gabriel. Coran signifie en arabe recitation. En effet, avant d’être écrit, le Coran fut d’abord transmis oralement et ce n’est qu’en 650 qu’il fut consigné par écrit.

Le Coran est donc un nouveau message de Dieu. Celui-ci vient surtout rappeler son unicité. En effet, les musulmans n’adorent rien d’autre que Dieu lui-même et l’islam constitue ce que l’on appelle un ultra-monothéisme. Le Coran remet également en question les anciennes traditions abrahimiques juive et chrétiennes, et il définit l’islam comme étant la religion primordiale et universelle.

Le Coran définit tout un système destiné à encadrer la vie des musulmans. Ainsi, la charia, la loi islamique, tend à régir la vie publique et privée de la oumma : la communauté musulmane. Le système juridique islamique est le suivant : on applique les préceptes du Coran, ou à défaut on se réfère aux hadiths (si Mahomet l’a fait ou non), et enfin, si celui-ci manque, on se rapporte à son propre jugement. En dernier lieu, on se réfère au consensus de la communauté. Comme on le remarque, on est très loin de l’esprit des lois de Montesquieu, et des Lumières en général.

Toutefois, les théologiens de l’époque tentèrent d’abord d’interpréter les textes sacrés, ainsi que d’expliquer les hadiths du prophète. On appelle cette phase l’ijthiad. Les principaux savants de l’époque essaient de marier au mieux philosophie et théologie. Ainsi, Avicenne disait : « la religion est de la philosophie sous une forme métaphorique qui la rend acceptable par les masses, incapables de saisir les vérités philosophiques formulées de manière rationnelle ». La philosophie proposée par les théologiens est surtout d’essence aristo-platonicienne, donc marquée d’un certain humanisme.

Mais, à partir de 935, le califat décida de fermer les porte de l’ijthiad et donc, de l’interprétation. Et c’est alors que l’islam a commencé à se radicaliser. Tous les modernistes rencontrèrent des échecs dans leurs tentatives de reforme de l’islam. Les seuls réformateurs qui connurent du succès furent les fondamentalistes, c’est-à-dire ceux qui préconisaient un retour aux sources de l’islam avant l’ijthiad, et les intégristes, qui proposaient une lecture littérale du Coran.

Le Coran, il suffit de le lire pour s’en rendre compte, possède une nature très violente si on se contente d’une lecture littérale dénuée de toute interprétation. Ainsi, le Coran insiste beaucoup sur un point : le djihad ou guerre Sainte. L’objectif du djihad tel que nous l’annonce le Coran est de réformer la Terre, de convertir l’humanité entière à l’islam. Le djihad accepte tout à fait l’usage de la force. D’après la loi islamique, le monde est divisé en trois : la Maison de l’Islam qui concerne le monde musulman, la Maison de la Guerre qui correspond au Monde non-musulman, et la Maison de la Paix où il est accepté conciliation entre musulmans et non-musulmans. En effet, il est interdit à un non-musulman de vivre en Maison de la Guerre.

Les chef de guerres de l’époque ont très vite compris que l’islam et le djihad pouvaient être des alliés de poids. Et c’est pourquoi ils encouragèrent très vite les réformateurs intégristes et fondamentalistes, ce qui a d’ailleurs donné naissance au Royaume d’Arabie Saoudite.

Il existe cependant plusieurs courants dans l’islam. L’islam se divise d’abord en deux branches : le sunnisme et le chiisme. Les sunnites représentent aujourd’hui à peu près 90% de la oumma. Ils accordent une très grande importance à la parole du prophète Mahommet et aux hadiths. Les chiites quand à eux, croient plus dans le message de Ali, qui était le beau fils de Mahommet. Ils accordent une grande place à l’imam, qu’ils croient descendant direct de Mahommet.

Le sunnisme se divise ensuite en plusieurs branches. Tout d’abord les mutazilites, très minoritaires, qui sont les héritiers d’Avicenne et accordent une très grande place à la philosophie et à l’interprétation. Le soufisme quant à lui est une doctrine d’inspiration mystique, où les fidèles tentent d’entrer en communication directe avec Dieu aux travers de leur imam. Les croyances soufistes possèdent quelques similitudes avec les croyances chiites. Nous terminerons ce tour d’horizon avec le salafisme, branche fondamentaliste intégriste de l’islam, qui prône un retour aux sources et une lecture litterale du Coran. Le wahhabisme en est directement issu et est l’inspirateur de nombreuses mouvances islamistes, terroristes ou non.