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Saddam HusseinAlors que l’intervention en Irak semble légitime pour les États-Unis, la France ne cesse de manifester son désaccord.

En effet, lors du Conseil du Sécurité de l’OTAN, la France, ainsi que d’autres pays, se sont opposés à l’envoi de soutien militaire (envoi de missiles antimissiles Patriot, d’avions Awacs et de renforts de troupes) en Turquie en appliquant leur droit de veto. Ces mesures feraient selon eux entrer l’OTAN dans une logique de guerre.

D’ailleurs, la France s’oppose toujours aux États-Unis concernant l’intervention en Irak, ce qui amène la presse américaine à développer un sentiment antifrançais. (dépêche AFP : Déchaînement de francophobie dans la presse américaine)

Par exemple, le New-York Post titre son édition de lundi par : « SACRIFICE : They died for France but France has forgotten ». Il y est écrit : Des soldats américains « sont prêts à combattre et mourir pour sauver le monde d’un tyran aussi vil [qu’Adolf Hitler], Saddam Hussein, et où sont les Français ? Ils se cachent, pètent de trouille. Proclament: Vivent les mauviettes! », affirmait lundi le quotidien populaire New York Post.

Dans le New York Times, le commentateur Thomas Friedman a proposé dimanche que la France perde son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, et le droit de veto en afférant, pour le laisser à l’Inde, « parce que très franchement, l’Inde est tout simplement beaucoup plus sérieuse que la France ces derniers temps ». La violence et la fréquence des attaques antifrançaises dans les médias sont telles que le New York Times a proposé dimanche à ses lecteurs un « lexique de la francophobie ».

Le Wall Street Journal traitait le président Jacques Chirac de « Pygmée (…) travesti en Jeanne d’Arc au crâne dégarni ».

Face aux réticences françaises quant à une intervention en Irak, les dirigeants américains expriment explicitement leur colère. Ainsi, Donald Rumsfeld (secrétaire d’état à la défense) déclarait que « c’est la honte qui retombera sur ces pays ». Colin Powel quant à lui considère qu’il s’agit « d’un geste inexcusable ».

En fait, la France voit la chose à partir d’un tout autre regard. La France aspirant à une solution pacifiste, celle-ci souhaite en premier lieu renforcer les contrôles des inspecteurs mandatés par l’ONU sur le territoire irakien. La position adoptée par la France semble rallier de plus en plus d’opinions favorables à travers le monde. Ainsi la Russie, l’Allemagne, la Belgique rejoignent le front pacifiste.

Les pays arabes quant à eux manifestent leur opposition plus que ferme sur une future agression américaine en Irak. L’Arabie Saoudite, l’Iran et l’Irak ont d’ailleurs signé un nouveau traité de non-agression mutuelle, prévoyant une éventuelle riposte commune en cas d’attaque (une sorte d’OTAN du Moyen-Orient).

De plus, ces derniers jours, Oussama Bin Laden semble être sorti de son long silence. Un enregistrement audio a été diffusé sur la chaîne du Qatar Al-Jayzira, où Bin Laden appelle le monde musulman à soutenir Saddam Hussein, même si Bin Laden rappelle son désaccord politique avec Hussein qu’il accuse de n’être qu’un « laïc–socialiste ». La menace d’attentat en occident est ravivée, et cela apporte une caution de plus au États Unis pour intervenir en Irak.

Vendredi dernier, le ministre français des affaires étrangères Dominique De Villepin s’est opposé à son homologue Colin Powel en proposant au siège de l’ONU lors du compte-rendu des inspecteurs de poursuivre dans la voie des inspections. La proposition du ministre fut même applaudie, ce qui est une première dans les anales de l’ONU. Le rapport des inspecteurs de l’ONU était très attendu et Hans Blix, le chef des inspecteurs pour le désarmement Irakien, a annoncé qu’il n’existe pour l’instant aucune preuve d’activités prohibées.

Ce samedi, des millions de manifestants ont envahi les rues des grandes métropoles du monde entier, que ce soit en Europe, en Amérique, en Asie et même au Proche et au Moyen-Orient, afin de clamer leur opposition à une guerre en Irak.