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	<title>Morbleu ! &#187; Deleuze</title>
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	<description>&#8220; Sorte de jurement en usage m&#234;me parmi les gens de bon ton. &#8221; (Littr&#233;)</description>
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		<title>De la société disciplinaire à la société de contrôle, du panoptique à l&#8217;open space</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jan 2011 14:46:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle Discipline]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans un prolongement du travail de Michel Foucault, Gilles Deleuze distinguait trois types de sociétés se succédant : les sociétés de souveraineté, disciplinaires et de contrôle. Chacune d&#8217;entre elles est caractérisée par un certain type de techniques de pouvoir et de dispositifs permettant d&#8217;en articuler le fonctionnement en agençant l&#8217;espace d&#8217;une manière spécifique. Pour Foucault, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/foucault.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-90" title="Michel Foucault" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/foucault.thumbnail.jpg" alt="" width="111" height="128" /></a>Dans un prolongement du travail de Michel Foucault, Gilles Deleuze distinguait trois types de sociétés se succédant : les sociétés de souveraineté, disciplinaires et de contrôle. Chacune d&#8217;entre elles est caractérisée par un certain type de techniques de pouvoir et de dispositifs permettant d&#8217;en articuler le fonctionnement en agençant l&#8217;espace d&#8217;une manière spécifique. Pour Foucault, le dispositif caractéristique des sociétés disciplinaires est celui du panoptique imaginé par Bentham, dont l&#8217;architecture et le fonctionnement sert de modèle aux institutions : « la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons » (<em>Surveiller et Punir</em>). Par son architecture, le panoptique organise l&#8217;espace de telle sorte que le surveillant puisse voir le surveillé sans que ce dernier puisse voir s&#8217;il l&#8217;est effectivement, ni voir les autres surveillés. De ces jeux de regards rendus possibles par la simple architecture émanent des relations de pouvoir capables d&#8217;assujettir les individus, d&#8217;automatiser et de désindividualiser le pouvoir.</p>
<p><span id="more-1998"></span>Avec les sociétés de contrôle succédant aux sociétés disciplinaires, un autre dispositif a pris le relais du panoptique, réinvestissant l&#8217;espace d&#8217;une manière analogue mais renouvelée, réformant les anciennes disciplines pour les adapter à de nouveaux enjeux : l&#8217;<em>open space</em>. <a href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail/">Souvent comparé au panoptique, l&#8217;<em>open space</em> agence également l&#8217;espace de sorte que les jeux de regards suffisent à établir des relations de pouvoir</a>. Cependant, il apporte une nouveauté radicale en ce que les surveillés peuvent désormais, d&#8217;une part se voir entre eux, et d&#8217;autre part voir les surveillants. La verticalité de la surveillance laisse ainsi davantage place à une horizontalité du regard et du pouvoir, la surveillance unilatérale du contre-maître sur les travailleurs de jadis laissant place à une surveillance égalitaire de chacun par chacun, pouvant même s&#8217;étendre, en droit, jusqu&#8217;à une surveillance des cadres par leurs subordonnés. Les relations de pouvoir, loin de disparaître dans cette architecture en apparence plus humaine, sont simplement redistribuées afin de poursuivre plus efficacement des buts d&#8217;une nature différente. Le capitalisme de l&#8217;âge de la biopolitique cherche en effet désormais moins à se fonder sur la seule exploitation et coercition des individus, que sur leur autonomie, initiative et créativité, et l&#8217;<em>open space</em> est pensé d&#8217;après ses théoriciens comme devant produire une telle subjectivation.</p>
<p>L&#8217;<em>open space</em> constitue ainsi un modèle théorique général, un dispositif exploité même en d&#8217;autres lieux que la seule entreprise, tout comme l&#8217;architecture du panoptique des sociétés disciplinaires dessinait le diagramme idéal d&#8217;un mécanisme de pouvoir polyvalent dans ses applications, réinvesti par des institutions autres que les seuls lieux pénitenciers. À cette institutionnalisation de l&#8217;<em>open space</em> et de la société de contrôle utilisant essentiellement l&#8217;outil informatique comme instrument de (télé)surveillance, s&#8217;opposent des actes de micro-résistance déjà évoqués en partie par Deleuze, dont la finalité est de soustraire non plus seulement au regard du seul surveillant, mais à celui de tous : cryptage, brouillage, piratage, introduction de virus. Elles rappellent que « le pouvoir passe par les dominés non moins que par les dominants  », comme le remarquait Deleuze dans son texte sur Foucault.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Lopen-space-ma-tuer-Alexandre-Isnards/dp/2253129003%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2253129003"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41RO49idkUL._SL110_.jpg" width="68" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Alexandre des Isnards.					Le Livre de Poche 2009, 					Poche,				219 pages,				&#8364;&#160;4,62</p>
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		<title>Finkielkraut, Glucksmann, Bruckner et BHL</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 07:13:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Choses dites, choses vues]]></category>
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		<description><![CDATA[Il est de bon ton de critiquer les intellectuels médiatiques, tels que Finkielkraut, Glucksmann, Bruckner ou BHL. La posture qu&#8217;ils investissent est souvent irritante. Donneurs de leçons pour la plupart, n&#8217;hésitant pas, tel Sartre à la sortie des usines Renault, à se tenir debout avec un porte-voix au sommet des Majuscules des Grands Concepts : La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1510" href="http://www.morbleu.com/finkielkraut-glucksmann-bruckner-et-bhl/bhl-entarte/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1510" title="BHL entarté" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/06/bhl-entarte-150x150.gif" alt="BHL entarté" width="150" height="150" /></a>Il est de bon ton de <a href="http://www.morbleu.com/finkielkraut-glucksmann-bruckner-et-bhl/">critiquer les intellectuels médiatiques, tels que <strong>Finkielkraut</strong>, <strong>Glucksmann</strong>, <strong>Bruckner</strong> ou <strong>BHL</strong></a>. La posture qu&#8217;ils investissent est souvent irritante. Donneurs de leçons pour la plupart, n&#8217;hésitant pas, tel <strong>Sartre</strong> à la sortie des usines Renault, à se tenir debout avec un porte-voix au sommet des Majuscules des Grands Concepts : La Loi, La Liberté, La Démocratie, Le Totalitarisme, Le Racisme, La Laïcité. À énoncer, du haut de leurs bidons, ce qu&#8217;est Le Bien, ce qu&#8217;est Le Mal, ce qu&#8217;est La Justice et L&#8217;Injustice. À bidonner sur ce qu&#8217;il faut faire et ne pas faire, mais s&#8217;accordant tous sur un point : qu&#8217;il faut les écouter, déguster le miel de chacune de leur parole en appréciant toute leur valeur gourouesque et évangélique.<span id="more-1508"></span></p>
<p style="text-align: center;">[There is a video that cannot be displayed in this feed. <a href="http://www.morbleu.com/finkielkraut-glucksmann-bruckner-et-bhl/">Visit the blog entry to see the video.]</a></p>
<p><a href="http://traverses.blogs.liberation.fr/yves_michaud/2010/06/bhl-dhl-bhv.html">Posture irritante, qui justifie certainement à elle seule toutes les critiques</a> &#8211; et qui même pourrait peut-être en dispenser, tant cette attitude paraît dans certains cas nuire complétement au propos énoncé, au point d&#8217;ouvrir les portes non pas de l&#8217;École d&#8217;Athènes, mais du Cirque de Rome.</p>
<p>Il reste évidemment nécessaire de critiquer ces intellectuels. Cependant, dans tous les arguments apportés à l&#8217;encontre de nos penseurs nationaux, télévisuels et désormais podcastables, il convient  d&#8217;apporter quelques nuances. Il y a sans conteste du déchet toxique dans leurs flots de paroles et d&#8217;écrits. Toutefois, à l&#8217;heure du développement durable, il convient peut-être de ne pas tout jeter, mais au contraire de trier et de recycler.</p>
<p>Ainsi, <strong>premièrement</strong>, je pense qu&#8217;il ne faut pas faire de <em>reductio ad beachelum</em>. <strong>BHL</strong> est très contestable, tant sur la forme que sur le fond. Néanmoins, je pense que, pour se limiter aux noms figurants sur la couverture du livre de <strong>Daniel Salvatore Schiffer</strong> <em>Critique de la déraison pure</em> (que l&#8217;on me pardonnera &#8211; ou pas &#8211; de ne pas avoir encore lu), les démarches de Glucksmann, Bruckner et Finkielkraut ne sont en rien assimilables totalement à celle de Bernard-Henri Lévy. Critiquer simplement BHL en pensant faire couler les autres est un peu facile.</p>
<p><strong>Deuxièmement</strong>, il est faux de dire que tous les grands intellectuels avaient unanimement dénoncé nos nouveaux philosophes. Ainsi, par exemple, <strong>Foucault</strong> avait apporté son soutient à Glucksmann, et <strong>Jean-François Revel</strong> avait salué la sortie de <em>L&#8217;idéologie française</em> de BHL.</p>
<p><strong>Troisièmement</strong>, il est faux de dire que tout ce qu&#8217;ils disent est parfaitement contestable, sans valeur, inutile. <em>Le nouveau désordre amoureux</em> publié par Finkielkraut et Bruckner en 1979 fut un ouvrage qui eut un grand retentissement, notamment en Allemagne. Il continue d&#8217;être lu, et est toujours parfaitement pertinent en ce qu&#8217;il contient une <strong>critique de la normalisation</strong>, au point que l&#8217;on peut soupçonner Foucault de s&#8217;en être servi lors de ses cours au Collège de France et dans son <em>Histoire de la sexualité</em>.</p>
<p>De même, <a href="http://www.morbleu.com/reflexions-sur-lantisemitisme-qui-reviendrait/"><em>Au nom de l&#8217;autre</em> de Finkielkraut</a> fournit une réflexion très pertinente sur l&#8217;antisémitisme, et son <em>Nous autres, modernes</em> est un texte semblable à un manuel, qui est documenté, qui n&#8217;est pas bâclé, qui est travaillé et bien écrit, parfaitement utilisable pour qui souhaite s&#8217;introduire aux grandes problématiques de la modernité (même si son arrière plan peut être contestable). Il s&#8217;agit d&#8217;ailleurs de ses cours à polytechnique, ce qui prouve, contrairement à ce que certains affirment, que tous ces auteurs ne se reposent pas tous sur leur passé de normalien ou d&#8217;agrégé, se contentant, tels des rentiers, de récolter les fruits d&#8217;un dur labeur effectué seulement jadis en khâgne. Il me semble d&#8217;ailleurs que Bruckner n&#8217;a pas suivi ce parcours &#8211; à vérifier.</p>
<p>Je pense que ce qui gêne (et ce qui me gêne, comme, par exemple, avec le <a href="http://www.morbleu.com/bhl-le-temoin-capital/">BHL témoin capital</a>) avant tout chez ces personnes est la posture médiatique que chacun s&#8217;efforce de tenir. Chacun prétend se poser comme conscience de son temps, et éclairer le peuple de ces lumières, souvent en se trompant, puisqu&#8217;il est sans doute très difficile, que l&#8217;on soit brillant philosophe ou pas, de parvenir à s&#8217;élever au dessus de son époque pour la contempler objectivement. Mais en ce cas, ils ne sont pas plus (ni moins) condamnables qu&#8217;un <strong>Sartre</strong> stalinen et complaisant pendant l&#8217;occupation, qu&#8217;un <strong>Deleuze</strong> complaisant avec le terrorisme, ou qu&#8217;un <strong>Foucault</strong> opportuniste et girouette.</p>
<p>Ce qui gêne donc, ce sont ces bidons sur lesquels chacun se tient pour paraître plus grands que les autres, donnant l&#8217;illusion qu&#8217;ils voient plus loin et plus clairement que les autres. Puisse-t-on frapper sur ces bidons sans pour autant frapper sur l&#8217;homme qui se tient dessus !</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Critique-d%C3%A9raison-pure-faillite-intellectuelle/dp/2849411841%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2849411841"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51rcIoRma-L._SL110_.jpg" width="68" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Daniel Salvatore Schiffer.					Bourin Editeur 2010, 					Broché,				354 pages,				&#8364;&#160;16,50</p>
</div>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Nous-autres-modernes-Alain-Finkielkraut/dp/2070347494%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070347494"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41vrzAMzHhL._SL110_.jpg" width="65" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Alain Finkielkraut.					Gallimard 2008, 					Broché,				338 pages,				&#8364;&#160;7,97</p>
</div>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Nouveau-d%C3%A9sordre-amoureux-Pascal-Bruckner/dp/2020326612%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2020326612"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/415R2A4MYNL._SL110_.jpg" width="66" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Pascal Bruckner.					Seuil 1997, 					Poche,				316 pages,				&#8364;&#160;7,12</p>
</div>
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		<title>L&#8217;open space et le panoptique, le pouvoir et le travail</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 09:22:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici une petite compilation de deux commentaires donnés au sujet du problème de l&#8217;open space, et plus largement au problème de l&#8217;organisation du travail contemporaine, réagissant à La dictature de l&#8217;« ambiantal » chez Yves Michaud et à L&#8217;open space l&#8217;a tuer chez Sciigno. L&#8217;open space constitue sans aucun doute un dispositif au sens où Agamben l&#8217;entendait, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1296" href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail/open-space-m-a-tuer/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1296" title="L'open space m'a tuer" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/02/open-space-m-a-tuer-150x150.jpg" alt="L'open space m'a tuer" width="150" height="150" /></a>Voici une petite compilation de deux commentaires donnés au sujet du problème de l&#8217;<em>open space</em>, et plus largement au problème de l&#8217;organisation du travail contemporaine, réagissant à <a href="http://traverses.blogs.liberation.fr/yves_michaud/2010/02/ambiantal.html"><em>La dictature de l&#8217;« ambiantal »</em></a> chez <strong><a href="http://traverses.blogs.liberation.fr/yves_michaud/">Yves Michaud</a> </strong>et à <a href="http://www.sciigno.net/?p=224"><em>L&#8217;open space l&#8217;a tuer</em></a> chez <a href="http://www.sciigno.net"><strong>Sciigno</strong></a>.</p>
<p><span id="more-1295"></span>L&#8217;<strong>open space</strong> constitue sans aucun doute un <strong>dispositif</strong> au sens où <strong>Agamben</strong> l&#8217;entendait, au même titre que le <strong>panoptique</strong> : quelque chose capable d&#8217;orienter les pratiques et comportements des individus, capable de façonner les subjectivités, de les produire. Cependant, il n&#8217;est pas sûr que la comparaison de l&#8217;<em>open space</em> avec le panoptique tienne jusqu&#8217;au bout au sens strict.</p>
<p>Le <strong>panoptique</strong> consiste dans un agencement architectural faisant que le surveillant peut tout voir sans être vu ; que le surveillé se sait vu sans savoir s&#8217;il est vu sur l&#8217;instant. <strong>Foucault</strong> insiste bien sur le fait que dans le panoptique et la <strong>société disciplinaire</strong> qui va avec, <em>on met la lumière sur les surveillés</em> ; alors que dans la <strong>société de souveraineté</strong> (pour reprendre la catégorisation de <strong>Deleuze</strong>) qui précédait,<em> la lumière était mise sur la source de pouvoir</em> (par ex. Louis XIV et sa cour fastueuse).</p>
<p>De ce point de vue, le panoptique est bien différent d&#8217;un <em>open space.</em> Dans ce dernier, en effet, l<em>es surveillés voient les autres surveillés</em>, à la différence du panoptique. Parfois, ils peuvent même observer dans certains cas les surveillants (disons les dirigeants, la source &#8211; supposée &#8211; du pouvoir et de l&#8217;autorité), chose impossible avec le panoptique.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1307" href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail/gilles-deleuze-2-2/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1307" title="Gilles Deleuze" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/02/gilles-deleuze-150x150.jpg" alt="Gilles Deleuze" width="150" height="150" /></a>Ainsi, le dispositif de l&#8217;<em>open space</em> n&#8217;est peut-être pas strictement réductible au panoptique. Il est bien plutôt différent, et peut-être lui succède-t-il, accompagnant une nouvelle forme d&#8217;organisation du travail, et peut-être même un autre modèle d&#8217;organisation sociale et politique. Pour reprendre <strong>Deleuze</strong>, on pourrait peut-être dire que <em>le dispositif panoptique est à la société disciplinaire ce que l&#8217;open space est à la société de contrôle</em>.</p>
<p>En disant cela, on ne cherche pas à couper les cheveux en quatre inutilement, mais à poser un enjeu plus large et important : notre société se construit-elle sur le même modèle (panoptique) que sur celui du XIX<sup>e</sup> siècle, ou bien sûr un autre (l&#8217;<em>open space</em>) ? y a-t-il rupture ou continuité entre hier et aujourd&#8217;hui quant au paradigme sur lequel se fonde la société ?</p>
<p>Par-delà la question du dispositif au sens d&#8217;<strong>Agamben</strong>, où un objet même très anodin peut cristalliser des relations de pouvoir, c&#8217;est la question de l&#8217;<em>open space</em> comme dispositif au sens où <strong>Foucault</strong> l&#8217;entendait qui est en jeu. Non plus une relation de pouvoir locale et circonscrite que certains pourraient peut-être éviter en y prenant garde, mais un paradigme global, une structure implicite qui nous détermine tous plus ou moins inconsciemment dans nos pensées et nos comportements, que nous le voulions ou non, auquel on ne peut pas échapper.</p>
<p>Il est évident que le panoptisme est capable de rendre compte de certains phénomènes contemporains, comme celui de la <strong>vidéo-surveillance </strong>(où, effectivement, on sait que l&#8217;on peut être vu par quelqu&#8217;un sans savoir nécessairement si on l&#8217;est ou pas), qui peut-être, selon certains, tend à se généraliser pour servir de modèle à la société entière. Mais peut-être y a-t-il d&#8217;autres tendances d&#8217;une nature quelque peu différente qui se dessinent et traversent la société ? Peut-être est-il nécessaire de les penser suivant autre chose pour compléter l&#8217;analyse ?</p>
<p>La façon d&#8217;agencer un lieu permet d&#8217;orienter les relations de pouvoir entre individus. La simple configuration de l&#8217;espace permet d&#8217;assujettir, de gouverner d&#8217;une certaine manière. Le <em>panoptique</em> et l&#8217;<em>open space</em> pourraient bien être deux modèles possibles.</p>
<ul>
<li><a rel="attachment wp-att-1297" href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail/panoptique/"><img class="size-thumbnail wp-image-1297 alignright" title="Le panoptique" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/02/panoptique-150x150.jpg" alt="Le panoptique" width="150" height="150" /></a>Le <strong>panoptique</strong> : instaurer 	le sentiment que l&#8217;on est surveillé par quelqu&#8217;un sans savoir si on 	l&#8217;est vraiment, de sorte qu&#8217;on intériorise ce sentiment à chaque 	instant, peut-être même une fois que l&#8217;on se trouve hors d&#8217;un tel 	dispositif de contrôle.</li>
<li>L&#8217;<strong>open space</strong> : la 	surveillance de chacun par chacun (et non plus seulement des 	surveillés par le surveillant), parfois dans un relatif 	égalitarisme, puisque dans certains agencements, même les 	subordonnés peuvent jeter un œil sur ce que fait le contre-maître.</li>
</ul>
<p>Cette oppression constante à l&#8217;œuvre dans l&#8217;<em>open space</em> conduit à des pratiques de <strong>résistance</strong> de la part des individus concernés. Beaucoup, quand on leur permet, ont les écouteurs du baladeur vissés sur les oreilles toute la journée pour recréer une intimité impossible. Beaucoup discutent avec leur collègue situé à quelques centimètres de lui par messagerie instantanée pour retrouver une certaine confidentialité. <a href="http://www.korben.info/bouton-boss-pour-chrome.html">Beaucoup d&#8217;autres stratagèmes </a>existent pour tenter d&#8217;échapper à le surveillance de chacun par chacun.</p>
<p>Les <em>open spaces</em> sont également généralement plus jolis que leur équivalents panoptiques, que les vieilles usines lugubres. Tout comme on accepte les écouteurs et la messagerie instantanée, on accepte que les gens les personnalisent, les décorent, les adaptent à leur goût, de telle sorte que l&#8217;on s&#8217;y sente chez soi.</p>
<p>L&#8217;<strong>esthétisation</strong> de ces lieux conduit alors à masquer les relations de pouvoir qui y sont contenues. Ce n&#8217;est plus un sentiment de subordination ou de domination, mais un sentiment esthétique qui nous est évoqué en premier lieu. On ne se dit plus « Quelle oppression ! » mais « Que c&#8217;est joli ! » Joli, car de la beauté en ces lieux, pour le dire avec <strong>Kant</strong>, on en trouvera pas puisqu&#8217;ici, il n&#8217;y a pas de <em>finalité sans fin</em>, la décoration cherchant à dissimuler : cette esthétisation n&#8217;est pas belle mais tout au plus agréable. Elle rend esthétiquement agréable le socialement et politiquement désagréable.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1304" href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail/dispositif-anti-sdf/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1304" title="Dispositif anti-SDF" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/02/dispositif-anti-sdf-150x150.jpg" alt="Dispositif anti-SDF" width="150" height="150" /></a>C&#8217;est le même problème que dans la question de la <strong>prévention situationnelle</strong>, comme avec <a href="http://www.morbleu.com/le-tiers-exclu-iv-des-dispositifs-architecturaux-anti-sdf/">l<strong>es dispositifs anti-SDF</strong></a>, où l&#8217;on enjolive ce qui est odieux afin que le sentiment d&#8217;indignation soit chassé par un sentiment esthétique. Cela conduit à ce que l&#8217;on accepte plus facilement l&#8217;inacceptable.</p>
<p>Par ailleurs, dans le cas de bureaux agencés de manière conviviale et accueillante, le sentiment esthétique permet, comme on l&#8217;a dit, de préparer à l&#8217;émergence et à l&#8217;installation du sentiment que l&#8217;on se sente <em>comme</em> chez soi au travail, voire que l&#8217;on s&#8217;y sente <em>chez</em> soi. Cette importante question engage le problème de la séparation vie publique/vie privée. La question de se sentir chez soi au travail, ou au travail chez soi, marque sans aucun doute un déplacement très important dans la conception contemporaine du travail et de son rapport avec le capitalisme.</p>
<p>Ce qu&#8217;il y a au fond de cette stratégie d&#8217;agencement des bureaux, c&#8217;est en effet de chercher à convaincre les gens que le travail est le lieux de l&#8217;accomplissement de soi, de la réalisation personnelle, et qu&#8217;il n&#8217;y a pas lieu de croire qu&#8217;ils sont différents au travail ou à l&#8217;extérieur, que la séparation vie publique/vie privée est chimérique, n&#8217;est pas réelle. Que c&#8217;est <em>ici et maintenant</em>, au travail, qu&#8217;on aura l&#8217;opportunité de s&#8217;accomplir, et non pas à l&#8217;extérieur ; que si l&#8217;on veut s&#8217;accomplir, ce sera donc en travaillant <em>partout et toujours</em>.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1310" href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail/martin-luther/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1310" title="Martin Luther" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/02/martin-luther-150x150.jpg" alt="Martin Luther" width="150" height="150" /></a>La profession, c&#8217;est certes gagner de l&#8217;argent. Mais elle peut aussi se comprendre indépendamment de la question pécuniaire, en termes de profession de foi, de <em>Beruf</em> comme chez <strong>Luther</strong>. Si vous considérez votre métier comme une vocation, plus besoin de vous forcer <em>manu militari </em>pour que vous alliez à la mine ; vous y allez de bon cœur, car c&#8217;est votre vie, c&#8217;est votre vocation, et sans cela, vous vous ennuieriez, puisque vous n&#8217;avez pas d&#8217;autre but. Vous travaillez toujours et partout, car c&#8217;est ainsi que vous devenez vous-même. <a href="http://www.morbleu.com/l-open-space-et-le-panoptique-le-pouvoir-et-le-travail">Le rêve du capitalisme</a> qui obtient ainsi le maximum des individus sans avoir à les forcer, et sans même parfois les payer beaucoup, puisque certains payeraient presque pour travailler à certains postes (jeu vidéo, design, etc.). Une grande économie dans le fonctionnement de ce capitalisme, et donc un rendement accru : le coût de la dépense effectuée pour mettre au travail se réduit, puisqu&#8217;il n&#8217;y en a presque plus besoin.</p>
<p>En ce sens, pour le dire avec <strong>Foucault</strong>, cet <em>ethos</em> participe plus d&#8217;une <strong>bio-politique</strong> que d&#8217;une <strong>anatomo-politique</strong>. On ne contraint plus les hommes dans leur corps pour les gouverner, on ne les pousse plus à travailler par la coercition. Mais on les attire et tire vers le travail, on les y aspire en leur montrant que leur propre intérêt converge avec celui de l&#8217;entreprise. Que là où est l&#8217;intérêt de l&#8217;entreprise, le leur y est aussi, et <em>vice versa</em>. En ce sens, pour le dire comme <strong>Lénine</strong>, le télétravail (et des choses comme l&#8217;<strong>auto-entreprise</strong> : soi-même comme une entreprise) pourrait bien être <a href="http://www.morbleu.com/le-teletravail-stade-supreme-du-capitalisme/">le stade suprême du capitalisme</a>, avec lequel il n&#8217;est même plus question de se sentir chez soi au travail, mas au travail chez soi.<strong> Auto-entrepreneu</strong>r : être soi-même une entreprise : c&#8217;est donc que jamais on en sortira.</p>
<p>C&#8217;est tout le problème de l&#8217;esprit du capitalisme (voir à ce propos <em>Le nouvel esprit du capitalisme</em> de <strong>Boltanski </strong>et <strong>Chiapello</strong>, où l&#8217;on montre que les nouvelles méthodes de <em>management</em> élaborées durant les années 90 ouvrent la porte à un nouvel esprit bien différent des précédents), où la profession n&#8217;est plus considérée comme aliénation (<strong>Marx</strong>) mais comme émancipation (<strong>Weber</strong>), esprit particulièrement développé aux <strong>États-Unis</strong> (mais qui s&#8217;exporte et se diffuse sur d&#8217;autres terres peu à peu), où qu&#8217;il y ait peu de jours de vacances n&#8217;émeut personne, et où l&#8217;on mange les croissants (fournis par l&#8217;entreprise) le matin au bureau car on vit presque sur ce lieu.</p>
<p>Dans cette perspective, on pourrait dire que la <strong>machine à café</strong> et la traditionnelle <strong>pause</strong> (syndicale ou pas), bien loin d&#8217;être le lieu de la planque, de la fainéantise et des tire-au-flanc, constitue au contraire une sorte de soupape de décompression ayant pour conséquence que les individus ne se sentent plus au travail oppressés avec pour seule idée celle dans sortir, mais au contraire qu&#8217;ils se sentent à l&#8217;aise comme chez eux, que l&#8217;on ne leur veut pas de mal et que leur bien. Pour le dire avec <strong>Barthes</strong>, la machine à café participe ainsi de la stratégie de la <strong>vaccine</strong> : admettre l&#8217;existence d&#8217;un petit mal (un peu de stress à 10H et à 16H), offrir un petit remède (allouer une pause détente), ceci afin de laisser persévérer un mal beaucoup plus grand qui dérangera moins grâce à ce subterfuge &#8211; et grâce à tous les autres.</p>
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<p class="author">Alexandre des Isnards.					Le Livre de Poche 2009, 					Poche,				219 pages,				&#8364;&#160;4,62</p>
</div>
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<p class="author">Luc Boltanski.					Gallimard 1999, 					Broché,				843 pages,				&#8364;&#160;29,45</p>
</div>
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		<title>Des bons usages de l&#8217;histoire de la philosophie</title>
		<link>http://www.morbleu.com/des-bons-usages-de-lhistoire-de-la-philosophie/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 11:24:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Doxographies]]></category>
		<category><![CDATA[Deleuze]]></category>
		<category><![CDATA[Foucault]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;histoire de la philosophie s&#8217;apparente à un des fondamentaux que le philosophe doit maîtriser, au moins aussi sûrement que la cadrage-débordement au rugby. Il convient de travailler ses « gammes », comme au piano. Il est illusoire de penser que l&#8217;on peut partir de rien. Même les fées ont au moins besoin de citrouilles pour faire des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-913" href="http://www.morbleu.com/des-bons-usages-de-lhistoire-de-la-philosophie/raphael_ecole_athenes/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-913" title="Raphaël, L'école d'Athènes" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/09/raphael_ecole_athenes-150x150.jpg" alt="Raphaël, L'école d'Athènes" width="150" height="150" /></a>L&#8217;histoire de la philosophie s&#8217;apparente à un des <strong>fondamentaux</strong> que le philosophe doit maîtriser, au moins aussi sûrement que la cadrage-débordement au rugby. Il convient de travailler ses « gammes », comme au piano. Il est illusoire de penser que l&#8217;on peut partir de rien. Même les fées ont au moins besoin de citrouilles pour faire des carrosses. Il faut être cartésien &#8211; ou pire : husserlien &#8211; pour croire que l&#8217;on peut trouver un fondement infondé tout en se croyant émancipé de tout contexte, et de toute tradition.</p>
<p><span id="more-912"></span>Et encore : <strong>Descartes</strong> fait certes <em>tabula rasa</em> de la tradition, mais pour ce faire, encore faut-il qu&#8217;il y ait tradition, et pour qu&#8217;elle le soit, qu&#8217;elle soit connue, c&#8217;est-à-dire digérée, ruminée. La rupture avec quelque chose suppose la connaissance de celle-ci, au moins la connaissance de celle-ci en tant qu&#8217;objet.</p>
<p>L&#8217;histoire de la philosophie peut être plus que la discipline aride et austère consistant à momifier les auteurs en ne faisant que moins bien dire ce qu&#8217;ils ont pu dire eux-mêmes. L&#8217;histoire de la philosophie doit se vouloir avant tout explicitation. Mais bien plus, on doit faire un usage proprement philosophique de l&#8217;histoire de la philosophie. Il n&#8217;y a que voir l&#8217;usage que <strong>Deleuze</strong> ou <strong>Foucault</strong> en font. Deleuze se vantait de « faire des enfants monstrueux dans le dos des auteurs » qu&#8217;il travaillait ; Foucault trouve dans les cyniques des modes de subjectivation éclairants pour les sociétés modernes. Ils suivent en cela, pour forcer un peu, l&#8217;usage que <strong>Montaigne</strong> faisait de la tradition. Non pas fonder une scolastique du livre où les auteurs serait canonisés tout comme le fut <strong>Aristote</strong> ou <strong>Saint Thomas</strong>, mais chercher dans toute l&#8217;histoire de la pensée des réponses à des problèmes actuels qui, quoique contemporains, restent universels car se posant à tout homme.<br />
L&#8217;histoire de la philosophie n&#8217;est-elle légitime qu&#8217;à la seule condition qu&#8217;elle soit philosophique ?</p>
<p>En somme, il s&#8217;agit de suivre le conseil de <strong>Montaigne</strong> : bien distinguer ce qui ne serait qu&#8217;une vaine scolastique trop pédante du livre où <strong>Kant</strong>, <strong>Descartes</strong>, <strong>Aristote</strong>, <strong>Platon</strong> et les autres auraient remplacé les évangiles, <strong>Augustin</strong> et <strong>Saint Thomas</strong>, d&#8217;un usage légitime et nécessaire des auteurs qui nous ont ouvert les chemins sur lesquels nous marchons, desquels il ne tient qu&#8217;à nous qu&#8217;ils ne mènent pas nulle part.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Histoire-philosophie-Emile-Brehier/dp/2130543960%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2130543960"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41d-GbQYPAL._SL110_.jpg" width="78" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Histoire-philosophie-Emile-Brehier/dp/2130543960%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2130543960">Histoire de la philosophie</a></h3>
<p class="author">Emile Brehier.					Presses Universitaires de France &#8211; PUF 2004, 					Broché,				1792 pages,				&#8364;&#160;26,94</p>
</div>
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		<title>Comment expliquer que l&#8217;on apprécie tant les gros seins ?</title>
		<link>http://www.morbleu.com/comment-expliquer-que-lon-apprecie-tant-les-gros-seins/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Jun 2009 19:09:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Modes d'emploi]]></category>
		<category><![CDATA[Sexus Empiricus]]></category>
		<category><![CDATA[Deleuze]]></category>
		<category><![CDATA[Evolutionnisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[Guattari]]></category>
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		<category><![CDATA[Poitrine]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Seins]]></category>

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		<description><![CDATA[Le corps de la femme connaît une érotisation qu&#8217;on ne retrouve chez aucune autre espèce, avec trois caractéristiques uniques : le camouflage de l&#8217;ovulation, une attractivité constante et une réceptivité sexuelle quasi permanente. Par ailleurs, si la fesse est le propre de l&#8217;homme et la conséquence évidente de son passage à la marche bipède, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-816" href="http://www.morbleu.com/comment-expliquer-que-lon-apprecie-tant-les-gros-seins/sexy192/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-816" title="Pamela Anderson" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/06/sexy192-150x150.jpg" alt="Pamela Anderson" width="150" height="150" /></a></p>
<blockquote><p>Le corps de la femme connaît une érotisation qu&#8217;on ne retrouve chez aucune autre espèce, avec trois caractéristiques uniques : le camouflage de l&#8217;ovulation, une attractivité constante et une réceptivité sexuelle quasi permanente. Par ailleurs, si la fesse est le propre de l&#8217;homme et la conséquence évidente de son passage à la marche bipède, elle est aussi un puissant signal d&#8217;excitation, qu&#8217;on retrouve également dans la poitrine féminine. Avec le redressement de la stature et le coït plus habituellement pratiqué face à face, il semble que l&#8217;évolution a sélectionné peu à peu des femmes ayant une poitrine développée, c&#8217;est-à-dire une rotondité ressemblant au signal excitateur des fesses. Le caractère globuleux de la poitrine féminine n&#8217;a qu&#8217;une fonction-si l&#8217;on excepte la fonction nutritive qui ne dure que quelques mois dans la vie d&#8217;une femme-, l&#8217;excitation des mâles pour entretenir l&#8217;activité érotique.</p>
<p>Pascal Picq, « <a href="http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2009-06-18/sexe-la-competition-homme-singe/989/0/353774">Sexe : la compétition homme-singe</a> », <em>Le Point</em>, 18 juin 2009, N°1918</p></blockquote>
<p><span id="more-814"></span>Pour rendre compte de l&#8217;attrait qu&#8217;a habituellement le genre masculin pour les <strong>fortes poitrines</strong>, on connaissait l&#8217;explication <strong>psychanalytique</strong> : l&#8217;homme est attiré par les gros seins car il a le souvenir de cet Âge d&#8217;Or perdu de sa condition néonatale où il s&#8217;agrippait alors de toutes ses gencives et dents naissantes aux tétons de sa mère pour se nourrir. Pour l&#8217;<strong>inconscient</strong>, le sein maternel serait synonyme de réconfort, ce qui impliquerait que plus le sein est gros, plus gros est le réconfort, et que par conséquent, plus on recherche les gros seins. CQFD.</p>
<p>Comme la plupart &#8211; ne généralisons pas abusivement comme le font la plupart des psychanalystes  -  des explications psychanalytiques, cette théorie est réductrice, partiale, fragmentaire. <strong>Deleuze </strong> et <strong>Guattari</strong> diraient probablement de celle-ci qu&#8217;une fois de plus elle cherche à mépriser le vrai caractère du <strong>désir</strong> en ne faisant de lui qu&#8217;une simple résultante de « ce sale petit secret » de famille incestueux, tacite, qui agiterait l&#8217;homme telle une vulgaire marionnette.</p>
<p>De plus, l&#8217;explication psychanalytique, si on la développe entièrement, conduirait à un <strong>lesbianisme généralisé</strong> où tous les sexes seraient amateurs de gros seins. Il peut arriver en effet que certaines femmes soient nourries au sein, ce qui, d&#8217;après le principe expliqué ci-dessus, doit les mener logiquement dans leur vie sexuelle à la recherche d&#8217;abondantes poitrines. À ce problème, la psychanalyse a évidemment une de ces hypothèses <em>ad hoc</em> dont <strong>Popper</strong> a montré qu&#8217;elles sont une des caractéristiques évidentes de la pseudo-science : si une femme nourrie au sein durant la petite enfance ne vire pas au lesbianisme, c&#8217;est tout simplement parce qu&#8217;elle vit l&#8217;expérience du gros sein non pas en tant qu&#8217;utilisatrice mais en tant que fournisseuse [<a href="#ft1">1</a>].</p>
<p>L&#8217;<strong>hypothèse évolutionniste</strong> proposée ici par <strong>Pascal Picq</strong> , bien qu&#8217;incomplète on le verra, est plus satisfaisante. Notamment, elle a l&#8217;avantage d&#8217;éviter l&#8217;écueil du lesbianisme : on voit mal en effet comment un penchant pour une telle union sexuelle, qui ne pourra être que stérile compte tenu des données actuelles du problème, pourrait être un avantage adaptatif décisif.</p>
<p>Tout d&#8217;abord, c&#8217;était les fesses de la femelle qui excitaient le mâle lorsque l&#8217;espèce était encore quadrupède : certainement était-ce une des choses que l&#8217;on voyait le mieux lorsque nous marchions encore à quatre pattes, et c&#8217;est ce qui le décidait à en rechercher de bien rondes. Puis, il prit à ce qui n&#8217;était pas encore l&#8217;homme [<a href="#ft2">2</a>] de se relever, de se tenir uniquement sur deux pattes. Conséquence <strong>kamasutrèsque</strong> inévitable : il adopta aussitôt le plus commode <strong>missionnaire</strong> comme position favorite au détriment de la <strong>levrette</strong> alors plusieurs fois séculaire. Les seins devinrent par suite très vite plus visibles, et partant, plus excitants et populaires. CQFD.</p>
<p>La psychologie évolutionniste possède au moins autant de travers que la psychanalyse. Elle partage notamment cette passion pour les explications invérifiables, et surtout irréfutables. Ceci mis à part, ce qui avant toute autre chose est ici fâcheux avec l&#8217;hypothèse évolutionniste est qu&#8217;elle nous plonge dans une régression à l&#8217;infini. Certes, avant le désir pour les gros seins, il y avait le désir pour les grosses fesses. Mais avant les grosses fesses, qu&#8217;y avait-il ? Et après les gros seins, qu&#8217;y aura-t-il ? Nous restons pour ainsi dire sur notre faim. Peut-être est-ce parce que le désir est, presque par définition, irréductible à toute rationalisation.</p>
<p>_______________________</p>
<p>[<a name="ft1">1</a>] L&#8217;hypothèse psychanalytique connait bien d&#8217;autres difficultés. Notamment, qu&#8217;advient-il des hommes nourris au <strong>biberon</strong> durant la petite enfance qui apprécient pourtant les gros seins ? Le psychanalyste se contentera de répondre qu&#8217;ils auront de fortes propensions à devenir alcoolique, à boire leur bière à la bouteille par petites sussions &#8211; en « sirotant » &#8211; puisque l&#8217;activité leur est une réminiscence de l&#8217;objet passé. De même, la question des lesbiennes nourries au biberon est laissée de côté.</p>
<p>[<a name="ft2">2</a>] Homme qui est, faut-il le rappeler, une invention tardive du XIXe siècle (<strong>Foucault</strong>).</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Big-Book-Breasts-Dian-Hanson/dp/3822833037%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D3822833037"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41Scj1Ws15L._SL110_.jpg" width="105" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Dian Hanson.					Taschen GmbH 2006, 					Relié,				420 pages,				&#8364;&#160;35,18</p>
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		<title>L&#8217;Eternel Retour</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Jun 2009 12:09:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Deleuze]]></category>
		<category><![CDATA[Eternel Retour]]></category>
		<category><![CDATA[Ethique]]></category>
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		<description><![CDATA[Deleuze a donné une interprétation de l&#8217;Eternel Retour de Nietzsche si pertinente qu&#8217;on la prend volontiers pour la thèse que Nietzsche défendait lui-même, tout en ignorant bien souvent que cette conception est en fait de Deleuze. Laissons de côté, pour l&#8217;instant, ce que Nietzsche disait lui-même à ce sujet, pour nous concentrer sur ce que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a rel="attachment wp-att-792" href="http://www.morbleu.com/leternel-retour/gilles-deleuze-2/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-792" title="Gilles Deleuze" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/06/gilles-deleuze-150x150.jpg" alt="Gilles Deleuze" width="150" height="150" /></a>Deleuze </strong>a donné une interprétation de l&#8217;<strong>Eternel Retour</strong> de <strong>Nietzsche </strong>si pertinente qu&#8217;on la prend volontiers pour la thèse que Nietzsche défendait lui-même, tout en ignorant bien souvent que cette conception est en fait de Deleuze. Laissons de côté, pour l&#8217;instant, ce que Nietzsche disait lui-même à ce sujet, pour nous concentrer sur ce que Deleuze entendait.</p>
<p><span id="more-790"></span>Une interprétation classique de l&#8217;Eternel Retour deleuzien est d&#8217;en faire un <strong>principe moral</strong> &#8211; ou éthique, dirait plutôt Deleuze. « Agis de telle sorte que tu puisses vouloir agir de la même sorte éternellement ». Sous cet aspect, l&#8217;Eternel Retour se rapprocherait, dans sa forme et sa fin, d&#8217;autres principes éthiques, tels que, par exemple,<strong> l&#8217;impératif catégorique kantien</strong>. Il constituerait comme un test formel qu&#8217;une action se doit de satisfaire pour être admissible, ou d&#8217;échouer pour être rejetée.</p>
<p>Prenons, pour <strong>Kant</strong>, la deuxième formulation de l&#8217;impératif catégorique : « Agis selon la maxime qui peut en même temps se transformer en loi universelle. » Une action sera jugée admissible, et partant morale, si elle satisfait à ce test. Par exemple, on imagine l&#8217;homicide inadmissible, et donc immoral, puisque l&#8217;on ne peut pas concevoir que la maxime « Tuer des gens » soit érigée en législation universelle qui commanderait à chacun de « Tuer des gens », puisque la société qui l&#8217;adopterait s&#8217;anéantirait aussitôt.</p>
<p>Qu&#8217;en est-il avec l&#8217;Eternel Retour (deleuzien) ? Il s&#8217;agirait de déterminer si on peut vivre éternellement en appliquant cette maxime, vivre éternellement en tuant des gens, encore et toujours.</p>
<p>Or, il y a une différence essentielle entre les deux modèles. Le résultat du test kantien peut être déterminé <em>a priori</em> &#8211; on s&#8217;en serait douté -, il est un test d&#8217;une nature presque purement logique dont l&#8217;issue est la même pour quiconque : chacun, en tant que sujet moral, s&#8217;aperçoit qu&#8217;aucune société ne pourrait exister avec une telle maxime pour loi. En revanche, en ce qui concerne le test de l&#8217;Eternel Retour, rien ne garantit que l&#8217;issue soit la même pour tout le monde. Certains pourraient peut-être parvenir à vivre éternellement en tuant des gens quand d&#8217;autres ne le pourraient.</p>
<p>Plutôt que l&#8217;homicide, exemple radical, Deleuze prend dans son <a href="http://www.univ-paris8.fr/deleuze/article.php3?id_article=104">cours sur Spinoza du 9 décembre 1980</a> celui de l&#8217;alcoolisme, exemple qu&#8217;il connaissait bien lui-même comme il le confesse dans <a href="http://video.google.fr/videoplay?docid=438091653681675611&amp;hl=un|"><em>L&#8217;Abécédaire</em></a>. Si l&#8217;on est capable de vivre éternellement en buvant, le test de l&#8217;Eternel Retour est réussi, et c&#8217;est une manière d&#8217;être que l&#8217;on peut adopter. <em>A contrario</em>, un alcoolique qui boirait en se disant à chaque fois que ce verre serait le dernier de sa vie ne passerait pas le test, puisqu&#8217;en dernière analyse, on se rend compte que son alcoolisme ne se veut pas définitif dans l&#8217;intention, même s&#8217;il peut l&#8217;être dans les faits.  Regrets, remords sont les signes évidents dans le sujet d&#8217;un acte qu&#8217;il ne saurait répéter éternellement.</p>
<p>En somme, ce que l&#8217;Eternel Retour cherche, c&#8217;est à déterminer une cohérence entre l&#8217;agir d&#8217;un individu et la façon dont il approuve ou désapprouve ce même agir. Le test de l&#8217;Eternel Retour permet de déterminer si un individu agit en accord avec lui-même. Est-on capable de vivre éternellement en étant tel ? Si on ne l&#8217;est pas, alors mieux vaut abandonner cette manière d&#8217;être.</p>
<p>D&#8217;après Deleuze, la <strong>morale </strong>est ce système qui cherche à <em>juger </em>les actions de soi et d&#8217;autrui. La morale est bonne pour les inquisiteurs, ceux qui cherchent sans cesse à poser des valeurs, à hiérarchiser les êtres. L&#8217;<strong>éthique</strong>, en revanche, ne cherche pas à juger mais à <em>rendre compte</em> d&#8217;un comportement quant à un être. L&#8217;éthique ne se pose pas la question « que dois-je faire ? » et autres questions connexes du type « est-ce légitime ?, fais-je bien ?, qu&#8217;est-ce que le Bien ? le Mal ? »  mais plutôt : «comment est-ce possible ? ». Comment est-ce possible que tel être agisse de telle sorte quant à ce qui le définit ? La morale voit du Bien et du Mal ; l&#8217;éthique ne considère que du bon et du mauvais : il y a des choses qui conviennent à tel être et d&#8217;autres pas. L&#8217;éthique est moins un problème de valeurs que de santé.</p>
<p>La morale présupposera une essence qui doit s&#8217;actualiser ; l&#8217;essence précéde l&#8217;existence, et l&#8217;être doit l&#8217;accompir. Pour l&#8217;éthique, c&#8217;est bien différent : il n&#8217;y a pas d&#8217;essences, mais des <strong>puissances</strong> ; les êtres sont gros de possibilités, de virtualités qui tantôt s&#8217;actualisent, tantôt ne s&#8217;actualisent pas. L&#8217;<strong>Eternel retour</strong> n&#8217;est alors pas le test qui permet de découvrir l&#8217;essence d&#8217;un sujet, mais ce qui permet de discriminer les puissances qui caractérisent l&#8217;être dans son devenir. C&#8217;est ce qu&#8217;avait compris <strong>Spinoza</strong>, et c&#8217;est pourquoi il nomma son livre : <strong><em>L&#8217;Ethique</em></strong>.</p>
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<p class="author">Gilles Deleuze.					Presses Universitaires de France &#8211; PUF 2005, 					Broché,				102 pages,				&#8364;&#160;8,00</p>
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		<title>Postmodernité, communautarisme et multiculturalisme</title>
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		<pubDate>Wed, 13 May 2009 15:47:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Communautarisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Si on suit Lyotard, la postmodernité peut-être définie comme le temps où les grands récits de légitimation tels que l&#8217;émancipation de l&#8217;homme, le progrès, ou le sujet transcendantal n&#8217;ont plus de crédit. Aucun discours ou métarécit ne peut plus être jugé plus recevable qu&#8217;un autre pour légitimer la société. Au contraire voit-on se multiplier des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-744" href="http://www.morbleu.com/postmodernite-communautarisme-et-multiculturalisme/lyotard/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-744" title="Jean-François Lyotard" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/05/lyotard-150x150.jpg" alt="Jean-François Lyotard" width="150" height="150" /></a>Si on suit <strong>Lyotard</strong>, la <strong>postmodernité</strong> peut-être définie comme le temps où les grands récits de légitimation tels que l&#8217;émancipation de l&#8217;homme, le progrès, ou le sujet transcendantal n&#8217;ont plus de crédit. Aucun discours ou métarécit ne peut plus être jugé plus recevable qu&#8217;un autre pour légitimer la société. Au contraire voit-on se multiplier des micro-récits entrant en concurrence les uns les autres sans qu&#8217;aucun ne puisse légitimement revendiquer une quelconque supériorité sur les autres.</p>
<p><span id="more-743"></span>Conséquence politique directe de la postmodernité : d&#8217;un point de vue « <strong>théologico-politique</strong> » (au sens de <strong>Schmitt</strong>), l&#8217;État (ou quoi que ce soit d&#8217;autre) ne peut plus se fonder (ou simplement se légitimer) sur une finalité universelle, c&#8217;est-à-dire sur un discours qui soit partagé et admis par tous. Au contraire, chacun est en droit de concevoir, de choisir de lui-même la fin qui vient légitimer sa vie, son agir, et ce, dans une relative <strong>autonomie</strong> (entendue ici simplement comme absence de contrainte socio-politique visible). Par extension, si ce sont les individus eux-mêmes qui posent leurs propres fins (qui peuvent être plurielles : voire <strong>Deleuze</strong> et les segmentarités), s&#8217;ils écrivent eux-mêmes leurs narratifs, s&#8217;ils décident d&#8217;eux-mêmes ceux qu&#8217;ils doivent lire, il en résulte que des individus s&#8217;accordant sur l&#8217;adhésion à un certain métarécit particulier peuvent décider de s&#8217;associer en une communauté qui aurait précisément pour justification minimale l&#8217;adoption explicite ou implicite par ses membres de ce métarécit.</p>
<p>Tous les matériaux sont alors fournis pour que le <strong>communautarisme</strong> et le <strong>multiculturalisme</strong> émergent, au détriment du <strong>républicanisme</strong> (entendu comme l&#8217;adhésion à une fin commune). Au départ, ces deux concepts ne sont ainsi pas issus d&#8217;une quelconque tolérance, d&#8217;une ouverture des mœurs, d&#8217;une liberté accordée généreusement par la majorité à certains groupes sociaux de vivre comme ils l&#8217;entendent, mais bien plutôt de la faillite de la société à trouver un métarécit qui puisse fédérer toutes les individualités, toutes les communautés &#8211; et ce peut-être tout simplement parce qu&#8217;il n&#8217;est plus possible, pour certaines raisons, d&#8217;en trouver un, non parce qu&#8217;il n&#8217;en existerait pas, mais uniquement parce que leur usage est devenu, par la force des choses, illégitime.</p>
<p>La tolérance à l&#8217;égard du communautarisme et du multiculturalisme est ainsi bien plutôt une conséquence de la postmodernité, et c&#8217;est d&#8217;ailleurs sans aucun doute une bonne nouvelle qu&#8217;il n&#8217;y ait désormais plus <em>une</em> majorité mais <em>des</em> minorités. Cependant, une question mérite débat : tous les métarécits sont-ils légitimes ? se valent-ils tous ? faut-il admettre des métarécits qui admettraient ce que la plupart des autres réprouveraient ? si on doit les condamner, à quel titre le faire, puisqu&#8217;il n&#8217;existe plus aucun narratif permettant de prendre un point de vue les englobant tous ? en un mot, la postmodernité nous condamne-t-elle au <strong>relativisme</strong> ?</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/paradoxes-postmodernit%C3%A9-Claude-Javeau/dp/2130556205%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2130556205"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41v9XznlKSL._SL110_.jpg" width="74" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Claude Javeau.					Presses Universitaires de France &#8211; PUF 2007, 					Broché,				174 pages,				&#8364;&#160;18,05</p>
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		<title>Les ongles de Deleuze</title>
		<link>http://www.morbleu.com/les-ongles-de-deleuze/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Apr 2009 07:18:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Deleuze]]></category>
		<category><![CDATA[Ongles]]></category>
		<category><![CDATA[Pourparlers]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans les Pourparlers, qui sont à Deleuze ce que les Dits et Ecrits, en gros et en plus gros, sont à Foucault, on lit : Deuxième exemple : mes ongles qui sont longs et non taillés. À la fin de ta lettre tu dis que ma veste d&#8217;ouvrier (ce n&#8217;est pas vrai, c&#8217;est une veste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-686" href="http://www.morbleu.com/les-ongles-de-deleuze/deleuze2/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-686" title="Gilles Deleuze" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2009/04/deleuze2-150x150.jpg" alt="Gilles Deleuze" width="150" height="150" /></a>Dans les <em>Pourparlers</em>, qui sont à <a href="http://www.cacopedia.com/Gilles_Deleuze"><strong>Deleuze</strong></a> ce que les <em>Dits et Ecrits</em>, en gros et en plus gros, sont à <strong>Foucault</strong>, on lit :</p>
<blockquote><p>Deuxième exemple : mes ongles qui sont longs et non taillés. À la fin de ta lettre tu dis que ma veste d&#8217;ouvrier (ce n&#8217;est pas vrai, c&#8217;est une veste de paysan) vaut le corsage plissé de Marilyn Monroe, et mes ongles, les lunettes noires de Greta Garbo. Et tu m&#8217;inondes de conseils ironiques et malveillants. Comme tu y reviens plusieurs fois, à mes ongles, je vais t&#8217;expliquer. On peut toujours dire que ma mère me les coupait, et que c&#8217;est lié à Œdipe et à la castration (interprétation grotesque, mais psychanalytique). On peut remarquer aussi, en observant l&#8217;extrémité de mes doigts, que me manquent les empreintes digitales ordinairement protectrices, si bien que toucher du bout des doigts un objet et surtout un tissu m&#8217;est une douleur nerveuse qui exige la protection d&#8217;ongles longs (interprétation tératologique et sélectionniste). On peut dire encore, et c&#8217;est vrai, que mon rêve est d&#8217;être non pas invisible, mais imperceptible, et que je compense ce rêve par la possession d&#8217;ongles que je peux mettre dans ma poche, si bien que rien ne me paraît plus choquant que quelqu&#8217;un qui les regarde (interprétation psycho-sociologique). On peut dire enfin : « Il ne faut pas manger tes ongles parce qu&#8217;ils sont à toi ; si tu aimes les ongles, mange ceux des autres, si tu veux et si tu peux » (interprétation politique, Darien). Mais toi, tu choisis l&#8217;interprétation la plus moche : il veut se singulariser, faire sa Greta Garbo. En tout cas c&#8217;est curieux que, de tous mes amis, aucun n&#8217;a jamais remarqué mes ongles, les trouvant tout à fait naturels, plantés là au hasard comme par le vent qui apporte des graines et qui ne fait parler personne.</p>
<p>Gilles Deleuze, « Lettre à un critique sévère », <em>Pourparlers 1972-1990</em>, p. 13-14.</p></blockquote>
<p><span id="more-685"></span>Voilà qui n&#8217;éclaircit guère le <strong>mystère onychologique deleuzien</strong>, qui est de l&#8217;importance la plus haute et la plus critique. Car en effet, les livres de Deleuze, malgré tout leur génie, sont souvent très hermétiques, voire illisibles, et, pour tout dire, ils paraissent la plupart du temps avoir été écrits avec les pieds, ce qui pourrait s&#8217;expliquer très facilement, si on y réfléchit, par le fait que ses ongles l&#8217;empêchaient de se servir de ses mains correctement. Or, comme le prouve ce texte, toute la philosophie de Deleuze consista précisément à légitimer ses ongles ; en somme, il y a une circularité dans l&#8217;argument, car ses ongles écrivirent ce qui les justifiait. Peut-être est-ce donc que ses ongles sont <em>causa sui</em> ?</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Pourparlers-1972-1990-Gilles-Deleuze/dp/2707318426%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2707318426"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41AZKWWCXVL._SL110_.jpg" width="68" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Pourparlers-1972-1990-Gilles-Deleuze/dp/2707318426%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2707318426">Pourparlers 1972-1990</a></h3>
<p class="author">Gilles Deleuze.					Minuit 2003, 					Broché,				256 pages,				&#8364;&#160;9,49</p>
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		<title>Cyclosophie</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Aug 2007 23:19:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On peut affirmer sans trop se tromper que de tous nos philosophes, seul Cioran fut véritablement cycliste. « J&#8217;ai parcouru la France entière à bicyclette » a-t-il un jour affirmé, mais il se ventait beaucoup. &#160; Mais qu&#8217;auraient fait tous les autres philosophes, s&#8217;ils avaient pédalé ? &#160; Après avoir écrit tant de pavés, Kant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm"><a href="http://www.morbleu.com/cyclosophie/la-dali-mobile/" rel="attachment wp-att-22" title="La Dali mobile"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/02/dsc00208.thumbnail.JPG" alt="La Dali mobile" align="right" /></a>On peut affirmer sans trop se tromper que de tous nos philosophes, seul<strong> Cioran</strong> fut véritablement cycliste. « J&#8217;ai parcouru la France entière à bicyclette » a-t-il un jour affirmé, mais il se ventait beaucoup.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Mais qu&#8217;auraient fait tous les autres philosophes, s&#8217;ils avaient pédalé ?</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><span id="more-21"></span>Après avoir écrit tant de pavés, <strong>Kant</strong><span style="font-style: normal"> aurait à coup sûr couru Paris-Roubaix.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Heidegger</strong><span> aurait malheureusement été au Vél d&#8217;Hiv en 1942, et </span><strong>Schmitt </strong><span>aurait gagné le Tour dans les années 40.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Machiavel</strong><span> aurait probablement triché.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Karl Marx</strong><span> n&#8217;aurait fait que du cyclotourisme.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Adam Smith</strong><span> aurait sûrement daigné à partager ses primes.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Hobbes</strong><span> aurait sûrement fait de la piste, surtout de la vitesse et du kerin, là où chacun est un loup pour l&#8217;autre.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Sartre</strong><span> n&#8217;aurait pas pu courir à cause de son strabisme. C&#8217;est tant mieux, car sinon, il aurait sûrement pris des drogues, et comme Anquetil, beaucoup de maîtresses.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Tocqueville</strong><span> serait allé courir le Tour de Géorgie et le Tour DuPont.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Avicenne </strong><span>et</span><strong> Averroès</strong><span> seraient quant à eux allés courir le Tour du Quatar.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Le positiviste<strong> Auguste Comte</strong> aurait forcément été suspecté aux contrôles antidopages.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Schopenhauer</strong><span>, quoique surnommé « le grincheux du peloton », aurait été un coureur très volontaire, capable de tous les affronts. Il aurait pu être le « blaireau ».</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Stirner</strong><span>, tout le temps échappé.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Bergson</strong><span> aurait carburé à l&#8217;énergie spirituelle à l&#8217;élan vital.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Tous auraient redouté la <em><strong>Critique de la raison pure</strong></em>, un sommet aride et difficile, tel le Mont Ventoux, que l&#8217;on peut cependant aborder par un versant plus facile, par la route des <em><strong>Prolégomènes</strong></em>.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> En tant que spectateurs, <strong>Hume</strong>, <strong>Pyrrhon </strong>et <strong>Sextus Empiricus</strong> n&#8217;auraient pu s&#8217;empêcher d&#8217;être sceptiques quant aux vainqueurs.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Platon </strong><span>aurait fait du tandem. Pour dialoguer, c&#8217;est plus simple.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Thalès </strong><span>serait tombé encore plus violemment dans son puits.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><span>Ne supportant que les chiffres impairs, </span><strong>Pythagore</strong><span> n&#8217;aurait fait que du monocycle, ou du tricycle.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Héraclite</strong><span> aurait lamentablement échoué au triathlon à force de toujours nager dans le même fleuve.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Diogène Laërce</strong><span> aurait été Jean-Paul Olivier.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Empédocle</strong><span> aurait perdu les pédales, comme il perdra sa sandale plus tard avant de plonger dans l&#8217;Etna.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Sénèque </strong><span>n&#8217;aurait pas eu peur de se faire des transfusions sanguines, anticipant ainsi sur son suicide.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><span>Avec sa méthode pour sortir de la forêt, </span><strong>Descartes</strong><span> aurait été imbattable à la course d&#8217;orientation. Mais avec son </span><strong><em>Guides des égarés</em></strong><span>, </span><strong>Maïmonide</strong><span> aurait eu un avantage décisif. </span><strong>Kierkegaard </strong><span>se serait perdu, prisonnier de l&#8217;alternative : « ce chemin? Ou bien&#8230; ou bien&#8230; »</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Epictéte</strong><span> aurait été un dur au mal.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Leibniz</strong><span> aurait été un terrible poursuiteur, rêvant toujours de s&#8217;imposer face à </span><strong>Newton</strong><span>, </span><strong>Spinoza</strong><span>, </span><strong>Locke</strong><span> et les tous autres.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Plotin</strong><span> aurait été un grimpeur léger qui aurait connu de grands états de grâce.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Grâce à l&#8217;inertie, <strong>Galilée </strong>aurait été imbattable en contre-la-montre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Lénine</strong><span> aurait fait carrière en RDA</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><em><strong>L&#8217;Ethique</strong></em><span style="font-style: normal"><span> de </span></span><strong><span style="font-style: normal">Spinoza, </span></strong><span style="font-style: normal"><span>les </span></span><em><strong>Sommes</strong></em><span style="font-style: normal"><span> de </span></span><strong><span style="font-style: normal">Saint Thomas</span></strong><span style="font-style: normal"><span> et le </span></span><em><strong>Tractatus</strong><span> </span></em><span style="font-style: normal"><span>de </span></span><strong><span style="font-style: normal">Wittgenstein</span></strong><span style="font-style: normal"><span> auraient été des courses aux points.</span></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Socrate</strong><span> aurait là aussi été une torpille, capable de paralyser tous ses adversaires. Il aurait aimé Paris-Nice, la course au soleil. </span><strong>Alcibiade</strong><span> et tous les autres seraient restés dans sa roue à contempler ses fesses.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Nietzsche</strong><span> aurait probablement fait du VTT de descente avec </span><strong>Zarathoustra</strong><span> dans les montagnes italiennes. Sans casque.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Wronski</strong><span> aurait été le cyclisme féminin. Tout le monde s&#8217;en fout.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><span>Après avoir un temps posé du bitume, </span><strong>Karl Popper</strong><span> aurait été un routier sans pareil, quoique doutant souvent de lui-même.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Pascal</strong><span> n&#8217;aurait pu s&#8217;empêcher de parier.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Jean-Baptiste Botul </strong><span>aurait été le cyclisme propre. Quelque chose de bien mais qui n&#8217;existe pas.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Avec ses <em><strong>Essais</strong></em>, <strong>Montaigne</strong> aurait été un grand trialiste.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Hegel</strong><span> aurait été le « cannibale ».</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Aristote</strong><span> aurait préféré continuer à marcher.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> La <em><strong>Critique de la raison pratique</strong></em> aurait pu être le code éthique, et <em><strong>Le conflit des facultés</strong></em> les nombreuses rivalités entre l&#8217;UCI, ASO, etc.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Confucius</strong><span> aurait couru Liège-Bastogne-Liège, la doyenne des classiques.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><span>Lassés de faire du sur place, </span><strong>Parménide</strong><span> et </span><strong>Zénon</strong><span> auraient inventé le </span><em><span>home trainer</span></em><span>.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Après avoir écrit des milliers de pages, les encyclopédistes auraient fait sans peur des milliers de kilomètres. Il auraient affectionné les longues distances, comme Paris-Brest-Paris. <strong>Diderot</strong> se serait  abrité derrière <strong>d&#8217;Alembert</strong> sur Bordeaux-Paris, avant que ce dernier ne l&#8217;abandonne peu avant Paris.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Spinoza</strong><span> aurait été Fausto Coppi. Ils sont tous les deux morts trop tôt, au même âge.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Handicapé par ses célèbres ongles, <strong>Deleuze</strong> aurait été incapable de se saisir des leviers de freins. Il aurait du s&#8217;en dispenser et faire ainsi du vélo de piste, pour ensuite tourner en rond encore et toujours, de manière répétée mais chaque fois différente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Derrida</strong><span> serait-il parvenu à faire la différ</span><strong><em>a</em></strong><span>nce sans avoir à puiser dans la pharmacopée de Platon ?</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Foucault </strong><span>aurait utilisé sont biopouvoir.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Avec sa bicyclette de facteur et sa longue barbe anti-aérodynamique, <strong>Bachelard</strong> n&#8217;aurait pas pu rivaliser.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Simone de Beauvoir</strong><span> et </span><strong>Annah Arendt</strong><span> n&#8217;auraient été que deux simples groupies.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><span>Pressés par le retour à la nature, </span><strong>Emerson</strong><span> et </span><strong>Thoreau</strong><span> ne seraient jamais descendus de leurs VTT. Manquant cruellement de courage pour en faire de même, </span><strong>Rousseau </strong><span>en serait resté au cyclo-cross.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"><strong>Diogène</strong><span> aurait à coup sûr été tout nu sur son vélo, vélo dont il aurait peut-être même enlevé la selle.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal"> Tout cela pour se rendre compte que ni la philosophie, ni le vélo ne tournent ronds.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm"><em>Prochainement, découvrez <strong>Proust</strong> en coureur de grands Tours, <strong>Ionesco</strong> courant à dos de rhinocéros, <strong>Einstein</strong> contestant la photo finish en critiquant la simultanéité&#8230;.</em></p>
<p style="margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Chronique-tours-France-Antoine-Blondin/dp/2710324237%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2710324237"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41BBWZQ09HL._SL110_.jpg" width="76" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Chronique-tours-France-Antoine-Blondin/dp/2710324237%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2710324237">Chronique des tours de France</a></h3>
<p class="author">Antoine Blondin.					La Table ronde 2001, 					Broché,				941 pages,				&#8364;&#160;34,00</p>
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		<title>Gilles Deleuze, La philosophie critique de Kant</title>
		<link>http://www.morbleu.com/gilles-deleuze-la-philosophie-critique-de-kant/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/gilles-deleuze-la-philosophie-critique-de-kant/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 Oct 2004 14:28:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Doxographies]]></category>
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		<description><![CDATA[La philosophie critique de Kant écrit par Deleuze fut publié en 1963. Ce texte est souvent présenté comme une synthèse claire et précise pour tout étudiant français laissé stoïque par les mystères du kantisme. Il s&#8217;avère en fait que cet écrit, par son style très ramassé et peu didactique, est difficilement accessible pour qui n&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/gilles-deleuze-la-philosophie-critique-de-kant/gilles-deleuze/" rel="attachment wp-att-165" title="Gilles Deleuze"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/deleuze1.thumbnail.jpg" alt="Gilles Deleuze" align="right" /></a><em>La philosophie critique de Kant</em> écrit par Deleuze fut publié en 1963. Ce texte est souvent présenté comme une synthèse claire et précise pour tout étudiant français laissé stoïque par les mystères du kantisme. Il s&#8217;avère en fait que cet écrit, par son style très ramassé et peu didactique, est difficilement accessible pour qui n&#8217;est pas initié. Comment résumer les trois sommets de la philosophie occidentale moderne que sont les <em>Critiques</em> en si peu de pages sans perdre son lecteur ? Il s&#8217;agit plutôt d&#8217;une longue fiche de lecture de Deleuze sur les <em>Critiques</em>, publiée au PUF car à l&#8217;époque, le blog n&#8217;existait pas. Sinon, il aurait fait comme moi. Voici donc une ébauche de fiche de lecture sur cette fiche de lecture. L&#8217;intérêt ? Au moins celui d&#8217;avoir permis d&#8217;écrire cette courte présentation qui est comme un premier coup de marteau sur le mythe du Grand Professeur et Pédagogue Gilles Deleuze.  <span id="more-166"></span></p>
<p align="justify"><strong>INTRODUCTION &#8211; La méthode transcendantale</strong></p>
<p align="justify"> <u>1 &#8211; La raison selon Kant</u> (p 5)</p>
<p align="justify"> 	La philosophie est pour Kant « la science du rapport de toutes connaissances aux <em>fins</em> essentielles de la raison humaine » ou comme « l&#8217;amour éprouvé par l&#8217;être raisonnable pour les <em>fins</em> suprêmes de la raison humaine »</p>
<p align="justify"> 	Ces fins sont la <em>culture</em>. Il y a ici une lutte à la fois contre <em>l&#8217;empirisme</em> et le <em>rationalisme</em> dogmatique.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<ul>
<li>
<p align="justify"> 		<u>Contre l&#8217;empirisme</u> :</p>
<p>« La fin dernière 		est une fin telle que la <em>nature</em> ne peut suffire à 		l&#8217;effectuer et à la réaliser en conformité 		avec l&#8217;idée, car cette fin est absolue »</p>
<p align="justify"> <u>Justification</u> :</p>
<ul>
<li>
<p align="justify"> 			argument de <em>valeur</em> : pourquoi une valeur supérieure 			si les même fins que l&#8217;animal ?</p>
</li>
<li>
<p align="justify"> 			argument par l&#8217;<em>absurde</em> : si la nature voulait réaliser 			ses fins, elle se serait adressée aux instincts.</p>
</li>
<li>
<p align="justify"> 			argument du <em>conflit</em> : comment deux sortes de fins peuvent 			s&#8217;opposer dans l&#8217;homme ?</p>
</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<ul>
<li>
<p align="justify"> 		<u>Contre le rationalisme</u> :</p>
<p>L&#8217;individu appréhende une réalité 		transcendante comme objet de ses fins. « Une fin est 		une représentation qui détermine la volonté » Les 		fins de la raison est la raison elle-même. Une critique 		immanente, la raison comme juge de la raison, tel est le principe 		essentiel de la méthode transcendantale. Cette méthode 		veut : 1) chercher la vraie nature des intérêts ou 		fins de la raison 2) les moyens de réaliser ces intérêts.</li>
</ul>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"> <u>2 &#8211; Premier sens du mot faculté</u> (p <img src='http://www.morbleu.com/wp-includes/images/smilies/icon_cool.gif' alt='8)' class='wp-smiley' /> </p>
<p align="justify"> 	ie: facultés de l&#8217;esprit : facultés de connaître, de désirer.</p>
<p align="justify"> 	La question est de « savoir si chacune de ces facultés&#8230;est capable d&#8217;une <em>forme supérieure</em>. »</p>
<p align="justify"> 	Elle a une forme supérieure si elle trouve en <em>elle-même</em> la loi de son propre exercice. La faculté est <em>autonome</em>.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"> <u>3 &#8211; Faculté de connaître supérieure</u> (p 9)</p>
<p align="justify"> 	Une représentation ne suffit pas par elle-même à donner une connaissance, il faut aussi en <em>sortir</em> pour en « reconnaître une autre comme lui étant liée (p 9) »</p>
<p align="justify"> 	La connaissance est synthèse de représentations. La synthèse est <em>inférieure</em> lorsqu&#8217;elle est empirique. Elle est <em>supérieure</em> lorsqu&#8217;elle est <em>a priori</em>.</p>
<p align="justify"> 	« Connaissance rationnelle et connaissance <em>a priori</em> sont choses identiques (p 10) »</p>
<p align="justify"> 	L&#8217;intérêt spéculatif de la raison porte sur les phénomènes et seulement sur eux.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"> <u>4 &#8211; Faculté de désirer supérieure</u> (p 11)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"> <strong>CHAPITRE PREMIER &#8211; Rapport des facultés dans la <em>critique de la raison pure</em></strong></p>
<p align="justify"> <u>1 &#8211; « <em>a priori </em>» et transcendantale</u> (p 19)</p>
<p align="justify"> 	Les critères de l&#8217;<em>a priori</em> sont le <em>nécessaire</em> et l&#8217;<em>universel</em>. Il est indépendant de toute expérience car elle ne donne jamais rien de nécessaire et d&#8217;universel.</p>
<p align="justify">	Pour Hume, on ne connaît pas lorsque l&#8217;on constate, mais <em>quand on juge</em>. Par exemple, non pas quand je dis « j&#8217;ai vu le soleil se lever 1000 fois », mais lorsque je dis « le soleil se levra demain »</p>
<p align="justify">	L&#8217;espace et le temps sont des présentations ou intuitions <em>a priori</em> : l&#8217;entendement dispose de concepts <em>a priori</em> (<em>catégories</em>) se déduisant des formes du jugement.</p>
<p align="justify">	<em>Transcendantal</em> désigne le principe en vertu duquel l&#8217;expérience est nécessairement soumise à nos représentations <em>a priori</em>.</p>
<p align="justify">	<em>Transcendantal</em> qualifie le principe d&#8217;une soumission nécessaire des données de l&#8217;expérience à nos représentations <em>a priori</em>, et corrélativement d&#8217;une application nécessaire des représentations <em>a priori</em> à l&#8217;expérience.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><u>2 &#8211; La révolution copernicienne</u> (p 22)</p>
<p align="justify"> 	Hume (~ Leibniz ??) parlait d&#8217;une harmonie préétablie entre la <em>Nature</em> (l&#8217;objet) et la <em>nature humaine</em> (le sujet).</p>
<p align="justify"> 	Kant substitue à cette idée d&#8217;une harmonie préétablie entre sujet et objet le principe d&#8217;une soumission <em>nécessaire</em> de l&#8217;objet au sujet.</p>
<p align="justify"> 	Il y a ainsi une faculté législative dans l&#8217;être raisonnable, il va écrire la loi de la nature. Avant, il se soumettait à la Nature. (révolution inspirée de Descartes ??)</p>
<p align="justify"> 	Kant ne propose pas un idéalisme subjectif mais bien plutôt un <em>réalisme empirique</em> : les phénomènes ne sont pas des apparences, ni des produits de notre activité.</p>
<p align="justify"> 	Le rapport du sujet à l&#8217;objet s&#8217;intériorise.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><u>3 &#8211; La synthèse et l&#8217;entendement législateur</u> (p 24)</p>
<p align="justify"> 	<em>Représentation</em> veut dire <em>synthèse </em>de ce qui se présente.</p>
<p align="justify"> 	La synthèse pose le divers comme occupant un <em>certain</em> 1) espace et 2) temps.</p>
<p align="justify">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/philosophie-critique-Kant-Gilles-Deleuze/dp/213054696X%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D213054696X"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41u4JAbwfkL._SL110_.jpg" width="69" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">Gilles Deleuze.					Presses Universitaires de France &#8211; PUF 2004, 					Broché,				108 pages,				&#8364;&#160;10,00</p>
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