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AllahL’islam est une religion apparue au VIIeme après J-C et qui aujourd’hui compte près d’un milliard de pratiquants. Pour les êtres humains, qui possèdent une volonté propre, la pratique de l’islam n’implique pas obligatoirement une soumission mais la libre acceptations des commandements divins.

 

 

Origine Mahomet (570 – 632) rencontre l’archange Gabriel à 40 ans puis commence à prêcher à la Mecque, mais est mal reçu. Il part alors à Médine en 622. C’est le début du calendrier islamique, événement appelé Hégire (immigration). Le calendrier est lunaire.

L’enseignement de Mahomet est le suivant : omnipotence et unicité de Dieu, ainsi que la nécessité d’être généreux et juste dans les relations humaines. On y sent une forte inspiration du christianisme et du judaïsme.

 

Histoire Du VII au X siècles, la loi et la théologie sont fondamentales .

Les Mutazilites forment une école théologique et traduisent les philosophies grec en langue Arabe du VIII au IXème siècles. Pour eux, un grave pécheur n’est ni musulman ni infidèle, mais entre les deux. La justice divine exige une libre volonté humaine car si l’individu n’est pas libre de choisir entre le bien et le mal, la récompense et la punition n’ont pas de sens. La raison humaine est capable de faire la distinction entre le bien et le mal. Cette théologie est établie comme doctrine d’Etat par le calife al-Mamum.

Mais au Xème siècle, Al-Achari (Acharitus) renie la liberté de la volonté humaine, ce concept étant incompatible avec la puissance et la volonté de Dieu. La raison humaine ne peut pas mener à une connaissance du Bien et du Mal. Les vérités morales sont établies par Dieu et ne peuvent venir à notre connaissance que par la révélation. Cette doctrine est prépondérante dans l’islam sunnite ou orthodoxe, et chez la plupart des musulmans.

Le philosophe Al-Kindi, s’inspirant de Platon et Aristote, va placer la révélation au-delà de la raison. Au Xème siècle, AlFarabi place quant à lui la révélation en-deça de la raison. Pour lui, les vérités philosophiques sont les mêmes dans le monde entier et les nombreuses religions ne sont que les expressions symboliques d’une religion universelle idéale.

Par la suite, au XIème siècle, Ibn Sina (Avicenne), qui est élève de Farabi, concilie raison et révélation. Il renie la croyance en l’immortalité individuelle et dans la création du monde. Pour lui, la religion n’est rien d’autre que de la philosophie sous une forme métaphorique qui la rend acceptable par les masses qui sont incapables de saisir les vérités philosophiques formulées de manière rationnelle.

Mais Al-Ghazali dans sa Destruction des Philosophes s’oppose à cela et marque le début d’un déclin de la spéculation philosophique rationaliste au sein de l’islam. Ibn Ruchd (Averroes) parvint cependant à défendre des opinions aristo-platoniciennes au XIIème siècle qui influencèrent même la scolastique chrétienne.

Les soufistes, à partir du VIIIème siècle, mettent l’accent sur la vie intérieure et la purification morale. Au IXème, l’idéal devient l’union extatique avec Dieu. Il s’agit d’une discipline mystique.

 

L’islam moderne Après le Moyen-Âge, le caractère philosophique est délaissé et devient plus politique. Le premier mouvement fut le wahhabisme au XVIIIème siècle, qui insiste sur un renouveau de l’Islam en le débarrassant des influences non-islamiques et en favorisant l’opinion individuelle responsable plutôt que l’acceptation passive des traditions.

Depuis 1930, les fondamentalistes islamistes s’opposent aux idées modernes. Ils accusent les modernistes d’être les promoteurs de la pensée occidentale. Certains sont suspicieux envers la démocratie, ne croyant pas au sens moral des masses. Les modernistes refusent d’islamiser le pouvoir politique.

 

Théologie Ce sont principalement le Coran et la Sunna.

Le Coran est la parole de Dieu livrée à Mahomet par Gabriel. Dieu lui-même, et non Mahomet, en est l’auteur. Le Coran est donc inimitable et infaillible. Il est divisé en 114 chapitres (sourates) de longueur inégales (la plus longue est composée de 286 vers, la plus courte de 3).

La sunna rassemble les exemples du Prophète. Il s’agit de l’ensemble des traditions fondées sur les actes et les paroles du Prophète. Contrairement au Coran, qui fut appris par coeur et transmis très tôt par écrit, la transmission des hadith (recueils des actes et des paroles de Mahomet) fut orale et les textes d’aujourd’hui datent du IXème siècle. En raison de la transmission orale, il est admis que erreurs pussent s’être glissées. Mahomet y est cependant supposé comme étant infaillible.

Dieu est unique et omnipotent. Dieu créa l’homme et la femme par pitié. Il offra à chaque élément de sa création une nature et des lois qui régissent sa conduite. Le monde est un tout bien ordonné, harmonieux, un cosmos dans lequel tout à une place et des limites. Aucun vide, aucune dislocation ou rupture ne peut être trouvée dans la nature. Dieu gouverne l’univers. Les miracles produits dans le passé (Noé, Abraham, Moïse, Jésus) sont reconnus par le Coran mais sont déclarés révolus. Le miracle de Mahomet est le Coran. Tout autre miracle est impossible. Dieu représente 4 fonctions : il est création, moyen de subsistance, conseil et jugement. L’objectif de l’humanité est d’être au service de Dieu.

L’éthique du Coran est la suivante : l’humanité est trop fière, étroite d’esprit et égoïste. « L’homme est timide de nature », « Lorsqu’il lui arrive quelque chose de mal, il a peur, mais quand il advient quelque chose de bien, il fait en sorte que cela n’atteigne pas les autres ». L’homme se tourne vers Dieu seulement dans l’adversité. Dieu promet la prospérité en retour de la générosité envers les pauvres. L’homme doit transcender ses défauts et doit se grandir par le développement du taqiyya (crainte de Dieu), qualité permettant de distinguer le Bien et le Mal. L’objectif de l’individu est l’avantage de l’humanité (donc l’asservissement à Dieu) et non l’intérêt personnel.

Dieu a envoyé des prophètes pour enseigner la morale, le bien et le mal étant inscrits dans le coeur de l’homme. Adam (pemier prophète) fut pardonné par Dieu : il n’y a donc pas de pêché originel. Les messages des prophètes émanent de la même source divine qui est appelée « Les Tables conservées », « le Livre caché », « la mère de tous les livres divins ». Toutes les religions n’en forment qu’une, les prophètes représentent une unité indivisible, et il faut croire en eux tous, car en accepter certains et en rejeter d’autres équivaut à renier la vérité divine. Les prophètes sont humains. Mahomet est supérieur à tous les prophètes (« sceau de tous les prophètes »), c’est pourquoi le cycle prophétique est terminé par le Coran. L’islam remplace les anciennes révélations de Dieu et est la plus parfaite.

Le jour du jugement, toute l’humanité sera rassemblée et les individus seront jugés en fonction de leurs actes. Ceux qui auront réussi iront dans le jardin (Paradis) et les perdants en Enfer. Cependant, Dieu est miséricordieux et pardonne à ceux qui le méritent.

 

Rites L’islam repose sur les cinq Piliers :

  1. La profession de foi (chahada) : « Il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète. ». Cette profession doit être faite publiquement au moins une fois dans sa vie « oralement et avec tout l’assentiment de son coeur »

  1. Les cinq prières quotidiennes. La première avant le lever du soleil, la deuxième en début d’après midi, la troisième en fin d’après-midi, la quatrième immédiatement après le coucher du soleil et la cinquième avant de se coucher. On se tourne vers la kaaba, structure cubique située dans le haram (site inviolé) de La Mecque. On se tient debout, on s’agenouille, on se prosterne trois fois et on s’assoit. On récite des invocations et des parties du Coran. Vendredi est le jour saint de l’islam, jour de prêche pour l’Imam.

  2. Les aumônes. Il s’agit de payer la zakat. À l’origine, c’était un impôt prélevé par Mahomet sur les membres aisés de la communauté pour aider les pauvres. Il fut ensuite prélevé par les États Musulmans et servait à convertit à l’islam et financer le djihad. Le reste des biens d’un musulman n’est purifié qu’après que la zakat ait été payée.

  3. Le jeûne du ramadan est l’interdiction de manger, boire, fumer, avoir des relations sexuelles de l’aube au crépuscule. Il faut éviter toute pensée ou acte pécheur. On doit nourrir une personne nécessiteuse. L’Id-Al-Fitr fête la fin du jeûne qui dure un mois (28 jours selon le calendrier lunaire)

  4. Le pèlerinage de La Mecque. Tout adulte musulman capable physiquement et économiquement doit aller à la kaaba de La Mecque une fois dans sa vie. Ce rite se déroule dans les dix derniers jours du derniers mois de l’année lunaire. Le pèlerin va de Médine à La Mecque et effectue sept tours autour de la kaaba, puis va jusqu’à la source miraculeuse de zemzem avant d’aller sur le plateau d’Arafat en passant par le bourg de Mina. Sur le plateau, le pèlerin prit debout tout une après-midi. Il faut aussi sacrifier un mouton ou une chèvre en souvenir d’Abraham. Trois millions de musulmans effectuent ce pèlerinage chaque année.

Les autorités religieuses possèdent un rôle politique important dans la société et l’éducation religieuse y ait très structurée. Les universités forment les ulemas (savants religieux), les cadis (juges), les muftis (interprètes de la Loi) qui forment une classe politique influente. La charia définit les objectifs moraux de la communauté (c’est la loi islamique). Elle s’appuie sur les quatre sources (« Racines de la loi »). Les deux premières sont le Coran et la Sunna, la troisième est l’ijtihad (« opinion individuelle responsable ») qui est utilisée lors d’un problème qui n’a pas de solution dans les deux premières sources. Un juriste peut trouver une solution par le raisonnement analogique (qiyas). Enfin, la quatrième source est le consensus de la communauté (uma).

Le djihad (guerre sainte) a pour objectif de réformer la Terre, ce qui peut comprendre l’usage de la force. L’objectif est d’obtenir une puissance politique pouvant mettre en vigueur les principes de l’islam grâce à des institutions publiques et non pas une expansion territoriale ou la conversion forcée des peuples à l’islam. D’après la loi islamique, le monde est divisé en trois parties : la maison de l’islam, la maison de la paix et la maison de la guerre.