Nous vous avions parlé il y a maintenant un peu plus de deux ans de l’histoire de Vincent Stasi, cet ancien détenu ayant vécu l’inimaginable derrière les barreaux, et ayant eu le courage de dire ce que d’autres − l’administration pénitentiaire, mais pas seulement − taisaient. « Je voulais témoigner en sortant pour qu’on ne laisse plus faire ça », confessait alors Vincent au journal Libération.

Sa peine ? Plus que la détention − qu’elle fut méritée ou non n’est évidemment pas la question −, des atteintes intolérables réalisées par ses codétenus à son encontre, qui, si elles avaient eu lieu en n’importe quel autre endroit qu’en ces prisons qui pourtant prétendent être nécessaires à la réalisation du droit et de la justice, auraient entraîné − espérons-le − d’immanquables condamnations.

Son tort, sinon son crime ? Probablement nul autre que d’être homosexuel. D’être un « pédé ». D’être différent des autres.

Telle Ponce Pilate se lavant les mains, l’administration pénitentiaire laissait avec complaisance la barbarie des codétenus s’exprimer − quand celle-ci ne venait pas elle-même rajouter à son calvaire. Derrière les barreaux, malheureusement, il ne semble plus être question d’état de droit. Un détenu se voit nier toute dignité, toute humanité. Il n’existe plus en tant que citoyen.

Aujourd’hui, Vincent essaye de tourner la page et de se reconstruire. L’émotion que chacun a pu ressentir à la lecture de son récit, le soutient que chacun a pu lui manifester furent autant de gouttes d’eau qui permirent de lui remplir un océan d’espoir.

Dans un mot paru dans le numéro du jeudi 2 décembre 2010 de Libération, Vincent a tenu à remercier tout ceux qui ne lui furent pas insensibles. Nous tenons ici à relayer son intention. Parce que c’est le moins que l’on puisse faire pour lui. Parce que c’est également un devoir de permettre à ceux qui n’ont d’ordinaire pas la parole de parler eux-mêmes de ce qui les concerne. N’hésitez pas à en faire de même, pour « qu’on ne laisse plus faire ça ».

Vous êtes toujours très nombreux à me témoigner votre sympathie, ce dont je vous remercie. Néanmoins, si j’ai rebondi c’est grâce à l’élan de solidarité après l’article paru dans libé, je rajouterais « que personne n’a le monopole de la douleur et du deuil après un drame », remerciement tout particulier à Maîtres Geiger et Florand, à Oscar Gnouros « morbleu », la direction, le personnel de la Société Générale, notamment Sylvain Martinez.

Vincent Stasi

[amtap book:isbn=2070729680]