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Gustave de MolinariEn écoutant certains partisans du laissez-faire, il semble qu’il soit possible que tout s’harmonise pour le mieux si on laisse faire par le libre jeu de la concurrence. Mais il est arrivé que la concurrence soit néfaste. Par exemple, imaginons qu’un crime ait eu lieu, et que plusieurs services soient chargés d’enquêter dessus. On pourrait dire que plus il y a d’organismes, mieux c’est, car il y aura comme une course à qui retrouvera le premier l’assassin. Mais, et si pour mettre des battons dans les roues de ses adversaires, une des sociétés décidait de conserver certains indices, certaines preuves, pour elle ? Il semble que cela soit déjà arrivé, notamment pendant la malheureuse affaire Dutroux. Ainsi, il est possible que la concurrence puisse nuire au bien commun, contrairement à ce que la pseudo-science laissezfairiste soutient. Que l’on puisse imaginer une situation qui rende nécessaire l’intervention d’un organisme (que ce soit l’Etat ou non est contingent) qui puisse sacrifier les intérêts particuliers pour le bien commun suffit à invalider le molinarisme même le plus extravaguant.