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Elsa Fayer« Elsa Fayer parle d’Israël…les larmes aux yeux. » L’occasion pour certains internautes de verser dans l’antisionisme, l’antijudaïsme, l’antisémitisme le plus violent. Quelques extraits :

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Négationnisme : certains nient la Shoah. Antisionisme : l’Etat des Juifs n’a pas lieu d’être. Conspirationnisme : les Juifs tiennent les rênes du monde. Théorie du complot : les Juifs n’étaient pas dans les tours le 11 septembre. Antisémitisme : les Juifs sont un peuple haineux.

Voilà l’avalanche d’opinions violentes, haineuses et assassines qui tomberaient à coup sûr pour « incitation à la haine raciale » que déclenche le propos d’Elsa Fayer.

Avouons-le. Le propos d’Elsa Fayer est naïf. Elle-même confesse qu’elle « n’imaginait pas autant de détails » sur l’histoire d’Israël, et que c’est par la biographie de la buveuse de tisanes Rika Zaraï – qui hélas ! vit actuellement des heures bien sombres – qu’elle en prit connaissance. Elsa ne connait ainsi le sujet que doxatiquement, par le « on-dit » : on dit de Israël que, on dit de la Palestine que, etc.

Un jugement personnel, certes, mais un jugement modéré. Elsa ne fait qu’exprimer son amour pour Israël, son admiration pour le kibboutz, son indignation pour la violence quotidienne. Rien d’illégal ou de condamnable du point de vue du droit et de la loi ; rien non plus d’illégitime ou d’immoral du point de vue de l’éthique.

Comment ce simple avis peut-il être le point de départ d’une telle émeute verbale ? Mérite-t-il ce cyberlynchage ? Comment peut-on à ce point se jeter dans l’antisémitisme le plus virulent qui n’a d’égal que ce mépris de l’orthographe et de la langue française ?

L’origine du concept de barbarie, c’est de dévoyer le langage. La haine et la violence en sont les derniers degrés. Internet, ici YouTube, laisse parler les barbares. Il leur offre une tribune où ceux-ci peuvent à loisir déverser leur impulsivité, voire leur compulsivité. Des propos condamnables qui seraient d’ordinaire restés dans le cercle restreint d’une discussion privé, qui auraient péri dans l’instant sont ici propulsés par les autoroutes électroniques, protégés par l’anonymat du pseudo et bénéficient d’une promotion imméritée et immortelle.