<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:series="http://unfoldingneurons.com/"
		>
<channel>
	<title>Commentaires sur : Platon, Le politique</title>
	<atom:link href="http://www.morbleu.com/platon-le-politique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/</link>
	<description>&#8220; Sorte de jurement en usage m&#234;me parmi les gens de bon ton. &#8221; (Littr&#233;)</description>
	<lastBuildDate>Mon, 20 Feb 2012 14:55:14 +0000</lastBuildDate>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0</generator>
	<item>
		<title>Par : Une parenthèse mythologique de Bourdieu : idéologie du don et métempsychose platonicienne &#124; Morbleu !</title>
		<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/comment-page-1/#comment-13803</link>
		<dc:creator>Une parenthèse mythologique de Bourdieu : idéologie du don et métempsychose platonicienne &#124; Morbleu !</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 14:01:31 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/platon-le-politique/#comment-13803</guid>
		<description>[...] pour le problème qui nous occupe) le mythe d&#8217;Er, qui clôt la fameuse République de Platon, premier traité politique totalitaire de l&#8217;histoire qui ne fut égalé que par Mein Kampf d&amp;#8.... Er le Pamphylien revient de chez les morts, et raconte ce qu&#8217;il y a vu : des âmes punies, [...]</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>[...] pour le problème qui nous occupe) le mythe d&#8217;Er, qui clôt la fameuse République de Platon, premier traité politique totalitaire de l&#8217;histoire qui ne fut égalé que par Mein Kampf d&amp;#8&#8230;. Er le Pamphylien revient de chez les morts, et raconte ce qu&#8217;il y a vu : des âmes punies, [...]</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Oscar Gnouros</title>
		<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/comment-page-1/#comment-11206</link>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 08:41:34 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/platon-le-politique/#comment-11206</guid>
		<description>Suis-je bête ! Je n&#039;avais même pas pensé qu&#039;on puisse trouver Bréhier en ligne !

Et merci pour votre inscription au flux ; n&#039;hésitez pas à (re)commenter à l&#039;occasion :)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Suis-je bête ! Je n&#8217;avais même pas pensé qu&#8217;on puisse trouver Bréhier en ligne !</p>
<p>Et merci pour votre inscription au flux ; n&#8217;hésitez pas à (re)commenter à l&#8217;occasion <img src='http://www.morbleu.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Emmanuel</title>
		<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/comment-page-1/#comment-11203</link>
		<dc:creator>Emmanuel</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 21:57:18 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/platon-le-politique/#comment-11203</guid>
		<description>Un grand merci pour toutes ces informations. 
Au cas ou un internaute lise ce message , je viens de trouver l&#039;hisoire de la philo par Bréhier sur le site des Classiques des sciences sociales
http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/brehier_emile.html

En tous cas je me suis inscrit à vos flux rss afin de m&#039;instruire ;-)

Cdt Emmanuel</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Un grand merci pour toutes ces informations.<br />
Au cas ou un internaute lise ce message , je viens de trouver l&#8217;hisoire de la philo par Bréhier sur le site des Classiques des sciences sociales<br />
<a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/brehier_emile.html" rel="nofollow">http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/brehier_emile.html</a></p>
<p>En tous cas je me suis inscrit à vos flux rss afin de m&#8217;instruire <img src='http://www.morbleu.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Cdt Emmanuel</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Oscar Gnouros</title>
		<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/comment-page-1/#comment-11200</link>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 16:42:05 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/platon-le-politique/#comment-11200</guid>
		<description>Sur les sources de Platon, on trouve déjà de nombreux éléments assez éclairants dans les &lt;a href=&quot;http://fr.wikisource.org/wiki/Vies_et_doctrines_des_philosophes_de_l%E2%80%99Antiquit%C3%A9/Livre_III&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;&lt;em&gt;Vies et doctrines&lt;/em&gt; de Diogène Laërce&lt;/a&gt;. La lecture en est très plaisante, mais cependant, il faut garder du recul quant à certaines affirmations, même si elles sont parfois très séduisantes : Laërce reste tout de même marqué par un certain goût pour le pittoresque, au risque de perdre en objectivité. 

Les introductions aux différentes œuvres des éditions françaises, comme chez GF, que ce soit les anciennes éditions introduites par Chambry ou les récentes par Brisson-Pradeau, sont généralement aussi d&#039;une très bonne qualité et fournissent de bons renseignements. 

Dans les ouvrages plus généralistes, le chapitre consacré à Platon par Émile Bréhier dans son &lt;em&gt;Histoire de la philosophie&lt;/em&gt; est aussi très bon − mais de toute façon, tout est bon dans le Bréhier.

Pour des références plus précises, je ne saurais en revanche vous conseiller, n&#039;étant pas moi-même spécialiste. Mais je pense que Luc Brisson et Jean-François Pradeau ont dû publier des ouvrages ou articles sur ces questions. Et sinon, si un spécialiste passe par cette page, qu&#039;il n&#039;hésite pas à donner des références !

Concernant la lecture, votre principe méthodologique est parfait : c&#039;est sur le présupposé de cohérence et d&#039;intentionnalité que toute l&#039;historiographie de la philosophie s&#039;est construite (voir par exemple Martial Guéroult), et il faut dans tous les cas commencer par ça − ce sont comme les « fondamentaux » au rugby. 

En espérant que tout cela vous aide :)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Sur les sources de Platon, on trouve déjà de nombreux éléments assez éclairants dans les <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Vies_et_doctrines_des_philosophes_de_l%E2%80%99Antiquit%C3%A9/Livre_III" rel="nofollow"><em>Vies et doctrines</em> de Diogène Laërce</a>. La lecture en est très plaisante, mais cependant, il faut garder du recul quant à certaines affirmations, même si elles sont parfois très séduisantes : Laërce reste tout de même marqué par un certain goût pour le pittoresque, au risque de perdre en objectivité. </p>
<p>Les introductions aux différentes œuvres des éditions françaises, comme chez GF, que ce soit les anciennes éditions introduites par Chambry ou les récentes par Brisson-Pradeau, sont généralement aussi d&#8217;une très bonne qualité et fournissent de bons renseignements. </p>
<p>Dans les ouvrages plus généralistes, le chapitre consacré à Platon par Émile Bréhier dans son <em>Histoire de la philosophie</em> est aussi très bon − mais de toute façon, tout est bon dans le Bréhier.</p>
<p>Pour des références plus précises, je ne saurais en revanche vous conseiller, n&#8217;étant pas moi-même spécialiste. Mais je pense que Luc Brisson et Jean-François Pradeau ont dû publier des ouvrages ou articles sur ces questions. Et sinon, si un spécialiste passe par cette page, qu&#8217;il n&#8217;hésite pas à donner des références !</p>
<p>Concernant la lecture, votre principe méthodologique est parfait : c&#8217;est sur le présupposé de cohérence et d&#8217;intentionnalité que toute l&#8217;historiographie de la philosophie s&#8217;est construite (voir par exemple Martial Guéroult), et il faut dans tous les cas commencer par ça − ce sont comme les « fondamentaux » au rugby. </p>
<p>En espérant que tout cela vous aide <img src='http://www.morbleu.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Emmanuel</title>
		<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/comment-page-1/#comment-11198</link>
		<dc:creator>Emmanuel</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 15:12:52 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/platon-le-politique/#comment-11198</guid>
		<description>Merci beaucoup pour votre réponse. Je n&#039;avais qu&#039;un vague souvenir de cette classification et ne savais pas du tout à quelle catégorie rattacher &quot;le Politique&quot;. 

Auriez-vous l&#039;aimabilité de me suggérer le nom d&#039;un ouvrage pour non-spécialiste qui traite du problème des sources de Platon ?

Je ne connaissais pas non plus le &quot;principe de charité&quot;, que je tâcherai désormais  d&#039;appliquer en première analyse, mais je ne sais pas s&#039;il est bien charitable de l&#039;appliquer à tous les dialogues. J&#039;aime en effet beaucoup le Platon/Socrate virtuose et espiègle qui  joue avec son interlocuteur comme un chat avec une souris, quitte à utiliser des tours de passe-passe rhétoriques. Admettre le fait qu&#039;il prend volontairement des libertés avec le logique rend à mon avis sa lecture beaucoup plus plaisante.

En tous cas j&#039;essairai d&#039;appliquer votre principe de charité à l&#039;avenir avant d&#039;essayer d&#039;exercer mon esprit critique, en particulier lors de mes discussions avec des êtres de chairs et de sang. 

Je n&#039;ai pas  étudié la question de l&#039;interprétation des textes   donc je n&#039;ai pas d&#039;arguments à opposer à votre conclusion. Ma &quot;maxime provisoire&quot; est qu&#039;il faut dans la mesure du possible rechercher en priorité l&#039;intention de l&#039;auteur, par égard pour lui et pour soi-même. Il y a suffisamment d&#039;occasions de s&#039;égarer  pour que je me prive de la boussole de l&#039;intention.
Mais peut-être avez-vous un nom pour ce &quot;principe&quot; ? 

Cordialement
Emmanuel</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci beaucoup pour votre réponse. Je n&#8217;avais qu&#8217;un vague souvenir de cette classification et ne savais pas du tout à quelle catégorie rattacher &laquo;&nbsp;le Politique&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Auriez-vous l&#8217;aimabilité de me suggérer le nom d&#8217;un ouvrage pour non-spécialiste qui traite du problème des sources de Platon ?</p>
<p>Je ne connaissais pas non plus le &laquo;&nbsp;principe de charité&nbsp;&raquo;, que je tâcherai désormais  d&#8217;appliquer en première analyse, mais je ne sais pas s&#8217;il est bien charitable de l&#8217;appliquer à tous les dialogues. J&#8217;aime en effet beaucoup le Platon/Socrate virtuose et espiègle qui  joue avec son interlocuteur comme un chat avec une souris, quitte à utiliser des tours de passe-passe rhétoriques. Admettre le fait qu&#8217;il prend volontairement des libertés avec le logique rend à mon avis sa lecture beaucoup plus plaisante.</p>
<p>En tous cas j&#8217;essairai d&#8217;appliquer votre principe de charité à l&#8217;avenir avant d&#8217;essayer d&#8217;exercer mon esprit critique, en particulier lors de mes discussions avec des êtres de chairs et de sang. </p>
<p>Je n&#8217;ai pas  étudié la question de l&#8217;interprétation des textes   donc je n&#8217;ai pas d&#8217;arguments à opposer à votre conclusion. Ma &laquo;&nbsp;maxime provisoire&nbsp;&raquo; est qu&#8217;il faut dans la mesure du possible rechercher en priorité l&#8217;intention de l&#8217;auteur, par égard pour lui et pour soi-même. Il y a suffisamment d&#8217;occasions de s&#8217;égarer  pour que je me prive de la boussole de l&#8217;intention.<br />
Mais peut-être avez-vous un nom pour ce &laquo;&nbsp;principe&nbsp;&raquo; ? </p>
<p>Cordialement<br />
Emmanuel</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Oscar Gnouros</title>
		<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/comment-page-1/#comment-11195</link>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 10:40:18 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/platon-le-politique/#comment-11195</guid>
		<description>Heureux que vous ayez pu trouver un intérêt à ce commentaire !

Concernant le statut des dialogues de Platon, ils ne sont pas tous du même type, et nombreux furent ceux à tenter une classification en fonction de leurs supposées intentions. Voici la classification que l&#039;on peut trouver chez Diogène Laërce, grand compilateur de l&#039;antiquité (je fournis la présentation de Luc Brisson dans l&#039;édition du Livre de poche) :

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Exposition de doctrines&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Théorique&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Physique : &lt;em&gt;Timée&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Logique : &lt;em&gt;Politique, Sophiste, Cratyle, Parménide&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Pratique&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;Politique : &lt;em&gt;République, Lois, Minos, Épimonis, Critias&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Éthique : &lt;em&gt;Apologie, Criton, Phédon, Phèdre, Banquet, Lettres, Ménexène, Clitophon, Philèbe, Hipparque, Amants&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Recherche&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Exercice&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Maïeutique : le grand &lt;em&gt;Alcibiade, Théagès, Lysis, Lachès&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Critique : &lt;em&gt;Euthyphron, Ménon, Ion, Charmide&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Controverse&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Probatoire : &lt;em&gt;Protagoras&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Réfutatif : &lt;em&gt;Euthydème, Gorgias&lt;/em&gt;, les deux &lt;em&gt;Hippias&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;

Les manuscrits se sont transmis avec inscrit dessus le genre du dialogue (dans le cas du &lt;em&gt;Politique&lt;/em&gt;, il est du genre logique, en ce qu&#039;il procède par divisions). Mais ces mentions : sont davantage dues aux éditeurs postérieurs qu&#039;à Platon lui-même. En tout cas, toute l&#039;antiquité semblait accorder du poids à cette classification. Et si on la suit, certains dialogues ne sont, à première vue, qu&#039;un simple jeu : tout ceux qui ressortent de la catégorie de l&#039;exercice. En revanche, le &lt;em&gt;Politique&lt;/em&gt; semble bien, quoi qu&#039;on en dise, relever de l&#039;exposition de doctrine − même si les procédés dichotomiques (diérèse) pourrait faire penser à un entraînement. 

Thrassyle, toujours d&#039;après Diogène Laërce, avait proposé une autre classification, regroupant les dialogues en tétralogies. Le &lt;em&gt;Politique&lt;/em&gt; appartient alors à l&#039;ensemble suivant : &lt;em&gt;Cratyle, Théétète, Sophiste, Politique&lt;/em&gt;, en tant qu&#039;ils interrogent respectivement la justesse des termes, la science, l&#039;être, la royauté. Cela montrerait que la composition des dialogues correspond bien à une intention initiale. Par ailleurs, lorsqu&#039;on lit par exemple les dialogues &lt;em&gt;Théétète, Sophiste et Politique&lt;/em&gt;, ce qui est dit à l&#039;intérieur fait bien penser à une unité, à un projet bien défini &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt;. 

En revanche, d&#039;autres dialogues sont quant à eux parfaitement dépourvus de thèse : ce sont les dialogues que l&#039;on qualifie d&#039;aporétiques (sans issue), et qui se terminent en queue de poisson, sans réponse, laissant le lecteur dans le désarroi, qui doit lui-même continuer l&#039;enquête sur un mode dialectique. Ce sont surtout les dialogues de jeunesse de Platon qui sont de ce type. Un bon exemple est &lt;em&gt;Hippias majeur&lt;/em&gt;, où la recherche sur ce qu&#039;est le beau ne débouche sur rien, si ce n&#039;est sur une connaissance négative : le beau n&#039;est pas ceci, ni cela, etc.

C&#039;est pourquoi l&#039;on dit souvent que les premiers dialogues sont socratiques, en ce qu&#039;ils poursuivent la façon supposée de Socrate de critiquer les faux savoirs des sophistes, et que les dialogues plus tardifs sont platoniciens, en ce qu&#039;ils donnent cette fois-ci l&#039;enseignement de Platon lui-même. Et sur ce point, je serais peut-être assez d&#039;accord avec vous : la présentation sous forme de dialogue, dialectique, socratique est peut-être avant tout rhétorique, formelle. Il y a un enseignement dogmatique des théories de Platon qui est dissimulé derrière la discussion.

Et comme vous le dites, sur le plan de &lt;em&gt;l&#039;histoire de la philosophie&lt;/em&gt;, il peut être aussi intéressant, sinon plus, de contextualiser les dialogues par rapports aux sources théoriques auxquelles Platon s&#039;abreuvait.

Cependant d&#039;un point de vue non plus seulement historique, mais simplement &lt;em&gt;philosophique&lt;/em&gt;, il peut être tout aussi intéressant de dé-contextualiser autant que faire se peut ces dialogues, et de leur appliquer le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_charit%C3%A9&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;principe de charité&lt;/a&gt; : les prendre au sérieux pour ce qu&#039;ils sont et examiner ce que les arguments, ce que le texte en lui-même peut vouloir dire, indépendamment des intentions de l&#039;auteur lui-même, de la même façon que l&#039;on donne des interprétations d&#039;un tableau. 

Ainsi, l&#039;interprétation des &lt;em&gt;Menines&lt;/em&gt; de Velázquez que fait Foucault est parfois en contradiction parfaite avec ce que nous dit l&#039;histoire de l&#039;art sur ce même tableau. Il n&#039;en demeure pas moins qu&#039;elle fait sens. L&#039;interprétation d&#039;un texte de philosophie ou d&#039;une œuvre échappe la plupart du temps à son créateur, et il est sans doute bon que cela en soit ainsi : cela permet de donner à penser.

Je pense que toute bonne lecture philosophique d&#039;un texte, quel qu&#039;il soit, doit en permanence osciller entre ces deux pôles : d&#039;une part l&#039;explication contextuelle, d&#039;autre part la compréhension libre.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Heureux que vous ayez pu trouver un intérêt à ce commentaire !</p>
<p>Concernant le statut des dialogues de Platon, ils ne sont pas tous du même type, et nombreux furent ceux à tenter une classification en fonction de leurs supposées intentions. Voici la classification que l&#8217;on peut trouver chez Diogène Laërce, grand compilateur de l&#8217;antiquité (je fournis la présentation de Luc Brisson dans l&#8217;édition du Livre de poche) :</p>
<ol>
<li>Exposition de doctrines
<ol>
<li>Théorique
<ol>
<li>Physique : <em>Timée</em></li>
<li>Logique : <em>Politique, Sophiste, Cratyle, Parménide</em></li>
</ol>
</li>
<li>Pratique
<ol>
<li>
<politique : <em>République, Lois, Minos, Épimonis, Critias</politique></li>
<li>Éthique : <em>Apologie, Criton, Phédon, Phèdre, Banquet, Lettres, Ménexène, Clitophon, Philèbe, Hipparque, Amants</em></li>
</ol>
</li>
</ol>
</li>
<li>Recherche
<ol>
<li>Exercice
<ol>
<li>Maïeutique : le grand <em>Alcibiade, Théagès, Lysis, Lachès</em></li>
<li>Critique : <em>Euthyphron, Ménon, Ion, Charmide</em></li>
</ol>
</li>
<li>Controverse
<ol>
<li>Probatoire : <em>Protagoras</em></li>
<li>Réfutatif : <em>Euthydème, Gorgias</em>, les deux <em>Hippias</em></li>
</ol>
</li>
</ol>
</li>
</ol>
<p>Les manuscrits se sont transmis avec inscrit dessus le genre du dialogue (dans le cas du <em>Politique</em>, il est du genre logique, en ce qu&#8217;il procède par divisions). Mais ces mentions : sont davantage dues aux éditeurs postérieurs qu&#8217;à Platon lui-même. En tout cas, toute l&#8217;antiquité semblait accorder du poids à cette classification. Et si on la suit, certains dialogues ne sont, à première vue, qu&#8217;un simple jeu : tout ceux qui ressortent de la catégorie de l&#8217;exercice. En revanche, le <em>Politique</em> semble bien, quoi qu&#8217;on en dise, relever de l&#8217;exposition de doctrine − même si les procédés dichotomiques (diérèse) pourrait faire penser à un entraînement. </p>
<p>Thrassyle, toujours d&#8217;après Diogène Laërce, avait proposé une autre classification, regroupant les dialogues en tétralogies. Le <em>Politique</em> appartient alors à l&#8217;ensemble suivant : <em>Cratyle, Théétète, Sophiste, Politique</em>, en tant qu&#8217;ils interrogent respectivement la justesse des termes, la science, l&#8217;être, la royauté. Cela montrerait que la composition des dialogues correspond bien à une intention initiale. Par ailleurs, lorsqu&#8217;on lit par exemple les dialogues <em>Théétète, Sophiste et Politique</em>, ce qui est dit à l&#8217;intérieur fait bien penser à une unité, à un projet bien défini <em>a priori</em>. </p>
<p>En revanche, d&#8217;autres dialogues sont quant à eux parfaitement dépourvus de thèse : ce sont les dialogues que l&#8217;on qualifie d&#8217;aporétiques (sans issue), et qui se terminent en queue de poisson, sans réponse, laissant le lecteur dans le désarroi, qui doit lui-même continuer l&#8217;enquête sur un mode dialectique. Ce sont surtout les dialogues de jeunesse de Platon qui sont de ce type. Un bon exemple est <em>Hippias majeur</em>, où la recherche sur ce qu&#8217;est le beau ne débouche sur rien, si ce n&#8217;est sur une connaissance négative : le beau n&#8217;est pas ceci, ni cela, etc.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi l&#8217;on dit souvent que les premiers dialogues sont socratiques, en ce qu&#8217;ils poursuivent la façon supposée de Socrate de critiquer les faux savoirs des sophistes, et que les dialogues plus tardifs sont platoniciens, en ce qu&#8217;ils donnent cette fois-ci l&#8217;enseignement de Platon lui-même. Et sur ce point, je serais peut-être assez d&#8217;accord avec vous : la présentation sous forme de dialogue, dialectique, socratique est peut-être avant tout rhétorique, formelle. Il y a un enseignement dogmatique des théories de Platon qui est dissimulé derrière la discussion.</p>
<p>Et comme vous le dites, sur le plan de <em>l&#8217;histoire de la philosophie</em>, il peut être aussi intéressant, sinon plus, de contextualiser les dialogues par rapports aux sources théoriques auxquelles Platon s&#8217;abreuvait.</p>
<p>Cependant d&#8217;un point de vue non plus seulement historique, mais simplement <em>philosophique</em>, il peut être tout aussi intéressant de dé-contextualiser autant que faire se peut ces dialogues, et de leur appliquer le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_charit%C3%A9" rel="nofollow">principe de charité</a> : les prendre au sérieux pour ce qu&#8217;ils sont et examiner ce que les arguments, ce que le texte en lui-même peut vouloir dire, indépendamment des intentions de l&#8217;auteur lui-même, de la même façon que l&#8217;on donne des interprétations d&#8217;un tableau. </p>
<p>Ainsi, l&#8217;interprétation des <em>Menines</em> de Velázquez que fait Foucault est parfois en contradiction parfaite avec ce que nous dit l&#8217;histoire de l&#8217;art sur ce même tableau. Il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;elle fait sens. L&#8217;interprétation d&#8217;un texte de philosophie ou d&#8217;une œuvre échappe la plupart du temps à son créateur, et il est sans doute bon que cela en soit ainsi : cela permet de donner à penser.</p>
<p>Je pense que toute bonne lecture philosophique d&#8217;un texte, quel qu&#8217;il soit, doit en permanence osciller entre ces deux pôles : d&#8217;une part l&#8217;explication contextuelle, d&#8217;autre part la compréhension libre.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Emmanuel</title>
		<link>http://www.morbleu.com/platon-le-politique/comment-page-1/#comment-11193</link>
		<dc:creator>Emmanuel</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jun 2011 21:18:27 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/platon-le-politique/#comment-11193</guid>
		<description>Bonsoir. Merci pour votre article. Je viens de lire Le Politique sur internet et donc sans l&#039;appareil critique qui va avec les dernières éditions GF. Votre synthèse m&#039;a aidé à y voir plus clair. 

Votre article soulève un point intéressant: faut-il prendre les dialogues au sérieux ?

N&#039;étant pas étudiant en philo j&#039;ai eu le temps de lire une vingtaine de dialogues de Platon, mais de manière superficielle. Je n&#039;ai malheureusement pas l&#039;honneur de faire partie de la secte de ceux  qui lisent Platon dans le texte et qui font des statistiques sur les occurences de tel ou tel substantif, c&#039;est donc en toute humilité que je vous donne mon point de vue: 
ma conclusion provisoire est que Platon est en fait le plus grand , le plus admirable et le plus spirituel des sophistes (au sens moderne du mot). Dans ses dialogues la conclusion est toute trouvée dès le départ et les arguments semblent être élaborés à rebours à coup de paralogismes qui sont purement rhétoriques (je pense surtout au Ménon); ce qui est d&#039;ailleurs le mode d&#039;argumentation utilisé par à peu près tout le monde. 
 
J&#039;ai donc l&#039;impression que les conclusions, cad la pensée de Platon , et les raisonnements qu&#039;il emploie, se situent sur deux plans différents, et qu&#039;il serait plus intéressant de se pencher sur les sources de ses croyances (orphisme, pythagorisme ou je ne sais  quoi) que de disséquer indéfiniment le moindre de ses arguments tel un physicien assistant au big bang de la pensée occidentale. 

Ne vous gênez pas pour critiquer ce point de vue si vous en avez le temps

Cdt Emmanuel</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir. Merci pour votre article. Je viens de lire Le Politique sur internet et donc sans l&#8217;appareil critique qui va avec les dernières éditions GF. Votre synthèse m&#8217;a aidé à y voir plus clair. </p>
<p>Votre article soulève un point intéressant: faut-il prendre les dialogues au sérieux ?</p>
<p>N&#8217;étant pas étudiant en philo j&#8217;ai eu le temps de lire une vingtaine de dialogues de Platon, mais de manière superficielle. Je n&#8217;ai malheureusement pas l&#8217;honneur de faire partie de la secte de ceux  qui lisent Platon dans le texte et qui font des statistiques sur les occurences de tel ou tel substantif, c&#8217;est donc en toute humilité que je vous donne mon point de vue:<br />
ma conclusion provisoire est que Platon est en fait le plus grand , le plus admirable et le plus spirituel des sophistes (au sens moderne du mot). Dans ses dialogues la conclusion est toute trouvée dès le départ et les arguments semblent être élaborés à rebours à coup de paralogismes qui sont purement rhétoriques (je pense surtout au Ménon); ce qui est d&#8217;ailleurs le mode d&#8217;argumentation utilisé par à peu près tout le monde. </p>
<p>J&#8217;ai donc l&#8217;impression que les conclusions, cad la pensée de Platon , et les raisonnements qu&#8217;il emploie, se situent sur deux plans différents, et qu&#8217;il serait plus intéressant de se pencher sur les sources de ses croyances (orphisme, pythagorisme ou je ne sais  quoi) que de disséquer indéfiniment le moindre de ses arguments tel un physicien assistant au big bang de la pensée occidentale. </p>
<p>Ne vous gênez pas pour critiquer ce point de vue si vous en avez le temps</p>
<p>Cdt Emmanuel</p>
]]></content:encoded>
	</item>
</channel>
</rss>

