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TwitterPresque au même moment où nous inaugurions cette merveilleuse rubrique baptisée du merveilleux nom de www.endredi(t), nous débarquions sur Twitter. Or, il se trouve que ces deux choses, Twitter et www.endredi(t), se chevauchent quant à l’usage que l’on en fait ici. Dans les deux cas, nous y postons des liens jugés pertinents que nous rencontrons au hasard de nos cyber-détours sur Internet.

Est-il raisonnable d’entretenir l’usage de deux choses qui ne font que tautologiquement se bégayer l’une et l’autre ? Sans doute est-il plus judicieux de requalifier les usages.

Par principe, je répugne à centraliser sur un service externe une activité qui pourrait tout aussi bien avoir sa place sur ce même blog, puisque la possibilité technique le permet fort bien, au moins partiellement. Surutiliser Twitter ou Facebook, alors que l’on pourrait parfaitement s’en passer au profit de solutions décentralisées revient à recréer, pour employer les mots de Benjamin Brayard, le Minitel 2.0.

Twitter ou Facebook (et d’autres systèmes sangsues qui ne vivent qu’en suçant l’énergie créatrice des personnes qu’elles hébergent, comme par exemple toutes les plateformes de bloging, et certains pseudo-digg-like comme ceux sur lequel ce texte apparaîtra parfaitement repompé jusque dans ses moindres détails) sont des contenants, des coquilles vides, sans aucun contenu propre. Ce sont les utilisateurs qui les remplissent et leur donnent leur valeur. Ils sont des trous noirs qui absorbent l’énergie, la concentrent et la centralisent en seulement quelques points. Le contraire du principe de l’Internet, qui est d’être un réseau décentralisé.

Cela procure une force sans pareil à ces monopoles de l’édition web, qui peuvent ensuite en user et en abuser, comme dans le cas Yann Moix (indépendamment du fait qu’on l’apprécie ou pas) où tout le contenu qu’il ajouta patiemment sur Facebook fut supprimé d’un trait.

Reste que Twitter, dans l’état actuel des choses, me paraît beaucoup plus adapté au repostage de liens que www.endredi(t), et ce pour (au moins) trois raisons :

  1. Certains liens ont à faire directement avec l’actualité la plus brûlante. Les conserver plusieurs jours au frigo pour ne les ressortir qu’une fois le vendredi venu leur ôte la fraicheur qui leur donnait leur si bon goût sur le moment.
  2. Poster le lien aussitôt découvert ? Il n’est pas raisonnable de poster un billet à chaque fois, dont le seul contenu ne serait que le titre d’un lien et son URL. Il faudrait :
    1. soit regrouper tous les liens sur une même page par tranche de temps (mais l’on retombe dans la difficulté soulevée en 1) ;
    2. soit poster un vrai commentaire pour chaque lien de sorte que le post ne soit pas une page presque vide. Or, tous les liens ne méritent pas que l’on discoure ainsi sur eux. Il faudrait alors :
      1. soit se forcer à le faire ;
      2. soit ne faire figurer que les quelques liens en valant décidément la peine. Or, certains liens n’appelant pas de commentaire méritent parfois tout de même d’être signalés.
  3. Par ailleurs, le regroupement de plusieurs liens portant sur différents sujets au sein d’un même post conduit parfois à un texte très dispersé et sans cohérence. Ça peut être intéressant certaines fois : c’est dans les ratatouilles d’idées que naissent les meilleurs concepts. Mais je doute que le lecteur y trouve toujours un intérêt. La ratatouille n’est bonne que lorsqu’elle est bien faite.

C’est pourquoi, contrairement à ce que j’avais annoncé avec ambition il y a quelques semaines, je ne pense pas continuer à publier des www.endredi(t) comme habituellement. Les liens intéressants, le lecteur curieux de les découvrir pourra se rendre sur la page Twitter de Morbleu ! – qui s’y écrit cependant Worbleu.

www.endredi(t) n’en disparaitra pas pour autant. De temps en temps, quand ça en vaudra la peine, certains liens « le valant bien » y seront présentés. Et pas seulement le vendredi.

Je commence dès aujourd’hui en vous proposant – en plus du lien vers Yann Moix et Benjamin Brayard que les plus assidus auront évidemment suivi – cette vidéo, pour finir en musique, une dernière fois, comme il se doit :