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Maurice Merleau-Ponty Dernier écrit de son vivant (1960), écrit à Aix au Tholonet, face au paysage de Cézanne, dans la maison La Bertrane.

D’après Claude Lefort, auteur de la préface, Merleau-Ponty à « la conviction que tous les problèmes de la philosophie doivent être repensés à l’examen de la perception, et qu’il a tiré cela de la lecture de Husserl (p V) »

« Le travail du peintre persuade Merleau-Ponty de l’impossible partage de la vision et du visible, de l’apparence et de l’être (p VII) »

Chapitre I

La science manipule tout être comme un « objet en général (p 9) »

La peinture, pas même la musique, est la seule « à avoir droit de regard sur toutes les choses sans avoir devoir d’appréciation (p 14) ». « Les mots d’ordre de la connaissance et de l’action perdent leur vertu »

Le peintre est « souverain sans conteste dans sa rumination du monde (p 15) »

Quelle est la science secrète qu’a le peintre ou qu’il cherche ?

Chapitre II

« Le peintre « apporte son corps » dit Valéry (p 18) ». « Le corps est un « entrelacts de vision et de mouvement »

« Mon corps est à la fois voyant et visible. Il peut aussi se regarder, et reconnaître dans ce qu’il voit alors « l’autre coté » de sa puissance voyante (p 18) »

Mon corps, bien que visible et mobile, fait parti du nombre des choses (p 19). Les choses sont un prolongement du corps, « le monde est fait de l’étoffe même du corps (p 19) »

Si je ne pouvais pas me voir ou me toucher, mon corps ne serait pas un corps d’homme, il n’y aurait pas d’humanité (p 20)

« Je vois selon ou avec le tableau plutôt que je ne le vois (p 23) ». On ne peut pas dire où est le tableau que je regarde.

« Voir c’est avoir à distance (p 27) ». « La peinture donne existence visible à ce que la vision profane croit invisible (p 27) »

Lorsqu’il peint « l’esprit [du peinte] sort par les yeux pour aller se promener dans les choses (Malebranche) (p 28) ». La même chose est ici là-bas et au coeur de la vision.

Dans la peinture hollandaise (et dans d’autres), le miroir, oeil rond, apparaît comme le voyant visible (p 32-33). « L’homme est miroir pour l’homme (p 34) »

Les toiles continuent de jeter « l’instant du monde (p 35 »

Chapitre III

« Un cartésien ne se voit pas dans le miroir : il voit un mannequin, un « dehors » dont il a toutes les raisons de penser que les autres le voient pareillement mais qui, pas plus pour lui-même que pour eux, n’est une chair (p 38) »

« Toute théorie de la peinture est une métaphysique (p 42) »

Le tableau a deux dimensions et en dévoile une troisième, « c’est un être trouvé, une fenêtre (p 46-47) »

« Le langage de la peinture n’est pas, lui, « institué de Nature » : il est à faire et à refaire. La perspective de la Renaissance n’est pas un « truc » infaillible : ce n’est qu’un cas particulier (p 51) »