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Niels AlbertPour Niels Albert, jeune champion belge de cyclo-cross, il serait impossible de gagner le Tour de France sans produits dopants.

Les raisons ? Les distances, les cols, la durée, la vitesse. « Pendant le Tour, tu roules durant trois semaines à des moyennes de 42 km/h avec parfois trois ou quatre cols. Est-ce humain ? »

Le Tour est-il humain ? Tout comme Zénon prouva le mouvement en marchant, Guillaume Prébois répondit à cette question par l’affirmative en bouclant le Tour 2007 de ses propres roues et à « l’eau claire ». Conclusion de cette expérience : ce qui est inhumain dans le Tour, ce ne sont pas les distances, les cols, la durée mais simplement la vitesse à laquelle tout ceci est réalisé – entendons : le rendement, la productivité à laquelle l’effort physique est effectué.

En quoi Albert se trompe en affirmant que « dans notre discipline [le cyclo-cross], il faut y aller une heure à fond et puis c’est terminé. Je n’affirme pas que le cyclo-cross est propre à 100 % mais je pense qu’en grande partie oui. » La propreté d’un sport n’est pas proportionnelle à la durée des épreuves, auquel cas les sprinteurs sur 100m seraient des parangons de vertu, ce que réfute les affaires de ces dernières années.

Nulle discipline ne peut se prétendre à l’abri du dopage, pas même le cyclo-cross. Le dopage est une conséquence inévitable et nécessaire de la logique sportive, non de la spécificité d’une épreuve. Cette dernière ne fait qu’orienter vers tel ou tel type de prescription médicale, où tel sport nécessite tels produits, tel autre d’autres. Sitôt que la notion de rendement, de performance intervient, la porte vers l’utilisation de produits pouvant fournir ce que le travail et l’entraînement ne suffit pas à donner, s’ouvre.

Peut-être faut-il alors interpréter ce que dit Albert autrement ? Ce qui est nécessaire aux coureurs du Tour, ce dont les cyclo-crossmen font l’économie, c’est d’un certain type de dopage tel qu’il fut mis au jour depuis 98 avec l’affaire Festina : dopage, transfusions, perfusions systématiques, manipulations encore et toujours plus poussée des paramètres physiologiques. En somme, le passage d’un dopage qui ne serait qu’artisanal, pratiqué par quelques uns, à un autre qui serait industriel et massif.