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Si je ne me trompe pas, l’auteur d’Apostrophe aux contemporains de ma mort est toujours à la recherche d’un éditeur. Ce ne sera pas faute d’avoir cherché. L’auteur a en effet scanné et mis à la disposition sur un site les réponses envoyées par les éditeurs qu’il avait sollicité : on en recense près de 150 … toutes négatives − chiffre auquel il faut probablement ajouter les éditeurs qui n’ont même pas dénié accuser réception.

La plupart des réponses sont de la forme lettre type. « Nous vous remercions d’avoir pensé à nous. Cependant, votre texte, malgré ses qualités, n’a pas su nous convaincre. » Ou : « Notre ligne éditoriale nous empêche de publier votre texte. Vous devriez essayer chez un tel. Bonne chance. Continuez. Vous réussirez. »

Il s’agit à ce point de lettre type que les textes sont bien souvent raturés à la main pour laisser apparaître le nom du texte en question, ou d’autres informations, comme, par exemple, le montant du chèque à envoyer à la maison d’édition si l’auteur souhaite malgré tout qu’on lui renvoie son manuscrit. Parfois, certains en envoient même deux, histoire de rajouter un peu de sel sur une plaie encore ouverte, et pour que l’on comprenne bien.

Malgré tout, dans cette ennuyante uniformité sans originalité, certainement (espérons !) bien moins originale que la plupart des textes refusés, quelques réponses se détachent du lot.

Les Éditions d’autre part, très empathiques :

Tout comme L’Âge d’Homme, qui conclut néanmoins sur un « non » brutal, qui arrive en contrepoint :

Le dilettante qui, après avoir indiqué le montant du chèque pour le renvoi, partage son sentiment agacé quant à l’ouvrage, dans un style rappelant la cruauté de ces professeurs rompus à laisser des appréciations cassantes sur les copies de leurs élèves après leur avoir flanqué une sale note, et qui ne se l’autorisent que parce que la relation de pouvoir dans laquelle ils sont leur est favorable.

La Dogana confessent des pratiques népotiques − mais somme toute légitimes.

Les Éditions de l’aire en profitent pour essayer au passage de taxer 5000 EUR à notre infortuné auteur − les temps sont durs, et sait-on jamais…

Refus, également, de l’inattendu liquidateur judiciaire de La bibliothèque du capucin.

Les Éditions de Fallois admettent quant à elles ne plus lire aucun des textes qui lui sont donnés.

Les éditions Morbleu ! n’ont pour l’instant encore signé aucune lettre de refus. Mais il se murmure que pour certains textes, elles auraient dû…