Le devoir d’honorer la vieillesse ne se fonde pas à proprement parler sur les justes égards dont on croit les jeunes capables à l’adresse de la faiblesse des vieillards ; car ce n’est pas là une raison de la considération qui leur est due. L’âge veut donc en outre être tenu pour quelque chose de méritoire parce qu’on l’honore. La raison n’en est pas, sans doute, qu’avoir l’âge de Nestor impliquerait en même temps une sagesse acquise grâce à une expérience abondante et longue, qui soit appropriée à la direction des gens plus jeunes, mais c’est uniquement parce que, à condition que nul déshonneur ne l’ait souillé, l’homme qui s’est conservé si longtemps, c’est-à-dire qui a pu soustraire à la mortalité — la sentence la plus humiliante qui puisse être rendu sur un être raisonnable (tu es poussière et tu dois redevenir poussière) –, et a pu pour ainsi dire gagner sur l’immoralité, c’est, disais-je, parce qu’un tel homme s’est si longtemps conservé en vie et proposé comme exemple.
Kant, Conflit des facultés, IIIème section « Le conflit de la faculté de philosophie avec la faculté de médecine », « Du pouvoir de l’esprit, par simple résolution, de maîtriser ses sentiments morbides », Ak VII,99, Pléïade t.III,909
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Que peut faire un philosophe à part « professeur de philosophie » ? Ce livre donne une réponse possible : la consultation philosophique.
Eugénie Vegleris a d’abord travaillé comme professeur de philosophie, puis a choisi de monter son affaire. Son livre offre de nombreux exemples concrets et illustrés de ce qu’est son travail.
La consultation philosophique ne doit pas se confondre avec la formation philosophique ou avec le coaching. La formation doit apporter des compétences en un temps donné tandis que le coaching sert à diriger quelqu’un. La consultation philosophique, qui requiert un temps indéterminé, vise plutôt la liberté des individus.
De l’informatique à l’écriture, cherchez l’ennemi ! L’école et la nouvelle technologie
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Dans le Canard Enchaîné du 2 février 2011, Jean-Luc Porquet [1] (p.6 « Copier/coller ») nous invite à nous précipiter sur le dernier numéro de la revue Notes et Morceaux choisis, Ecole, la servitude au programme. Il faudrait en particulier en lire le premier article, de Florent Gouget, professeur de français (« Florent Goujet (sic), enseignant en littérature » selon le Canard). L’auteur s’y intéresse à « L’école à l’époque de son reconditionnement technologique« . Faire basculer l’école dans le tout numérique : une bêtise, pis un crime.
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Parlerait-on de ce texte si quelqu’un d’autre que Stéphane Hessel l’avait écrit ? Le prestige de l’auteur qui tint la plume compte en effet pour beaucoup dans ce succès de librairie, l’autre élément permettant d’en rendre compte étant sûrement la brièveté du texte et son faible coût − même si rapporté au kilo, on en a très peu pour son argent.
Parce que la vie est absurde, parce que face à la bêtise l’analyse est un moyen mais le rire aussi, parce qu’au-delà de l’affliction il reste la moquerie… laissons-nous aller et voyons comment et pourquoi un cuistre ce n’est pas seulement triste, c’est drôle. Afin d’étudier ce pourquoi-comment, allons voir du côté de chez Bergson.
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Qu’est-ce qu’un cuistre ? C’est un petit type maigre avec des yeux de fouine et une casquette blanche qui ne cesse d’enquiquiner Achille Talon. C’est aussi quelqu’un qui étale son savoir sans honte et sans réelle profondeur. « Qui fait un étalage intempestif d’un savoir mal assimilé » selon mon Larousse. Nous le sommes tous un peu (« intempestif doit signifier mal à propos »), mais ce n’est pas une fatalité. Il y a divers moyens de s’en sortir, notamment l’avertissement, l’étude et le recul.
Mon père aimait parfois professer de grandes leçons. Avec raison, car leur contenu était toujours éclairant pour ceux qui, plus que de les entendre, avaient la sagesse de les écouter. Mais plus que par ces discours, c’est sans aucun doute par ses actes, par sa vie elle-même, au quotidien, qu’il prouvait le mieux les valeurs auxquelles il était attaché. Il faisait en effet bien plus que de dire ce qu’était le bien ou le bon : il les pratiquait, tout simplement, gratuitement, sans jamais en tirer aucun orgueil ou vanité.
Commençons simple : peut-on prouver l’existence de Dieu ? Selon la Critique de la raison pure d’Emmanuel Kant, l’existence de Dieu ne se prouve pas, mais elle se postule. Dieu, être qui serait à l’origine du monde, au-delà du temps et de l’espace, est pour nous une Idée. Une Idée, c’est un genre de concept particulier.
Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, cours du 31 janvier 1979
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Il existe une « phobie d’État », la peur, comme dit Berenson, de « l’invasion de l’humanité par l’État ». Celle-ci s’explique par maintes raisons, comme, principalement la crainte du soviétisme, du nazisme, du planisme, qui sont des trop-plein d’État. Les phobiques de l’État, souvent exilés politiques, exportèrent ces idées sur d’autres terres et les diffusèrent.
Il est des pratiques religieuses dont le degré de rationalité laisse pantois l’athée que je suis. Ainsi en est-il de la circoncision, rituel constitutif de certains cultes tels que l’islam ou le judaïsme, qui se ressemblent et se rassemblent au sujet de nombreuses superstitions. Rituel qu’évite depuis longtemps (Concile de Jérusalem) le christianisme, auquel on doit faire grâce d’avoir autorisé la bigoterie sans avoir affaire à cette odieuse meurtrissure.
