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	<title>Morbleu ! &#187; Justice</title>
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	<description>&#8220; Sorte de jurement en usage m&#234;me parmi les gens de bon ton. &#8221; (Littr&#233;)</description>
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		<title>BHL ou la présomption d&#8217;innocence</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 14:52:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a longtemps que nous n&#8217;avions pas parlé de Bernard-Henri Lévy, le plus grand philosophe contemporain. Mondialement connu, de Saint-Germain-des-Près aux plages libyennes, BHL n&#8217;hésite jamais à se mettre en danger pour défendre les causes qui lui sont chères. En 2009 lors du procès d&#8217;Oullins, on se souvient ainsi que BHL avait courageusement théorisé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1510" title="BHL entarté" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/06/bhl-entarte-150x150.gif" alt="" width="150" height="150" />Il y a longtemps que nous n&#8217;avions pas parlé de Bernard-Henri Lévy, le plus grand philosophe contemporain. Mondialement connu, de Saint-Germain-des-Près aux plages libyennes, BHL n&#8217;hésite jamais à se mettre en danger pour défendre les causes qui lui sont chères. En 2009 lors du procès d&#8217;Oullins, on se souvient ainsi que <a href="http://www.morbleu.com/bhl-le-temoin-capital/">BHL avait courageusement théorisé sur le principe de la présomption d&#8217;innocence</a>, au risque de passer pour un sophiste : ce principe ne valait pas grand chose à ses yeux à la vue des circonstances d&#8217;alors. En 2011 lors de l&#8217;affaire DSK, autre son de cloche : ce même principe de la présomption d&#8217;innocence prend une tout autre valeur, au point que BHL prend à nouveau courageusement tous les risques pour le défendre, au risque de passer pour un sophiste.<span id="more-2744"></span></p>
<p style="text-align: center;">[There is a video that cannot be displayed in this feed. <a href="http://www.morbleu.com/bhl-ou-la-presomption-dinnocence/">Visit the blog entry to see the video.]</a></p>
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		<title>Les Experts à Lyon, ou Bouvard et Pécuchet au tribunal</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 20:55:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Choses dites, choses vues]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<description><![CDATA[Deuxième moment remarquable du procès de Jean-Marie Garcia, le meurtrier d&#8217;Oullins. Après BHL, expert en racisme et surtout en charlatanerie, observons maintenant la démonstration d&#8217;autres experts, ceux de la balistique. [There is a video that cannot be displayed in this feed. Visit the blog entry to see the video.] La démonstration n&#8217;est-elle pas exemplaire ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-657" href="http://www.morbleu.com/les-experts-a-lyon-ou-bouvard-et-pecuchet-au-tribunal/justice/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-657" title="Justice" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/03/justice-150x150.jpg" alt="Justice" width="150" height="150" /></a>Deuxième moment remarquable du procès de <strong>Jean-Marie Garcia</strong>, le meurtrier d&#8217;Oullins. <a href="http://www.morbleu.com/bhl-le-temoin-capital/">Après <strong>BHL</strong>, expert en racisme et surtout en charlatanerie</a>, observons maintenant la démonstration d&#8217;autres experts, ceux de la <strong>balistique</strong>.<span id="more-656"></span></p>
<p style="text-align: center;">[There is a video that cannot be displayed in this feed. <a href="http://www.morbleu.com/les-experts-a-lyon-ou-bouvard-et-pecuchet-au-tribunal/">Visit the blog entry to see the video.]</a></p>
<p>La démonstration n&#8217;est-elle pas exemplaire ? Les experts sont formels. La conclusion ? L&#8217;homme a tiré à quatre reprises sur la victime. En sait-on plus ? Sur le crime en question, probablement pas ; sur le fonctionnement de la justice, très certainement.</p>
<p>Car voilà les experts sur lesquels s&#8217;appuient la justice. Comment ne pas les ranger, malheureusement, aux côtés des <strong>experts psychiatres</strong> que jadis critiquait <strong>Foucault</strong> ?</p>
<blockquote><p>Bien sûr, cela grince, mais voyez aussi comme tout est bien huilé ! Bien sûr, on est là pour punir un crime, mais le président, avec son hermine et sa toque, que dit-il ? Il se penche vers le délinquant : « Qu&#8217;a été votre enfance ? Vos rapports avec votre maman ? Vos petites sœurs ? Votre première expérience sexuelle ? » Qu&#8217;est-ce que ces questions ont à faire avec le crime qu&#8217;il a commis ? Certes, cela a à voir avec la psychologie. On convoque des psychiatres qui tiennent <em>des discours à couper bras et jambes</em>, tant du point de vue psychiatrique que du point de vue judiciaire, et <em>que tout le monde fait semblant de considérer comme des exposés techniques de haute compétence</em>. C&#8217;est au terme de cette grande liturgie juridico-psychologique qu&#8217;enfin les jurés acceptent cette chose énorme : punir, avec le sentiment qu&#8217;ils ont accompli un acte de sécurité-salubrité sociale, qu&#8217;on va traiter le mal en envoyant un bonhomme en prison pour vingt ans. <em>L&#8217;incroyable difficulté à punir se trouve dissoute dans la théâtralité</em>. Cela ne fonctionne pas mal du tout.</p>
<p>(&#8230;)</p>
<p>Il suffit d&#8217;écouter ces « experts » qui viennent vous analyser un bonhomme. <em>Ils disent ce que dirait n&#8217;importe qui dans la rue</em> : « Vous savez, il a eu une enfance malheureuse. Il a un caractère difficile&#8230; » Bien sûr, tout cela est <em>assaisonné de quelques termes techniques</em>, qui ne devraient abuser personne. Or cela fonctionne. Pourquoi ? Parce que <em>tout le monde a besoin d&#8217;un modulateur de peine</em> : le procureur, l&#8217;avocat, le président du tribunal. Cela permet de faire fonctionner le code comme on veut, de se donner bonne conscience.</p>
<p>Michel Foucault, « L&#8217;angoisse de juger » in <em>Dits et Ecrits II</em>, p. 294-297.</p></blockquote>
<p>C&#8217;est nous qui soulignons, pour montrer combien cette analyse s&#8217;applique hélas ! également fort bien à nos balisticiens. Ainsi, la fonction des experts judiciaires est-elle moins à chercher dans l&#8217;espace et le temps d&#8217;un simple procès particulier, mais plutôt dans le rôle qu&#8217;ils jouent dans le dispositif de la justice en général, voire dans la société elle-même. Dans un État de droit, dans une société fondée sur la rationalité, la <strong>fonction des experts est de servir de caution scientifique à l&#8217;acte de sanction</strong>, quand bien même le savoir mobilisé aurait toutes les apparences de la pseudo-science. Savoir et pouvoir sont intimement liés ; dans le dispositif judiciaire se cristallisent toutes leurs tensions.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Bouvard-P%C3%A9cuchet-Sottisier-Marquise-Dictionnaire/dp/2070410870%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070410870"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51MB7YQnxNL._SL110_.jpg" width="69" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Bouvard-P%C3%A9cuchet-Sottisier-Marquise-Dictionnaire/dp/2070410870%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070410870">Bouvard et Pécuchet &#8211; Sottisier &#8211; L&#8217;Album de la Marquise &#8211; Le Dictionnaire des idées reçues</a></h3>
<p class="author">Gustave Flaubert.					Gallimard 1999, 					Poche,				572 pages,				&#8364;&#160;5,41</p>
</div>
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		<series:name><![CDATA[Le procès d'Oullins]]></series:name>
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		<title>BHL, le témoin capital</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 09:35:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Journal de 13H de France 2 a récemment diffusé dans le cadre de leur feuilleton diffusé quotidiennement un « document exceptionnel », selon les mots d&#8217;Élise Lucet, puisqu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un reportage sur un procès d&#8217;assises. On le sait, la Justice se veut secrète. Elle aime le huis clos et consent rarement à se montrer publiquement aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-649" href="http://www.morbleu.com/bhl-le-temoin-capital/3234614391_790de09231_o/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-649" title="BHL" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/03/3234614391_790de09231_o-150x150.jpg" alt="BHL" width="150" height="150" /></a>Le <a href="http://jt.france2.fr/13h/"><strong>Journal de 13H</strong> de France 2</a> a récemment diffusé dans le cadre de leur feuilleton diffusé quotidiennement un « document exceptionnel », selon les mots d&#8217;<strong>Élise Lucet</strong>, puisqu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un reportage sur un procès d&#8217;assises. On le sait, la <strong>Justice</strong> se veut secrète. Elle aime le <strong>huis clos</strong> et consent rarement à se montrer publiquement aux yeux de ceux au nom desquels elle est pourtant rendue. Des procès d&#8217;assises, on ne connait habituellement que ces <strong>croquis d&#8217;audience</strong> vaguement impressionnistes et les maigres compte-rendus des journalistes tenus devant les bâtiments des institutions, qui prétendent à eux seuls valoir publicité complète.</p>
<p><span id="more-648"></span>Ce procès  était celui de <strong>Jean-Marie Garcia</strong>, accusé du meurtre de <strong>Chaïb Zehaf</strong> à <strong>Oullins</strong> en mars 2006. La question de fond du procès était celle du supposé racisme qui aurait animé le meurtrier.</p>
<p>À voir les cinq épisodes de ce procès, dont certains ont pourtant salué <a href="http://www.libelyon.fr/info/2009/01/procs-doullin-2.html">sa grande pédagogie</a>, on comprend pourquoi le <strong>dispositif judiciaire</strong> français tant critiqué par <strong>Foucault</strong> tient tant à demeurer si secret. La crédibilité des institutions étatiques pourrait en effet être sérieusement remise en cause si de telles images insolentes devenaient trop quotidiennes.</p>
<p>De manière inattendue, le plus grand coupable de cette décridibilisation est ici <strong>Bernard-Henri Lévy</strong>. Oui. Encore lui. Le philosophe s&#8217;était ému de ce fait divers dans <a href="http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/deux-proces-a-lyon/989/0/314211">son « bloc-notes » du <em>Point</em> titré « Deux procès à Lyon » </a><a href="http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/deux-proces-a-lyon/989/0/314211"></a><a href="http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/deux-proces-a-lyon/989/0/314211">du 5 février 2009</a>. BHL, invité par la défense, témoigna. Pourquoi ? Cette question embarrassera très certainement la philosophie lors des prochains siècles, et BHL manque d&#8217;y répondre dans cette chronique relatant ses deux représentations (car il vint également témoigner contre <strong>Siné</strong>) ayant eu lieu lors de sa tournée provinciale à Lyon.</p>
<p>BHL n&#8217;était pas là au moment des faits. Est-il doué d&#8217;une omniscience lui ayant fourni dans son appartement de son <strong>Boulevard Saint Germain</strong> la claire intuition de ce qu&#8217;il se passait ? Non. Il ignore tout du dossier. S&#8217;il est présent, c&#8217;est simplement parce qu&#8217;il a beaucoup réfléchi à la question du <strong>racisme</strong>. Surtout, il dispose d&#8217;un argument bien fondé et bien formé permettant d&#8217;établir indubitablement la culpabilité de l&#8217;accusé en tant que SS ou membre du Ku Klux Klan refoulé et renaissant, encore plus sûrement que les juges de <strong>Nuremberg </strong>l&#8217;eurent fait.</p>
<p style="text-align: center;">[There is a video that cannot be displayed in this feed. <a href="http://www.morbleu.com/bhl-le-temoin-capital/">Visit the blog entry to see the video.]</a></p>
<p>Cet argument ? Il est bien simple. Nier être raciste n&#8217;est pas suffisant pour faire preuve de non-racisme. Même : pour le raciste, c&#8217;est une stratégie rhétorique bien connue que de nier être raciste. Le déni de racisme est par conséquent un signe indubitable de racisme. CQFD.</p>
<p>Si l&#8217;on suit BHL, ce qui fait le racisme, et le crime ou le délit en général, c&#8217;est donc l&#8217;<strong>accusation</strong>, et rien d&#8217;autre. Accusez quelqu&#8217;un de racisme ; répond-il oui ? l&#8217;aveu vaut preuve, et il l&#8217;est donc ; répond-il non ? il dénie, et il l&#8217;est donc. Sans doute BHL aurait-il dû mieux lire <strong>Karl Popper</strong>. Il y aurait découvert que ce genre d&#8217;argument tautologique, irréfutable, n&#8217;a aucune valeur scientifique, et ne prouve rien, si ce n&#8217;est la sottise de celui qui l&#8217;emploie.</p>
<p>Surtout, cette arme peut se retourner contre notre philosophe. Qu&#8217;on imagine un monde possible <strong>W</strong> où un délit d&#8217;imbécilité serait puni d&#8217;<strong>entartage</strong>, et où l&#8217;argument de type <a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/b%C3%A9ach%C3%A9lien"><strong>béachélien</strong></a><a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/b%C3%A9ach%C3%A9lien"></a> serait jugé recevable. Qu&#8217;il se trouve ensuite dans ce monde W un contrefactuel de BHL qu&#8217;on appellera <strong>BHL&#8217;</strong>, et  que quelqu&#8217;un accuse celui-ci de flagrant délit d&#8217;<strong>imbécilité</strong>. Que <strong>BHL&#8217;</strong> plaide coupable ou non, il est possible, même nécessaire que la sentence soit fort <strong>crémeuse</strong> dans les deux cas.</p>
<p>Toutefois, BHL sent bien que cet argument sonne un peu trop le creux de la rhétorique, et pourrait manquer de convaincre le jury. En bon philosophe formé à la <em>disputatio</em> de l&#8217;ENS, il en imagine rapidement un autre, qui n&#8217;est malheureusement pas montré dans cette vidéo, mais qui est rapporté dans <a href="http://www.libelyon.fr/info/2009/01/procs-doullin-2.html">l&#8217;article de </a><em><a href="http://www.libelyon.fr/info/2009/01/procs-doullin-2.html">Libération</a> </em>: un autre signe indubitable de racisme chez <strong>Garcia</strong> serait sa tendance à l&#8217;<strong>animalisation de l&#8217;autre</strong>, qui « est toujours un signe de racisme » &#8211; n&#8217;en déplaise à tous ces amants (dont peut-être BHL lui-même) qui surnomment leurs blondes maîtresses « mon poussin ».</p>
<p>Finalement, les avocats de la défense poseront à BHL la question qui manquait dans la problématique de sa chronique du <em>Point</em>, pourtant riche en points d&#8217;interrogation : quid de la <strong>présomption d&#8217;innocence</strong> ? Pour BHL, cette question ne se pose pas. Jouant sur les émotions tels les populistes qu&#8217;il se plaît à dénoncer, il assène qu&#8217;elle fait bien peu de poids face à la souffrance des victimes.</p>
<p>À ces mots, on sent cependant BHL gêné. Comme tout philosophe, il craint d&#8217;être amalgamé à un <strong>vulgaire sophiste</strong>. Ainsi, face à l&#8217;avocat de l&#8217;accusé qui le sermonne pour cette exécution publique hors des règles du droit, on le voit s&#8217;arrimer à la barre tel un Ulysse résistant aux sirènes, courber la tête et bredouiller une réponse titubante qui aurait trébuché devant un jury d&#8217;agrégation.</p>
<p>Et malheureusement pour la Dignité et la Gloire de la Sainte Philosophie, l&#8217;argumentation de BHL trébucha également devant les jurés des assises. On le sait au moins depuis <strong>Platon</strong> : les Très Hautes Sphères de la Spéculation demeurent inaccessibles au bas peuple. Le motif de racisme n&#8217;a pas été retenu par ces ignares qui préfèrent rester enchaînés dans cette Obscure Caverne peuplée de populo-racistes, quand le Très Humaniste Bernard-Henri vient les en délivrer.</p>
<p>Ainsi, comme le prouvent <a href="http://www.flickr.com/photos/cetrio/">les excellentes photos de <strong>Cetrio</strong></a>, pénaliste, ainsi que <a href="http://www.flickr.com/photos/cetrio/3234614391/">son texte tout aussi excellent</a>, ce que ce procès aura surtout montré, c&#8217;est quelle fut la posture, ou plutôt l&#8217;imposture du philosophe.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Une-imposture-fran%C3%A7aise-Nicolas-Beau/dp/2912485959%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2912485959"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51RVK0HVGBL._SL110_.jpg" width="74" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Nicolas Beau.					Les Arènes 2006, 					Broché,				213 pages,				&#8364;&#160;14,16</p>
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		<title>Une difficulté du commerce équitable</title>
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		<comments>http://www.morbleu.com/une-difficulte-du-commerce-equitable/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Nov 2008 10:21:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
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		<category><![CDATA[Max Havelaar]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous ne discuterons pas ici de la question de la pertinence tant économique que éthique ou politique du commerce équitable mais d&#8217;une difficulté tenant à sa réalisation pratique. Prenons le cas d&#8217;un paréo vendu en Europe qui serait labellisé « équitable ». Le vendeur nous explique, nous assure et nous rassure que le fabriquant sud-américain fut justement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/une-difficulte-du-commerce-equitable/max-havelaar/" rel="attachment wp-att-350" title="Max Havelaar"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/11/max-havelaar.thumbnail.jpg" alt="Max Havelaar" align="right" /></a>Nous ne discuterons pas ici de la question de la pertinence tant économique que éthique ou politique du <strong>commerce équitable</strong> mais d&#8217;une difficulté tenant à sa réalisation pratique. Prenons le cas d&#8217;un paréo vendu en Europe qui serait labellisé « équitable ». Le vendeur nous explique, nous assure et nous rassure que le fabriquant sud-américain fut justement rétribué pour cet ouvrage, non pas en raison d&#8217;un rapport de force entre la faible demande et la forte offre pour ce produit, mais bien en raison du salaire minimum, « raisonnable » en vigueur dans le pays de production.</p>
<p><span id="more-349"></span>Sans aucun doute est-il possible de s&#8217;assurer de ce fait. En revanche, la difficulté s&#8217;accroit si l&#8217;on cherche à obtenir <strong>un produit équitable d&#8217;une plus grande pureté</strong>. Entendons : il se peut très bien que le producteur de paréo n&#8217;utilise pas quant à lui de produit équitable. Peut-être utilise-t-il des machines, de l&#8217;outillage d&#8217;origine chinoise qui n&#8217;est pas équitable. Peut-être utilise-t-il du fil, du tissu d&#8217;origine africaine qui n&#8217;est pas équitable. Peut-être que les emballages plastiques d&#8217;origine indienne utilisés ne sont pas équitables. Peut-être que le transporteur qui achemine les paréos jusqu&#8217;à l&#8217;aéroport ne travaille pas de manière équitable. Peut-être utilise-t-il même un camion qui n&#8217;est pas équitable et dont chaque pièce n&#8217;a pas été produite équitablement. Peut-être a-t-il mangé des légumes qui ne sont pas cultivés équitablement.</p>
<p>En somme, sitôt que l&#8217;on cherche à s&#8217;assurer de l&#8217;entière « équitabilité » du procès de production, on entre dans une <strong>régression à l&#8217;infini</strong> au sujet de laquelle il faudra bien prendre parti. Les étiquetages <strong>Max Havelaar</strong> et autres labels équitables feraient bien d&#8217;indiquer : « équitable à 83% » ou « a été fabriqué dans un réseau social pouvant contenir des traces d&#8217;iniquité ».</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/coulisses-commerce-%C3%A9quitable-Mensonges-business/dp/284205959X%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D284205959X"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41zddD-cIcL._SL110_.jpg" width="72" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/coulisses-commerce-%C3%A9quitable-Mensonges-business/dp/284205959X%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D284205959X">Les coulisses du commerce équitable </a></h3>
<p class="author">Christian Jacquiau.					Mille et une nuits 2006, 					Broché,				473 pages,				&#8364;&#160;21,85</p>
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		<title>Brisons les barreaux du silence</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Oct 2008 14:40:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Foucault]]></category>
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		<category><![CDATA[Prison]]></category>
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		<category><![CDATA[Vidal-Naquet]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Stasi]]></category>

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		<description><![CDATA[« Cet hiver, à Nantes, les couvertures sur les lits étaient toutes givrées le matin. À Draguignan, la température était toujours au-dessous de zéro dans certaines cellules. À Clairvaux, cinquante-huit cages à poules (cellules entièrement garnies de barreaux) ne sont jamais chauffées. À Loos, durant l&#8217;hiver 1969, le chauffage est resté en panne durant un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/brisons-les-barreaux-du-silence/michel-foucault-2/" title="Michel Foucault" rel="attachment wp-att-334"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/10/michel_foucault.thumbnail.jpg" alt="Michel Foucault" align="right" /></a></p>
<blockquote><p>« Cet hiver, à Nantes, les couvertures sur les lits étaient toutes givrées le matin. À Draguignan, la température était toujours au-dessous de zéro dans certaines cellules. À Clairvaux, cinquante-huit cages à poules (cellules entièrement garnies de barreaux) ne sont jamais chauffées. À Loos, durant l&#8217;hiver 1969, le chauffage est resté en panne durant un mois. À cela s&#8217;ajoutaient les brimades les plus ignobles. On interdisait aux détenus de s&#8217;étendre sous les couvertures durant la journée. Le directeur disait: « Vous voulez vous réchauffer ? Vous n&#8217;avez qu&#8217;à courir dans vos cellules ! », ou : « Vous n&#8217;aviez qu&#8217;à ne pas venir ici ! »</p>
<p><span id="more-333"></span>Beaucoup de détenus disent pourtant : « Les conditions matérielles en prison, ce n&#8217;est pas le pire. » Et nous avons ainsi découvert toute une série de répressions plus mal supportées encore que l&#8217;entassement, l&#8217;ennui ou la faim.</p>
<p>La plus importante, peut-être, c&#8217;est l&#8217;absence de tout droit réel. La justice envoie un homme en prison, et cet homme ne peut défendre ses droits devant elle. Il est totalement désarmé. La longueur de la détention préventive et les conditions de vie, tout dépend de la justice. Or, quand il écrit au procureur pour se plaindre, sa lettre peut être interceptée ou réécrite en partie par le greffe. Parfois même, on l&#8217;enverra au mitard afin qu&#8217;il cesse de se plaindre. Les juges savent bien que l&#8217;administration pénitentiaire fait écran entre eux et les détenus. C&#8217;est même là l&#8217;une des fonctions de la prison que les juges apprécient beaucoup. »</p>
<p>Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet, « Enquête sur les prisons : brisons les barreaux du silence », 1971 in Foucault, <em>Dits et écrits</em>, p. 1047-1048.</p></blockquote>
<p>Près de quarante ans après, quels changements ? Combien de temps encore ce texte restera-t-il hélas ! actuel, si actuel, trop actuel ? Combien de temps encore tolérera-t-on l&#8217;intolérable ? Combien d&#8217;autres <strong>Vincent Stasi</strong> (voir <em>Libération</em>, « <a href="http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2008/10/sorti-de-prison.html">A sa sortie de prison, un détenu raconte l&#8217;enfer vécu</a> ») faudra-t-il pour qu&#8217;enfin la société cesse de refouler et se refouler en bafouant les droits de l&#8217;homme les plus élémentaires ?</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Surveiller-punir-Michel-Foucault/dp/2070729680%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070729680"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41KTXKGRZRL._SL110_.jpg" width="73" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Surveiller-punir-Michel-Foucault/dp/2070729680%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070729680">Surveiller et punir</a></h3>
<p class="author">Michel Foucault.					Gallimard 1998, 					Poche,				360 pages,				&#8364;&#160;11,87</p>
</div>
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		<title>Erreur d’arbitrage et leçon d’injustice</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Oct 2008 08:55:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sport studies]]></category>
		<category><![CDATA[Adam Smith]]></category>
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		<description><![CDATA[La première conséquence de l&#8217;erreur d&#8217;arbitrage, comme l&#8217;a brillamment souligné Paul Yonnet [sociologue, ndlr], est d&#8217;ouvrir les portes de l&#8217;agora, du forum, du débat public. Chacun va débattre, rediscuter, revisionner, théoriser, disserter sur ce qu&#8217;il y a eu et sur ce qu&#8217;il y aurait dû avoir, sur ce qu&#8217;il y a et sur ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/erreur-d-arbitrage-et-lecon-d-injustice/diego-maradona/" rel="attachment wp-att-332" title="Diego Maradona"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/10/maradona.thumbnail.jpg" alt="Diego Maradona" align="right" /></a></p>
<blockquote><p>La première conséquence de l&#8217;erreur d&#8217;arbitrage, comme l&#8217;a brillamment souligné Paul Yonnet [sociologue, ndlr], est d&#8217;ouvrir les portes de l&#8217;agora, du forum, du débat public. Chacun va débattre, rediscuter, revisionner, théoriser, disserter sur ce qu&#8217;il y a eu et sur ce qu&#8217;il y aurait dû avoir, sur ce qu&#8217;il y a et sur ce qui devrait être, sur la vraie nature de la justice et de l&#8217;injustice. <em>On refait le match</em> est le titre de cette émission sur RTL dont le but avoué n&#8217;est autre que de servir de «café du commerce» national. On ne compte pas le nombre d&#8217;émissions, d&#8217;articles de presse, de reportages qui ne sont que l&#8217;émanation, la conséquence des erreurs d&#8217;arbitrage et de l&#8217;injustice sportive.<span id="more-331"></span>Qu&#8217;il y ait une erreur d&#8217;arbitrage, comme il y en eut ce samedi 13 septembre à l&#8217;occasion du match Olympique lyonnais-Nice, et c&#8217;est le commencement d&#8217;un débat sans fin où tous les partis échangeront et prolongeront la rencontre jusqu&#8217;à plus soif. L&#8217;arbitre, les équipes, <em>l&#8217;Equipe,</em> les supporters, les spectateurs, les commentateurs, les journalistes et même les intellectuels et politiques sont sommés de s&#8217;exprimer : que l&#8217;on songe aux réactions à la suite du coup de tête de Zidane, où même Bernard-Henri Lévy et Jaques Chirac eurent leur mot à dire.</p>
<p>Mais une deuxième conséquence beaucoup plus pernicieuse est également à l&#8217;œuvre, directement en lien avec la vocation pédagogique du sport que voulait Coubertin. En effet, toute injustice est source de frustration, et partant, source de conflits. La partie lésée n&#8217;entend souvent pas le rester et aspire à obtenir réparation. On part contester la décision de l&#8217;arbitre, scène usuelle du football où la part d&#8217;arbitraire est plus grande que dans d&#8217;autres sports, et à chaque fois l&#8217;arbitre ne fléchit pas. Si par malheur il fléchissait, ce serait interprété par l&#8217;autre camp comme étant une autre erreur d&#8217;arbitrage car un arbitre ne revient jamais sur sa décision. Elle se doit à chaque fois d&#8217;être irrévocable, même si elle est arbitraire. Conséquence : l&#8217;erreur d&#8217;arbitrage tend à enseigner à accepter l&#8217;injustice, à faire avec.</p>
<p>L&#8217;injustice ? Elle fait partie du jeu, elle fait partie de la vie. L&#8217;issue ? L&#8217;accepter stoïquement. C&#8217;est ce que l&#8217;on apprend aux plus jeunes dès les premiers ballons frappés. Les éducateurs leur répètent : «L&#8217;injustice fait partie du jeu.» Il faut respecter les décisions de l&#8217;arbitre, même si celles-ci sont injustes. Il faut apprendre à continuer la partie comme si de rien n&#8217;était. L&#8217;autorité a raison même quand elle a tort.</p>
<p>Au plus haut niveau, on tente de justifier cette thèse métaphysiquement par un théorème qui convainc beaucoup d&#8217;intellectuels : «Les erreurs d&#8217;arbitrage, à terme, s&#8217;équilibrent.» Ce qui signifie que si une équipe fut lésée au cours d&#8217;un match, elle sera avantagée lors du prochain. Inutile de crier à l&#8217;injustice ; celle-ci fait partie d&#8217;un plan qui prévoit la justice, l&#8217;équilibre automatique et nécessaire de la balance des délits et des peines comme point final.</p>
<p>La «main invisible» d&#8217;Adam Smith et la «main de Dieu» de Maradona n&#8217;en finissent plus de se serrer l&#8217;une et l&#8217;autre, la première étant censée réparer les fautes de la seconde. L&#8217;ombre de Pangloss n&#8217;est pas loin, pour laquelle tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible.</p>
<p>Voilà donc le système d&#8217;idées auquel participe l&#8217;erreur d&#8217;arbitrage. Apprendre à accepter l&#8217;injustice et l&#8217;arbitraire sans broncher ; convaincre de l&#8217;inanité de toute justice en ce monde ; reléguer la frustration en dehors du droit. En somme, une réhabilitation du monde de Leibniz et de la justice prémoderne d&#8217;avant Beccaria. Qui ose encore dire que le football est une chose futile ?</p>
<p>Raphaël Verchère, <em>Libération</em>, vendredi 19 septembre 2008, « <a href="http://www.liberation.fr/tribune/010113187-erreur-d-arbitrage-et-lecon-d-injustice">Erreur d’arbitrage et leçon d’injustice</a> »</p></blockquote>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/football-une-peste-%C3%A9motionnelle-barbarie/dp/2070319512%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070319512"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51kLA9-QC3L._SL110_.jpg" width="59" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/football-une-peste-%C3%A9motionnelle-barbarie/dp/2070319512%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070319512">Le football, une peste émotionnelle </a></h3>
<p class="author">Jean-Marie Brohm.					Gallimard 2006, 					Broché,				390 pages,				&#8364;&#160;7,80</p>
</div>
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		<title>Le libéralisme, de la gauche à la droite</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Oct 2008 09:22:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<description><![CDATA[Libéralisme à droite ; dirigisme à gauche. Il est usuel de présenter ces assimilations. De fait, pratiquement dans tous les pays, les défenseurs du marché et du laissez-faire se trouvent être pour la plupart des conservateurs ; les promoteurs de la régulation et du contrôle des progressistes. Ce sont des Républicains et de l&#8217;UMP que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/le-liberalisme-de-la-gauche-a-la-droite/pascal-salin/" title="Pascal Salin" rel="attachment wp-att-324"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/10/pascal_salin.thumbnail.jpg" alt="Pascal Salin" align="right" /></a>Libéralisme à droite ; dirigisme à gauche. Il est usuel de présenter ces assimilations. De fait, pratiquement dans tous les pays, les défenseurs du marché et du laissez-faire se trouvent être pour la plupart des conservateurs ; les promoteurs de la régulation et du contrôle des progressistes. Ce sont des Républicains et de l&#8217;UMP que l&#8217;on attend une défense du <em>workfare state</em> tandis que les Démocrates et le PS veillent au <em>welfare state</em>.</p>
<p><span id="more-323"></span></p>
<p>Les oppositions droite/gauche actuelles prennent leurs racines dans la fin de l&#8217;Ancien Régime. Déjà, conservateurs et progressistes se préparaient à prendre leurs places dans l&#8217;hémicycle. À droite les défenseurs du Roi, du droit divin, de l&#8217;ordre ; à gauche les défenseurs du peuple, du droit humain, du progrès.</p>
<p>Pourtant, à cette époque, le libéralisme se trouvait défendu principalement par la gauche. Quand Turgot proposait la suppression du droit de hallage, et autres mesures libérales de l&#8217;espèce, il se heurtait aux résistances les plus conservatrices venant de la Cour même. Il était dans la nature de la monarchie d&#8217;aimer diriger et de ne pas laisser l&#8217;initiative économique à la société civile.</p>
<p>Comment le libéralisme a-t-il pu passer de la gauche à la droite, du progressisme au conservatisme ? Y a-t-il des raisons métaphysiques et psychologiques à ce glissement et à ces assimilations libéralisme/conservatisme, dirigisme/progressisme ?</p>
<p>Avec la « sécularisation », le « désenchantement du monde », la société s&#8217;est vidée de tout recours à Dieu et le politique s&#8217;est construit sur d&#8217;autres bases que le théologique. La droite, dont le rôle était de défendre le traditionalisme et la transcendance, se trouvait vidée de sa substance, de son objet. Comment se reconstruire ? Elle trouva dans le marché, dans la « main invisible » décrite par Adam Smith un principe transcendant équivalent. Le marché réalise la justice en ce monde sur le même mode que celui de Dieu, c&#8217;est-à-dire sans la médiation humaine. Le marché remplace le Roi désormais absent dans son rôle d&#8217;émissaire de Dieu pour garantir l&#8217;ordre divin. Le marché ne fait pas confiance à l&#8217;homme pour qu&#8217;il constitue lui-même son principe d&#8217;organisation sociale et préfère assigner à chacun sa place par ce principe abstrait qu&#8217;il représente.</p>
<p>La gauche quant à elle reste fidèle à son fondement humaniste, à l&#8217;idée que l&#8217;ordre social doit émaner de la main de l&#8217;homme, d&#8217;un principe fabriqué, construit de toute pièce, et non de quelque chose existant déjà, découvert par la spéculation. Elle place l&#8217;homme comme initiateur direct de l&#8217;organisation social. À lui de décider de quelle façon doit pencher la balance de la justice. Les lois humaines sont les seules valables, et non pas les pseudo-lois et droits naturels des économistes et physiocrates.</p>
<p>Reste que si remettre dans les mains d&#8217;un principe abstrait – le marché – la totalité de l&#8217;organisation sociale est un excès, c&#8217;en est également un que de faire de l&#8217;homme l&#8217;alpha et l&#8217;oméga de ce même ordre. Mieux vaut opter pour un <em>libéralisme agnostique</em><span style="font-style: normal"> qui prendra pour maxime d&#8217;ignorer pertinemment ce que sont les lois économiques –  « un voile de l&#8217;ignorance » – pour ne pas les idolâtrer et protéger l&#8217;homme de lui-même.</span></p>
<p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Histoire-intellectuelle-lib%C3%A9ralisme-Pierre-Manent/dp/2012788653%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2012788653"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41YDlHzHDVL._SL110_.jpg" width="68" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Histoire-intellectuelle-lib%C3%A9ralisme-Pierre-Manent/dp/2012788653%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2012788653">Histoire intellectuelle du libéralisme</a></h3>
<p class="author">Pierre Manent.					Hachette Littérature 1997, 					Poche,				250 pages,				&#8364;&#160;6,90</p>
</div>
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		<title>Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Apr 2008 09:21:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Doxographies]]></category>
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		<description><![CDATA[Gustave de Molinari (3 mars 1819 à Liège &#8211; 28 janvier 1912 à Adinkerke) était un économiste belge, membre de la Société d&#8217;économie politique de Paris dont il fut même le président d&#8217;honneur jusqu&#8217;à sa mort. Il fut aussi directeur du Journal des économistes, auquel contribuera notamment Frédéric Bastiat. On dit que Molinari fut d&#8217;ailleurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/gustave-de-molinari-les-soirees-de-la-rue-saint-lazare/gustave-de-molinari-2/" rel="attachment wp-att-283" title="Gustave de Molinari"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/05/gustavemolinari.thumbnail.jpg" alt="Gustave de Molinari" align="right" /></a>Gustave de Molinari (3 mars 1819 à Liège &#8211; 28 janvier 1912 à Adinkerke) était un économiste belge, membre de la <em>Société d&#8217;économie politique de Paris</em> dont il fut même le président d&#8217;honneur jusqu&#8217;à sa mort. Il fut aussi directeur du <em>Journal des économistes</em>, auquel contribuera notamment Frédéric Bastiat. On dit que Molinari fut d&#8217;ailleurs disciple de ce dernier. Du point de vue des idées, cela est incontestable. On présente ainsi souvent Molinari comme l&#8217;inventeur de l&#8217;anarcho-capitalisme, comme le père de « l&#8217;ultralibéralisme », comme un partisan forcené de la non-régulation absolue.</p>
<p align="justify"><span id="more-282"></span>Si Gustave de Molinari fut un personnage incontournable de la discipline économique en son temps, comme en témoigne son activité prolifique tant au <em>Journal des économistes</em> qu&#8217;en tant qu&#8217;auteur de nombreux ouvrages &#8211; pas loin d&#8217;une quarantaine de titres écrits de 1846 à 1911 -, il n&#8217;est guère étudié aujourd&#8217;hui en dehors des milieux libéraux. De ses ouvrages ne subsiste maintenant plus que <em>Les Soirées de la Rue Saint-Lazare </em>publié en 1849,<em> </em>réédité par <em>eventura</em> en 2003, mais déjà épuisé. Il existe cependant un <em>Institut Gustave de Molinari</em> (<a href="http://www.institutmolinari.org/">www.institutmolinari.org</a>), sorte de « think-tank » libéral, qui se charge de faire connaître sa pensée.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;ouvrage : <em>Les Soirées de la Rue Saint-Lazare</em></strong></p>
<p align="justify"><em>Les Soirées de la Rue Saint-Lazare</em> sont un dialogue mêlant un économiste, un socialiste et un conservateur. C&#8217;est un texte de jeunesse de Molinari, publié en 1849 dans le contexte de la Révolution de 1848. Molinari est l&#8217;exact contemporain de Marx &#8211; ils naissent tous deux à un an d&#8217;intervalle &#8211; et ce texte est publié un an après le <em>Manifeste du Parti communiste</em>. Il ne semble pas que Molinari ait eu connaissance des écrits de Marx à cette époque si l&#8217;on en juge par l&#8217;absence de référence dans son ouvrage à cet auteur.</p>
<p align="justify"> On ne peut que donner raison à Koyré lorsqu&#8217;il dit que les seuls textes ayant présenté un réel intérêt à être mis sous une forme dialoguée furent ceux de Platon et de Hume. Ici, le dialogue est simplement un outil permettant de présenter plus facilement ce que Weber appellera un idéal-type : l&#8217;idéal-type du socialiste, du conservateur et de l&#8217;économiste. Inutile de préciser derrière laquelle de ces figures se cache Molinari.</p>
<p align="justify"> Molinari entend régler leur compte tant aux socialistes qu&#8217;aux conservateurs. Il veut montrer que l&#8217;économie politique est la seule voie viable possible, et que ces deux camps refusent de la suivre uniquement en raison d&#8217;un défaut d&#8217;analyse. L&#8217;économiste, selon Molinari, n&#8217;est ni de droite, ni de gauche. C&#8217;est donc en pédagogue et en toute objectivité que l&#8217;économiste va parler afin de démonter tous les préjugés. Pendant douze soirées, il va essayer et réussir à faire sortir le socialiste et le conservateur de leurs cavernes idéologiques.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Le principe de l&#8217;économie politique : Retour à Quesnay</strong></p>
<p align="justify"> En exergue du texte est placée cette citation de François Quesnay :</p>
<blockquote><p>« Il faut bien se garder d&#8217;attribuer aux lois physiques les maux qui sont la juste et inévitable punition de la violation de l&#8217;ordre même de ces lois, instituées pour opérer le bien. »</p></blockquote>
<p align="justify">Si Molinari a choisi cette citation, c&#8217;est qu&#8217;elle résume fort bien le projet de son ouvrage. Celui-ci est sous-titré « entretiens sur les lois économiques et défense de la propriété. » Tout le travail de Molinari est en effet de montrer que la propriété privée est le fondement de l&#8217;organisation sociale, que toutes les lois économiques peuvent par suite se déduire de cet unique fondement. Mais bien plus, il veut montrer que cette organisation sociale est juste, et que ce n&#8217;est qu&#8217;en « laissant-faire » la société, pour peu que la propriété y soit respectée, que l&#8217;on peut aboutir à un tel ordre. Toute atteinte au principe de propriété engendre quant à lui de l&#8217;injustice, contrairement à ce que pensent les socialistes, « disciples de Rousseau », pour qui c&#8217;est la propriété qui crée du désordre.</p>
<p align="justify">Encore faut-il démontrer que la propriété est le fondement de l&#8217;ordre juste. L&#8217;argumentaire de Molinari use du raisonnement par l&#8217;absurde. Dans un premier temps, il montre que telle injustice sociale est la conséquence logique et nécessaire de telle atteinte précédente à la propriété. Puis, dans un deuxième temps, il montre combien la situation aurait été plus juste dans une société qui n&#8217;aurait pas inconsidérément violé ce principe. D&#8217;où le raisonnement par contraposée suivant : (violation de la propriété → ordre injuste) → (ordre juste → respect de la propriété)</p>
<p align="justify">À ce raisonnement, Molinari rajoute l&#8217;argument d&#8217;autorité dès sa préface, « reconnaissant, <em>avec tous les économistes</em> [c'est nous qui soulignons]<em>,</em> la propriété comme la base de l&#8217;organisation naturelle de la société. » « Tous les économistes ont défendu la propriété [...]. Quesnay, Turgot, Adam Smith, Malthus, Ricardo, J.-B. Say [...] ; leurs disciples, MM. Mac Culloch, Senior, Wilson, Dunoyer, Michel Chevalier, Bastiat, Joseph Garnier, etc. » Molinari, en bon économiste, en fait par conséquent de même.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;économiste, le socialiste et le conservateur</strong></p>
<p align="justify"> L&#8217;idée de Molinari est donc que tous les problèmes sociaux ne sont rien d&#8217;autres que les conséquences naturelles, donc nécessaires, d&#8217;atteintes au fondement de l&#8217;organisation naturelle des sociétés qu&#8217;est la propriété. Les positions respectives de l&#8217;économiste, du socialiste et du conservateur peuvent être définies, d&#8217;après notre lecture, suivant un double point de vue.</p>
<p align="justify"> En premier lieu, le statut qu&#8217;ils accordent à la propriété privée est différent. Socialistes et conservateurs commettent tous deux une même erreur. Ils méconnaissent les lois économiques, qui ne sont rien d&#8217;autres que des lois de la nature elle-même, au même titre que les lois physiques découvertes par Newton. Ils les enfreignent avec la réglementation politique, consciemment ou inconsciemment, que cela parte d&#8217;un bon sentiment ou non, puis se plaignent de voir régner dans la société l&#8217;injustice.</p>
<p align="justify"> D&#8217;après Molinari, il y a deux types de socialistes. Les premiers qui nient purement et simplement que les lois économiques soient des lois naturelles ; les seconds qui admettent qu&#8217;elles le soient mais qui les pensent en revanche imparfaites et comme devant être corrigées. Dans les deux cas, réformer la société passe pour eux par une action du politique sur les lois économiques. Comme celles-ci sont directement dépendantes du concept de propriété, les changer signifie remettre en cause cette notion. « Les socialistes s&#8217;efforcent donc d&#8217;altérer ou de détruire le principe de la propriété (Préface). »</p>
<p align="justify">Quant à eux, « les conservateurs défendent la propriété ; mais ils la défendent mal (Préface). » Par définition, le conservateur est partisan du <em>statu quo</em>. Il veut conserver le système tel qu&#8217;il est. Peu lui importe l&#8217;analyse économique. Même, il est rétif à toute analyse sociale, « dans la crainte d&#8217;y rencontrer des souffrances qui nécessiteraient une réforme quelconque dans les institutions actuelles. » S&#8217;il accepte la propriété, c&#8217;est simplement parce que la société qu&#8217;il ne souhaite pas voir changer l&#8217;admet. Attirer les lumières de la raison sur ce principe lui est une entreprise presque suspecte.</p>
<p align="justify"> Ainsi, du point de vue de la propriété, le socialiste et l&#8217;économiste sont à deux endroits opposés. Le premier souhaite y toucher, voire la supprimer, quand le deuxième voit en elle le point d&#8217;Archimède de l&#8217;organisation sociale avec lequel il ne faut pas transiger. Le conservateur, quant à lui, se situe entre les deux. Il admet la propriété parce qu&#8217;il faut l&#8217;admettre.</p>
<p align="justify">En deuxième lieu, c&#8217;est dans leur rapport à la science économique que les trois personnages se séparent. Au cours du dialogue, l&#8217;économiste &#8211; Molinari &#8211; n&#8217;aura de cesse de railler le conservateur, chez lequel les soirées se déroulent, qui possède une bibliothèque fournie dans laquelle se trouve <em>La Richesse des Nations</em> d&#8217;Adam Smith, mais qu&#8217;il reconnaît n&#8217;avoir jamais ouvert. Il faut y voir plus qu&#8217;un symbole. Le conservateur, qui est au pouvoir, possède les outils des économistes sous la main mais feint de les ignorer, ne les utilise pas. L&#8217;économiste vient alors sur le propre terrain du conservateur, dans le gouvernement, pour le rallier à ces vues.</p>
<p align="justify">Le caractère du socialiste est quant à lui différent. Au contraire du conservateur, il paraîtra avoir une connaissance aiguë de ces écrits « classiques », et avoir grand souci de la justice. La tâche de l&#8217;économiste sera de montrer que les lectures qu&#8217;il fait sont parfois biaisées. Economistes &#8211; ou libéraux, les deux termes étant à cette époque, au risque de caricaturer, presque équivalents &#8211; et socialistes ont le même but : la justice. Le problème du socialiste est qu&#8217;il est resté bloqué sur le chemin de la science économique. Par conséquent, du point de vue épistémologique, le socialiste est comme un moyen terme entre le conservateur et l&#8217;économiste. Le premier ne veut pas entendre parler de science économique, le second la détient. Le socialiste y aspire.</p>
<p align="justify">En somme, l&#8217;économiste va attaquer le conservateur et le socialiste sur des points différents. « Il m&#8217;a semblé que l&#8217;hérésie socialiste exigeait une autre réfutation [que la censure] et la propriété une autre défense [que la conservatrice]. (Préface). » D&#8217;un coté, contre les socialistes, il convient de montrer que leur science économique est erronée, ou tout du moins incomplète ; de l&#8217;autre, contre les conservateurs, il s&#8217;agit de dévoiler le véritable caractère de la propriété privée, de montrer que celle-ci mérite une meilleur défense qu&#8217;une simple justification par la tradition.</p>
<p align="justify">C&#8217;est pourquoi l&#8217;économiste est l&#8217;ami et l&#8217;ennemi de chacun. Pour le conservateur, il semble être un socialiste car il entend réformer la société pour la mettre en accord avec une supposée science économique ; pour le socialiste, il paraît être un conservateur car il défend la propriété avec encore plus d&#8217;ardeur qu&#8217;un conservateur.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>La propriété, fondement inviolable de l&#8217;organisation sociale</strong></p>
<p align="justify">Un rapide coup d&#8217;oeil sur la table des matières (cf. <em>infra</em>) suffit à dévoiler le projet de Molinari. Plus qu&#8217;une simple réfutation des thèses socialistes et conservatrices, c&#8217;est un troisième modèle qui nous est présenté, lequel, d&#8217;après Molinari, se déduit logiquement du seul principe de la propriété.</p>
<p align="justify"> Les premières soirées sont destinées à démontrer la validité du principe de propriété. L&#8217;économiste affirme ainsi haut et fort :</p>
<blockquote><p>« J&#8217;affirme que les misères et les iniquités dont l&#8217;humanité n&#8217;a cessé de souffrir ne viennent point de la propriété ; j&#8217;affirme qu&#8217;elles viennent d&#8217;infractions particulières ou générales, temporaires ou permanentes, légales ou illégales, commises au principe de propriété. J&#8217;affirme que si la propriété avait été, dès l&#8217;origine du monde, religieusement respectée, l&#8217;humanité aurait constamment joui du maximum de bien-être que comportait, à chaque époque, l&#8217;état d&#8217;avancement des arts et des sciences, comme aussi d&#8217;une entière justice. (Première soirée, p. 39) »</p></blockquote>
<p align="justify">Dans cette thèse sont amorcés deux mouvements. Un premier en direction d&#8217;un travail <em>négatif</em> qui consistera à démontrer que l&#8217;atteinte à la propriété produit de l&#8217;injustice ; un second vers un travail <em>positif</em> qui devra montrer ce que serait une société qui respecterait « religieusement » la propriété. Ce double caractère du travail de Molinari est constant tout au long de l&#8217;ouvrage.</p>
<p align="justify">Lorsque le socialiste somme l&#8217;économiste de définir ce qu&#8217;il entend par propriété, celui-ci s&#8217;exécute en la fondant sur une anthropologie. L&#8217;homme doit <em>travailler</em> pour réparer ou augmenter ses forces par la <em>consommation</em> d&#8217;objets issus de la <em>production</em>. Molinari souligne de lui-même ces mots-clefs qui sont d&#8217;importants concepts pour son système. Chaque homme ayant un <em>intérêt</em> bien compris à maximiser ses efforts, il en résulte une <em>division du travail</em> grâce à laquelle les hommes obtiennent un <em>maximum</em> de satisfactions au prix d&#8217;un <em>minimum</em> d&#8217;efforts.</p>
<p align="justify">Les fruits de l&#8217;effort de chaque homme est sa <em>propriété</em>, qui contient la force dépensée par chaque homme en celle-ci. La propriété n&#8217;est donc que transformation de force de travail. La propriété peut être de deux types. Soit <em>extérieure</em>, et elle concerne des produits clairement distincts de la personne, ou même tout simplement son corps ; soit <em>intérieure</em>, et il s&#8217;agit alors de ses facultés intellectuelles ou morales, de sa volonté. « Toute atteinte portée à la propriété intérieure ou extérieure, séparée ou non séparée, est contraire à l&#8217;Utilité aussi bien qu&#8217;à la Justice. (Première soirée, p. 43) » La propriété n&#8217;est pas instituée par la société mais est un fait naturel. C&#8217;est bien plutôt la propriété qui produit le fait social. On comprend dès lors que la société s&#8217;effrite si sa base, la propriété, est atteinte.</p>
<p align="justify">Car la propriété extérieure est tout autant bafouée que la propriété intérieure. Pour la première, l&#8217;économiste blâme que « le don, l&#8217;héritage et le prêt ne sont pas libres. L&#8217;échange est lourdement grevé tant par les impôts de mutation, d&#8217;enregistrement et de timbre, les octrois et les douanes, que par les privilèges accordés aux agents servant d&#8217;intermédiaires à certains marchés ; parfois aussi l&#8217;échange est complètement <em>prohibé </em>hors de certaines limites. (Première soirée, p. 45) » Au titre de la seconde, le fait que l&#8217;on ne reconnaisse pas la propriété intellectuelle, littéraire et artistique comme il le faudrait en témoigne.</p>
<p align="justify">Pour Molinari, le droit de propriété « commence au moment où nous appliquons aux choses que la nature a mises gratuitement à notre disposition une portion de nos forces, de nos facultés ; au moment où nous complétons l&#8217;oeuvre de la nature en donnant à ces choses une façon nouvelle ; au moment où nous ajoutons à la valeur naturelle qui est en elles une valeur artificielle [...]. J&#8217;entends pas valeur, la propriété qu&#8217;ont les choses ou qui leur est donnée de satisfaire aux besoins de l&#8217;homme. (Deuxième soirée, p. 49) » En somme, toucher aux fruits du travail d&#8217;un homme est aller contre ses droits les plus fondamentaux, et c&#8217;est cette attaque qui est à la base de tous les maux de la société.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>La démocratie économique</strong></p>
<p align="justify">Partant, une grande partie de l&#8217;ouvrage consistera à dénoncer toutes les atteintes à la propriété entendue dans le sens de Molinari sur quelque sujet que ce soit, et de montrer combien la vie aurait été meilleure sans cela. L&#8217;avis de l&#8217;économiste est bien simple. Il faut enlever toutes les entraves à la propriété, ce qui signifie déréguler, faire reculer l&#8217;état. Il y a un principe d&#8217;auto-organisation de la société plus performant que le dirigisme si on ose le laisser faire. Tout doit être laissé libre. Tout les monopoles étatiques doivent être abolis.</p>
<p align="justify">Voilà peut-être là où Molinari est le plus radical et peut-être le plus novateur. Un libéral classique aurait laissé à l&#8217;état les tâches dites régaliennes &#8211; justice, sécurité, défense. « C&#8217;est l&#8217;état-gendarme de J.-B. Say. » Le gouvernement est pourvoyeur de sécurité, sa fonction « consiste uniquement à assurer à chacun la conservation de sa propriété [sa personne, sa propriété intérieure et extérieure]. (Onzième soirée, p. 199) » Or, « au nom du principe de la propriété, au nom du droit que je possède de me pourvoir moi-même de <em>sécurité</em>, ou d&#8217;en acheter à qui bon me semble, je demande des <em>gouvernements libres</em>. » Par suite, des « <em>compagnies d&#8217;assurances sur la propriétés</em> (p. 213) » se constitueraient et la libre concurrence fera en sorte de maximiser pour chacune sa « <em>production de sécurité</em> » L&#8217;état lui-même, Molinari l&#8217;appelle le gouvernement, doit être mis en concurrence afin que chaque homme puisse librement choisir auquel il souhaite appartenir.</p>
<p align="justify">Le monopole du gouvernement est le dernier à être brisé par l&#8217;économiste après qu&#8217;il se soit débarrassé suivant le même raisonnement de ceux de la monnaie et de l&#8217;enseignement. De même, tous les systèmes de subventions furent récusés, que ce soit pour les cultes ou la culture, au motif « que l&#8217;intervention du gouvernement dans la production est toujours nécessairement nuisible (Huitième soirée) ».</p>
<p align="justify">Reste un problème important, « le mal dénoncé par les socialistes, et que nul, à moins d&#8217;être aveugle ou de mauvaise foi, ne saurait nier (Préface) » : la pauvreté. Comment y remédier ? Comment défendre le travailleur et lui permettre de vendre son travail à un prix légitime ? Cela passe par le droit des travailleurs à s&#8217;associer librement, autrement dit la liberté syndicale, qui est défendu comme un droit fondamental qui permet à « l&#8217;ouvrier [...] quelquefois [de] faire la loi au maître. (Sixième journée) » Ce n&#8217;est que si on laisse librement, d&#8217;une part les travailleurs s&#8217;organiser entre eux, et d&#8217;autre part les travailleurs s&#8217;accorder avec leurs employeurs, que l&#8217;on peut aboutir à un système juste. Un des actes politiques forts de Molinari fut ainsi d&#8217;avoir tenté de créer des <em>Bourses  du travail</em> (cf. son texte de 1893) où les ouvriers, qui ne sont rien d&#8217;autre que des marchands de travail, pouvaient prendre connaissance du prix public offert pour tel ou tel travail à tel ou tel endroit, et se vendre ainsi facilement au plus offrant.</p>
<p align="justify">Mais qu&#8217;en est-il des laissés pour compte ? Quid de la charité ? L&#8217;économiste est catégorique. Ce n&#8217;est pas à l&#8217;état de s&#8217;en occuper. S&#8217;il le faisait, ce serait d&#8217;une part instituer la « <em>Taxe des pauvres </em>(Dixième soirée, p. 184) » et d&#8217;autre part contrevenir à une loi de la nature découverte par Malthus. La terre ne peut pas nourrir tous les hommes. Il faut que la population se maintienne à un niveau d&#8217;équilibre. La pauvreté est en effet la conséquence du fait qu&#8217;il y a plus d&#8217;hommes que de pain, qu&#8217;en somme il y a surproduction d&#8217;hommes. La charité, lorsque celle-ci est instituée, ne fait qu&#8217;entretenir cette surproduction. Voilà les causes lointaines de la pauvreté. Supprimez la charité, laissez la population s&#8217;ajuster d&#8217;elle-même à son niveau d&#8217;équilibre, et on en aura fini avec le paupérisme.</p>
<p align="justify">Est-ce pour autant, comme le dit le conservateur, qu&#8217;il faille « laisser expirer sans secours la foule des misérables ? (Dixième soirée, p. 190) » Que non ! Il faut être charitable avec eux, mais c&#8217;est à la charité privée de s&#8217;occuper du problème et en aucun cas de la charité publique. Cette dernière risque même de faire obstacle à la charité privée puisqu&#8217;elle prend aux contribuables ce qu&#8217;ils ne pourront pas donner ensuite. Ici encore, le maître mot est la dérégulation. Laissez faire la charité privée, celle-ci sera mieux ordonnée.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Critique : la démocratie économique de Molinari, entre idéologie, utopie et idéal régulateur</strong></p>
<p align="justify">Dès la préface, Molinari nous avait averti. « On trouvera peut-être que j&#8217;ai été trop loin, et qu&#8217;à force de vouloir me tenir dans le droit chemin des principes, je n&#8217;ai pas su éviter l&#8217;abîme des chimères et des utopies. » Le travail de Molinari est, nous l&#8217;avons dit, essentiellement négatif. Sa thèse : toutes les injustices sociales découlent d&#8217;une atteinte d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre de la propriété. De cela on en déduit (<em>modus tollens</em>) qu&#8217;une société juste serait celle où la propriété privée resterait inviolée. Tout le système de Molinari repose en effet sur ce principe de la propriété. Laissons-la inviolée et l&#8217;ordre en résultant sera nécessairement juste.</p>
<p align="justify">Molinari a beau jeu de défendre cette thèse. Une telle société, qui considérerait la propriété privée comme un principe sacro-saint absolument n&#8217;a historiquement jamais existé. Celle-ci n&#8217;existe guère en dehors de l&#8217;ouvrage de Molinari. Cette société est idéale, voire idéelle, pour ne pas dire utopique au sens étymologique (<em>a-topos</em>), qui n&#8217;existe « dans aucun lieu », si ce n&#8217;est dans l&#8217;esprit de celui qui la conçoit. La société molinariste est une Idée de la raison, au sens kantien. Un objet métaphysique, comme toutes les utopies.</p>
<p align="justify"> Pas de preuve empirique, donc, pour corroborer la séduisante théorie de Molinari &#8211; ou alors, qu&#8217;on nous l&#8217;apporte. Si cette construction théorique est logiquement cohérente et consistante, cela ne suffit pas à la rendre vraie. Si l&#8217;on en reste à une définition classique de la vérité comme correspondance, seul est vrai le discours qui correspond avec les faits. Ces derniers manquant cruellement, et seule l&#8217;expérimentation permettrait de déterminer si la construction de Molinari est pertinente ou non.</p>
<p align="justify">Dans l&#8217;attente n&#8217;est possible que la seule analyse logique et argumentative de son discours. Or, si on s&#8217;y attarde, on s&#8217;apercevra hélas ! que celui-ci a tous les traits d&#8217;une idéologie. Pour Popper, est idéologique le discours qui est irréfutable, qui répond à chaque argument en ajoutant une hypothèse <em>ad hoc</em> à la théorie de départ au lieu d&#8217;en proposer une nouvelle. À chaque pseudo-tentative de réfutation apportée par le conservateur ou le socialiste, l&#8217;économiste parvient à démontrer par un raisonnement subtil qu&#8217;il n&#8217;en aurait pas été de même si la propriété privée n&#8217;avait pas été sacrifiée. La réponse est toujours de la même forme. S&#8217;il y a un problème social, c&#8217;est qu&#8217;il y a atteinte à la propriété privée ; sans cette atteinte, voyez comment les choses se passeraient de la manière la plus admirable. Impossible, donc, de réfuter cette théorie. On sait <em>a priori </em>qu&#8217;elle va être la réponse.</p>
<p align="justify"> D&#8217;autre part, la façon qu&#8217;use parfois Molinari pour montrer qu&#8217;au fond, s&#8217;il on cherche bien, économistes, socialistes et conservateurs souhaitent et disent la même chose &#8211; lorsqu&#8217;il démontre par exemple que droit divin et droit du travail sont une seule et même chose &#8211; rappelle les plus belles heures de la sophistique.</p>
<p align="justify"> La « démocratie économique » de Molinari semble donc être à ranger sur le rayon des idéologies, entre la psychanalyse et le marxisme. Reste cependant à Molinari le mérite d&#8217;avoir montré qu&#8217;une société juste sans état, si elle n&#8217;est pas réalisable, est au moins possible, et qu&#8217;elle peut ainsi constituer un idéal régulateur, comme l&#8217;aurait écrit Kant.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Table des matières</strong></p>
<ol>
<li>
<p align="justify"><strong>Préface</strong></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><strong>Première 	soirée </strong></p>
<p>   		Position du problème social. &#8211; Que la société 		est gouvernée par des lois naturelles, immuables et 		absolues. &#8211; Que la propriété est la base de 		l&#8217;organisation naturelle de la société. &#8211; 		Définition de la propriété. &#8211; Énumération 		des atteintes actuellement portées au principe de la 		propriété.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Deuxième soirée</strong></p>
<p>   		Atteintes portées à la propriété 		extérieure. &#8211; Propriété littéraire et 		artistique. &#8211; Contrefaçon. &#8211; Propriété des 		inventions.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Troisième soirée</strong></p>
<p>   		Suite des atteintes à la propriété 		extérieure. &#8211; Loi d&#8217;expropriation pour cause d&#8217;utilité 		publique. &#8211; Législation des mines. &#8211; Domaine public, 		propriétés de l&#8217;État, des départements 		et des communes. &#8211; Forêts. &#8211; Routes. &#8211; Canaux. &#8211; 		Cours d&#8217;eau. &#8211; Eaux minérales.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Quatrième soirée</strong></p>
<p>   		Droit de tester. &#8211; Législation qui régit 		l&#8217;héritage. &#8211; Le droit à l&#8217;héritage. &#8211; 		Ses résultats moraux. &#8211; Ses résultats matériels. 		- Comparaison de l&#8217;agriculture française avec 		l&#8217;agriculture britannique. &#8211; Des substitutions et de leur 		utilité. &#8211; Organisation naturelle des exploitations 		agricoles sous un régime de propriété libre.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Cinquième soirée</strong></p>
<p>   		Droit de prêter. &#8211; Législation qui 		régit le prêt à intérêt. &#8211; 		Définition du capital. &#8211; Mobiles qui poussent l&#8217;homme à 		former des capitaux. &#8211; Du crédit. &#8211; De l&#8217;intérêt. 		- Éléments qui le composent. &#8211; Travail. &#8211; 		Privation. &#8211; Risques. &#8211; Comment ces éléments 		peuvent être réduits. &#8211; Qu&#8217;ils ne peuvent l&#8217;être 		par des lois. &#8211; Résultats désastreux de la 		législation limitative du taux d&#8217;intérêt.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Sixième soirée</strong></p>
<p>   		Droit d&#8217;échanger. &#8211; De l&#8217;échange 		du travail. &#8211; Lois sur les coalitions. &#8211; Articles 414 et 415 du 		Code pénal. &#8211; Coalition des charpentiers parisiens en 		1845. &#8211; Démonstration de la loi qui fait graviter le prix 		des choses vers la somme de leurs frais de production. &#8211; Son 		application au travail. &#8211; Que l&#8217;ouvrier peut quelquefois faire 		la loi au maître. &#8211; Exemple des Antilles anglaises. &#8211; 		Organisation naturelle de la vente du travail.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Septième soirée</strong></p>
<p>   		Droit d&#8217;échanger, suite. &#8211; Échanges 		internationaux. &#8211; Système protecteur. &#8211; Son but. &#8211; 		Aphorismes de M. de Bourrienne. &#8211; Origine du système 		protecteur. &#8211; Système mercantile. &#8211; Arguments en faveur 		de la protection. &#8211; Épuisement du numéraire. &#8211; 		Indépendance de l&#8217;étranger. &#8211; Augmentation de la 		production intérieure. &#8211; Que le système protecteur 		a diminué la production générale. &#8211; Qu&#8217;il 		a rendu la production précaire et la distribution inique.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Huitième soirée</strong></p>
<p>   		Atteintes portées à la propriété 		intérieure. &#8211; Industries monopolisées ou 		subventionnées par l&#8217;État. &#8211; Fabrication de la 		monnaie. &#8211; Nature et usage de la monnaie. &#8211; Pourquoi un pays ne 		saurait être épuisé de numéraire. &#8211; 		Voies de communication. &#8211; Exploitées chèrement et 		mal par l&#8217;État. &#8211; Transport de lettres. &#8211; Maîtres 		de postes. &#8211; Que l&#8217;intervention du gouvernement dans la 		protection est toujours nécessairement nuisible. &#8211; 		Subventions et privilèges des théâtres. &#8211; 		Bibliothèques publiques. &#8211; Subvention des cultes. &#8211; 		Monopole de l&#8217;enseignement. &#8211; Ses résultats funestes.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Neuvième soirée</strong></p>
<p>   		Suite des atteintes portées à la 		propriété intérieure. &#8211; Droit d&#8217;association. 		- Législation qui régit, en France, les sociétés 		commerciales. &#8211; La société anonyme et ses 		avantages. &#8211; Du monopole des banques. &#8211; Fonctions des banques. 		- Résultats de l&#8217;intervention du gouvernement dans les 		affaires des banques. &#8211; Cherté de l&#8217;escompte. &#8211; 		Banqueroutes légales. &#8211; Autres industries privilégiées 		ou réglementées. &#8211; La boulangerie. &#8211; La 		boucherie. &#8211; L&#8217;imprimerie. &#8211; Les notaires. &#8211; Les agents de 		change et les courtiers. &#8211; La prostitution. &#8211; Les pompes 		funèbres. &#8211; Les cimetières. &#8211; Le barreau. &#8211; La 		médecine. &#8211; Le professorat. &#8211; Article 3 de la loi des 		7-9 juillet 1833.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Dixième soirée</strong></p>
<p>   		De la charité légale et de son influence 		sur la population. &#8211; Loi de Malthus. &#8211; Défense de 		Malthus. &#8211; De la population en Irlande. &#8211; Moyen de mettre fin 		aux misères de l&#8217;Irlande. &#8211; Pourquoi la charité 		légale provoque un développement factice de la 		population. &#8211; De son influence morale sur les classes ouvrières. 		- Que la charité légale décourage la charité 		privée. &#8211; De la QUALITÉ de la population. &#8211; 		Moyens de perfectionner la population. &#8211; Croisement des races. &#8211; 		Mariages. &#8211; Unions sympathiques. &#8211; Unions mal assorties. &#8211; 		Leur influence sur la race. &#8211; Dans quelle situation, sous quel 		régime la population se maintiendrait le plus aisément 		au niveau de ses moyens d&#8217;existence.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Onzième soirée</strong></p>
<p>   		Du gouvernement et de sa fonction. &#8211; Gouvernements 		de monopole et gouvernements communistes. &#8211; De la liberté 		de gouvernement. &#8211; Du droit divin. &#8211; Que le droit divin est 		identique au droit au travail. &#8211; Vices des gouvernements de 		monopole. &#8211; La guerre est la conséquence inévitable 		de ce système. &#8211; De la souveraineté du peuple. &#8211; 		Comment on perd sa souveraineté. &#8211; Comment on la recouvre. 		- Solution libérale. &#8211; Solution communiste. &#8211; 		Gouvernements communistes. &#8211; Leurs vices. &#8211; Centralisation et 		décentralisation. &#8211; De l&#8217;administration de la justice. &#8211; 		Son ancienne organisation. &#8211; Son organisation actuelle. &#8211; 		Insuffisance du jury. &#8211; Comment l&#8217;administration de la sécurité 		et celle de la justice pourraient être rendues libres. &#8211; 		Avantages des gouvernements libres. &#8211; Ce qu&#8217;il faut entendre 		par nationalité.</li>
<li>
<p align="justify"> 	<strong>Douzième et dernière soirée</strong></p>
<p>   		La rente. &#8211; Sa nature et son origine. &#8211; Résumé 		et conclusion.</li>
</ol>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Gustave de Molinari, <em>Les Soirées de la Rue Saint-Lazare : Entretiens sur les lois économiques et défense de la propriété</em>, 1849, 244 p.</strong></p>
<p align="justify">Texte disponible en ligne :</p>
<p align="justify"><a href="http://herve.dequengo.free.fr/Molinari/SRSL/SRSL_0.htm">http://herve.dequengo.free.fr/Molinari/SRSL/SRSL_0.htm</a></p>
<p align="justify"><a href="http://olldownload.libertyfund.org/Home3/Book.php?recordID=0383">http://olldownload.libertyfund.org/Home3/Book.php?recordID=0383</a></p>
<p>La pagination utilisée ici est celle correspondant à l&#8217;édition de 2003 publiée chez eventura (94210 Paris)</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/soir%C3%A9es-rue-Saint-Lazare-Entretiens-%C3%A9conomiques/dp/1421215276%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D1421215276"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ME5KCZPNL._SL110_.jpg" width="73" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/soir%C3%A9es-rue-Saint-Lazare-Entretiens-%C3%A9conomiques/dp/1421215276%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D1421215276">Les soirées de la rue Saint-Lazare</a></h3>
<p class="author">Gustave de Molinari.					Adamant Media Corporation 2003, 					Broché,				374 pages,				&#8364;&#160;12,02</p>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Considérations sur la peine de mort</title>
		<link>http://www.morbleu.com/considerations-sur-la-peine-de-mort/</link>
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		<pubDate>Sat, 25 Aug 2007 23:10:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Modes d'emploi]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[« Je suis contre la peine de mort, sauf pour les pédophiles et les terroristes »&#8230; N&#8217;est-ce pas Pasqua qui avait dit cela en substance? Mais combien d&#8217;autres que lui seraient d&#8217;accord avec cette affirmation? A fortiori depuis que l&#8217;actualité nous ressert ces plats brûlants. Trois Mille Ans de Civilisation, d&#8217;une marche difficile de l&#8217;Obscurité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Le pendu" rel="attachment wp-att-20" href="http://www.morbleu.com/considerations-sur-la-peine-de-mort/le-pendu/"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/02/pendaison.thumbnail.jpg" alt="Le pendu" align="right" /></a>« Je suis contre la peine de mort, sauf pour les pédophiles et les terroristes »&#8230; N&#8217;est-ce pas Pasqua qui avait dit cela en substance? Mais combien d&#8217;autres que lui seraient d&#8217;accord avec cette affirmation? <em>A fortiori</em> depuis que l&#8217;actualité nous ressert ces plats brûlants.</p>
<p>Trois Mille Ans de Civilisation, d&#8217;une marche difficile de l&#8217;Obscurité vers les Lumières, de la Barbarie vers l&#8217;Humanisme, d&#8217;efforts difficiles, longs, constants, pour qu&#8217;on en arrive à cela<sup>1</sup>&#8230; Comme si la peine de mort pouvait d&#8217;une quelconque façon être justifiée!</p>
<p>Ce serait oublier que la justice n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;un calcul consistant à régler et harmoniser les intérêts de trois partis : la <strong>victime</strong>, le <strong>coupable</strong>, et la <strong>société</strong>. Car la balance de la justice n&#8217;a pas deux mais trois plateaux. Avec la peine de mort, son équilibre est rompu, ce qui doit faire faire à <strong>Beccaria</strong> des triples sauts dans sa tombe.</p>
<p><span id="more-19"></span>Car que disait l&#8217;ami Cesare, le génial auteur de<em> Des délits et des peines</em><span style="font-style: normal">,</span> au sujet de la peine de mort? Qu&#8217;elle est :</p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Illégale<span> : l&#8217;Etat ne peut tuer un de ses membres puisque personne n&#8217;a pu par 	le contrat social autoriser qu&#8217;on lui ôte la vie</span><sup><span>4</span></sup><span>. </span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Inutile<span> : enfermer quelqu&#8217;un suffit à l&#8217;empêcher de nuire</span><sup><span>5</span></sup><span>.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Pas nécessaire<span> : ce n&#8217;est pas la sévérité de la peine qui 	dissuade les autres de mal agir, mais bien plutôt le fait que 	celle-ci soit immanquable et qu&#8217;elle dure</span><sup><span>6</span></sup><span>. </span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Nuisible<span> : elle est un exemple de cruauté</span><sup><span>7</span></sup><span>.</span></p>
</li>
</ul>
<p>Ajoutons à cela quelques arguments plus modernes. La peine de mort est ainsi :</p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Dogmatique<span> : elle interdit tout retour en arrière en cas d&#8217;erreur 	judiciaire</span><sup><span>8</span></sup><span>. </span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Onéreuse<span> : paradoxalement, tuer quelqu&#8217;un coûterait 1,26 millions de 	dollars, alors qu&#8217;une condamnation à perpétuité 	seulement 740 000 dollars</span><sup><span>9</span></sup><span>.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Vindicative <span>: 	c&#8217;est oublier nos prétendues valeurs chrétiennes qui 	ont au moins eu le mérite de nous faire rompre avec la loi du 	talion et son « oeil pour oeil, dent pour dent » 	– et mort pour mort, pourrait-on ajouter.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Barbare <span>: 	la fin que l&#8217;état démocratique se doit de poursuivre 	est de réduire la violence</span><sup><span>10</span></sup><span>.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Non éducative<span> : par définition, elle interdit toute rédemption au 	criminel.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Pernicieuse<span> : elle peut constituer un moyen simple pour un Etat tyrannique 	d&#8217;éliminer toute opposition en son sein.</span></p>
</li>
</ul>
<p >Alors évidemment, lorsque des parents retrouvent le cadavre de leur enfant dont les restes de chairs indiquent qu&#8217;il fut, selon toute présomption, violemment sodomisé avant de mourir, il existe de grandes chances qu&#8217;ils en soient fâchés. Tout le monde s&#8217;offusque. « Comment donc? Une telle barbarie? ». Et tout le monde souhaite que la balance de la justice penche de toutes ses forces du coté de la victime.</p>
<p >Il n&#8217;existe en effet rien d&#8217;autre qu&#8217;un motif purement psychologique pour que l&#8217;on puisse vouloir que l&#8217;on tue l&#8217;auteur d&#8217;un crime. Pour preuve, l&#8217;argument de dernier recours que les défenseurs de la peine de mort utilisent lorsque tout a été dit pour tenter de convaincre un abolitionniste : « mettez-vous à la place des victimes ».</p>
<p >Et on se mettra volontiers à la place de la victime. Car on ne peut pas se mettre à la place du coupable : il est tellement inhumain. Et lorsque l&#8217;on se mettra à la place de la société, ce sera pour clamer que celle-ci n&#8217;a pas à s&#8217;embarrasser de tels criminels.</p>
<p >On n&#8217;écoute plus la raison, on ne suit que cette colère, cette indignation que chacun ressent dans son ventre. On crie « Justice doit être faite », alors que l&#8217;on devrait plutôt dire « Vengeance doit être faite »<sup>11</sup>. Et on en finit par <span style="text-decoration: line-through;">chier sur</span> oublier Beccaria et les Lumières.</p>
</p>
<p>NOTE</p>
<p>À l&#8217;attention de nos lecteurs métaphysiciens<sup><span style="font-style: normal">12</span></sup></p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p >Liberté ou déterminisme? <em>That&#8217;s the question</em>. On la pose bien souvent sous forme d&#8217;alternative, de tiers-exclu. De sorte que :</p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Si l&#8217;on croit en la liberté, 	au libre-arbitre, à la volonté <span style="text-decoration: line-through;">et à 	toutes ces conneries</span>, on est bien souvent forcé de 	reconnaître la responsabilité de ses actes à 	celui qui les commet. Du coup, un forban l&#8217;est radicalement, 	essentiellement, fondamentalement. Tuons-le.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Si l&#8217;on croit que l&#8217;homme n&#8217;est 	pas si libre que ce que l&#8217;on veut bien nous faire croire, on en 	arrive à penser que la part des responsabilités qu&#8217;a 	un agent par rapport à ses actes est des plus réduite, 	pour ne pas dire nulle, puisqu&#8217;on le considère comme 	prisonnier des causes et des effets. Par conséquent, si le 	forban est méchant, il n&#8217;a pas pu vouloir l&#8217;être. 	Laissons-le vivre<sup>13</sup>.</p>
</li>
</ul>
<p >Ainsi, le déterministe et le « librarbitriste » considérerons tous deux (et encore n&#8217;est ce même pas sûr, surtout pour le premier point qui va suivre) que la peine se doit d&#8217;être :</p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Corrective<span> : pour améliorer le fauteur.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Dissuasive<span> : pour empêcher les autres de faire les même fautes.</span></p>
</li>
</ul>
<p>Ces deux fonctions sont <strong>instrumentales</strong>, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elles ne voient dans la peine qu&#8217;un moyen pour faire quelque chose. Or, le « librarbitriste », quant à lui, ne pourra pas s&#8217;empêcher de considérer la peine en même temps comme une <strong>finalité</strong>. Il faut châtier pour châtier Il considérera alors qu&#8217;elle doit être :</p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Expiative<span> : le fauteur doit se laver du mal qu&#8217;il a commis.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm">Vindicative<span> : le prix du sang doit être payé quoiqu&#8217;il arrive.</span></p>
</li>
</ul>
<p >On voit que ces deux derniers buts n&#8217;ont aucune utilité sociale. Lorsqu&#8217;ils sont poursuivis, cela n&#8217;ajoute rien, si ce n&#8217;est de la cruauté. Ainsi, on n&#8217;a de cesse de clamer que reconnaître l&#8217;homme comme étant libre, c&#8217;est faire preuve d&#8217;humanisme. <span style="text-decoration: line-through;"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none">Mon cul, oui!</span></span></span><span style="text-decoration: none"><span style="font-style: normal"> On voit à quoi cela conduit. Kant, celui que chacun présente comme le penseur de l&#8217;</span></span><span style="text-decoration: none"><em>Aufklarüng</em></span><span style="text-decoration: none"><span style="font-style: normal"> par excellence</span></span><span style="text-decoration: none"><sup><span style="font-style: normal">14</span></sup></span><span style="text-decoration: none"><span style="font-style: normal">, était convaincu de l&#8217;existence de la liberté humaine. Il croyait même avoir prouvé son existence (mais il n&#8217;était pas si sûr que ça de son coup puisqu&#8217;il considéra qu&#8217;il se devait toutefois de la postuler – de faire d&#8217;elle presqu&#8217;un dogme). Et bien au nom de cette liberté, Kant considérait que tuer un criminel, c&#8217;était rendre hommage à sa rationalité, à son humanisme, à ce qui faisait qu&#8217;il était plus qu&#8217;un animal. Remercions donc la nature de nous avoir fait noumène! Grâce à cela, nous pouvons être tués. C&#8217;est dans ces moments là que l&#8217;on arrive à trouver que Nietzsche est un type bien.</span></span></p>
</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">_____</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">1 L&#8217;éditeur me force à mettre des majuscules pour que le propos paraisse plus sentencieux. S&#8217;il pouvait m&#8217;en faire mettre deux, il n&#8217;hésiterait pas. Comme dans la phrase précédente il m&#8217;obligea à employer une locution latine qu&#8217;il m&#8217;a fait souligner, alors que le simple mot « surtout » aurait suffit2.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">2 L&#8217;éditeur dément formellement avoir donné de telles consignes. Nos auteurs sont pleinement libres. C&#8217;est ce qui fait l&#8217;honneur de notre maison. Il fallait que cela soit dit. (<em>Note de l&#8217;éditeur</em>)3</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">3 On verra cela au procès. En même temps que les droits d&#8217;auteurs non payés. (<em>Note de l&#8217;avocat de l&#8217;auteur</em>)</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">4  Cet argument trahissant l&#8217;influence de Hobbes et de Rousseau est loin d&#8217;être le plus décisif – d&#8217;autant plus que ces deux là étaient pour la peine de mort, un de leurs rares points d&#8217;accord. Beccaria est un des rares contractualistes à être abolitionniste.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">5 En théorie. Tout comme le bracelet électronique.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">6 En clair, ça signifie que l&#8217;on préférera sûrement mourir plutôt que de passer le reste de ses jours à casser des cailloux. Ou d&#8217;avoir une bonne fessée plutôt que de ne plus pouvoir sortir jusqu&#8217;à ses 18 ans. La peine de mort n&#8217;est donc pas ce qu&#8217;il y a de plus dissuasif</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">7 On était heureux lorsqu&#8217;il y avait une condamnation à mort. Tout Paris se passait le mot. Du sang! De la souffrance! On réservait sa place à l&#8217;avance pour voir le spectacle, comme par exemple pour voir Damiens se faire écarteler.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><sup><span>8 </span></sup><span>Pensons par exemple à la fameuse pièce de théâtre </span><em><span>Twelve angry men</span></em><span style="font-style: normal"><span> de </span></span>Reginald Rose. Et si tu me dis qu&#8217;on aura beau faire, mais que seule la justice de Dieu est infaillible, je te fous mon poing dans la gueule.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><span style="font-size: x-small;">9</span><span style="font-size: x-small;"> Selon Amnesty International : <a href="http://www.amnestyusa.org/Fact_Sheets/The_Death_Penalty_Costs_More/page.do?id=1101084&amp;n1=3&amp;n2=28&amp;n3=99">http://www.amnestyusa.org/Fact_Sheets/The_Death_Penalty_Costs_More/page.do?id=1101084&amp;n1=3&amp;n2=28&amp;n3=99</a></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><sup>10</sup> Si tu me dis qu&#8217;une petite injection létale est un moindre mal en comparaison de ce que va subir un détenu en perpétuité pendant toute sa vie, je te demanderai si le fait que je te tue doucement avec des somnifères de façon à ce que tu ne sentes rien plutôt qu&#8217;avec une arme blanche mal aiguisée pourrait être une circonstance atténuante lors de mon procès.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><sup>11</sup> Alors que la plupart des psychologues, pour ne pas dire tous, certifient que la vengeance ne résout rien. C&#8217;est un thème récurent dans les arts que celui du héros qui poursuit toute sa vie ceux qui lui ont causé du tort et qui, une fois sa vengeance consommée, se rend compte que cela ne l&#8217;a pas avancé.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><sup>12</sup> D&#8217;après une étude de l&#8217;éditeur, ils sont paraît-il très nombreux à nous lire. Il ne faut négliger aucun public.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><sup>13</sup> Ce qui ne signifie pas qu&#8217;il ne faille rien faire, comme on le verra par la suite. La question du déterminisme n&#8217;apporte qu&#8217;une modération dans les peines.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><sup>14</sup> Il l&#8217;était de fait. Mais il était handicapé par une incompréhensible bigoterie pour un homme de son intelligence qui l&#8217;a conduit à se tromper sévèrement sur un grand nombre de questions éthiques. Comme l&#8217;a dit Fichte à l&#8217;époque à son sujet à propos de la peine de mort, c&#8217;était un « grand homme, néanmoins non infaillible » – ce qui n&#8217;enlève rien au fait que Fichte soit, avec Heidegger, un des plus grands abrutis que la philosophie ait porté<sup>15</sup>.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><sup>15</sup> Nous nous excusons auprès de nos lecteurs fichtéens et heideggeriens des propos infamants tenus par l&#8217;auteur dont il est le seul responsable. (<em>Note de l&#8217;éditeur et de l&#8217;avocat de l&#8217;auteur</em>)</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/d%C3%A9lits-peines-Cesare-Beccaria/dp/2080712675%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2080712675"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41%2BDWombWIL._SL110_.jpg" width="66" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/d%C3%A9lits-peines-Cesare-Beccaria/dp/2080712675%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2080712675">Des délits et des peines</a></h3>
<p class="author">Robert Badinter (Préface).					Flammarion 2006, 					Poche,				187 pages,				&#8364;&#160;5,23</p>
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		<title>Dialogue sur la peine de mort</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Oct 2006 17:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
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		<description><![CDATA[- Oui, mais ! Comme le dit Socrate dans le Gorgias, il y a des méchants incurables ; on ne peut rien faire pour eux, ils ne changeront jamais, ce sont des multi-récidivistes, etc ; tuons-les ! - Mais c&#8217;est là que l&#8217;on va trop vite : vous émettez une théorie conjecturale sur le fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/dialogue-sur-la-peine-de-mort/guillotine/" rel="attachment wp-att-273" title="Guillotine"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/05/guillotine.thumbnail.jpg" alt="Guillotine" align="right" /></a>- Oui, mais ! Comme 	le dit Socrate dans le <em>Gorgias</em>, il y a des méchants 	incurables ; on ne peut rien faire pour eux, ils ne changeront 	jamais, ce sont des multi-récidivistes, etc ; tuons-les !</p>
<p><span id="more-272"></span>- Mais c&#8217;est là 	que l&#8217;on va trop vite : vous émettez une théorie 	conjecturale sur le fait que cette personne ne changera jamais ; en 	somme c&#8217;est la même erreur que celle de Schopenhauer quand il 	postule une immuabilité des caractères : le caractère 	incurable de criminelle que vous croyez déceler chez celui 	que vous jugez ne relève pas du Monde 1 mais du Monde 3 ; 	vous pouvez vous tromper ! Les choses ne sont pas dans les faits ce 	que l&#8217;on dit d&#8217;elles.</p>
<p>- Mais un méchant, 	c&#8217;est un méchant !</p>
<p>- Vous aviez admis 	que l&#8217;on peut se tromper sur les faits et preuves que l&#8217;on peut 	fournir pour établir la culpabilité d&#8217;un homme, et 	c&#8217;est pourquoi vous aviez admis que la peine de mort devait être 	abolie, ou au moins qu&#8217;elle ne devait être utilisée que 	dans les cas où la culpabilité est presque certaine. 	Vous vouliez cependant la conserver pour cela : cette personne qui 	fut condamnée, même si l&#8217;on sait que sa culpabilité 	était presque certaine, reproduit les mêmes forfaits 	dès sa sortie ; vous émettez donc une hypothèse, 	une loi, qui est que cette personne reproduit toujours le même 	forfait ; cette loi doit être ouverte à réfutation, 	donc vous ne pouvez pas tuer la personne.</p>
<p>- Au moins la peine 	de mort est-elle dissuasive !</p>
<p>- Dernier recours 	pour vous pour sauver la peine de mort : son caractère 	dissuasif. On objectera  que comme Beccaria l&#8217;a déjà 	remarqué, son caractère dissuasif n&#8217;est pas établi. 	Mais là n&#8217;est pas le propos essentiel. En fait, il faut 	remarquer que la peine de mort coupe tout droit à l&#8217;erreur. 	La peine autre que la mort est en effet comme une réfutation 	permettant d&#8217;établir une nouvelle conjecture pour le criminel 	en lui faisant sentir ses erreurs. Tuez-le, et la peine perd sa 	fonction réfutative.</p>
<p>- Oui, mais ! Doit-on 	pour autant laisser le crime impuni ? Et si on ne tue pas les 	tueurs, et qu&#8217;il y a de plus en plus de tueurs ?</p>
<p>- Ce serait en ce cas 	une réfutation : on pourra peut-être essayer alors de 	tuer les tueurs pour voir si cela infléchi le taux de 	criminalité. On le voit, la peine de mort ne peut être 	pour un humaniste qu&#8217;une solution de dernier recours, et ce n&#8217;est 	pas au nom d&#8217;un seul homme, qu&#8217;il faut condamner à mort 	(multi-récidiviste ou autre) mais au nom de la société, 	en dernier recours : la société est en proie au 	nihilisme, tuons alors les nihilistes pour sauver la société. 	Il faut alors espérer que cela fonctionne, sinon, la société 	s&#8217;effondrera bientôt.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/peine-mort-Voltaire-%C3%A0-Badinter/dp/2081207508%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2081207508"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51B9gXrQDrL._SL110_.jpg" width="76" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/peine-mort-Voltaire-%C3%A0-Badinter/dp/2081207508%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2081207508">La peine de mort </a></h3>
<p class="author">Sandra Costa (Commentaires).					Flammarion 2007, 					Poche,				128 pages,				&#8364;&#160;3,01</p>
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