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	<title>Morbleu ! &#187; Sexualité</title>
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	<description>&#8220; Sorte de jurement en usage m&#234;me parmi les gens de bon ton. &#8221; (Littr&#233;)</description>
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		<title>Masturbation et contrôle social</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 10:53:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sexus Empiricus]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans Le sexe en solitaire : Contribution à l&#8217;Histoire culturelle de la sexualité, Thomas Laqueur se pose la question de la masturbation, et notamment celle-ci : pourquoi a-t-on considéré, à un moment donné, que ça rendait sourd ? Entendons : pourquoi a-t-on tout fait, à un moment historique bien précis, pour considérer la masturbation comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1333" href="http://www.morbleu.com/masturbation-et-controle-social/diogene-2/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1333" title="Diogène le Cynique" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/03/diogene-150x150.png" alt="Diogène le Cynique" width="150" height="150" /></a>Dans <em>Le sexe en solitaire : Contribution à l&#8217;Histoire culturelle de la sexualité</em>, <strong>Thomas Laqueur</strong> se pose la question de la <a href="http://www.morbleu.com/la-masturbation-est-elle-un-acte-egoiste/"><strong>masturbation</strong></a>, et notamment celle-ci :  <a href="http://www.morbleu.com/masturbation-et-controle-social/">pourquoi a-t-on considéré, à un moment donné, que ça rendait sourd</a> ? Entendons : pourquoi a-t-on tout fait, à un moment historique bien précis, pour considérer la masturbation comme une déviance, comme un fléau, comme quelque chose immanquablement corrélé à la folie, à la maladie, voire à la délinquance ?</p>
<p><span id="more-1332"></span>L&#8217;une des idées défendues pour rendre compte de cette obsession anti-masturbatrice, qui nait au XVIII<sup>e</sup> siècle et s&#8217;épanouit au XIX<sup>e</sup> siècle, qui, entre autres, attachait les mains des enfants pour qu&#8217;ils ne puissent pas faire des choses trop honteuses la nuit, est que l&#8217;<strong>onanisme</strong>, en tant que plaisir solitaire, permet d&#8217;échapper au <strong>contrôle social</strong>.</p>
<p>Touche-toi, caresse-toi, et tu peux te donner du plaisir sans que personne ne le voit. Tu deviens autonome, auto-suffisant, indépendant quant à ta sexualité. Cela aurait déplu à une société qui au contraire cherchait à resserrer l&#8217;étau autour des subjectivités.  À l&#8217;heure où les <strong>sociétés disciplinaires</strong> se convertissaient au <strong>panoptisme,</strong> la masturbation permettait aux individus de se soustraire au contrôle (en premier lieu visuel, mais aussi scientifique et éthique) de la sexualité : celle exercée par l&#8217;Église, par les médecins, par la société.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1335" href="http://www.morbleu.com/masturbation-et-controle-social/ceinture-anti-masturbation/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1335" title="Ceinture anti-masturbation" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/03/ceinture-anti-masturbation-150x150.jpg" alt="Ceinture anti-masturbation" width="150" height="150" /></a>D&#8217;où l&#8217;invention de tout un tas de <strong>mythes pseudo-scientifiques</strong> pour dissuader les adolescent-e-s de glisser leurs mains dans leurs culottes : la surdité, l&#8217;hygiène, la perte de tonus, d&#8217;énergie (il y a un texte de <strong>Kant</strong> amusant et symptomatique à ce sujet). De <strong>mythes théologiques</strong> : que le petit Jésus te voit même quand personne ne te voit, et qu&#8217;il n&#8217;est pas du tout content lorsque tu utilises ta sainte semence pour autre chose que de te reproduire. De <strong>mythes</strong> <strong>éthico-politiquo-moraux</strong> : que c&#8217;est à la fois contre-nature et contre-culture. D&#8217;<strong>appareils</strong> contraignant mécaniquement les individus dans leur corps : attachement des mains, camisoles de force, ceintures de chasteté tant féminines que masculines, mais aussi excision et circoncision dans certains cas. De <strong>dispositifs </strong>détournant les individus de cette odieuse pratique en incitant à en pratiquer d&#8217;autres : <em>dixit</em> <strong>Pierre de Coubertin</strong> lui-même, le <strong>sport</strong>, solution à la branlette préférable à cette autre qu&#8217;est la guerre ; mais également peut-être la psychanalyse.</p>
<p>La masturbation empêcherait que la société puisse contrôler finement les individus, et, partant, c&#8217;est pourquoi il faudrait l&#8217;interdire. Dans tout masturbateur se cache un rebelle potentiel. Interrogeons-nous sur le sens contemporain du mot « <strong>branleur</strong> » : un branleur est quelqu&#8217;un qui ne fait rien, au mieux un oisif, un paresseux, un fainéant, au pire un déviant, un rebut de la société, quelqu&#8217;un empêchant les choses de fonctionner comme elles le devraient. En ce sens, les obsessions anti-masturbatrices participeraient à ces tactiques permettant de mettre les individus au travail. Voir par ailleurs  : <a href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail/">L&#8217;open space et le panoptique, le pouvoir et le travail</a>, <a href="http://www.morbleu.com/wwwendredit-haiti-derrida-sarkozy-dany-robert-dufour-nike-picasso-eric-chevillard-encore-eric-chevillard-clearstream-georges-freche-et-tekila-tex/">« Just do It! » Comment Nike a changé ma vie</a>, <a href="http://www.morbleu.com/series/michel-foucault-naissance-de-la-biopolitique/">Michel Foucault, Naissance de la biopolitique</a>, <a href="http://www.morbleu.com/le-teletravail-stade-supreme-du-capitalisme/">Le télétravail, stade suprême du capitalisme</a>.</p>
<p>Pourtant, et c&#8217;est-là mon problème avec le texte de <strong>Laqueur</strong> &#8211; mais sans doute devrais-je finir de le lire plutôt que de parler comme un cuistre, car peut-être anticipe-t-il cette objection -, plus je la considère, et plus j&#8217;ai le sentiment que la masturbation, si on l&#8217;autorise, si on la développe, si on l&#8217;organise, peut constituer au contraire un moyen de contrôle social très efficace.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1334" href="http://www.morbleu.com/masturbation-et-controle-social/rousseau/"><img class="size-thumbnail wp-image-1334 alignright" title="Jean-Jacques Rousseau" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/03/rousseau-150x150.jpg" alt="Jean-Jacques Rousseau" width="150" height="150" /></a>La masturbation permet en effet une <strong>sexualité intime</strong>, qui fait l&#8217;économie de l&#8217;intersubjectivité. « Plaisir artificiel », d&#8217;après <strong>Rousseau</strong> elle peut parfois être préférée à la sexualité « classique ». Plus besoin dès lors d&#8217;une organisation sociale de la sexualité. Toute cette population organisant la <strong>prostitution</strong> n&#8217;est par suite plus nécessaire : pourquoi des prostitué-e-s pour se soulager alors que l&#8217;on peut le faire soi-même ?</p>
<p>La <strong>prostitution</strong> se transforme alors en <strong>pornographie. </strong>Étymologiquement, « pornographie » signifie « écrit sur la prostitution » : il s&#8217;agit d&#8217;un dérivé, quelque chose qui permet d&#8217;en réaliser la fonction indirectement, de manière immatérielle. La plupart des avantages sans la plupart des inconvénients. Une forme modifiée : autant de différences entre la pornographie (contemporaine, qui revêt avant tout la forme du film, et plus celle de l&#8217;écrit, comme avec <strong>Sade</strong> ou <strong>Sacher Masoch</strong>) et la prostitution qu&#8217;entre le cinéma et le théâtre.</p>
<p>Adroitement conjointe à la <strong>pornographie</strong>, la <strong>masturbation</strong> conduit à une sexualité qui ne sort plus de chez elle, où la sexualité des individus n&#8217;est plus fixée ni au bordel, ni dans les camionnettes, ni dans les bois, ni dans le lit conjugal, mais chez eux. Avec l&#8217;Internet, il n&#8217;est même plus besoin d&#8217;aller au <em><strong>sex shop</strong></em> ou dans les raillons du fond cachés derrière les sombres rideaux des <em><strong>video clubs</strong></em> pour louer un DVD. Vous pouvez les télécharger d&#8217;un clic, et d&#8217;un autre clic vous faire livrer par pli discret en 48H vibromasseurs, poupées gonflables et autres <em><strong>sex toys</strong></em>.</p>
<p>Une sexualité ainsi organisée devrait aboutir à une baisse tendancielle des rapports sexuels intersubjectifs, tant choisis (dans un cadre légal : mariages, etc.) que subis (viols). Elle permet d&#8217;éviter le contact en chair et en os, comme dirait <strong>Husserl</strong> : l&#8217;intersubjectivité pourrait toujours exister, mais sans rapport charnel direct. Il y aurait toujours au moins une médiation : une <em>webcam</em>, un chat dans le cas de l&#8217;Internet.</p>
<p>Lorsque la masturbation est permise, en vidant le corps et l&#8217;esprit de ses humeurs, elle assagit l&#8217;individu. Trois voies, nous dit <strong>Coubertin</strong>, pour éviter la crise d&#8217;adolescence : l&#8217;amour, la guerre, le sport. Opter pour la solution de l&#8217;amour, mais un <strong>amour pornographique et masturbatoire</strong>, permet de vider les individus et ainsi de les tenir tranquilles avec un moindre coût social.</p>
<p>Un tel agencement de la sexualité paraît se développer aujourd&#8217;hui. Mais si autoriser la masturbation et la laisser s&#8217;organiser ainsi paraît si efficace, pourquoi fut-elle brimée, et n&#8217;est-ce qu&#8217;aujourd&#8217;hui qu&#8217;elle apparaît ? Pourquoi la société s&#8217;est-elle si longtemps interdit un tel mécanisme de contrôle ?</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1336" href="http://www.morbleu.com/masturbation-et-controle-social/simone-veil/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1336" title="Simone Veil" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/03/simone-veil-150x150.jpg" alt="Simone Veil" width="150" height="150" /></a>Peut-être parce que les objectifs étaient différents. L&#8217;interdiction de la masturbation au XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècle avait pour importante conséquence de ne produire une sexualité qui ne soit qu&#8217;intersubjective : viols, mais aussi mariages. Elle permettait ainsi une production de naissances, de population, nécessaire à une société qui avait besoin de main d&#8217;œuvre. Aujourd&#8217;hui, la production de naissance paraît être un objectif de deuxième ordre : en témoigne l&#8217;IVG et la contraception qui, tant bien que mal, s&#8217;est imposée comme une évidence.</p>
<p>À des objectifs différents, un positionnement sur la sexualité et la masturbation différent. Pro-masturbation et anti-masturbation correspondent à des arts de gouverner la sexualité différents. L&#8217;interdit correspond plus, globalement, à une <strong>anatomo-politique</strong> qui s&#8217;empare directement des corps pour les contraindre. L&#8217;autorisation, à une <strong>bio-politique</strong> qui n&#8217;agit non plus directement sur les corps pour gouverner les âmes, mais sur ce qu&#8217;ils consomment : nourriture, habitation, pornographie. Désormais, il semble qu&#8217;on n&#8217;agit plus sur la sexualité en attachant les mains des enfants et en enfermant les adultes dans des asiles, mais en organisant ce que les populations consomment.</p>
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<p class="author">Pierre-Emmanuel Dauzat (Traduction).					Gallimard 2005, 					Broché,				512 pages,				&#8364;&#160;28,40</p>
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		<title>La masturbation est-elle un acte égoïste ?</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jan 2009 11:29:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sexus Empiricus]]></category>
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		<description><![CDATA[Quoi, à première vue, que de plus égoïste que le plaisir solitaire, cette pratique consistant à « faire l&#8217;amour à quelqu&#8217;un qu&#8217;on aime » (Woody Allen) ? La masturbation est cette façon de détourner ce plaisir qui n&#8217;est pour certains que ruse évolutive destinée à favoriser la reproduction phylogénétique. De même, pour Kant, le fondement de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-442" href="http://www.morbleu.com/la-masturbation-est-elle-un-acte-egoiste/parties-de-jambes-en-l-air/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-442" title="Parties de jambes en l'air" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/01/parties-de-jambes-en-l-air-150x150.jpg" alt="Parties de jambes en l'air" width="150" height="150" /></a>Quoi, à première vue, que de plus égoïste que le plaisir solitaire, cette pratique consistant à « faire l&#8217;amour à quelqu&#8217;un qu&#8217;on aime » (<strong>Woody Allen</strong>) ? La <strong>masturbation</strong> est cette façon de détourner ce plaisir qui n&#8217;est pour certains que ruse évolutive destinée à favoriser la reproduction phylogénétique. De même, pour <strong>Kant</strong>, le fondement de la morale ne pouvait être le plaisir. Un sujet ne saurait agir moralement en étant « pathologiquement affecté ». Dès lors, le plaisir sexuel n&#8217;est acceptable qu&#8217;avec pour visée téléologique la reproduction dans le cadre du mariage, cette institution qui permet à chaque partie de prendre possession des organes sexuels de l&#8217;autre, ce dispositif permettant l&#8217;habile contournement de la formulation de « l&#8217;impératif catégorique » stipulant que l&#8217;on ne doit jamais considérer l&#8217;autre uniquement comme un moyen mais toujours également comme une fin.</p>
<p><span id="more-441"></span>La masturbation dérobant aux yeux de la société le plaisir sexuel pour en faire une fin en soi, inutile, elle devient inévitablement condamnable. <strong>Rousseau</strong>, qui la pratiquait assidûment, était ainsi en proie aux plus grands tourments moraux devant ce vice auquel il ne pouvait résister et qu&#8217;il préférait au plaisir naturel, même en route dans la forêt pour visiter celles qu&#8217;il courtisait.</p>
<p>Cependant, avec les <strong>années 60 et 70</strong> et la <strong>libération sexuelle</strong>, il devint enfin possible de faire l&#8217;amour simplement pour le plaisir, avec aucune autre finalité. Le sperme et les ovules pouvaient être gaiement gâchés sans que l&#8217;on en tienne désormais rigueur. La masturbation devenait dès lors moins tabou. On observait finalement qu&#8217;elle ne rendait pas sourd. Toutefois, elle restait dénoncée comme <strong>déviance égoïste</strong>. Le masturbateur est celui qui refuse de partager son plaisir. Il est cet asocial qui n&#8217;a besoin de personne pour jouir. Il est cet individu qui se soustrait au <strong>panoptique</strong> de la société pour une activité ludique, improductive, sans que le moindre contrôle social, pas même celui du partenaire et de son regard, ne puisse s&#8217;exercer sur lui. Il est celui qui n&#8217;aime que lui, cet égoïste.</p>
<p>À l&#8217;inverse, l&#8217;<strong>amour en couple</strong> est lui promu comme archétype de la générosité.  Il entérine l&#8217;idée kantienne (la finalité reproductive en moins) d&#8217;un libre contrat sexuel entre deux êtres qui se donneraient entièrement l&#8217;un à l&#8217;autre, où l&#8217;on échangerait tout son amour, tout son plaisir.</p>
<p>On objectera qu&#8217;il y a là précisément flagrant délit d&#8217;égoïsme puisque ce que le couple se donne en exclusivité, il ne le donne pas à d&#8217;autres. Sous cet angle, la <strong>partouze </strong>serait alors cette solution généreuse, ce communisme des corps théorisé par <strong>Sade </strong>où chacun serait la propriété illimitée de tout autre, faisant du plaisir un droit pour tous, même pour les moins prédisposés.  Hélas ! peut-on encore parler là de plaisir ? L&#8217;amour à plusieurs disperse, en effet, le fluide hédonique du participant entre plusieurs partenaires, lesquels, mathématiquement, en reçoivent une partie plus petite que s&#8217;ils avaient été seuls avec l&#8217;autre. Pour être l&#8217;objet d&#8217;un acte généreux, le plaisir doit être donné entièrement. Le plaisir est indivisible, atomique ; qu&#8217;on le partage, et il meurt aussitôt.</p>
<p>Reste que le couple n&#8217;est pas à l&#8217;abri, non plus, de l&#8217;égoïsme. Souvent hétérogène, hétérosexuel, combien de fois voit-on ces couples où le plaisir de l&#8217;un des deux sexes devient le paradigme, la norme, la rythmique totalisante sur laquelle il faut régler son pas ? L&#8217;<strong>orgasme masculin</strong>, avec pour acmé son <strong>éjaculation</strong>, est le modèle dominant. Il est convenu que le plaisir de l&#8217;homme soit vérité,  que bien jouir revienne à se conformer aux étapes conduisant, pour ce <strong>mâle abstrait</strong>, jusqu&#8217;à son déclenchement physiologique salutaire, la décharge. Peu importe si le plaisir de la femme ne se laisse pas réduire à cette norme : il lui faudra frémir, trembler, suer, gémir et jouir tout comme l&#8217;homme frémit, tremble, sue, gémit et jouit, ou au moins faire comme il s&#8217;imagine que la femme doit faire. À travers le plaisir de l&#8217;autre, trop voient uniquement l&#8217;expression de leur propre plaisir, trop projettent leurs propres structures et mécanismes physiologiques et psychologiques, lesquels sont en grande partie construits par la société, sur leur partenaire en fantasmant dans l&#8217;autre un autre soi-même qui réagirait tout comme eux.</p>
<p>Aussi peut-il y avoir égoïsme même dans cet acte sexuel qui, <em>a priori</em>, semble le plus généreux. La générosité sexuelle passera alors pas une ascèse, une catharsis devant permettre d&#8217;éliminer les normes et abstractions irréelles qui viennent s&#8217;interposer entre soi et l&#8217;autre comme des spectres, par une créativité pour laquelle la masturbation, en nous plaçant face à nous-mêmes, s&#8217;avérera peut-être nécessaire.</p>
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