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Princesse SarahCe conte a tout d’un conte de Grimm. Fortement improbable (« – comment ? Mais vous habitiez next door ? Et dire que je vous ai cherché jusqu’en Russie alors que vous étiez juste à coté ! Si en plus vous m’aviez dit que vous étiez Sarah Crewe lorsque je vous ai donné c’est 6 penies, on aurait économisé bien de la peine ! ») ; l’action est longue, dure des années, sans qu’il n’y ait pourtant une description fine des événements grâce à l’ellipse ; et surtout, la structure narrative, qui plonge une personne d’un rang social élevé dans la misère, qui va y faire pénitence, et qui va revenir à ce rend social.

Il y a les persécuteurs, Miss Minchin, mais sur laquelle ne s’abattra pourtant pas une vengeance impitoyable – les moeurs s’étant adoucis depuis Grimm. Chez Grimm, celle-ci serait sûrement morte, ou aurait au moins perdu un oeil. Ici, elle se fait simplement sermonner par sa soeur, et se ronge les sangs de jalousie. L’histoire fait en revanche l’apologie d’une certaine forme de stoïcisme (« je ne suis ce que je suis que par accident, et toi aussi ; nous ne sommes ce que nous sommes que par accident; pourquoi alors se troubler l’âme ? ») et du refuge dans la citadelle intérieure (« I wonder », il faut rêver). La morale est aussi celle de l’altruisme sans borne allant jusqu’au déni de soi-même (« je préfère mourir de faim que de te voir mourir de faim »).