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Texte 1 sur 8 de Voyage aux Amériques


Drapeau des Etats-Unis d'AmériqueC’est devenu un devoir pour tout intellectuel français, au moins depuis Tocqueville : aller voir ce qui se passe outre-Atlantique. Même Pierre de Coubertin, Bernard-Henri Lévy et Christophe Rocquencourt s’y sont essayés. Votre trop dévoué serviteur Oscar Gnouros n’y échappe pas. Il part lui aussi quelques jours afin d’observer si l’herbe est aussi verte qu’ici, dans ce pays qui depuis quelques mois est gouverné par un Noir, où tous les pauvres furent mis à la porte de leurs maisons, où les financiers plongèrent la planète entière dans la misère et les stratèges dans le sang.

Pour faire original, BHL partit avec De la démocratie en Amérique sous le coude. Un de mes anciens professeurs d’histoire conseillait quant à lui aux voyageurs de lire Hérodote. « Il voit plein de trucs Hérodote, dans les civilisations barbares [ndlr non-grecques], un sens aigu de l’observation, ça aiguise l’œil ! » Pour me démarquer, je pars le lendemain du 11 septembre, et je compte lire 1984 ou Dracula.

N’y voir dans ce choix bibliographique aucun sens caché. Ce sont simplement des e-books qui traînaient sur mon ordinateur. Car quitte à gagner le Nouveau Monde, autant y aller franchement et se convertir également aux dispositifs technologiques postmodernes : la bibliothèque dématérialisée, voilà le rêve de la BNF que réalise Google, et qui pourrait bien, à en croire les rumeurs de ces dernières semaines, être chargé du projet − déjà la bibliothèque de Lyon, la deuxième plus grande de France, lui fait confiance, et un entrepôt de numérisation est ou a été construit dans la banlieue rhodanienne.

Le Smartphone, dont on taira la marque, sera le support de lecture. Mais pas seulement : il sera également GPS (avec cartes précises des quartiers indiquant restaurants, musées, et so on and so forth), dictionnaire/traducteur, lecteur de DVD (je suis en effet parvenu à mettre sur une carte mémoire de 2 Go Anything Else, Deconstructing Harry, Everything you always want to know about sex but were afraid to ask − pour se mettre dans le bain newyorkais dès l’avion), et bien d’autres choses.

Surtout, il pourrait me permettre de me connecter au Wifi, et ainsi de peut-être mettre à jour Morbleu !, si le temps, l’envie et la technique me l’autorisent. D’envoyer emails aux nombreux fans qui s’inquiéteront du peu de mises à jour ou réclameront une carte postale. Ecetera, Ecetera.

Reste qu’il est tout autant possible que près de quinze jours s’écoulent sans que rien de neuf ne se produise sur Morbleu ! − mais dans ce cas, prenez-vous en à ce Luccio qui devrait être tout à fait capable d’en faire quelque chose en mon absence, au moins de parvenir à le détruire et à faire fuire le peu de lecteurs qui y demeurent encore.

TO BE CONTINUED