<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:series="http://unfoldingneurons.com/"
	>

<channel>
	<title>Morbleu ! &#187; Hitler</title>
	<atom:link href="http://www.morbleu.com/tag/hitler/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.morbleu.com</link>
	<description>&#8220; Sorte de jurement en usage m&#234;me parmi les gens de bon ton. &#8221; (Littr&#233;)</description>
	<lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 03:55:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0</generator>
		<item>
		<title>Comment lire dans les coupes de cheveux comme on lit dans les lignes de la main</title>
		<link>http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 12:12:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Modes d'emploi]]></category>
		<category><![CDATA[Astrologie]]></category>
		<category><![CDATA[Ça]]></category>
		<category><![CDATA[Cheveux]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Mesrine]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Surmoi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/?p=1077</guid>
		<description><![CDATA[La civilisation veut que l&#8217;on se coiffe, que l&#8217;on se débarrasse de l&#8217;excédent capillaire, pour des raisons certainement similaires à celles qui faisaient supposer à Schopenhauer qu&#8217;on se rase. Or, les enfants ne sont pas en mesure de se couper les cheveux eux-mêmes, surtout depuis que le politiquement correct et Françoise Dolto ont interdit qu&#8217;on les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1092" href="http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/arthur-schopenhauer-2-2/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1092" title="Arthur Schopenhauer" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/12/arthur-schopenhauer-150x150.jpg" alt="Arthur Schopenhauer" width="150" height="150" /></a>La <strong>civilisation</strong> veut que l&#8217;on se coiffe, que l&#8217;on se débarrasse de l&#8217;excédent capillaire, pour des raisons certainement similaires à celles qui faisaient supposer à <a href="http://www.morbleu.com/la-barbe/"><strong>Schopenhauer</strong> qu&#8217;on se rase</a>. Or, les enfants ne sont pas en mesure de se couper les cheveux eux-mêmes, surtout depuis que le politiquement correct et <strong>Françoise Dolto</strong> ont interdit qu&#8217;on les laisse jouer avec des ciseaux, des allumettes et des revolvers. Il revient souvent à un tiers de s&#8217;occuper de cette tâche.</p>
<p><span id="more-1077"></span>L&#8217;homme est en effet un être de culture. Seul, il ne peut rien, et il peut encore moins lorsqu&#8217;il n&#8217;est qu&#8217;enfant. Même <strong>Romulus</strong> et <strong>Rémus</strong>, <strong>Mowgli</strong> et <strong>Tarzan</strong> eurent besoin d&#8217;être élevés et éduqués par des tiers, que ce soit une louve (qui peut-être,<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Romulus_et_R%C3%A9mus#La_louve"> à en croire certaines sources, était une prostituée</a>) ou un singe (d&#8217;après les mêmes sources, peut-être un travesti).</p>
<p>Tout petits, les enfants sont parfois coiffés incestueusement eux-mêmes par leurs parents, sans que ceux-ci ne se soucient grandement de la valeur esthétique de leur production. On conçoit qu&#8217;il est un âge où cela importe encore peu, un âge où l&#8217;enfant n&#8217;est pas encore moqué de par son apparence, un âge où la normalisation normalise encore mal, et l&#8217;on se contente de couper assez court, par superstition hygiéniste (Que n&#8217;a-t-on fait par superstition hygiéniste ? Circoncision, sport, gymnastique !), par commodité pratique (<em>no pasaran</em>, les <em>chewing-gum</em> yankees collés), par conformisme social (« il faut parce qu&#8217;il faut »).</p>
<p>Mais cet âge passe vite. Certains parents n&#8217;en accordent même pas le temps à leurs enfants. Très vite, ils investissent la coupe de cheveux de leur progéniture. Ils s&#8217;ingèrent dans les mèches, épis et autres poux. La coupe de cheveux devient un enjeu majeur. Un plan commence à devenir tangible : les mèches sont coupées et coiffées non plus anarchiquement mais méthodiquement en vue d&#8217;une certaine fin esthétique.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1089" href="http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/bertrand-russell/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1089" title="Bertrand Russell" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/12/bertrand-russell-150x150.jpg" alt="Bertrand Russell" width="150" height="150" /></a>Il est d&#8217;usage que l&#8217;on confie alors cette tâche à ce professionnel bien particulier que l&#8217;on nomme le « <strong>coiffeur</strong> » (pareillement à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_du_barbier">l&#8217;une des célèbres illustrations du <strong>paradoxe de Russell</strong>, il convient de se faire couper les cheveux par cet autre, le coiffeur</a>), quoique certains parents (souvent des pauvres, qui ne devraient pas avoir d&#8217;enfants, hormis s&#8217;ils restent prolétaires ; parfois des riches, par simple excentricité) persistent à se substituer à lui avec une réussite aléatoire.</p>
<p>Cependant, que l&#8217;on confie la réalisation de la coupe de cheveux à un tiers ou qu&#8217;on la réalise soi-même, les parents en demeurent à chaque fois les <strong>auteurs</strong> : la nuance porte simplement sur l&#8217;exécutant, sur l&#8217;acteur (voir <strong>Thomas Hobbes</strong>, <em>Léviathan</em>, où le peuple est auteur de la loi bien qu&#8217;il n&#8217;en soit pas l&#8217;acteur) qui varie, et qui ne fait qu&#8217;exécuter des ordres au sujet desquels on ne peut déroger.</p>
<p>La coupe de cheveux de l&#8217;enfant reste donc toujours, à ce stade là, dans l&#8217;<strong>hétéronomie</strong>. Il ne choisit pas comment il veut être coiffé : il le subit. À chaque fois, la tutelle des parents est présente et tangible.</p>
<p>Toutefois, l&#8217;enfant est parfois consulté. « Comment voudrais-tu être coiffé ? » La réponse peut varier : comme les copains, comme mon frère, comme <strong>David Hasselhoff</strong> à la télé, etc. D&#8217;une manière générale, « comme quelqu&#8217;un » : quoique la réponse provienne de la bouche de l&#8217;enfant, celle-ci est donc encore dans l&#8217;hétéronomie. Qui plus est, les parents peuvent décider de ne pas écouter l&#8217;enfant, de réprimer sa créativité lorsque celle-ci est par trop fantasque.</p>
<p>Le dernier mot revient par conséquent toujours aux parents. Quand bien même ils écouteraient l&#8217;enfant, c&#8217;est eux qui auraient choisi de l&#8217;écouter. L&#8217;enfant croit alors être libre, être autonome, bien qu&#8217;en fait il n&#8217;ait opté que pour un choix qui convenait à ses parents : à l&#8217;évidence, certaines options auraient été inenvisageables et auraient buté contre le <em>veto</em> parental &#8211; et si elles ne l&#8217;avaient pas été, on aurait sûrement pu douter de la compétence des parents (petite remarque pouvant subrepticement ouvrir à un très large débat qui sera fermé ici par cette parenthèse).</p>
<p>Vient alors l&#8217;époque où les parents n&#8217;accompagnent plus leurs enfants chez le coiffeur. Ces derniers sont en âge de marcher, de rentrer de l&#8217;école tout seuls sans se faire violer par le premier pédophile venu, d&#8217;acheter le pain pour maman et les cigarettes pour papa en revenant, le tout en rendant même la monnaie sur le billet qu&#8217;on leur avait donné.</p>
<p>Tous les mois, tous les quinze jours, toutes les semaines ou parfois simplement tous les ans, on les commandite. Un gros billet dans la main. « Va chez le coiffeur ! Et n&#8217;oublie pas de ramener du pain et des cigarettes pour papa ! Et tu me rends la monnaie ! » Arrivé chez le coiffeur : « - Comment je vous [<a name="footnote1anc" href="#=">1</a>] les coupe [<a name="footnote2anc" href="#=">2</a>] ? &#8211; Euh&#8230; » La réponse qui clora ce « Euh » dubitatif s&#8217;éternisant peut déterminer à jamais le devenir de l&#8217;enfant.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1085" href="http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/johnny-halliday/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1085" title="Johnny Halliday" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/12/johnny-halliday-150x150.jpg" alt="Johnny Halliday" width="150" height="150" /></a><strong>Réponse A</strong> : « Comme d&#8217;habitude ! ». Sans doute l&#8217;option la plus fréquente. L&#8217;enfant a intériorisé la contrainte parentale. Son <strong>surmoi</strong> est formé et bien formé ; il l&#8217;accompagne jusque chez le coiffeur. Alors qu&#8217;il est autonome, dans une situation où il fait l&#8217;expérience de sa liberté, où il pourrait désobéir, l&#8217;enfant choisit la soumission à ses parents qui ne sont pas présents, la perpétuation de ce qui a toujours été, la tradition. (Ce qui n&#8217;est pas nécessairement mauvais en soi, loin s&#8217;en faut.) Variantes : « Ma maman elle m&#8217;a dit comme ça ! » ; « Mon papa veut que je ressemble à <strong>Johnny</strong> ! »</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1086" href="http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/tokyo-hotel/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1086" title="Tokyo Hotel" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/12/tokyo-hotel-150x150.jpg" alt="Tokyo Hotel" width="150" height="150" /></a><strong>Réponse B</strong> : « J&#8217;aimerais bien comme ça ! [sous-entendu : mes parents voudraient bien comme ça, mais moi je préfère comme ça, et comme ils m'ont pas accompagné, je fais ce que je veux, et si papa il est pas content, il a qu'à aller acheter ses cigarettes lui-même d'abord !]  » Option moins fréquente, mais qui le devient hélas ! de plus en plus, tant d&#8217;un point de vue <strong>ontogénétique</strong>, au fur et à mesure que l&#8217;enfant se transforme en cette créature affreusement abjecte qu&#8217;est l&#8217;adolescent effronté, que <strong>phylogénétique</strong>, au fur et à mesure que la race dégénère, s&#8217;affaisse, s&#8217;amollit et se rebelle, que la civilisation se corrompt et s&#8217;enfonce dans sa frange encore et toujours plus, et ce surtout depuis Mai 68. Variantes : « Je veux ressembler à <strong>Tokyo Hotel</strong> ! » ; « Je veux être coiffé pour danser la <strong>tecktonik</strong> ! » &#8211; et mes parents n&#8217;auront rien à dire.</p>
<p>Ces deux options sont antinomiques mais ne s&#8217;excluent nullement. On assiste rarement à un choix entièrement asservi à l&#8217;autorité parentale sans que ne s&#8217;y exprime une certaine liberté, et il est encore plus vrai qu&#8217;un choix se concevant lui-même comme l&#8217;expression d&#8217;une autonomie radicale est rarement débarrassé de toute hétéronomie. Les choix A et B représentent plutôt les deux extrémités d&#8217;un <strong>continuum</strong> sur lequel on pourrait placer tel ou tel choix, qui serait soit plus proche du conservatisme, soit plus proche de la rébellion.</p>
<p>À ce stade de l&#8217;analyse, la coupe de cheveux enseigne déjà beaucoup sur la construction psychanalytique d&#8217;un individu, lorsqu&#8217;il se trouve encore quelques pas avant le seuil de l&#8217;âge adulte. Elle est un bon indice de la force du surmoi et de la résistance que le sujet lui oppose. La coupe de cheveux n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une<strong> modification corporelle prométhéenne démiurgique</strong> (pas moinsse) au sujet de laquelle les parents ont, durant un temps non négligeable, tout pouvoir sur leurs enfants. Lorsqu&#8217;un jour vient l&#8217;occasion pour l&#8217;enfant de choisir entre la <strong>pilule rouge</strong>, qui lui permettra de s&#8217;évader des chaînes parentales qui le maintiennent attaché au fond de la caverne de l&#8217;autorité, et la <strong>pilule bleue</strong>, qui au contraire le replongera dans l&#8217;obscurité de la tutelle d&#8217;autrui, il est face à un choix déterminant en tant qu&#8217;il est un <strong>être-capillaire</strong>.</p>
<p>Ce premier choix entre conformisme et rébellion capillaire n&#8217;est cependant pas définitif. L&#8217;enfant, une fois adulte, aura maintes occasions d&#8217;y revenir. Presque tous les matins, en même temps que d&#8217;autres se rasent en songeant à la présidence républicaine, il peut songer à fomenter une <strong>micro-révolution psychanalytique</strong> : soit retourner dans le conformisme s&#8217;il s&#8217;en était évadé, soit s&#8217;en échapper s&#8217;il y était toujours ; soit ne pas songer du tout à un quelconque changement, soit qu&#8217;il se trouve bien tel qu&#8217;il est actuellement (soit qu&#8217;il ait rompu avec la tradition, soit qu&#8217;il s&#8217;y soit conformé), soit qu&#8217;il réprime ces méchantes aspirations tentatrices du « ça ». Ça fait certes beaucoup de « soit ». Mais précisément : c&#8217;est « ça » qui fait que le peignage du soi soit un acte déterminant pour la liberté du sujet. Oui.</p>
<p>L&#8217;étude historique de la coupe de cheveux d&#8217;un sujet fournit par conséquent des informations très pertinentes. Des précédentes réponses A et B, on peut en déduire deux profils radicalement opposés, tous deux également extrémités d&#8217;un continuum sur lequel les individus se répartissent.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1078" href="http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/adolf-hitler/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1078" title="Adolf Hitler" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/12/adolf-hitler-150x150.jpg" alt="Adolf Hitler" width="150" height="150" /></a>-  La coupe de cheveux <strong>parménidienne</strong> : celle qui est toujours la même. Un adulte qui, au crépuscule de sa vie et malgré la calvitie, s&#8217;escrime à toujours vouloir se coiffer de la même manière que ses parents (morts depuis bien longtemps) l&#8217;ont coiffé dès ses premiers cheveux. On pourrait en déduire un asservissement complet et total au surmoi, à l&#8217;autorité, à la tradition. Certainement un conservateur sur le plan politique, voire un fasciste. Exemple canonique : <strong>Adolf Hitler</strong>, qui, dès ses premiers cris de nouveau né, possédait une raie sur le côté, et même, selon certains, cette petite moustache si caractéristique.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1079" href="http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/jacques-mesrine-2/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1079" title="Jacques Mesrine" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/12/jacques-mesrine-150x150.jpg" alt="Jacques Mesrine" width="150" height="150" /></a>- La coupe de cheveux <strong>héraclitéenne</strong> : celle qui toujours change. Un adulte qui se plairait à toujours tordre le cheveu de telle façon que l&#8217;on pusse douter, à se rappeler de comment il était coiffé enfant, qu&#8217;il est cette même personne. Il s&#8217;agit d&#8217;une émancipation totale de la tutelle surmoïque parentale, mais qui conduit par contrecoup, non pas à une liberté complète et responsable, mais à une obéissance presque passive à ce contre quoi le surmoi venait faire résistance. On a alors affaire à un individu insoumis, instable, impulsif voire compulsif. Quelqu&#8217;un qui refuse toute obéissance aux règles de la société, un être associable, sociopathe, qui ne suit que les ordres dictés par ses pulsions. Exemple archétypal : <a href="http://www.morbleu.com/de-jacques-mesrine-a-tony-montana/"><strong>Jacques Mesrine</strong>, le criminel aux mille visages</a>, que même sa mère ne reconnaissait plus.</p>
<p>Sans pour autant tomber dans une fallacieuse généralisation <strong>capillotractée</strong> (« tirée par les cheveux »), il est permis d&#8217;affirmer que, au moins d&#8217;un point de vue capillaire, tous les individus se répartissent sur ce continuum surmoïque qui, d&#8217;<strong>Adolf Hitler</strong>, conduit à <strong>Jacques Mesrine</strong>.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1082" href="http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/jacqueline-stallone/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1082" title="Jacqueline Stallone" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/12/jacqueline-stallone-150x150.jpg" alt="Jacqueline Stallone" width="150" height="150" /></a>Cette analyse psychanalytico-capillaire reste évidemment bien incomplète pour qui voudrait parvenir à lire dans les coupes de cheveux aussi bien que <a href="http://www.jacquelinestallone.com/"><strong>Jacqueline Stalone</strong> lit dans les poils de cul et les raies des fesses</a>. Il conviendrait en effet d&#8217;y adjoindre certaines explications annexes. La coupe de cheveux a ainsi beaucoup à dire sur le statut qu&#8217;un individu accorde à son corps. Que l&#8217;on opte pour telle ou telle coupe de cheveux, que l&#8217;on déroge ou non à l&#8217;autorité parentale, n&#8217;est pas non plus neutre, et est certainement un marqueur sociologique important. Qu&#8217;on laisse les cheveux libres ou qu&#8217;au contraire on les contraigne par la technique pourrait révéler le rapport sous-jacent qu&#8217;un sujet entretien avec la nature et la culture (voir <strong>Schopenhauer</strong>). Tout ceci sera l&#8217;objet de prochains chapitres.</p>
<p>Pour l&#8217;heure, concluons par cette maxime que <strong>Dali</strong> avaient fait sienne, et dont les moustaches attribuaient la paternité textuelle à <strong>Freud</strong> : <em>« Est un héros celui qui se révolte contre l&#8217;autorité paternelle et la vainc. »</em></p>
<p>________________________</p>
<p>[<a name="footnote1sym" href="#footnote1anc">1</a>] Le 	coiffeur du village s&#8217;amuse parfois à vouvoyer les enfants pour des 	raisons pernicieuses.</p>
<p>[<a name="footnote2sym" href="#footnote2anc">2</a>] Le 	coiffeur apprécie également de glisser ici et là des 	sous-entendus castrateurs pour des raisons tout autant pernicieuses.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Journal-dun-g%C3%A9nie-Salvador-Dal%C3%AD/dp/2070738116%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070738116"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41D0P7JW6NL._SL110_.jpg" width="72" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Journal-dun-g%C3%A9nie-Salvador-Dal%C3%AD/dp/2070738116%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070738116">Journal d&#8217;un génie</a></h3>
<p class="author">Salvador Dalí.					Gallimard 1994, 					Poche,				301 pages,				&#8364;&#160;9,02</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/comment-lire-dans-les-coupes-de-cheveux-comme-on-lit-dans-les-lignes-de-la-main/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pierre de Coubertin et les Jeux nazis de 1936</title>
		<link>http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 May 2008 08:21:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Sport studies]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Coubertin]]></category>
		<category><![CDATA[Entrainement]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Historicisme]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Idéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalité]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Maurras]]></category>
		<category><![CDATA[Nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[Opium]]></category>
		<category><![CDATA[Romantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/</guid>
		<description><![CDATA[Le CIO est par certains comparé à une organisation presque mafieuse. Pour ceci, on ne peut qu&#8217;être d&#8217;accord. Le fonctionnement de cette institution est des plus opaques et critiquable, et le récent scandale de corruption des membres du CIO autour des JO de Salt Lake City de 2002 achève la démonstration. Mais on critique aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/pierre-de-coubertin/" rel="attachment wp-att-280" title="Pierre de Coubertin"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/05/3104.thumbnail.jpg" alt="Pierre de Coubertin" align="right" /></a>Le CIO est par certains comparé à une  organisation presque mafieuse. Pour ceci, on ne peut qu&#8217;être d&#8217;accord.  Le fonctionnement de cette institution est des plus opaques et  critiquable, et le récent scandale de corruption des membres du CIO  autour des JO de Salt Lake City de 2002 achève la démonstration.</p>
<p><span id="more-281"></span>Mais on critique aussi directement Coubertin, qui serait un fasciste admirateur d&#8217;Hitler en puissance ou même en acte. Il faut être plus nuancé. Coubertin était un démocrate et républicain convaincu, désigné par Maurras lui-même, qui lui est d&#8217;extrême droite, comme un « jeune aristocrate libéral pacifiste ».  Mais il  reste homme du XIXe siècle, et ses idées ont poussé dans le même terreau  fait de romantisme et d&#8217;historicisme où poussèrent également le fascisme et le  nazisme.</p>
<p>Ce serait une grave erreur de conclure à une stricte  équivalence du sport selon Coubertin avec les idéologies des sociétés  closes. C&#8217;est surtout le comportement du Baron en 1936 et certains de ses textes à propos du colonialisme qui servent de fondement à cette opinion.</p>
<p>Coubertin a effectivement adoubé Hitler pour les JO de 1936 à  Berlin, mais le rénovateur des Jeux n&#8217;était alors plus que l&#8217;ombre de  lui-même. Ruiné, malade, âgé alors de 73 ans (il décédera l&#8217;année  suivante), il fut victime comme tant d&#8217;autres cette même année de  l&#8217;opération de séduction conduite avec brio, parce qu&#8217;elle a réussi, par  Hitler. Les JO de Berlin avaient plusieurs fins, l&#8217;une d&#8217;entre elles  étant de montrer au monde entier qu&#8217;Hitler n&#8217;était pas celui que l&#8217;on  croit, qu&#8217;il était en fait pacifiste et rien d&#8217;autre qu&#8217;un classique  homme d&#8217;état. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il se servit de l&#8217;Olympisme dont les idéaux  pacifistes qu&#8217;il fit mine de récupérer achevèrent de rassurer l&#8217;Europe.  Coubertin tomba dans le panneau, d&#8217;autant plus qu&#8217;Hitler fit  personnellement dès 1935 de nombreux cadeaux au Baron alors abandonné  par la France : il lui offrit par deux fois une tribune radiophonique ;  il lui fit construire un institut de l&#8217;olympisme chargé d&#8217;éditer ses  écrits non publiés (posthumes et autres) ; il lui proposa une statue ;  il lui offrit une rente ; il promit de continuer des fouilles en Grèce  et de restaurer des monuments ; il appuiera même le nom de Coubertin pour le prix Nobel de la Paix ; il ajoutera aux Jeux des innovations auxquels lui-même n&#8217;avait pas pensé, comme la flamme olympique. Enfin, il fit des JO de Berlin de 1936  les plus grands qui ne furent jamais, où pour la première fois était  présente la télévision. Tout cela acheva de rendre Hitler sympathique à  Coubertin, le Führer ayant matériellement réalisé le rêve du Baron. Sa mort l&#8217;année suivante ne lui a pas donné le temps de s&#8217;apercevoir de cette erreur.</p>
<p>La « théorie critique du sport française », ainsi appelée par le  sociologue Jean-Marie Brohm qui en est le principal chef de file (avec  aussi Robert Redeker et Marc Perelman), a largement favorisé à diffuser  l&#8217;idée d&#8217;une stricte équivalence entre les idéaux du sport et ceux du  fascisme. Le sportif serait le laboratoire de l&#8217;homme nouveau, et de  Coubertin à Htiler, il n&#8217;y aurait qu&#8217;un pas. Mais en fait, cette théorie est trop grossière et manque l&#8217;essentiel chez  Coubertin et dans le projet d&#8217;une société sportive. Ce projet est  beaucoup plus subtile qu&#8217;il n&#8217;y paraît et penser pouvoir l&#8217;attaquer et  le démonter avec ces arguments réchauffés empruntant essentiellement au marxisme est d&#8217;une naïveté désolante.</p>
<p>Pour le dire en quelques mots, Coubertin, en imposant le sport à la  société, veut aussi imposer les valeurs du sport à la société. Quelles sont-elles ? Les valeurs du sport sont très proches de  celles du libéralisme et du capitalisme naissant, par opposition à la  gymnastique de l&#8217;époque, grande rivale du sport, qui prône un stricte  dirigisme de l&#8217;effort sportif. L&#8217;éthique du sport telle que la décrit  parfaitement Coubertin, qui n&#8217;était pas idiot, est la suivante. Dans le  sport règne une stricte égalité sociale mais une grande inégalité  naturelle où certains naissent plus doués que d&#8217;autres ; mais ces  inégalités naturelles peuvent être gommées dans une certaine mesure par  l&#8217;entraînement ; reste qu&#8217;après s&#8217;être entraîné le mieux que l&#8217;on  pouvait, les inégalités naturelles, qui ne sont autres qu&#8217;un privilège  de naissance, réapparaissent. En somme, l&#8217;éthique du sport commande  d&#8217;accepter les inégalités de naissance tout en enjoignant les moins bien  nés à travailler le plus possible. Le sport comme propédeutique à la vie  sociale prépare les hommes à accepter les inégalités de naissance, un  ordre naturellement injuste, tout en fournissant un motif valable les  enjoignant à travailler le plus possible. Être le plus efficace socialement tout en assurant la paix sociale, voilà ce qui est en germe dans le sport.</p>
<p>C&#8217;est donc tout autre chose que du fascisme qui est dans le sport. C&#8217;est  donc aussi tout autre chose que le simple capitalisme. C&#8217;est même autre  chose que le libéralisme. Le tour de force de Coubertin et de la société  sportive toute entière est d&#8217;être parvenu à trouver une idéologie  capable de faire travailler les hommes le plus possible tout en leur  faisant accepter les inégalités naturelles, les privilèges de naissance.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Coubertin-seigneur-anneaux-fondements-lolympisme/dp/2915129363%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915129363"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41Uayno4F%2BL._SL110_.jpg" width="62" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Coubertin-seigneur-anneaux-fondements-lolympisme/dp/2915129363%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915129363">Pierre de Coubertin, le seigneur des anneaux. Aux fondements de l&#8217;olympisme</a></h3>
<p class="author">Jean-Marie Brohm.					Homnisphères 2008, 					Broché,				144 pages,				&#8364;&#160;12,00</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Spiro Louys, le premier marathonomaque</title>
		<link>http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2008 09:16:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Sport studies]]></category>
		<category><![CDATA[Athènes]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Jeux Olympique]]></category>
		<category><![CDATA[Marathon]]></category>
		<category><![CDATA[Maurras]]></category>
		<category><![CDATA[Spiro Louys]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque-2/</guid>
		<description><![CDATA[Le vendredi 10 avril 1896 (le 29 mars selon le calendrier grec de l&#8217;époque), à 1 heure 56 minutes et 30 secondes fut donné à Athènes le départ du premier marathon de l&#8217;histoire. Il y avait bien eu un marathon avant. Celui couru par ce soldat inconnu athénien, du nom d&#8217;Euclès Thersippou ou de Thersippos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/spiro-louys/" rel="attachment wp-att-141" title="Spiro Louys"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/spiridon_louis.thumbnail.jpg" alt="Spiro Louys" align="right" /></a>Le vendredi 10 avril 1896 (le 29 mars selon le calendrier grec de l&#8217;époque), à 1 heure 56 minutes et 30 secondes fut donné à Athènes le départ du premier marathon de l&#8217;histoire. Il y avait bien eu un marathon avant. Celui couru par ce soldat inconnu athénien, du nom d&#8217;Euclès Thersippou ou de Thersippos Ereous, tout chargé de ses armes et de la mission d&#8217;annoncer la victoire de l&#8217;armée de Miltiade sur les Perses de Darius<a href="#sdfootnote1sym" title="sdfootnote1anc" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a>. 2386 ans plus tard, c&#8217;est à l&#8217;occasion des premiers Jeux Olympiques &#8211; modernisés pour Maurras, restaurés pour Coubertin &#8211; que l&#8217;on fit courir « une distance énorme &#8211; entre 42 et 44 kilomètres &#8211; et propre à être jugée déraisonnable.<a href="#sdfootnote2sym" title="sdfootnote2anc" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a> » L&#8217;idée provenait cette fois-ci non de ce dernier mais de l&#8217;enthousiasme de M. Michel Bréal qui décida d&#8217;offrir une Coupe à l&#8217;occasion de cette course.</p>
<p><span id="more-139"></span>42 kilomètres ? 44 kilomètres ? Dans le programme des Jeux Olympiques publié dans la <em>Revue Olympique</em> en avril 1895, la distance annoncée était de 48 kilomètres. Dans les <em>Mémoires</em> du Baron Pierre Fredy de Coubertin où celui-ci est reproduit, celle-ci n&#8217;est plus mentionnée. Aujourd&#8217;hui, on s&#8217;accorde pour dire que le chemin choisi pour relier Marathon à Athènes était long de peu ou prou 40 kilomètres<a href="#sdfootnote3sym" title="sdfootnote3anc" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a>.</p>
<p>L&#8217;imprécision de la distance courue à Athènes n&#8217;a d&#8217;égale que la précision de l&#8217;heure où le départ fut donné, que l&#8217;on connaît grâce à Charles Maurras, l&#8217;un des 13 journalistes dépêchés pour assister à ces premiers Jeux, le même qui plus tard fondera <em>Action française,</em> mais qui pour l&#8217;instant n&#8217;est que simple correspondant pour le grand quotidien de l&#8217;époque <em>La Gazette de France</em>. 1 heure 56 minutes 30 secondes, donc, selon Maurras. Pour d&#8217;autres, c&#8217;est à quatorze heures vingt-cinq que le pistolet du starter se fit entendre. Mais Maurras était sourd, d&#8217;où peut-être la confusion.</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, 2 heures 58 minutes et 50 secondes plus tard, Spiridion Louys, 23 ans, franchît la ligne d&#8217;arrivée en vainqueur. Spiridion ? Ainsi le nomme Coubertin, quand d&#8217;autres utilisent Spiridon ou Spiridyon. Pour Maurras, qui se sent l&#8217;intime de tous les Grecs parce qu&#8217;il cultivait ses lettres et Homère par coeur, ce « coureur revêtu du maillot blanc et bleu », c&#8217;est simplement Spiro, qui « s&#8217;engouffre dans l&#8217;allée profonde du Stade à travers les éclats redoublés de mêmes clameurs. <em>- Ô nikitis ! Ô nikitis ! Zitôt !</em> « Le vainqueur ! Le vainqueur ! Vive ! »<a href="#sdfootnote4sym" title="sdfootnote4anc" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a> »</p>
<p>Ils devaient être 25 au départ mais ne furent que 17 à partir lors de l&#8217;explosion. Seuls 10 parviendront jusqu&#8217;aux portes du stade athénien. Parmi eux, ce Grec. Un berger, un paysan de Maroussi en Attique, qui avait appris l&#8217;existence de ces Jeux presque en même temps que ceux-là se déroulaient. Un « improvisé », comme dit Coubertin. C&#8217;est devant les icônes et parmi la clarté des cierges qu&#8217;il passa la nuit précédant sa victoire dans les méditations qui achevaient sa préparation dont la base était le jeune et la prière, loin de tout principe d&#8217;entraînement scientifique.</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/le-prince-constantin-et-le-prince-georges/" rel="attachment wp-att-140" title="Le prince Constantin et le prince Georges"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/stade1896.thumbnail.jpg" alt="Le prince Constantin et le prince Georges" align="left" /></a>Plus de soixante mille spectateurs acclamèrent son entrée dans le stade. Le prince Constantin et le prince Georges le portèrent devant le marbre du trône du roi. Le peuple grec exultait enfin. Les Dieux du Stade ne leur avaient pas étaient favorables depuis le commencement des Jeux. Enfin ! une première victoire grecque.</p>
<p>Spiro était pourtant loin d&#8217;avoir course gagnée. Les Grecs eux-mêmes n&#8217;auraient peut-être pas parié sur ce cheval. N&#8217;avait-il pas franchi la ligne d&#8217;arrivée qu&#8217;à la cinquième position deux semaines plus tôt lors des qualifications ?</p>
<p>La course fut d&#8217;abord menée par le Français Lemusiaux, qui était suivi de près par l&#8217;Australien Flack, déjà vainqueur sur 800m et 1500m, et le Hongrois Kellner. Derrière eux, les coureurs Grecs et le premier d&#8217;entre eux, Ioannis Lavrentis. Spiro est encore loin. Mais la course se durcit, et à mesure que les kilomètres défilent, des concurrents défaillent. Spiro choisi &#8211; sagement ? &#8211; de s&#8217;arrêter dans une auberge où il avale cul sec un verre de rouge et demande où en sont les autres concurrents. À peine promet-il de remporter la course qu&#8217;il entame sa remontée, dépasse tour à tour Lemusiaux, qui abandonnera après s&#8217;être fait soigné, et Flack, qui s&#8217;écroulera inconscient dans une voiture après avoir meurtri un spectateur.</p>
<p>Pendant ce temps, le stade est silencieux et peine à se distraire devant le concours de saut à la perche. Soudain, un canon et une rumeur annonce l&#8217;arrivée proche des concurrents. Un bruit cours, « une énorme agitation ébranle la masse, un immense <em>Nenikikamen ! « </em>Nous avons vaincu ! »<a href="#sdfootnote5sym" title="sdfootnote5anc" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a> » Entre dans le stade Spiro qui titube victorieusement jusqu&#8217;à la ligne d&#8217;arrivée, mais qui paradoxalement ne marque presque aucun épuisement.</p>
<p>Voici le premier champion olympique grec. Voici le premier vainqueur du marathon. Son sort ? Toute la Grèce l&#8217;acclame !. Les riches se cotisent et lui offrent un champ ; une dame de Smyrne lui attache de sa main une chaîne en or. On l&#8217;essuie, on le frotte, on le caresse et le cajole. Dimanche soir, il sera invité chez le roi, lui en fustanelle blanche, les autres en uniformes.</p>
<p>Avant la course, Mademoiselle Y&#8230;, « une jeune et jolie fille, la plus jolie, dit-on, de la bourgeoisie athénienne<a href="#sdfootnote6sym" title="sdfootnote6anc" name="sdfootnote6anc"><sup>6</sup></a> » avait promis sa main au vainqueur si celui-ci était Hellène. Ce n&#8217;était pas un grand risque, les concurrents appartenant pour la plupart à des familles excellentes. Sauf ce petit pâtre descendu de Maroussi qui eut l&#8217;audace de courir plus vite que la Grèce, l&#8217;Europe et l&#8217;Amérique.</p>
<p>La <em>Revue Olympique</em> du 6 juin 1906 fait remarquer « le désintéressement du berger Spiridion Louys [qui] [...] avait, avec un remarquable esprit sportif, repoussé de semblables dons. » Pourtant, on l&#8217;accusa de rompre avec les principes de l&#8217;amateurisme avec lesquels nul ne transigeait à l&#8217;époque, pas même Coubertin qui confessera pourtant tardivement qu&#8217;il n&#8217;y avait dans ses prises de positions contre le professionnalisme que de l&#8217;opportunisme. Il est vrai que le monopole de l&#8217;approvisionnement en eau de la capitale grecque, depuis les sources de Maroussi, lui aurait été accordé. Est-ce là la raison qui l&#8217;empêcha de prendre part à d&#8217;autres compétitions ? Ce premier marathon paraît en effet avoir été son dernier.</p>
<p>Reste qu&#8217;on lui éleva une statue dans le stade panathénaïque, pour le rendre toujours présent dans ce lieu qu&#8217;il parvint à faire vibrer dans l&#8217;eurythmie de sa foulée. Encore aujourd&#8217;hui, les Grecs disent « courir comme un Louis. »</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/htiler-et-spiro-louys/" rel="attachment wp-att-138" title="Htiler et Spiro Louys"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/hitler_louis.thumbnail.jpg" alt="Htiler et Spiro Louys" align="right" /></a>Quarante ans plus tard, il revient aux Jeux Olympiques. C&#8217;était à Berlin, en 1936. Ce vieillard de seulement 63 ans porte la première flamme olympique, défile en tête de la délégation grecque tout en portant haut son drapeau. Il remet à Hitler le rameau de la paix, fait de branches d&#8217;olivier dont il est plaisant d&#8217;imaginer qu&#8217;elles furent ramassées par Spiro lui-même sur son sol de Maroussi.</p>
<p>La flamme de Louys s&#8217;éteint quant à elle définitivement le 23 mars 1940, quelques mois avant l&#8217;invasion de la Grèce par Mussolini. Cruelle ironie du sport. La mort du marathonomque antique avait annoncé la fin d&#8217;une guerre ; celle du moderne le commencement d&#8217;une nouvelle.</p>
<p>________________</p>
<p><a href="#sdfootnote1anc" title="sdfootnote1sym" name="sdfootnote1sym">1</a>C&#8217;était 	en 490 (avant Jésus-Christ, faut-il préciser), à 	l&#8217;occasion de la première guerre médique.</p>
<p><a href="#sdfootnote2anc" title="sdfootnote2sym" name="sdfootnote2sym">2</a>Pierre 	de Coubertin, <em>Mémoires Olympiques</em>, 	1931.</p>
<p><a href="#sdfootnote3anc" title="sdfootnote3sym" name="sdfootnote3sym">3</a>Ce 	n&#8217;est en effet que bien plus tard, en 1921, que l&#8217;on prendra pour 	référence la distance du marathon couru à 	Londres à l&#8217;occasion des Jeux Olympiques de 1908 tenus dans 	cette même ville, et qui était précisément 	de 26 milles et 385 yards, c&#8217;est-à-dire 42.195 kilomètres, 	pas moinsse.</p>
<p><a href="#sdfootnote4anc" title="sdfootnote4sym" name="sdfootnote4sym">4</a>Charles 	Maurras, <em>Quatrième lettre des Jeux olympiques</em>, 	1896.</p>
<p><a href="#sdfootnote5anc" title="sdfootnote5sym" name="sdfootnote5sym">5</a>Charles 	Maurras, <em>Ibid.</em></p>
<p><a href="#sdfootnote6anc" title="sdfootnote6sym" name="sdfootnote6sym">6</a>Charles 	Maurras, <em>Cinquième lettre des Jeux olympiques</em>, 	1896.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Lettres-Jeux-olympiques-Charles-Maurras/dp/208071208X%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D208071208X"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51NMJ1WEHSL._SL110_.jpg" width="67" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Lettres-Jeux-olympiques-Charles-Maurras/dp/208071208X%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D208071208X">Lettres des Jeux olympiques</a></h3>
<p class="author">Axel Tisserand (Commentaires).					Flammarion 2004, 					Poche,				183 pages,				&#8364;&#160;7,88</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Heidegger et le nazisme</title>
		<link>http://www.morbleu.com/heidegger-et-le-nazisme/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/heidegger-et-le-nazisme/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Jul 2007 21:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Etre et Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Faye]]></category>
		<category><![CDATA[Heidegger]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[Popper]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/heidegger-et-le-nazisme/</guid>
		<description><![CDATA[Je suis en train de lire le livre de Faye. Faye ne cherche pas a démontrer qu&#8217;Heidegger était nazi. Cela est un fait revendiqué par le personnage lui-même. Heidegger était un apologue du régime hitlérien, et professait un antisémitisme viscéral. Personne ne peut contester cela. Ce que montre Faye, et c&#8217;est en cela qu&#8217;il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/heidegger-et-le-nazisme/heidegger-contemplant-la-montagne-sainte-victoire/" rel="attachment wp-att-100" title="Heidegger contemplant la montagne Sainte Victoire"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/heidegger2.thumbnail.jpg" alt="Heidegger contemplant la montagne Sainte Victoire" align="right" /></a>Je suis en train de lire le livre de Faye. Faye ne cherche pas a démontrer qu&#8217;Heidegger était nazi. Cela est un fait revendiqué par le personnage lui-même. Heidegger était un apologue du régime hitlérien, et professait un antisémitisme viscéral. Personne ne peut contester cela.</p>
<p><span id="more-101"></span>Ce que montre Faye, et c&#8217;est en cela qu&#8217;il est novateur par rapport à d&#8217;autres auteurs, c&#8217;est que, selon ses propres mots, l&#8217;engagement d&#8217;Heidegger n&#8217;était pas un égarement passager d&#8217;un homme qui se serait fourvoyé (comme par exemple, Sartre et le stalinisme, ou encore Foucault et la révolution islamique en Iran) mais une adhésion de fond. Heidegger était nazi avant, pendant, et, chose bien plus inquiétante, après. Ce que Faye veut montrer, entre autres choses, c&#8217;est qu&#8217;il avait comme mis au point un plan concernant la publication de ses textes avec comme intention plus ou moins cachée de poursuivre l&#8217;œuvre de diffusion du nazisme après sa mort (j&#8217;en suis à cela dans l&#8217;ouvrage, et il faut bien avouer que, sans être incontestable, l&#8217;argument se tient).</p>
<p>Mais là où Faye va plus loin, c&#8217;est concernant l&#8217;œuvre et l&#8217;homme. On a tenté de séparer les deux, comme si Heidegger était un salaud, mais que sa philosophie était vierge de toute pensée nauséabonde. Faye veut montrer qu&#8217;en fait, sa philosophie était nazie autant que lui. Que <em>Etre et Temps</em> est comme codé, que cet ouvrage est comme le traité métaphysique de <em>Mein Kampf</em>, sa base philosophique.</p>
<p>En ce sens, je pense que l&#8217;on peut inscrire l&#8217;ouvrage de Faye un peu dans la même lignée que <em>La société ouverte et ses ennemis</em> de Karl Popper, où Popper montre que le totalitarisme était en germe dans la pensée de Platon, de Hegel et de Marx (il est plus nuancé avec Marx), mais aussi d&#8217;Hésiode, d&#8217;Héraclite et d&#8217;Aristote.</p>
<p>De même, le totalitarisme est en germe dans la pensée d&#8217;Heidegger. Il ne faut pas le cacher. Comme Nietzsche, il constitue une pensée dangereuse. J&#8217;ai dit totalitarisme, pas nazi. Je n&#8217;en sais rien, si <em>Etre et Temps</em> est nazi. Mais que ce soit un ouvrage qui propose des conceptions dangereuses, en opposition avec les fondements mêmes de la société ouverte, cela, on ne peut pas le nier. Heidegger lui-même avoue son dessein qui est de détruire l&#8217;humanisme, d&#8217;en finir avec les Temps Modernes, avec les Lumières, etc. Avouer un tel projet est pour moi condamnable et irresponsable, et suffit à disqualifier l&#8217;homme, qu&#8217;il soit nazi ou pas (car il n&#8217;y a pas besoin de prendre le nazisme comme argument pour critiquer Heidegger, il y a nombre de choses déjà très déplaisantes chez lui). Alors bien sûr, on entendra dire que l&#8217;on a mal interprété Heidegger quand il disait cela, que s&#8217;interdire d&#8217;entrer en contradiction avec de tels sujets, c&#8217;est censurer la pensée, etc. Mais comprend-on de quoi l&#8217;on parle? Est-ce bien responsable d&#8217;attaquer les fondements de l&#8217;humanisme, de la société ouverte, de la démocratie, que les motifs soient philosophiques ou non?</p>
<p>Il n&#8217;en reste pas moins (et c&#8217;est moi qui parle, que beaucoup ficheront comme anti-heideggerien primaire après avoir lu cela) qu&#8217;il y a dans <em>Etre et Temps</em> et ailleurs des pages très pertinentes qui valent le coup (sur la conscience morale, le on, l&#8217;angoisse, etc) et qui, peut-être, peuvent se lire en elles-mêmes, bien que celles-ci soient hélas! les feuilles d&#8217;un arbre qui a ses racines dans le sang de millions de morts.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi je ne comprends pas que l&#8217;on conspue Faye dans son intention. Je pense que c&#8217;est plutôt ceux qui s&#8217;acharnent à défendre Heidegger qui devraient réagir. Qu&#8217;ils admettent une fois pour toutes que, et l&#8217;homme, et l&#8217;œuvre sont condamnables. Qu&#8217;ils acceptent de lire Heidegger tout comme on lit Platon aujourd&#8217;hui : il n&#8217;existe plus personne (je l&#8217;espère) pour défendre Platon dans ses délires politiques eugénistes. Les conceptions politiques de Platon sont à jeter dans la poubelle de la philosophie, mais cela ne nous empêche pas pour autant de trouver dans son œuvre beaucoup d&#8217;éléments appréciables avec lesquels l&#8217;humanité a pu accoucher des Lumières.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Heidegger-lintroduction-nazisme-dans-philosophie/dp/2253083828%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2253083828"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41Rn1MieezL._SL110_.jpg" width="68" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Heidegger-lintroduction-nazisme-dans-philosophie/dp/2253083828%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2253083828">Heidegger, l&#8217;introduction du nazisme dans la philosophie </a></h3>
<p class="author">Emmanuel Faye.					Le Livre de Poche 2007, 					Poche,				767 pages,				&#8364;&#160;8,54</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/heidegger-et-le-nazisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Du pacifisme</title>
		<link>http://www.morbleu.com/du-pacifisme/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/du-pacifisme/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Nov 2005 10:27:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Ghandi]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Hegel]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Isolationnisme]]></category>
		<category><![CDATA[Neutralité]]></category>
		<category><![CDATA[Non-violence]]></category>
		<category><![CDATA[Pacifisme]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/du-pacifisme/</guid>
		<description><![CDATA[Un des arguments principal des opposants à l&#8217;intervention militaire américaine en Irak fut de vouloir évacuer la guerre comme moyen permettant d&#8217;affirmer une décision politique, au profit de celle privilégiant la voie diplomatique, plus louable en apparence. En France, le ministre des affaires étrangères alors en place, Dominique de Villepin, et le président de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/du-pacifisme/tiananmen/" rel="attachment wp-att-94" title="Tian’anmen"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/char2lo9.thumbnail.jpg" alt="Tian’anmen" align="right" /></a> 	Un des arguments principal des opposants à l&#8217;intervention militaire américaine en Irak fut de vouloir évacuer la guerre comme moyen permettant d&#8217;affirmer une décision politique, au profit de celle privilégiant la voie diplomatique, plus louable en apparence. En France, le ministre des affaires étrangères alors en place, Dominique de Villepin, et le président de la République, autrement dit le chef des armées, Jacques Chirac n&#8217;en dirent pas moins. Nous voulons ici discuter de la validité de cet argument, sans chercher à savoir si ceux qui l&#8217;ont brandi l&#8217;ont fait au nom d&#8217;une pure conviction en sa vérité, ou bien si plutôt ils l&#8217;ont fait en raison de ce qu&#8217;il permettait, à savoir, fournir un moyen fiable de compenser l&#8217;incapacité militaire en donnant la possibilité d&#8217;exister sur le plan international avec une certaine autorité morale. Car en effet, si l&#8217;on peut douter de la conviction qu&#8217;ont eu nos élites politiques, il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;un grand nombre de personnes eurent quant à elles une foi inébranlable dans cette affirmation, une foi quasiment religieuse, au point que l&#8217;on puisse presque interpréter les nombreuses manifestations pacifistes ayant eu lieu comme de vastes communions humaines voulant faire converger l&#8217;humanité vers un idéal de paix, annonçant un absolu paradisiaque devant prochainement s&#8217;accomplir ; or c&#8217;est justement cet argument, vieille résurgence de la pensée hippie que l&#8217;on peut résumer en « faites l&#8217;amour pas la guerre », que nous voulons critiquer pour voir ce qu&#8217;il autorise et quelles en sont les limites.</p>
<p align="justify"><span id="more-95"></span> 	Cet argument est <em>a priori</em> au sens kantien du terme, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il s&#8217;applique avant l&#8217;expérience ; c&#8217;est un principe énonçant : « en cas de conflit entre nation, ne jamais utiliser la force mais la voie diplomatique ». C&#8217;est en effet en ces termes qu&#8217;on le trouvait énoncé, que ce soit par la bouche de nos politiques, ou par celle de nos manifestants. On cherchait moins à savoir ce que permettrait ou pas une intervention, on la critiquait pour le simple fait que c&#8217;était une intervention. Une intervention militaire venant évidement contredire l&#8217;axiome de départ cité plus haut, on se doit de la rejeter, quelqu&#8217;elle soit. Comment est-on abouti à cet axiome, voilà une question à laquelle nous tâcherons de répondre plus tard. La chose a retenir ici est que la guerre, quelqu&#8217;elle soit, est à blâmer, par conséquent, qu&#8217;il faut brandir son veto contre, ou du moins menacer de le faire.</p>
<p align="justify"> 	Or, si l&#8217;on suit cet argument, on se rend compte de suite de ses limites. Plus d&#8217;interventions militaires signifie par exemple la condamnation rétrospective du débarquement allié lors de la seconde guerre mondiale, puisque l&#8217;on pense que l&#8217;on aurait pu faire chuter le Führer à l&#8217;aide d&#8217;une simple pression diplomatique, et que de toute manière, ce fut la seule voie possible ; en d&#8217;autres termes c&#8217;est revendiquer Munich.</p>
<p align="justify"> 	Arrivé là, de deux choses l&#8217;une. Soit notre pacifiste nous dit que, quoiqu&#8217;il puisse bien se passer d&#8217;intolérable et de totalitaire quelque part, il faut conserver notre principe de départ, autrement dit, pas d&#8217;intervention armée et se résigner : si quelque part on a décidé de se détruire, laissons-faire, car qui sommes-nous pour en juger ou pire, intervenir ? Soit notre pacifiste invoquera  une certaine idée hégélienne de la philosophie de l&#8217;histoire avec ce que cela implique de métaphysique, qui dira explicitement ou non qu&#8217;à terme une situation intolérable cessera d&#8217;elle-même sans que l&#8217;on ne fasse rien d&#8217;autre que d&#8217;observer ; autrement dit, pour reprendre notre exemple précédent, Hitler aurait fini par chuter de lui-même et les Américains n&#8217;eurent à faire qu&#8217;à rester chez eux et à regarder<a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote1sym" title="sdfootnote1anc" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a>.</p>
<p align="justify"> 	La première issue est intenable et le pacifiste le comprend, c&#8217;est pourquoi il s&#8217;engagera dans la seconde qui est la seule possible permettant de sauver son postulat. Toutefois, en raison de la faiblesse de cet argument, il voudra faire appel à un exemple historique pouvant avoir valeur de preuve empirique, et fera, s&#8217;il se trouve être cultivé, immédiatement référence à Ghandi et à la manière par laquelle, avec la non-violence, il réussit à faire partir les britanniques d&#8217;Inde. Nous disions plus haut avec une certaine ironie que l&#8217;argument pacifiste était « hippie ». Cet exemple historique ne vient que renforcer cette présomption, puisque l&#8217;on sait ce que cette culture des années 1960-1970, que l&#8217;on nomme parfois contre-culture, doit à l&#8217;Inde ; la « philosophie » New-Age qui souffle sur ce courant est grandement inspirée des sagesses bouddhiques et autres, Ghandi pouvant être vu comme la preuve vivante de la vérité de ce système d&#8217;idées<a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote2sym" title="sdfootnote2anc" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a>.</p>
<p align="justify"> 	Hélas ! c&#8217;est là que le pacifiste se fourvoie. Si la non-violence eut un résultat convainquant dans ce cas de figure, c&#8217;est avant tout parce que leur ennemi n&#8217;était nul autre que les britanniques. Les opposants au système colonial britannique furent initialement Britanniques, pas Indiens. Ces derniers, avant l&#8217;arrivée occidentale, ignoraient même le mot « liberté », ou avait tout du moins une signification beaucoup plus pauvre que ce que la civilisation occidentale y mettait derrière. Que l&#8217;on songe par exemple au système de caste profondément inégalitaire qui encore aujourd&#8217;hui subsiste quelque peu. Les germes du départ britannique furent implantés par les Britanniques eux-mêmes, et Ghandi ne fit que reprendre cet argument au nom du peuple indien. C&#8217;est parce qu&#8217;il y avait une contradiction entre ce que les britanniques faisaient, et ce qu&#8217;ils disaient, que Ghandi put réussir. Nous en avons une preuve aujourd&#8217;hui avec les tensions opposant Chinois et Tibétains : lorsque l&#8217;adversaire se trouve être dans une autre disposition d&#8217;esprit, la non-violence ne mène à rien, si ce n&#8217;est à faciliter la tâche à celui même qui souhaite vous détruire.</p>
<p align="justify"> 	Imagine-t-on la non-violence à l&#8217;exercice dans un régime vraiment tyrannique et totalitaire ? Encore une fois la Chine revient-elle malheureusement d&#8217;elle-même sous notre plume. Que l&#8217;on se souvienne de cette manifestation non-violente mais réprimée de manière Ô combien violente par les autorités des étudiants de Tian&#8217;anmen en 1989. On le voit, les espérances de la non-violence sont avant tout fondées dans l&#8217;ontologie de l&#8217;adversaire.</p>
<p align="justify"> 	Ainsi, l&#8217;argument pacifiste se trouve-t-il être malmené. Le renoncement à la force consiste à placer tous ses espoirs dans l&#8217;adversaire, et attendre que celui cesse de lui-même ses méfaits. On peut espérer l&#8217;influencer par la liberté d&#8217;expression, mais celle-ci est bien souvent réduite à néant. L&#8217;adversaire pourra bien évidement un jour être évacué. Mais quand ? L&#8217;attente peut-être longue, cela dépendant de lui seul. On pourra, rappelons-le, dire que tout système totalitaire chute de lui-même en raison de son insuffisance ontologique, que la démocratie est supérieure et plus robuste et que par conséquent, l&#8217;évolution de l&#8217;histoire fait tendre tous les régimes vers cette fin, car elle se trouve être le mieux adapté<a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote3sym" title="sdfootnote3anc" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a>. Nous tendons également à le penser. Toutefois, est-ce une justification suffisante pour laisser l&#8217;infâme se produire devant nos yeux ? Devons-nous attendre qu&#8217;un régime change de lui-même, de dire que les morts d&#8217;aujourd&#8217;hui sont le prix à payer pour les vivants libres de demain ?</p>
<p align="justify"> 	Nous pensons que l&#8217;intervention militaire est capable d&#8217;accélérer les choses. Des économistes tentent de montrer qu&#8217;Hitler aurait fini par chuter en raison de faibles perspectives économiques sur le long terme, bien qu&#8217;il ait pu dans un premier temps réamorcer le cycle économique grâce aux dépenses en armement. Devait-on pour autant attendre sans rien faire ? Devions-nous laisser l&#8217;industrie de la mort continuer ? Fallait-il laisser la barbarie augmenter le nombre de ses victimes ? On veut aussi montrer que l&#8217;effondrement de l&#8217;URSS est la conséquence de sa seule décrépitude interne. Fallait-il rester les bras croiser et attendre ? N&#8217;avait-on pas raison de tenter d&#8217;enrayer cette machine infernale qui comptabilise à elle seule plus de 100 millions de morts<a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote4sym" title="sdfootnote4anc" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a> ? On peut discuter de l&#8217;efficience des interventions en Corée, au Vietnam ou encore en Afghanistan, mais ne peut-on pas comprendre la logique de refus du totalitarisme rouge qui les animait ? Est-on assuré que l&#8217;histoire &#8211; que l&#8217;on ne récrit pas &#8211; eut pris le même tournant sans cela ?</p>
<p align="justify"> 	On objectera que la guerre aussi fait des morts. Et c&#8217;est vrai qu&#8217;il y a une logique quelque peu morbide de la guerre ; dans notre cas, la guerre a pour objectif de faire moins de morts que les régimes auxquels elle veut mettre fin. Ce qui peut présider à la décision de partir en guerre n&#8217;est donc rien d&#8217;autre qu&#8217;un calcul rationnel, qu&#8217;une balance mortuaire qu&#8217;il faut se tâcher d&#8217;alléger autant que possible. Dans un cas &#8211; pas de guerre &#8211; comme dans l&#8217;autre &#8211; la guerre -, la mort semble être inévitable et tout l&#8217;enjeu est d&#8217;en faire le moins possible. Et au final, si sacrifice il y a, demandons-nous si celui-ci ne sera pas plus juste ayant lieu sous le drapeau de la liberté, plutôt que s&#8217;il était marqué de l&#8217;empreinte des ténèbres.</p>
<p align="justify">____________________</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote1anc" title="sdfootnote1sym" name="sdfootnote1sym">1</a>Pourquoi 	alors certains de nos pacifistes, qui bien souvent cultivent aussi 	un degré d&#8217;anti-américanisme, reprochent-ils la 	latence des Etats-Unis lorsqu&#8217;ils décidèrent 	d&#8217;intervenir lors de la Seconde Guerre Mondiale ? Cette contradiction 	contribue à étayer l&#8217;hypothèse que nous avions 	établi plus haut, à savoir que l&#8217;argument pacifiste 	n&#8217;est bien souvent utilisé que pour ce qu&#8217;il permet, dans ce 	cas là, l&#8217;anti-américanisme.</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote2anc" title="sdfootnote2sym" name="sdfootnote2sym">2</a>Là 	encore l&#8217;hypothèse que nous formulions par rapport à 	la dimension religieuse du pacifisme se trouve corroborée.</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote3anc" title="sdfootnote3sym" name="sdfootnote3sym">3</a>C&#8217;est 	cet argument qui est invoqué pour justifier la bienveillance 	que l&#8217;on peut avoir vis-à-vis, encore une fois, de la Chine. 	Celle-ci, en raison d&#8217;impératifs économiques, se 	convertit progressivement au capitalisme et à l&#8217;économie 	de marché ; première étape vers, espérons-le, 	une démocratisation attendue, et pourquoi pas ? un Tibet 	libre.</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/wp-admin/#sdfootnote4anc" title="sdfootnote4sym" name="sdfootnote4sym">4</a>Stéphane 	Courtois, « Les crimes 	du communisme » in Al., <em>Le livre noir du 	communisme</em></p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Ouest-contre-Andr%C3%A9-Glucksmann/dp/2012791980%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2012791980"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/410X18HTJAL._SL110_.jpg" width="67" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Ouest-contre-Andr%C3%A9-Glucksmann/dp/2012791980%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2012791980">Ouest contre Ouest</a></h3>
<p class="author">André Glucksmann.					Hachette 2004, 					Poche,				208 pages,				&#8364;&#160;4,63</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/du-pacifisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le point sur l&#8217;Irak</title>
		<link>http://www.morbleu.com/le-point-sur-lirak/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/le-point-sur-lirak/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 16 Feb 2003 20:34:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Jayzira]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Awacs]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Laden]]></category>
		<category><![CDATA[Chirac]]></category>
		<category><![CDATA[De Villepin]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Hans Blix]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<category><![CDATA[OTAN]]></category>
		<category><![CDATA[Patriot]]></category>
		<category><![CDATA[Powel]]></category>
		<category><![CDATA[Rumsfeld]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Saddam Hussein]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Friedman]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/le-point-sur-lirak/</guid>
		<description><![CDATA[Alors que l’intervention en Irak semble légitime pour les États-Unis, la France ne cesse de manifester son désaccord. En effet, lors du Conseil du Sécurité de l’OTAN, la France, ainsi que d’autres pays, se sont opposés à l’envoi de soutien militaire (envoi de missiles antimissiles Patriot, d&#8217;avions Awacs et de renforts de troupes) en Turquie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/le-point-sur-lirak/saddam-hussein/" rel="attachment wp-att-36" title="Saddam Hussein"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/08-thankallahyoufinallygotme.thumbnail.jpg" alt="Saddam Hussein" align="right" /></a>Alors que l’intervention en Irak semble légitime pour les États-Unis, la France ne cesse de manifester son désaccord.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span id="more-35"></span>En effet, lors du Conseil du Sécurité de l’OTAN, la France, ainsi que d’autres pays, se sont opposés à l’envoi de soutien militaire (envoi de missiles antimissiles Patriot, d&#8217;avions Awacs et de renforts de troupes) en Turquie en appliquant leur droit de veto. Ces mesures feraient selon eux entrer l’OTAN dans une logique de guerre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>D’ailleurs, la France s’oppose toujours aux États-Unis concernant l’intervention en Irak, ce qui amène la presse américaine à développer un sentiment anti</span>français<span>. (</span><span lang="fr-FR"><span>dépêche</span></span><span> AFP : Déchaînement de francophobie dans la presse américaine)</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Par exemple, le New-York Post titre son édition de lundi par : « SACRIFICE : They died for France but France has forgotten ». Il y est écrit : Des soldats américains &laquo;&nbsp;sont prêts à combattre et mourir pour sauver le monde d&#8217;un tyran aussi vil [qu'Adolf Hitler], Saddam Hussein, et où sont les Français ? Ils se cachent, pètent de trouille. Proclament: Vivent les mauviettes!&nbsp;&raquo;, affirmait lundi le quotidien populaire New York Post.</p>
<p style="margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm" align="justify">Dans le New York Times, le commentateur Thomas Friedman a proposé dimanche que la France perde son siège permanent au Conseil de sécurité de l&#8217;ONU, et le droit de veto en afférant, pour le laisser à l&#8217;Inde, &laquo;&nbsp;parce que très franchement, l&#8217;Inde est tout simplement beaucoup plus sérieuse que la France ces derniers temps&nbsp;&raquo;. La violence et la fréquence des attaques antifrançaises dans les médias sont telles que le New York Times a proposé dimanche à ses lecteurs un &laquo;&nbsp;lexique de la francophobie&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Le Wall Street Journal traitait le président Jacques Chirac de &laquo;&nbsp;Pygmée (&#8230;) travesti en Jeanne d&#8217;Arc au crâne dégarni&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Face aux réticences françaises quant à une intervention en Irak, les dirigeants américains expriment explicitement leur colère. Ainsi, Donald Rumsfeld (secrétaire d&#8217;état à la <span lang="fr-FR">défense</span>) déclarait que « c’est la honte qui retombera sur ces pays ». Colin Powel quant à lui considère qu’il s’agit « d’un geste inexcusable ».</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">En fait, la France voit la chose à partir d’un tout autre regard. La France aspirant à une solution pacifiste, celle-ci souhaite en premier lieu renforcer les contrôles des inspecteurs mandatés par l’ONU sur le territoire irakien. La position adoptée par la France semble rallier de plus en plus d’opinions favorables à travers le monde. Ainsi la Russie, l’Allemagne, la Belgique rejoignent le front pacifiste.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Les pays arabes quant à eux manifestent leur opposition plus que ferme sur une future agression américaine en Irak. L’Arabie Saoudite, l’Iran et l’Irak ont d’ailleurs signé un nouveau traité de non-agression mutuelle, prévoyant une éventuelle riposte commune en cas d’attaque (une sorte d&#8217;OTAN du Moyen-Orient).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>De plus, ces derniers jours, Oussama Bin Laden semble être sorti de son long silence. Un enregistrement audio a été diffusé sur la chaîne du Qatar Al-Jayzira, où Bin Laden appelle le monde musulman à soutenir Saddam Hussein, même si Bin Laden rappelle son désaccord politique avec Hussein qu’il accuse de n’être qu’un « laïc–socialiste ». La menace d’attentat en occident est ravivée, et cela apporte une caution de plus au États Unis pour intervenir en Irak</span>.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>Vendredi dernier, le ministre français des affaires étrangères Dominique De Villepin s&#8217;est opposé à son homologue Colin Powel en proposant au siège de l&#8217;ONU lors du compte-rendu des </span>inspecteurs de poursuivre dans la voie des inspections. La proposition du ministre fut même applaudie, ce qui est une première dans les anales de l&#8217;ONU. Le rapport des inspecteurs de l&#8217;ONU était très attendu et Hans Blix, le chef des inspecteurs pour le désarmement Irakien, a annoncé qu&#8217;il n&#8217;existe pour l&#8217;instant aucune preuve d&#8217;activités prohibées.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>Ce samedi, des millions de manifestants ont envahi les rues des grandes métropoles du monde entier, que ce soit en Europe, en Amérique, en Asie et même au Proche et au Moyen-Orient</span>, afin de clamer leur opposition à une guerre en Irak.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Notre-route-commence-%C3%A0-Bagdad/dp/2915134049%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915134049"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41HHGP2R7ML._SL110_.jpg" width="72" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Notre-route-commence-%C3%A0-Bagdad/dp/2915134049%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915134049">Notre route commence à Bagdad</a></h3>
<p class="author">François Heisbourg (Préface).					Saint Simon 2003, 					Broché,				179 pages,				&#8364;&#160;14,80</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/le-point-sur-lirak/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

