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Karl PopperSi l’on oppose liberté et déterminisme, est-ce que l’échec du déterminisme entraîne la liberté ? Admettons-le, à titre d’hypothèse. En ce cas, il ne peut y avoir un déterminisme rigoureux que si on admet le réalisme épistémologique des théories, c’est-à-dire que les lois scientifiques nous parlent vraiment du monde. Mais pour Popper, ce n’est pas possible : une théorie scientifique doit nécessairement être falsifiable, qui pourra peut-être être falsifiée et qui devra l’être. Ainsi, une loi scientifique tombe toujours à coté ; il y a par conséquent une part de contingence, autrement dit, de hasard – de liberté?

Mais rien n’est moins sûr, car Popper dit bien que l’on peut mettre en loi le hasard. De plus, il nous dit bien que loi physique et loi scientifique ne sont pas la même chose. Qu’il y ait des lois physiques, ce ne peut être qu’une croyance, une croyance forte que nous devons même avoir, sans quoi l’action est presque impossible. Ainsi, il peut peut-être y avoir un déterminisme, en vertu des lois physiques que nous devons peut-être postuler. Mais le reflet que nous en avons avec nos lois scientifiques est imparfait et ne sera jamais parfait, et à partir de nos lois scientifiques, on ne peut pas conclure au déterminisme ; seul les lois physiques nous le permettrait. Le déterminisme est donc croyance, il est métaphysique.