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	<title>Morbleu ! &#187; Allemagne</title>
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	<description>&#8220; Sorte de jurement en usage m&#234;me parmi les gens de bon ton. &#8221; (Littr&#233;)</description>
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		<title>Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, cours du 31 janvier 1979</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jun 2010 07:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il existe une « phobie d&#8217;État », la peur, comme dit Berenson, de « l&#8217;invasion de l&#8217;humanité par l&#8217;État ». Celle-ci s&#8217;explique par maintes raisons, comme, principalement la crainte du soviétisme, du nazisme, du planisme, qui sont des trop-plein d&#8217;État. Les phobiques de l&#8217;État, souvent exilés politiques, exportèrent ces idées sur d&#8217;autres terres et les diffusèrent. Pour Foucault, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1496" href="http://www.morbleu.com/michel-foucault-naissance-de-la-biopolitique-cours-du-31-janvier-1979/bernard_berenson/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1496" title="Bernard Berenson" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/06/bernard_berenson-140x150.jpg" alt="Bernard Berenson" width="140" height="150" /></a>Il existe une « <strong>phobie d&#8217;État</strong> », la peur, comme dit <strong>Berenson</strong>, de « l&#8217;invasion de l&#8217;humanité par l&#8217;État ». Celle-ci s&#8217;explique par maintes raisons, comme, principalement la crainte du soviétisme, du nazisme, du planisme, qui sont des trop-plein d&#8217;État. Les phobiques de l&#8217;État, souvent exilés politiques, exportèrent ces idées sur d&#8217;autres terres et les diffusèrent.</p>
<p><span id="more-1495"></span></p>
<p>Pour <strong>Foucault</strong>, la phobie d&#8217;État est l&#8217;un des signes d&#8217;une crise de la <strong>gouvernementalité</strong>, tout comme la phobie du despotisme au XVIII<sup>e</sup> siècle indiquait avant tout une crise du despotisme en tant que mode de gouvernementalité. Foucault se propose donc d&#8217;analyser cette phobie d&#8217;État en partant du concept de gouvernementalité. Pour ce faire, il va faire l&#8217;économie d&#8217;une théorie de l&#8217;État, au sens où elle chercherait à déduire d&#8217;une notion abstraite de ce qu&#8217;est l&#8217;État ce qu&#8217;est son mode de gouvernement, et au contraire poser qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;essence de l&#8217;État en tant que tel (refus des universaux), mais une étatisation continuelle de rapports de pouvoir préexistants : les rapports de pouvoirs ne présupposent pas l&#8217;État ; c&#8217;est l&#8217;État qui les présuppose. Ceci conduit Foucault à <a href="http://www.morbleu.com/michel-foucault-naissance-de-la-biopolitique-cours-du-31-janvier-1979/">une analyse du <em>libéralisme</em>, propédeutique à l&#8217;analyse de la <em>biopolitique</em></a>.</p>
<p>Il existe deux grandes formes du <em>néolibéralisme </em>: le néolibéralisme <strong>allemand </strong>(c&#8217;est celui qui intéresse plus spécialement Foucault) et <strong>américain</strong>. Entre ces deux « idéal-types », il existe évidemment des connexions :</p>
<ol>
<li>L&#8217;ennemi commun, qui est <strong>Keynes</strong>.</li>
<li>Des phobies communes, comme la régulation, 	l&#8217;interventionnisme, la planification.</li>
<li>Un courant de pensée commun, essentiellement constitué par 	l&#8217;école autrichienne : <strong>Hayek</strong>, <strong>von Mises</strong>, etc.</li>
</ol>
<p>Le néolibéralisme allemand s&#8217;installe à partir de 1945. Dans l&#8217;après-guerre, la politique économique européenne était dominée par trois exigences :</p>
<ol>
<li>La <strong>reconstruction</strong> : la conversion d&#8217;une économie de 	guerre en économie de paix.</li>
<li>La <strong>planification </strong>: outil majeur de la reconstruction, 	imposée par des dispositifs tels que le plan Marshall.</li>
<li>La poursuite d&#8217;<strong>objectif sociaux</strong> ambitieux destinés à 	éviter de replonger dans les erreurs totalitaires du passé, comme 	par exemple la protection sociale voulue par le <strong>Conseil National 	de la Résistance</strong>.</li>
</ol>
<p><a rel="attachment wp-att-1497" href="http://www.morbleu.com/michel-foucault-naissance-de-la-biopolitique-cours-du-31-janvier-1979/ludwig-erhard/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1497" title="Ludwig Erhard" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/06/ludwig-erhard-150x150.jpg" alt="Ludwig Erhard" width="150" height="150" /></a>L&#8217;Europe est ainsi keynésienne. Or, en mai 1948, suite à une suggestion d&#8217;un Conseil scientifique, est demandé en Allemagne par l&#8217;intermédiaire de <strong>Ludwig Erhard</strong>, responsable de l&#8217;administration économique, la liberté des prix, la libération de l&#8217;économie des contraintes étatiques, revendications se fondant en définitive sur une remise en cause de la légitimité de l&#8217;État plus profonde &#8211;  un peu à la manière de <strong>Turgot</strong> qui demandait la liberté de commerce des grains.</p>
<p><strong>Erhard</strong> déclare au parlement que :</p>
<blockquote><p>« seul un État établissant à la fois les libertés et la responsabilité des citoyens peut légitimement parler au nom du peuple. »</p></blockquote>
<p>Deux choses sont à observer dans cette déclaration. <em>Premièrement</em>, que cela déchoit de ses droits de représentativité des citoyens tout État qui violerait ces libertés et ces responsabilités fondamentales : l&#8217;État national-socialiste, s&#8217;il était peut-être encore souverain au nom du peuple allemand, est ainsi disqualifié du point de vue de la représentation de celui-ci par Erhard. <em>Deuxièmement</em>, cela signifie que tout État ne trouvera sa légitimité qu&#8217;à condition qu&#8217;il assure un espace de liberté, et en premier lieu de <strong>liberté économique</strong>.</p>
<p>Tout ceci répondait à des objectifs contextuels bien précis. <em>Premièrement</em>, chercher dans l&#8217;ordre économique une garantie pour la liberté que le droit constitutionnel ne suffisait pas à obtenir. <em>Deuxièmement</em>, offrir aux partenaires américains la garantie qu&#8217;ils pourraient entretenir avec l&#8217;industrie et l&#8217;économie allemande des libres rapports. <em>Troisièmement</em>, rassurer l&#8217;Europe en montrant clairement que l&#8217;Allemagne ne cherchait pas à se construire sur le modèle d&#8217;un État totalitaire.</p>
<p>Reste que l&#8217;idée la plus importante dans cette logique est que l&#8217;on cherche à montrer que <strong>l&#8217;économie est ce qui produit la souveraineté politique</strong>. Elle produit de la légitimité pour l&#8217;État qui en est le garant. Elle est <em>créatrice de droit public</em>. Qui plus est, en plus de cette légitimation juridique, elle produit du consensus social :  en laissant libre, on laisse dire ; on laisse dire qu&#8217;on a raison de laisser libre de faire.</p>
<p>Si l&#8217;on en croit <strong>Weber</strong>, la richesse était le signe en Allemagne de la grâce divine : Dieu a laissé faire, c&#8217;est le signe du salut. Il semble que dans l&#8217;Allemagne du XX<sup>e</sup> siècle, c&#8217;est désormais la réussite économique de la nation, de l&#8217;État, qui constitue un signe d&#8217;élection. L&#8217;Allemagne avait avant la tendance à se considérer comme porteuse d&#8217;un destin historique ; mais les guerres disqualifièrent l&#8217;histoire en tant que signe. Ce sera désormais la croissance économique qui prendra le relais : l&#8217;Allemagne ne misera plus sur son rôle historique, mais sur son rôle économique. La  croissance économique produit ainsi 1) aisance 2) souveraineté  et 3) oubli de l&#8217;histoire.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1498" href="http://www.morbleu.com/michel-foucault-naissance-de-la-biopolitique-cours-du-31-janvier-1979/fichte/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1498" title="Fichte" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/06/fichte-150x150.gif" alt="Fichte" width="150" height="150" /></a>Il s&#8217;agit donc de l&#8217;inverse de ce que recommandait <a href="http://www.morbleu.com/fichte-sur-le-concept-de-la-doctrine-de-la-science-ou-de-ce-que-lon-appelle-philosophie/"><strong>Fichte</strong>, qui avait théorisé « l&#8217;État commercial fermé. »</a> Au contraire, l&#8217;Allemagne entend maintenant se constituer comme un « État radicalement économique », et ce au sens propre, c&#8217;est-à-dire un État dont les racines sont économiques, dont l&#8217;ouverture économique est étatisante.</p>
<p>Il s&#8217;agit également de l&#8217;inverse de ce que recommandait le libéralisme plus ancien, celui d&#8217;<strong>Adam Smith</strong>, ou bien celui des physiocrates tels que <strong>Turgot</strong>. Leur question était en effet : soit un État qui est un donné initial, un État fort, l&#8217;État de police hérité de l&#8217;Ancien Régime et du despotisme éclairé ; comment organiser cet État qui est déjà là pour laisser place à la liberté économique ? La question du libéralisme allemand est en revanche : soit la vie économique et un État qui n&#8217;existe pas encore ; comment construire cet État sur la liberté économique ?</p>
<p>À partir du 18 avril 1948 se met en place en Allemagne un programme de libéralisation, qui trouve son achèvement en 1952-1953. Cela ne fut pas sans heurt : bien que soutenue par les Américains, cette politique suscita la méfiance des Anglais, alors en période keynésienne post-churchillienne, et des socialistes allemands. Toutefois, se rallient peu à peu à ce programme les démocrates chrétiens, mais également les syndicats. <strong>Theodore Blank</strong> déclare ainsi que « l&#8217;ordre libéral constitue une alternative valable au capitalisme et au planisme » &#8211; déclaration hypocrite ou du moins stratégique, puisque ce néolibéralisme est au contraire une manière de faire fonctionner le capitalisme.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1499" href="http://www.morbleu.com/michel-foucault-naissance-de-la-biopolitique-cours-du-31-janvier-1979/karl-schiller/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1499" title="Karl Schiller" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/06/karl-schiller-150x150.jpg" alt="Karl Schiller" width="150" height="150" /></a>Le ralliement des sociaux-démocrates du <strong>SPD</strong> s&#8217;opère également, mais plus lentement. Jusqu&#8217;en 1950, les sociaux-démocrates sont attachés à un socialisme marxiste, reconnaissant la validité du principe de la lutte des classes, et se fixant également pour but la socialisation des moyens de production. Puis, en 1955, <strong>Karl Schiller</strong>, membre du SPD, fait paraître <em>Socialisme et concurrence </em>où il pose le principe : « concurrence autant que possible et planification dans la mesure juste et nécessaire. » Par la suite, en 1959, au congrès de <strong>Bad Godesberg</strong>, les sociaux-démocrates : 1) renoncent à l&#8217;objectif de socialisation des moyens de production ; 2) reconnaissent que la propriété privée est légitime et doit être protégée par l&#8217;État ; 3) acceptent le principe de l&#8217;économie de marché là où règnent une véritable concurrence. Enfin, en 1963, <strong>Karl Schiller</strong> va jusqu&#8217;à affirmer que « toute planification, même souple, est dangereuse pour l&#8217;économie libérale ». Il s&#8217;agit là d&#8217;un ralliement, plus qu&#8217;au néolibéralisme, à un nouveau type de gouvernementalité fondé sur l&#8217;économie.</p>
<p>Une première raison politique et stratégique explique ce ralliement surprenant du <strong>SPD</strong>, et son <strong>abandon de la théorie marxiste</strong>. Très simplement : dans une Allemagne qui construit son État sur l&#8217;économie, il n&#8217;était pas possible de rentrer dans le jeu politique autrement qu&#8217;en acceptant cette construction, et donc en acceptant les principes du marché, qui constituaient alors la base commune de la politique à partir de laquelle discuter. Le marxisme, qui se donnait à long terme un changement de cadre économique, ne pouvait s&#8217;intégrer à cette nouvelle donne, et fut par conséquent abandonné.</p>
<p>Mais une autre raison plus importante à ce ralliement est à trouver, selon <strong>Foucault</strong>, dans la <strong>rationalité gouvernementale du socialisme</strong>. D&#8217;après lui, elle n&#8217;existe pas. S&#8217;il existe une rationalité historique, une rationalité économique, une rationalité administrative, il n&#8217;existe en revanche dans le socialisme aucune rationalité gouvernementale autonome. Et c&#8217;est pourquoi, pour Foucault, le socialisme n&#8217;est en aucun cas une alternative au libéralisme : ils n&#8217;opèrent pas au même niveau.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1500" href="http://www.morbleu.com/michel-foucault-naissance-de-la-biopolitique-cours-du-31-janvier-1979/hayek/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1500" title="Hayek" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/06/hayek-150x150.jpg" alt="Hayek" width="150" height="150" /></a>Le socialisme ne gouverne en effet que couplé à un autre type de gouvernementalité qui lui est hétérogène : adossé, par exemple, au libéralisme, où il joue alors le rôle d&#8217;un contre-poids corrigeant les excès ; ou bien adossé à un État de police (comme chez <strong>Staline</strong> ?) où il y vient donner le programme de l&#8217;appareil administratif. Foucault semble ainsi refuser l&#8217;idée que l&#8217;on trouve par exemple chez <strong>Hayek</strong>, posant le fait que les moindres germes de planification conduisent inéluctablement à une seule et unique route de la servitude, qui ne serait que totalitaire : un socialisme non totalitaire paraît possible.</p>
<p>On ne demande pas au <strong>libéralisme</strong> s&#8217;il est vrai ou s&#8217;il est faux, mais on lui demande son degré de radicalité : est-il pur, ou bien au contraire mitigé ? On pose en revanche sans cesse au socialisme la question de sa vérité : où est le vrai socialisme ? Pour Foucault, le fait que l&#8217;on interroge le socialisme en ces termes est le signe de son <strong>manque de rationalité gouvernementale</strong>, qui transforme alors la question en termes de rapport à un corpus théorique, masquant ce manque.</p>
<p>La question que l&#8217;on devrait poser alors au socialisme n&#8217;est pas : à quels textes se réfère-t-il, et leur est-il fidèle ? Mais : à quelle gouvernementalité, évidemment extrinsèque, s&#8217;adosse-t-il ? y a-t-il une gouvernementalité qui lui soit adéquate, qui pourrait lui être intrinsèque ? Pour Foucault, si gouvernementalité propre au socialisme il y a, elle n&#8217;est pas à déduire d&#8217;un texte, mais reste toujours à inventer, ce que tentera de faire Foucault en 1983 dans son projet mort-né de « <strong>livre blanc</strong> » sur la politique socialiste.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Naissance-biopolitique-coll%C3%A8ge-France-1978-1979/dp/2020324016%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2020324016"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/31J4WS8RB9L._SL110_.jpg" width="69" height="110" alt=""/></a><br />
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<p class="author">François Ewald (Sous la direction de).					Seuil 2004, 					Broché,				356 pages,				&#8364;&#160;22,00</p>
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		<title>Le point sur l&#8217;Irak</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Feb 2003 20:34:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que l’intervention en Irak semble légitime pour les États-Unis, la France ne cesse de manifester son désaccord. En effet, lors du Conseil du Sécurité de l’OTAN, la France, ainsi que d’autres pays, se sont opposés à l’envoi de soutien militaire (envoi de missiles antimissiles Patriot, d&#8217;avions Awacs et de renforts de troupes) en Turquie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/le-point-sur-lirak/saddam-hussein/" rel="attachment wp-att-36" title="Saddam Hussein"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/08-thankallahyoufinallygotme.thumbnail.jpg" alt="Saddam Hussein" align="right" /></a>Alors que l’intervention en Irak semble légitime pour les États-Unis, la France ne cesse de manifester son désaccord.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span id="more-35"></span>En effet, lors du Conseil du Sécurité de l’OTAN, la France, ainsi que d’autres pays, se sont opposés à l’envoi de soutien militaire (envoi de missiles antimissiles Patriot, d&#8217;avions Awacs et de renforts de troupes) en Turquie en appliquant leur droit de veto. Ces mesures feraient selon eux entrer l’OTAN dans une logique de guerre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>D’ailleurs, la France s’oppose toujours aux États-Unis concernant l’intervention en Irak, ce qui amène la presse américaine à développer un sentiment anti</span>français<span>. (</span><span lang="fr-FR"><span>dépêche</span></span><span> AFP : Déchaînement de francophobie dans la presse américaine)</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Par exemple, le New-York Post titre son édition de lundi par : « SACRIFICE : They died for France but France has forgotten ». Il y est écrit : Des soldats américains &laquo;&nbsp;sont prêts à combattre et mourir pour sauver le monde d&#8217;un tyran aussi vil [qu'Adolf Hitler], Saddam Hussein, et où sont les Français ? Ils se cachent, pètent de trouille. Proclament: Vivent les mauviettes!&nbsp;&raquo;, affirmait lundi le quotidien populaire New York Post.</p>
<p style="margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm" align="justify">Dans le New York Times, le commentateur Thomas Friedman a proposé dimanche que la France perde son siège permanent au Conseil de sécurité de l&#8217;ONU, et le droit de veto en afférant, pour le laisser à l&#8217;Inde, &laquo;&nbsp;parce que très franchement, l&#8217;Inde est tout simplement beaucoup plus sérieuse que la France ces derniers temps&nbsp;&raquo;. La violence et la fréquence des attaques antifrançaises dans les médias sont telles que le New York Times a proposé dimanche à ses lecteurs un &laquo;&nbsp;lexique de la francophobie&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Le Wall Street Journal traitait le président Jacques Chirac de &laquo;&nbsp;Pygmée (&#8230;) travesti en Jeanne d&#8217;Arc au crâne dégarni&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Face aux réticences françaises quant à une intervention en Irak, les dirigeants américains expriment explicitement leur colère. Ainsi, Donald Rumsfeld (secrétaire d&#8217;état à la <span lang="fr-FR">défense</span>) déclarait que « c’est la honte qui retombera sur ces pays ». Colin Powel quant à lui considère qu’il s’agit « d’un geste inexcusable ».</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">En fait, la France voit la chose à partir d’un tout autre regard. La France aspirant à une solution pacifiste, celle-ci souhaite en premier lieu renforcer les contrôles des inspecteurs mandatés par l’ONU sur le territoire irakien. La position adoptée par la France semble rallier de plus en plus d’opinions favorables à travers le monde. Ainsi la Russie, l’Allemagne, la Belgique rejoignent le front pacifiste.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">Les pays arabes quant à eux manifestent leur opposition plus que ferme sur une future agression américaine en Irak. L’Arabie Saoudite, l’Iran et l’Irak ont d’ailleurs signé un nouveau traité de non-agression mutuelle, prévoyant une éventuelle riposte commune en cas d’attaque (une sorte d&#8217;OTAN du Moyen-Orient).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>De plus, ces derniers jours, Oussama Bin Laden semble être sorti de son long silence. Un enregistrement audio a été diffusé sur la chaîne du Qatar Al-Jayzira, où Bin Laden appelle le monde musulman à soutenir Saddam Hussein, même si Bin Laden rappelle son désaccord politique avec Hussein qu’il accuse de n’être qu’un « laïc–socialiste ». La menace d’attentat en occident est ravivée, et cela apporte une caution de plus au États Unis pour intervenir en Irak</span>.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>Vendredi dernier, le ministre français des affaires étrangères Dominique De Villepin s&#8217;est opposé à son homologue Colin Powel en proposant au siège de l&#8217;ONU lors du compte-rendu des </span>inspecteurs de poursuivre dans la voie des inspections. La proposition du ministre fut même applaudie, ce qui est une première dans les anales de l&#8217;ONU. Le rapport des inspecteurs de l&#8217;ONU était très attendu et Hans Blix, le chef des inspecteurs pour le désarmement Irakien, a annoncé qu&#8217;il n&#8217;existe pour l&#8217;instant aucune preuve d&#8217;activités prohibées.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span>Ce samedi, des millions de manifestants ont envahi les rues des grandes métropoles du monde entier, que ce soit en Europe, en Amérique, en Asie et même au Proche et au Moyen-Orient</span>, afin de clamer leur opposition à une guerre en Irak.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Notre-route-commence-%C3%A0-Bagdad/dp/2915134049%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915134049"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41HHGP2R7ML._SL110_.jpg" width="72" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Notre-route-commence-%C3%A0-Bagdad/dp/2915134049%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915134049">Notre route commence à Bagdad</a></h3>
<p class="author">François Heisbourg (Préface).					Saint Simon 2003, 					Broché,				179 pages,				&#8364;&#160;14,80</p>
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