<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:series="http://unfoldingneurons.com/"
	>

<channel>
	<title>Morbleu ! &#187; Histoire</title>
	<atom:link href="http://www.morbleu.com/categories/histoire/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.morbleu.com</link>
	<description>&#8220; Sorte de jurement en usage m&#234;me parmi les gens de bon ton. &#8221; (Littr&#233;)</description>
	<lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 03:55:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0</generator>
		<item>
		<title>Un tollé rance (titre digne d&#8217;Achille Talon)</title>
		<link>http://www.morbleu.com/griffith-intolerance/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/griffith-intolerance/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 08:46:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luccio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Griffith]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/?p=1657</guid>
		<description><![CDATA[Oscar vous a déjà parlé du premier long-métrage de l&#8217;histoire du cinéma : A birth of a nation (La Naissance d&#8217;une nation), de D.W. Griffith, que je n&#8217;ai pas vu. En revanche, j&#8217;ai vu l&#8217;autre grand film du cinéaste, Intolerance : Loves&#8217; Struggle troughout the ages (Intolérance : la lutte de l&#8217;amour à travers les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1658" href="http://www.morbleu.com/griffith-intolerance/griffith-intolerance/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1658" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/08/griffith-intolerance-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Oscar vous a déjà parlé du premier long-métrage de l&#8217;histoire du cinéma : <a href="http://www.morbleu.com/la-naissance-dune-nation/"><em>A birth of a nation </em>(<em>La Naissance d&#8217;une nation</em>), de D.W. Griffith</a>, que je n&#8217;ai pas vu. En revanche, j&#8217;ai vu l&#8217;autre grand film du cinéaste, <a href="http://www.morbleu.com/griffith-intolerance/"><em>Intolerance : Loves&#8217; Struggle troughout the ages </em>(<em>Intolérance : la lutte de l&#8217;amour à travers les âges</em>)</a>. C&#8217;était il y a quelques années – à l&#8217;âge où on peut enfin acheter de la bière aux USA. C&#8217;est même <strong>à l&#8217;occasion de ce film que j&#8217;ai croisé l&#8217;histoire</strong>. Peut-être que ce film ne fut que l&#8217;occasion d&#8217;un sentiment appelé à naître chez le brillant esprit que je suis et que j&#8217;étais. Mais dire comment il le fut pourrait aider quelques bourrins à progresser comme j&#8217;ai pu le faire.</p>
<p><span id="more-1657"></span>Auparavant, bien que doté d&#8217;une culture historique suffisante pour ne pas subir d&#8217;affront en société, j&#8217;avais un problème avec l&#8217;histoire. Au fond, de De Gaulle à César (ou de Napoléon à Thémistocle, pour faire plus savant [<a name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym">1</a>]), tout faisait partie d&#8217;un même espace vaguement différencié : le passé. Les rois maudits y croisent Jeanne d&#8217;Arc et Robespierre, et Charlemagne y côtoie Hugues Capet (attention, il y a un piège). Depuis j&#8217;ai changé, et regrette davantage mes diverses lacunes (notamment sur la Révolution et le XIXème siècle [<a name="sdfootnote2anc" href="#sdfootnote2sym">2</a>]). Mais plus profondément, j&#8217;ai conscience, ou crois avoir <strong>conscience, que le temps a passé, que des gens ont existé</strong>. Et ce sentiment, qui risque de me transformer en contemplateur des traditions, a germé à l&#8217;occasion de <em>Intolerance</em>.</p>
<p>Griffith aurait réalisé ce film afin de montrer qu&#8217;il n&#8217;est pas le méchant raciste que certains l&#8217;ont accusé d&#8217;être après la sortie de <em>Birth of a nation</em>. Victime de la cabale, il présente des exemples de ce que l&#8217;intolérance a pu provoquer dans le monde. Cela à travers 4 histoires dont les présentations s&#8217;entrecoupent : la chute de Babylone, la fin de la vie de Jésus (de la trahison de Judas à la crucifixion), le massacre de la Saint-Barthélémy et une histoire contemporaine à la production du film.</p>
<p>La passion du Christ à part, les histoires partagent la même structure : après une présentation des personnages, un(e) amoureux(amoureuse) cherche à sauver quelqu&#8217;un d&#8217;un malheur. Une jeune fille s&#8217;escrime à sauver Babylone, un Parisien catholique chercher à retrouver la famille de sa fiancée huguenote pour la protéger, et une jeune mère essaye de sauver le père de son enfant, condamné injustement à la potence – ou à la chaise électrique, je ne sais plus. Du croisement de ces trois histoires ressort un certain suspens. On sait que Babylone va tomber, on se doute que la famille protestante ne va pas sortir en forme de la Saint-Barthélémy, mais on ne sait pas si la jeune mère va pouvoir prouver l&#8217;innocence de son mari avant son exécution – en fait si elle va réussir à amener à temps la grâce du juge (ou du gouverneur) à la prison. Puis on voit Babylone tomber, le fiancé arriver dans une maison vide de toute vie (je ne sais plus si les cadavres y sont ou non), et la jeune mère&#8230; suspens.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1661" href="http://www.morbleu.com/griffith-intolerance/massacre_saint_barthelemy/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1661" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/08/Massacre_saint_barthelemy-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a></p>
<p><strong>Cette utilisation du montage des situations en parallèles de façon trans-historique a transformé un événement passé et gravé dans le marbre en événement présent en train de se dérouler</strong>. Poussé par la tension de la situation contemporaine (la mère et la peine de mort), j&#8217;en suis donc venu à espérer que Babylone résiste et que les Protestants s&#8217;en sortent, comme si l&#8217;histoire n&#8217;était pas écrite – peut-être aussi parce que je confondais les actrices de la jeune mère et de la jeune fille qui veut sauver Babylone.</p>
<p>Avec <em>Intolerance</em>, j&#8217;ai vu l&#8217;histoire se dérouler comme l&#8217;intrigue d&#8217;un film que je ne connais pas. Il y aurait de la place pour quelques finasseries du genre « tout est en fait écrit par le réalisateur », mais ce serait de mauvais goût. L&#8217;histoire a eu un goût de présent, et <em>le passé a pris un autre sens : il n&#8217;est plus une somme se savoirs, mais une somme de moments présents.</em> C&#8217;est ainsi que j&#8217;ai rencontré l&#8217;histoire – la somme des vies vécues, non pas le déroulement d&#8217;un système.</p>
<p>Pourtant il est possible que je doive encore progresser. Vous pouvez le constater, l&#8217;histoire a pour moi le poids qu&#8217;une fiction : j&#8217;aime Henri IV un peu comme j&#8217;aime Terence Hill dans <em>Mon nom est personne</em>[<a name="sdfootnote3anc" href="#sdfootnote3sym">3</a>]. Peut-être que je suis plus ému quand je pense à Henri IV, plus sensible à l&#8217;histoire, mais ce n&#8217;est pas gagné. Mais peut-être n&#8217;ai-je pas à progresser.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1675" href="http://www.morbleu.com/griffith-intolerance/romain-gary/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1675" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/08/romain-gary-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>L&#8217;histoire et la fiction pourraient en fait être deux moyens d&#8217;échapper à l&#8217;appréhension du monde par la raison ; deux moyens qui bénéficieraient d&#8217;un même ressort : &laquo;&nbsp;la part Rimbaud&nbsp;&raquo;, comme la nomme Romain Gary dans <em>La Nuit sera calme</em>. L&#8217;imaginaire pourrait être une part nécessaire à la vie de l&#8217;homme, une part qu&#8217;il ne faut pas oublier – ce que ferait impudemment Foucault (et pan ! dans les dents Oscar). Les romans auraient ainsi autant d&#8217;importance que la vie vécue, puisqu&#8217;<em>il nous faut imaginer</em>[<a name="sdfootnote4anc" href="#sdfootnote4sym">4</a>]. Alors la conscience historique accompagnerait la conscience littéraire. Sans doute faudrait-il distinguer histoire et littérature. L&#8217;histoire pourrait être le lieu d&#8217;imaginations plus faciles car on s&#8217;identifie plus aux protagonistes, probables ancêtres. On pourrait alors imaginer que l&#8217;histoire prête le flanc à des sentiments plus grossiers que ceux que propose la littérature, comme dans le cas du nationalisme (attention, j&#8217;imagine le truc grossier façon 14-18 ou 39-45, y&#8217;a moyen de trouver des nationalismes plus fins, des sortes de patriotismes[<a name="sdfootnote5anc" href="#sdfootnote5sym">5</a>]). Mais le sentiment nationaliste n&#8217;est peut-être pas un sentiment historique. Ce serait plutôt un sentiment littéraire grossier devant un personnage qui nous ressemble, un mélange de mauvaise histoire et de mauvaise littérature. Ainsi, bien que leurs objets (faits historiques et produits de l&#8217;imagination) diffèrent, <strong>il semble difficile de distinguer la conscience littéraire et la conscience historique</strong> sous ce genre commun de la part Rimbaud.</p>
<p>L&#8217;histoire serait un genre particulier de la fiction : celle qui s&#8217;est vraiment déroulée, et <em>Intolerance</em> un genre particulier du film : celui qui vous montre que l&#8217;histoire s&#8217;est vraiment déroulée (c&#8217;est aussi un film un peu long).</p>
<p>_____________________________<br />
[<a name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a>] Si 	vous ne voyez pas pourquoi c&#8217;est plus savant, c&#8217;est que nous ne 	partageons pas les mêmes valeurs. Je suis un cuistre vaniteux.</p>
<p>[<a name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a>] J&#8217;imagine 	qu&#8217;ils y sont pour beaucoup dans la création de nos catégories de pensée (idée dont je ne revendique pas la paternité, elle me semble aussi vieille que l&#8217;idée de la révolution industrielle) [SCOOP !]</p>
<p>[<a name="sdfootnote3sym" href="#sdfootnote3anc">3</a>] Qui 	a vu le film peut remarquer que cet exemple n&#8217;est pas si mal choisi, 	ça fait presque mise en abîme.</p>
<p>[<a name="sdfootnote4sym" href="#sdfootnote4anc">4</a>] On 	pourrait même penser que celui qui lit et écrit a une vie aussi 	riche que la baroudeur ; mais comme dirait quelqu&#8217;un qui se 	reconnaîtra : ce que je dis là pourrait être raisonnable si 	j&#8217;étais moi-même raisonnable.</p>
<p>[<a name="sdfootnote5sym" href="#sdfootnote5anc">5</a>] « 	Le patriotisme c&#8217;est l&#8217;amour des siens. Le nationalisme c&#8217;est la 	haine des autres » Gary, <em>Education européenne</em></p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Coffret-Griffith-naissance-nation-intolerance/dp/B001AIRWKC%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3DB001AIRWKC"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51e2tDAGOzL._SL110_.jpg" width="63" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Coffret-Griffith-naissance-nation-intolerance/dp/B001AIRWKC%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3DB001AIRWKC">Coffret Griffith </a></h3>
<p class="author">MK2 2008, 								DVD,				&#8364;&#160;26,26</p>
</div>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/nuit-sera-calme-Romain-Gary/dp/2070367193%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070367193"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41RX7A7KM6L._SL110_.jpg" width="66" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/nuit-sera-calme-Romain-Gary/dp/2070367193%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2070367193">La nuit sera calme</a></h3>
<p class="author">Romain Gary.					Gallimard 1991, 					Poche,				313 pages,				&#8364;&#160;6,93</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/griffith-intolerance/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Affaire de la courtisane et du Maure déguisé en femme</title>
		<link>http://www.morbleu.com/affaire-de-la-courtisane-et-du-maure-deguise-en-femme/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/affaire-de-la-courtisane-et-du-maure-deguise-en-femme/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 May 2010 13:38:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre VI]]></category>
		<category><![CDATA[Borgia]]></category>
		<category><![CDATA[Burckard]]></category>
		<category><![CDATA[Charles VIII]]></category>
		<category><![CDATA[Lucrèce]]></category>
		<category><![CDATA[Luther]]></category>
		<category><![CDATA[Machiavel]]></category>
		<category><![CDATA[Papauté]]></category>
		<category><![CDATA[Renaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Savonarole]]></category>
		<category><![CDATA[Tordesillas]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/?p=1468</guid>
		<description><![CDATA[Ces jours derniers fut arrêtée une courtisane, c&#8217;est-à-dire une honnête femme publique, nommée Corsetta, qui vivait dans l&#8217;intimité avec un Maure habillé en femme et avec lequel elle avait fait, je ne sais comment, connaissance. Tous deux furent promenés ensemble dans la Ville en signe de scandale. La femme portait une robe de velours noir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a rel="attachment wp-att-1470" href="http://www.morbleu.com/affaire-de-la-courtisane-et-du-maure-deguise-en-femme/alexandre-vi/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1470" title="Alexandre VI" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/05/alexandre-vi-150x150.jpg" alt="Alexandre VI" width="150" height="150" /></a>Ces jours derniers fut arrêtée une courtisane, c&#8217;est-à-dire une honnête femme publique, nommée Corsetta, qui vivait dans l&#8217;intimité avec un Maure habillé en femme et avec lequel elle avait fait, je ne sais comment, connaissance. Tous deux furent promenés ensemble dans la Ville en signe de scandale. La femme portait une robe de velours noir traînant à terre et sans ceinture. Le Maure avait, comme à l&#8217;habitude, des vêtements de femme. Ses mains étaient fortement liées derrière son dos. Tous ses habits, y compris la chemise, étaient relevés jusqu&#8217;au nombril, de sorte que tout le monde pouvait voir ses testicules, autant dire ses organes sexuels, et avoir la preuve de la supercherie. Quand ils eurent fait le tour de la Ville, Corsetta fut relâchée. Mais le Maure fut jeté en prison et y resta jusqu&#8217;au samedi 7 de ce mois d&#8217;avril, quand on le fit sortir des prisons de la tour de Nona en compagnie de deux autres brigands.</p>
<p>Devant eux s&#8217;avançait un sbire monté sur un âne et portant attachés au bout d&#8217;un bâton les testicules coupés à un juif coupable de rapports charnels avec une chrétienne. Ils furent conduits a Campo de&#8217; Friori. Là, les deux brigands furent pendus. Le Maure fut placé sur un tas de bois, attaché à la colonne de la potence et étranglé. Pour cela, on lui mit une corde au cou ; puis, avec un bâton placé derrière la colonne, on tordit fortement la corde. Après cela, on mit le feu au tas de bois, qui s&#8217;éteignit à cause de la pluie. Toutefois, ses jambes, se trouvant plus près du feu, furent brûlées.</p>
<p>Johannes Burckard, <em>Dans le secret des Borgia. Journal du cérémoniaire du Vatican (1492-1503)</em>, pp. 252-253.</p></blockquote>
<p><span id="more-1468"></span><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Johann_Burchard"><strong>Johannes Burckard</strong></a> était le « maître de cérémonie » (un « MC ») du <strong>Vatican</strong> lors du règne du pape <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_VI"><strong>Alexandre VI</strong>, <strong>Rodrigo Borgia</strong></a> de <strong>1492</strong> à <strong>1503</strong>. Son rôle était de veiller au bon respect des protocoles durant les différentes cérémonies orchestrées par et pour la papauté. Il consigna dans un journal, avec une très grande précision, certains détails du règne. Parfois avec une impressionnante minutie : on dispose dans certains cas d&#8217;un récit raconté presque minute par minute. Parfois de manière très vague, comme lorsqu&#8217;il s&#8217;absente de <strong>Rome</strong> pendant des mois pour aller percevoir les bénéfices des charges ecclésiastiques dont il dispose en <strong>Alsace</strong>.</p>
<p><strong>Alexandre VI</strong> est considéré par beaucoup comme le pape le plus corrompu que la chrétienté ait jamais connu. Corrompu, et corrupteur, par l&#8217;argent tout d&#8217;abord. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Stefano_Infessura"><strong>Stefano Infessura</strong></a> nous raconte, en prologue du journal de Burckard, comment, en 1492, il a acheté sa papauté et le vote de ses électeurs. Corrompu également du point de vue des mœurs ensuite. De nombreuses maîtresses, dont une régulière, <strong>Vannozza Cattanei</strong>, qui lui donnera quatre enfants, dont deux de ses plus fameux : <strong>César</strong> et <strong>Lucrèce</strong>. De cette famille, on a tout imaginé : que César et Lucrèce couchèrent ensemble, et même que Rodrigo en personne obtint les faveurs de sa fille.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1473" href="http://www.morbleu.com/affaire-de-la-courtisane-et-du-maure-deguise-en-femme/lucrece-borgia/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1473" title="Lucrèce Borgia" src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2010/05/lucrece-borgia-150x150.jpg" alt="Lucrèce Borgia" width="150" height="150" /></a>Les Borgia ont en effet nourri de nombreuses imaginations, de <strong>Victor Hugo</strong> et de sa pièce sur <em>Lucrèce</em>, à la bande dessinée de <strong>Jodorowsky</strong> (le réalisateur de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Montagne_sacr%C3%A9e"><em>The Holy Mountain</em></a>) et de <strong>Manara</strong> (le dessinateur du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_D%C3%A9clic"><em>Déclic</em></a>). Le jeu vidéo <em>Assassin&#8217;s Creed II</em> imagine quant à lui Alexandre VI comme membre des <em>Templiers</em>, et <strong>Machiavel</strong> comme membre des <em>Assassins</em>. Le récit de Burckard se fait, lui, moins expansif, et peut-être plus objectif. Il n&#8217;en reste pas moins intéressant, et ce pas uniquement pour les quelques nuits orgiaques qui y sont parfaitement décrites.</p>
<p>Si l&#8217;on n&#8217;y découvre rien sur le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Tordesillas"><em>Traité de Tordesillas</em></a> de 1494 qui influencera profondément la géopolitique mondiale en partageant le monde entre Espagnols et Portugais à partir des îles Canaries (ce qui explique la présence portugaise au Brésil), on y trouve en revanche de nombreux détails sur la politique italienne du roi <strong>Charles VIII.</strong> On y apprend avec émerveillement que le pape songea un moment à former une alliance avec le Grand Turc contre la France &#8211; ce qui tendrait à prouver que l&#8217;islam et la chrétienté peuvent s&#8217;entendre, mais que les deux ont un problème avec la France.</p>
<p>L&#8217;affaire <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Savonarole"><strong>Savonarole</strong></a> y est aussi précisément narrée. À cet exalté qui se disait soi-disant en connexion permanente avec le ciel, Alexandre VI proposa qu&#8217;il donne une preuve claire de son élection divine par <em>l&#8217;épreuve du feu</em>, qui semblait apparemment d&#8217;une pratique assez courante. Une fois jeté dans le feu, le dernier mot de la survie n&#8217;en revenait qu&#8217;à Dieu. Pas si fou que ça, Savonarole refusa, en se justifiant par une habile et en même temps maladroite sophistique. Quant à ceux qui devaient accompagner Savonarole au bucher &#8211; car il fallait un candidat des deux camps pour que Dieu puisse trancher entre qui avait raison ou tort &#8211; acceptèrent toutefois d&#8217;y aller. Mais au dernier moment, ils refusèrent en recourant à un argument très spécieux. Les Florentins, qui s&#8217;étaient amassés pour l&#8217;événement, furent très déçus. Pour compenser, ils commirent une émeute. Et Savonarole finira tout de même sur le bucher.</p>
<p>Certains faits divers sont également précisément relatés, comme cette histoire à Rome début avril 1498 de cette courtisane et de ce Maure travesti. À l&#8217;époque, les femmes désirant quelque peu s&#8217;émanciper et se dispenser d&#8217;un mâle n&#8217;avaient que deux issues : soit rentrer dans les ordres, soit devenir courtisanes. Elles peuplaient alors les rues et les maisons, et leur existence était tolérée. Il n&#8217;en fut pas de même pour l&#8217;excentricité de ce Maure qui eut l&#8217;audace de s&#8217;habiller en femme : avec ça, on ne plaisantait pas. Tout comme il n&#8217;était pas admis qu&#8217;un juif ait des rapports (sexuels) avec une chrétienne : il y a des limites à l&#8217;œcuménisme. La société n&#8217;était pas encore prête pour ça &#8211; et elle ne l&#8217;était pas non plus pour les débauches d&#8217;Alexandre VI. Le bon Rodrigue n&#8217;est en effet pas étranger au fait que, une quinzaine d&#8217;années plus tard, un certain <strong>Luther</strong>, jugeant l&#8217;Église corrompue, placarde en Allemagne ses thèses et entreprenne de la réformer.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/secret-Borgia-1492-1503-Johannes-Burckard/dp/2847340424%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2847340424"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/61RBhgcjzxL._SL110_.jpg" width="72" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/secret-Borgia-1492-1503-Johannes-Burckard/dp/2847340424%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2847340424">Dans le secret des Borgia, 1492-1503</a></h3>
<p class="author">Ivan Cloulas (Sous la direction de).					Tallandier 2003, 					Broché,				518 pages,				&#8364;&#160;23,00</p>
</div>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Borgia-Du-Sang-pour-Pape/dp/2356260919%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2356260919"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51Pflaw%2BCzL._SL110_.jpg" width="82" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Borgia-Du-Sang-pour-Pape/dp/2356260919%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2356260919">Borgia, Tome 1 </a></h3>
<p class="author">Jean-Michel Boschet (Traduction).					Drugstore 2008, 					Album,				54 pages,				&#8364;&#160;13,14</p>
</div>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Borgia-Pouvoir-lInceste-Alexandro-Jodorowsky/dp/2356260927%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2356260927"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51sdNOL9s8L._SL110_.jpg" width="82" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Borgia-Pouvoir-lInceste-Alexandro-Jodorowsky/dp/2356260927%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2356260927">Borgia, Tome 2 </a></h3>
<p class="author">Jean-Michel Boschet (Traduction).					Drugstore 2008, 					Album,				54 pages,				&#8364;&#160;13,14</p>
</div>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Borgia-3-Flammes-du-B%C3%BBcher/dp/2356260218%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2356260218"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/61JwPyVeXML._SL110_.jpg" width="82" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Borgia-3-Flammes-du-B%C3%BBcher/dp/2356260218%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2356260218">Borgia, Tome 3 </a></h3>
<p class="author">Milo Manara (Illustrations).					Drugstore 2008, 					Album,				48 pages,				&#8364;&#160;13,14</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/affaire-de-la-courtisane-et-du-maure-deguise-en-femme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pierre de Coubertin et les Jeux nazis de 1936</title>
		<link>http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 May 2008 08:21:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Sport studies]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Coubertin]]></category>
		<category><![CDATA[Entrainement]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Historicisme]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Idéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalité]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Maurras]]></category>
		<category><![CDATA[Nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[Opium]]></category>
		<category><![CDATA[Romantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/</guid>
		<description><![CDATA[Le CIO est par certains comparé à une organisation presque mafieuse. Pour ceci, on ne peut qu&#8217;être d&#8217;accord. Le fonctionnement de cette institution est des plus opaques et critiquable, et le récent scandale de corruption des membres du CIO autour des JO de Salt Lake City de 2002 achève la démonstration. Mais on critique aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/pierre-de-coubertin/" rel="attachment wp-att-280" title="Pierre de Coubertin"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/05/3104.thumbnail.jpg" alt="Pierre de Coubertin" align="right" /></a>Le CIO est par certains comparé à une  organisation presque mafieuse. Pour ceci, on ne peut qu&#8217;être d&#8217;accord.  Le fonctionnement de cette institution est des plus opaques et  critiquable, et le récent scandale de corruption des membres du CIO  autour des JO de Salt Lake City de 2002 achève la démonstration.</p>
<p><span id="more-281"></span>Mais on critique aussi directement Coubertin, qui serait un fasciste admirateur d&#8217;Hitler en puissance ou même en acte. Il faut être plus nuancé. Coubertin était un démocrate et républicain convaincu, désigné par Maurras lui-même, qui lui est d&#8217;extrême droite, comme un « jeune aristocrate libéral pacifiste ».  Mais il  reste homme du XIXe siècle, et ses idées ont poussé dans le même terreau  fait de romantisme et d&#8217;historicisme où poussèrent également le fascisme et le  nazisme.</p>
<p>Ce serait une grave erreur de conclure à une stricte  équivalence du sport selon Coubertin avec les idéologies des sociétés  closes. C&#8217;est surtout le comportement du Baron en 1936 et certains de ses textes à propos du colonialisme qui servent de fondement à cette opinion.</p>
<p>Coubertin a effectivement adoubé Hitler pour les JO de 1936 à  Berlin, mais le rénovateur des Jeux n&#8217;était alors plus que l&#8217;ombre de  lui-même. Ruiné, malade, âgé alors de 73 ans (il décédera l&#8217;année  suivante), il fut victime comme tant d&#8217;autres cette même année de  l&#8217;opération de séduction conduite avec brio, parce qu&#8217;elle a réussi, par  Hitler. Les JO de Berlin avaient plusieurs fins, l&#8217;une d&#8217;entre elles  étant de montrer au monde entier qu&#8217;Hitler n&#8217;était pas celui que l&#8217;on  croit, qu&#8217;il était en fait pacifiste et rien d&#8217;autre qu&#8217;un classique  homme d&#8217;état. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il se servit de l&#8217;Olympisme dont les idéaux  pacifistes qu&#8217;il fit mine de récupérer achevèrent de rassurer l&#8217;Europe.  Coubertin tomba dans le panneau, d&#8217;autant plus qu&#8217;Hitler fit  personnellement dès 1935 de nombreux cadeaux au Baron alors abandonné  par la France : il lui offrit par deux fois une tribune radiophonique ;  il lui fit construire un institut de l&#8217;olympisme chargé d&#8217;éditer ses  écrits non publiés (posthumes et autres) ; il lui proposa une statue ;  il lui offrit une rente ; il promit de continuer des fouilles en Grèce  et de restaurer des monuments ; il appuiera même le nom de Coubertin pour le prix Nobel de la Paix ; il ajoutera aux Jeux des innovations auxquels lui-même n&#8217;avait pas pensé, comme la flamme olympique. Enfin, il fit des JO de Berlin de 1936  les plus grands qui ne furent jamais, où pour la première fois était  présente la télévision. Tout cela acheva de rendre Hitler sympathique à  Coubertin, le Führer ayant matériellement réalisé le rêve du Baron. Sa mort l&#8217;année suivante ne lui a pas donné le temps de s&#8217;apercevoir de cette erreur.</p>
<p>La « théorie critique du sport française », ainsi appelée par le  sociologue Jean-Marie Brohm qui en est le principal chef de file (avec  aussi Robert Redeker et Marc Perelman), a largement favorisé à diffuser  l&#8217;idée d&#8217;une stricte équivalence entre les idéaux du sport et ceux du  fascisme. Le sportif serait le laboratoire de l&#8217;homme nouveau, et de  Coubertin à Htiler, il n&#8217;y aurait qu&#8217;un pas. Mais en fait, cette théorie est trop grossière et manque l&#8217;essentiel chez  Coubertin et dans le projet d&#8217;une société sportive. Ce projet est  beaucoup plus subtile qu&#8217;il n&#8217;y paraît et penser pouvoir l&#8217;attaquer et  le démonter avec ces arguments réchauffés empruntant essentiellement au marxisme est d&#8217;une naïveté désolante.</p>
<p>Pour le dire en quelques mots, Coubertin, en imposant le sport à la  société, veut aussi imposer les valeurs du sport à la société. Quelles sont-elles ? Les valeurs du sport sont très proches de  celles du libéralisme et du capitalisme naissant, par opposition à la  gymnastique de l&#8217;époque, grande rivale du sport, qui prône un stricte  dirigisme de l&#8217;effort sportif. L&#8217;éthique du sport telle que la décrit  parfaitement Coubertin, qui n&#8217;était pas idiot, est la suivante. Dans le  sport règne une stricte égalité sociale mais une grande inégalité  naturelle où certains naissent plus doués que d&#8217;autres ; mais ces  inégalités naturelles peuvent être gommées dans une certaine mesure par  l&#8217;entraînement ; reste qu&#8217;après s&#8217;être entraîné le mieux que l&#8217;on  pouvait, les inégalités naturelles, qui ne sont autres qu&#8217;un privilège  de naissance, réapparaissent. En somme, l&#8217;éthique du sport commande  d&#8217;accepter les inégalités de naissance tout en enjoignant les moins bien  nés à travailler le plus possible. Le sport comme propédeutique à la vie  sociale prépare les hommes à accepter les inégalités de naissance, un  ordre naturellement injuste, tout en fournissant un motif valable les  enjoignant à travailler le plus possible. Être le plus efficace socialement tout en assurant la paix sociale, voilà ce qui est en germe dans le sport.</p>
<p>C&#8217;est donc tout autre chose que du fascisme qui est dans le sport. C&#8217;est  donc aussi tout autre chose que le simple capitalisme. C&#8217;est même autre  chose que le libéralisme. Le tour de force de Coubertin et de la société  sportive toute entière est d&#8217;être parvenu à trouver une idéologie  capable de faire travailler les hommes le plus possible tout en leur  faisant accepter les inégalités naturelles, les privilèges de naissance.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Coubertin-seigneur-anneaux-fondements-lolympisme/dp/2915129363%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915129363"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41Uayno4F%2BL._SL110_.jpg" width="62" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Coubertin-seigneur-anneaux-fondements-lolympisme/dp/2915129363%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2915129363">Pierre de Coubertin, le seigneur des anneaux. Aux fondements de l&#8217;olympisme</a></h3>
<p class="author">Jean-Marie Brohm.					Homnisphères 2008, 					Broché,				144 pages,				&#8364;&#160;12,00</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/pierre-de-coubertin-et-les-jeux-nazis-de-1936/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Spiro Louys, le premier marathonomaque</title>
		<link>http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2008 09:16:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Sport studies]]></category>
		<category><![CDATA[Athènes]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Jeux Olympique]]></category>
		<category><![CDATA[Marathon]]></category>
		<category><![CDATA[Maurras]]></category>
		<category><![CDATA[Spiro Louys]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque-2/</guid>
		<description><![CDATA[Le vendredi 10 avril 1896 (le 29 mars selon le calendrier grec de l&#8217;époque), à 1 heure 56 minutes et 30 secondes fut donné à Athènes le départ du premier marathon de l&#8217;histoire. Il y avait bien eu un marathon avant. Celui couru par ce soldat inconnu athénien, du nom d&#8217;Euclès Thersippou ou de Thersippos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/spiro-louys/" rel="attachment wp-att-141" title="Spiro Louys"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/spiridon_louis.thumbnail.jpg" alt="Spiro Louys" align="right" /></a>Le vendredi 10 avril 1896 (le 29 mars selon le calendrier grec de l&#8217;époque), à 1 heure 56 minutes et 30 secondes fut donné à Athènes le départ du premier marathon de l&#8217;histoire. Il y avait bien eu un marathon avant. Celui couru par ce soldat inconnu athénien, du nom d&#8217;Euclès Thersippou ou de Thersippos Ereous, tout chargé de ses armes et de la mission d&#8217;annoncer la victoire de l&#8217;armée de Miltiade sur les Perses de Darius<a href="#sdfootnote1sym" title="sdfootnote1anc" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a>. 2386 ans plus tard, c&#8217;est à l&#8217;occasion des premiers Jeux Olympiques &#8211; modernisés pour Maurras, restaurés pour Coubertin &#8211; que l&#8217;on fit courir « une distance énorme &#8211; entre 42 et 44 kilomètres &#8211; et propre à être jugée déraisonnable.<a href="#sdfootnote2sym" title="sdfootnote2anc" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a> » L&#8217;idée provenait cette fois-ci non de ce dernier mais de l&#8217;enthousiasme de M. Michel Bréal qui décida d&#8217;offrir une Coupe à l&#8217;occasion de cette course.</p>
<p><span id="more-139"></span>42 kilomètres ? 44 kilomètres ? Dans le programme des Jeux Olympiques publié dans la <em>Revue Olympique</em> en avril 1895, la distance annoncée était de 48 kilomètres. Dans les <em>Mémoires</em> du Baron Pierre Fredy de Coubertin où celui-ci est reproduit, celle-ci n&#8217;est plus mentionnée. Aujourd&#8217;hui, on s&#8217;accorde pour dire que le chemin choisi pour relier Marathon à Athènes était long de peu ou prou 40 kilomètres<a href="#sdfootnote3sym" title="sdfootnote3anc" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a>.</p>
<p>L&#8217;imprécision de la distance courue à Athènes n&#8217;a d&#8217;égale que la précision de l&#8217;heure où le départ fut donné, que l&#8217;on connaît grâce à Charles Maurras, l&#8217;un des 13 journalistes dépêchés pour assister à ces premiers Jeux, le même qui plus tard fondera <em>Action française,</em> mais qui pour l&#8217;instant n&#8217;est que simple correspondant pour le grand quotidien de l&#8217;époque <em>La Gazette de France</em>. 1 heure 56 minutes 30 secondes, donc, selon Maurras. Pour d&#8217;autres, c&#8217;est à quatorze heures vingt-cinq que le pistolet du starter se fit entendre. Mais Maurras était sourd, d&#8217;où peut-être la confusion.</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, 2 heures 58 minutes et 50 secondes plus tard, Spiridion Louys, 23 ans, franchît la ligne d&#8217;arrivée en vainqueur. Spiridion ? Ainsi le nomme Coubertin, quand d&#8217;autres utilisent Spiridon ou Spiridyon. Pour Maurras, qui se sent l&#8217;intime de tous les Grecs parce qu&#8217;il cultivait ses lettres et Homère par coeur, ce « coureur revêtu du maillot blanc et bleu », c&#8217;est simplement Spiro, qui « s&#8217;engouffre dans l&#8217;allée profonde du Stade à travers les éclats redoublés de mêmes clameurs. <em>- Ô nikitis ! Ô nikitis ! Zitôt !</em> « Le vainqueur ! Le vainqueur ! Vive ! »<a href="#sdfootnote4sym" title="sdfootnote4anc" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a> »</p>
<p>Ils devaient être 25 au départ mais ne furent que 17 à partir lors de l&#8217;explosion. Seuls 10 parviendront jusqu&#8217;aux portes du stade athénien. Parmi eux, ce Grec. Un berger, un paysan de Maroussi en Attique, qui avait appris l&#8217;existence de ces Jeux presque en même temps que ceux-là se déroulaient. Un « improvisé », comme dit Coubertin. C&#8217;est devant les icônes et parmi la clarté des cierges qu&#8217;il passa la nuit précédant sa victoire dans les méditations qui achevaient sa préparation dont la base était le jeune et la prière, loin de tout principe d&#8217;entraînement scientifique.</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/le-prince-constantin-et-le-prince-georges/" rel="attachment wp-att-140" title="Le prince Constantin et le prince Georges"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/stade1896.thumbnail.jpg" alt="Le prince Constantin et le prince Georges" align="left" /></a>Plus de soixante mille spectateurs acclamèrent son entrée dans le stade. Le prince Constantin et le prince Georges le portèrent devant le marbre du trône du roi. Le peuple grec exultait enfin. Les Dieux du Stade ne leur avaient pas étaient favorables depuis le commencement des Jeux. Enfin ! une première victoire grecque.</p>
<p>Spiro était pourtant loin d&#8217;avoir course gagnée. Les Grecs eux-mêmes n&#8217;auraient peut-être pas parié sur ce cheval. N&#8217;avait-il pas franchi la ligne d&#8217;arrivée qu&#8217;à la cinquième position deux semaines plus tôt lors des qualifications ?</p>
<p>La course fut d&#8217;abord menée par le Français Lemusiaux, qui était suivi de près par l&#8217;Australien Flack, déjà vainqueur sur 800m et 1500m, et le Hongrois Kellner. Derrière eux, les coureurs Grecs et le premier d&#8217;entre eux, Ioannis Lavrentis. Spiro est encore loin. Mais la course se durcit, et à mesure que les kilomètres défilent, des concurrents défaillent. Spiro choisi &#8211; sagement ? &#8211; de s&#8217;arrêter dans une auberge où il avale cul sec un verre de rouge et demande où en sont les autres concurrents. À peine promet-il de remporter la course qu&#8217;il entame sa remontée, dépasse tour à tour Lemusiaux, qui abandonnera après s&#8217;être fait soigné, et Flack, qui s&#8217;écroulera inconscient dans une voiture après avoir meurtri un spectateur.</p>
<p>Pendant ce temps, le stade est silencieux et peine à se distraire devant le concours de saut à la perche. Soudain, un canon et une rumeur annonce l&#8217;arrivée proche des concurrents. Un bruit cours, « une énorme agitation ébranle la masse, un immense <em>Nenikikamen ! « </em>Nous avons vaincu ! »<a href="#sdfootnote5sym" title="sdfootnote5anc" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a> » Entre dans le stade Spiro qui titube victorieusement jusqu&#8217;à la ligne d&#8217;arrivée, mais qui paradoxalement ne marque presque aucun épuisement.</p>
<p>Voici le premier champion olympique grec. Voici le premier vainqueur du marathon. Son sort ? Toute la Grèce l&#8217;acclame !. Les riches se cotisent et lui offrent un champ ; une dame de Smyrne lui attache de sa main une chaîne en or. On l&#8217;essuie, on le frotte, on le caresse et le cajole. Dimanche soir, il sera invité chez le roi, lui en fustanelle blanche, les autres en uniformes.</p>
<p>Avant la course, Mademoiselle Y&#8230;, « une jeune et jolie fille, la plus jolie, dit-on, de la bourgeoisie athénienne<a href="#sdfootnote6sym" title="sdfootnote6anc" name="sdfootnote6anc"><sup>6</sup></a> » avait promis sa main au vainqueur si celui-ci était Hellène. Ce n&#8217;était pas un grand risque, les concurrents appartenant pour la plupart à des familles excellentes. Sauf ce petit pâtre descendu de Maroussi qui eut l&#8217;audace de courir plus vite que la Grèce, l&#8217;Europe et l&#8217;Amérique.</p>
<p>La <em>Revue Olympique</em> du 6 juin 1906 fait remarquer « le désintéressement du berger Spiridion Louys [qui] [...] avait, avec un remarquable esprit sportif, repoussé de semblables dons. » Pourtant, on l&#8217;accusa de rompre avec les principes de l&#8217;amateurisme avec lesquels nul ne transigeait à l&#8217;époque, pas même Coubertin qui confessera pourtant tardivement qu&#8217;il n&#8217;y avait dans ses prises de positions contre le professionnalisme que de l&#8217;opportunisme. Il est vrai que le monopole de l&#8217;approvisionnement en eau de la capitale grecque, depuis les sources de Maroussi, lui aurait été accordé. Est-ce là la raison qui l&#8217;empêcha de prendre part à d&#8217;autres compétitions ? Ce premier marathon paraît en effet avoir été son dernier.</p>
<p>Reste qu&#8217;on lui éleva une statue dans le stade panathénaïque, pour le rendre toujours présent dans ce lieu qu&#8217;il parvint à faire vibrer dans l&#8217;eurythmie de sa foulée. Encore aujourd&#8217;hui, les Grecs disent « courir comme un Louis. »</p>
<p><a href="http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/htiler-et-spiro-louys/" rel="attachment wp-att-138" title="Htiler et Spiro Louys"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/hitler_louis.thumbnail.jpg" alt="Htiler et Spiro Louys" align="right" /></a>Quarante ans plus tard, il revient aux Jeux Olympiques. C&#8217;était à Berlin, en 1936. Ce vieillard de seulement 63 ans porte la première flamme olympique, défile en tête de la délégation grecque tout en portant haut son drapeau. Il remet à Hitler le rameau de la paix, fait de branches d&#8217;olivier dont il est plaisant d&#8217;imaginer qu&#8217;elles furent ramassées par Spiro lui-même sur son sol de Maroussi.</p>
<p>La flamme de Louys s&#8217;éteint quant à elle définitivement le 23 mars 1940, quelques mois avant l&#8217;invasion de la Grèce par Mussolini. Cruelle ironie du sport. La mort du marathonomque antique avait annoncé la fin d&#8217;une guerre ; celle du moderne le commencement d&#8217;une nouvelle.</p>
<p>________________</p>
<p><a href="#sdfootnote1anc" title="sdfootnote1sym" name="sdfootnote1sym">1</a>C&#8217;était 	en 490 (avant Jésus-Christ, faut-il préciser), à 	l&#8217;occasion de la première guerre médique.</p>
<p><a href="#sdfootnote2anc" title="sdfootnote2sym" name="sdfootnote2sym">2</a>Pierre 	de Coubertin, <em>Mémoires Olympiques</em>, 	1931.</p>
<p><a href="#sdfootnote3anc" title="sdfootnote3sym" name="sdfootnote3sym">3</a>Ce 	n&#8217;est en effet que bien plus tard, en 1921, que l&#8217;on prendra pour 	référence la distance du marathon couru à 	Londres à l&#8217;occasion des Jeux Olympiques de 1908 tenus dans 	cette même ville, et qui était précisément 	de 26 milles et 385 yards, c&#8217;est-à-dire 42.195 kilomètres, 	pas moinsse.</p>
<p><a href="#sdfootnote4anc" title="sdfootnote4sym" name="sdfootnote4sym">4</a>Charles 	Maurras, <em>Quatrième lettre des Jeux olympiques</em>, 	1896.</p>
<p><a href="#sdfootnote5anc" title="sdfootnote5sym" name="sdfootnote5sym">5</a>Charles 	Maurras, <em>Ibid.</em></p>
<p><a href="#sdfootnote6anc" title="sdfootnote6sym" name="sdfootnote6sym">6</a>Charles 	Maurras, <em>Cinquième lettre des Jeux olympiques</em>, 	1896.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Lettres-Jeux-olympiques-Charles-Maurras/dp/208071208X%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D208071208X"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51NMJ1WEHSL._SL110_.jpg" width="67" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Lettres-Jeux-olympiques-Charles-Maurras/dp/208071208X%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D208071208X">Lettres des Jeux olympiques</a></h3>
<p class="author">Axel Tisserand (Commentaires).					Flammarion 2004, 					Poche,				183 pages,				&#8364;&#160;7,88</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/spiro-louys-le-premier-marathonomaque/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Alexis de Tocqueville, L&#8217;Ancien Régime et la Révolution</title>
		<link>http://www.morbleu.com/alexis-de-tocqueville-lancien-regime-et-la-revolution/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/alexis-de-tocqueville-lancien-regime-et-la-revolution/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Jan 2007 09:13:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Doxographies]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[1789]]></category>
		<category><![CDATA[Ancien Régime]]></category>
		<category><![CDATA[Droite]]></category>
		<category><![CDATA[Féodalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Socialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tocqueville]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/alexis-de-tocqueville-lancien-regime-et-la-revolution/</guid>
		<description><![CDATA[Il y eut au XVIIIe siècle bien des révolutions libérales. Notamment l&#8217;américaine, dont Tocqueville (1805 &#8211; 1859) étudia d&#8217;une certaine manière les effets dans le désormais classique De la démocratie en Amérique qui est, plus largement, une lecture de la civilisation américaine. L&#8217;Ancien Régime et la Révolution, texte plus tardif du même Tocqueville, tente quant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/alexis-de-tocqueville-lancien-regime-et-la-revolution/alexis-de-tocqueville/" rel="attachment wp-att-181" title="Alexis de Tocqueville"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/utocqueville.thumbnail.jpg" alt="Alexis de Tocqueville" align="right" /></a>Il y eut au XVIIIe siècle bien des révolutions libérales. Notamment l&#8217;américaine, dont Tocqueville (1805 &#8211; 1859) étudia d&#8217;une certaine manière les effets dans le désormais classique <em>De la démocratie en Amérique </em>qui est, plus largement, une lecture de la civilisation américaine.</p>
<p><em>L&#8217;Ancien Régime et la Révolution</em>, texte plus tardif du même Tocqueville, tente quant à lui de cerner les causes qui enfantèrent une autre révolution : la française de 1789.</p>
<p>La thèse que présente Tocqueville est que la Révolution française ne constitue pas une rupture dans l&#8217;histoire de France. Il y a pour lui une continuité entre l&#8217;avant et l&#8217;après. La Révolution n&#8217;est pas sortie de rien. L&#8217;Ancien Régime était fondé sur un terreau de liberté qui contenait ainsi les premiers germes de son effondrement. Pour Tocqueville, la Révolution ne fit qu&#8217;abolir les derniers privilèges féodaux pour compléter les libertés déjà acquises progressivement jusqu&#8217;au XVIIIe siècle.</p>
<p>L&#8217;extrait présenté ci-dessous est tiré d&#8217;un des derniers chapitres du livre. Dans les pages précédentes, Tocqueville montra en quoi maintes libertés que l&#8217;on croit faussement être les fruits de la Révolution existaient déjà durant l&#8217;Ancien Régime. Après avoir minutieusement reconstitué ce paysage pré-révolutionnaire, il montre comment la Révolution en est sortie presque nécessairement.</p>
<p><span id="more-182"></span>Le texte étudié ici compare deux notions dont on peut dire encore aujourd&#8217;hui qu&#8217;elles structurent grossièrement les camps du libéralisme et du socialisme, et qu&#8217;on assimile grossièrement également à la droite et à la gauche, au prix de quelques contre-sens. Ces notions, ce sont la <em>liberté </em>et <em>l&#8217;égalité</em>. Quelles sont leurs natures ? Sont-elles antinomiques ? Doit-on en privilégier une plutôt que l&#8217;autre ? Ces questions structurent encore le débat politique contemporain. C&#8217;est la dialectique entre ces deux « passions » qui furent principalement le moteur de la Révolution.</p>
<p>Pour Tocqueville, le crime fut de délaisser la liberté, ce que l&#8217;on fit après, et même pendant la Révolution. Cela n&#8217;eut pour résultat que d&#8217;ouvrir grand la voie à la tyrannie napoléonnienne. Si l&#8217;on suit l&#8217;auteur, il eut été possible d&#8217;éviter tant de sang, d&#8217;éviter la Révolution même pour peu que l&#8217;on ait gardé un bon équilibre entre la liberté et l&#8217;égalité.</p>
<p><strong>Tocqueville, <em>L&#8217;Ancien Régime et la Révolution</em>, Livre III, Chapitre VIII « Comment la Révolution est sortie d&#8217;elle-même de ce qui précède », 1856</strong></p>
<blockquote><p>Ceux qui ont étudié attentivement, en lisant ce livre, la France au XVIIIe siècle, ont pu voir naître et se développer dans son sein deux passions principales, qui n&#8217;ont point été contemporaines et n&#8217;ont pas toujours tendu au même but.</p>
<p>L&#8217;une, plus profonde et venant de plus loin, est la haine violente et inextinguible de l&#8217;inégalité. Celle-ci était née et s&#8217;était nourrie de la vue de cette inégalité même, et elle poussait depuis longtemps les Français, avec une force continue et irrésistible, à vouloir détruire jusque dans leurs fondements tout ce qui restait des institutions du moyen âge, et, le terrain vidé, à y bâtir une société où les hommes fussent aussi semblables et les conditions aussi égales que l&#8217;humanité le comporte.</p>
<p>L&#8217;autre, plus récente et moins enracinée, les portait à vouloir vivre non seulement égaux, mais libres.</p>
<p>Vers la fin de l&#8217;ancien régime ces deux passions sont aussi sincères et paraissent aussi vives l&#8217;une que l&#8217;autre. A l&#8217;entrée de la Révolution, elles se rencontrent ; elles se mêlent alors et se confondent un moment, s&#8217;échauffent l&#8217;une l&#8217;autre dans le contact, et enflamment enfin à la fois tout le coeur de la France. C&#8217;est 89, temps d&#8217;inexpérience sans doute, mais de générosité, d&#8217;enthousiasme, de virilité et de grandeur, temps d&#8217;immortelle mémoire, vers lequel se tourneront avec admiration et avec respect les regards des hommes, quand ceux qui l&#8217;ont vu et nous-mêmes auront disparu depuis longtemps. Alors les Français furent assez fiers de leur cause et d&#8217;eux-mêmes pour croire qu&#8217;ils pouvaient être égaux dans la liberté. Au milieu des institutions démocratiques ils placèrent donc partout des institutions libres. Non seulement ils réduisirent en poussière cette législation surannée qui divisait les hommes en  castes, en corporations, en classes, et rendaient leurs droits plus inégaux encore que leurs conditions, mais ils brisèrent d&#8217;un seul coup ces autres lois, oeuvres plus récentes du pouvoir royal, qui avaient ôté à la nation la libre jouissance d&#8217;elle-même, et avaient placé à côté de chaque Français le gouvernement, pour être son précepteur, son tuteur, et, au besoin, son oppresseur. Avec le gouvernement absolu la centralisation tomba.</p>
<p>Mais quand cette génération vigoureuse, qui avait commencé la Révolution, eut été détruite ou énervée, ainsi que cela arrive d&#8217;ordinaire à toute génération qui entame de telles entreprises ; lorsque, suivant le cours naturel des événements de cette espèce, l&#8217;amour de la liberté se fut découragé et alangui au milieu de l&#8217;anarchie et de la dictature populaire, et que la nation éperdue commença à chercher comme à tâtons son maître, le gouvernement absolu trouva pour renaître et se fonder des facilités prodigieuses, que découvrit sans peine le génie de celui qui allait être tout à la fois la continuateur de la Révolution et son destructeur.</p>
<p>L&#8217;ancien régime avait contenu, en effet, tout un ensemble d&#8217;institutions de date moderne, qui, n&#8217;étant point hostiles à l&#8217;égalité, pouvaient facilement prendre place dans la société nouvelle, et qui pourtant offraient au despotisme des facilités singulières. On les rechercha au milieu des débris de toutes les autres et on les retrouva. Ces institutions avaient fait naître jadis des habitudes, des passions, des idées qui tendaient à tenir les hommes divisés et obéissants ; on raviva celle-ci et on s&#8217;en aida. On ressaisit la centralisation dans ses ruines et on la restaura ; et comme, en même temps qu&#8217;elle se relevait, tout ce qui avait pu autrefois la limiter restait détruit, des entrailles même d&#8217;une nation qui venait de renverser la royauté on vit sortir tout à coup un pouvoir plus étendu, plus détaillé, plus absolu que celui qui avait été exercé par aucun de nos rois. L&#8217;entreprise parut d&#8217;une témérité extraordinaire et son succès inouï, parce qu&#8217;on ne pensait qu&#8217;à ce qu&#8217;on voyait et qu&#8217;on oubliait ce qu&#8217;on avait vu. Le dominateur tomba, mais ce qu&#8217;il y avait de plus substantiel dans son oeuvre resta debout ; son gouvernement mort, son administration continua de vivre, et, toutes les fois qu&#8217;on a voulu depuis abattre le pouvoir absolu, on s&#8217;est borné à placer la tête de la Liberté sur un corps servile.</p>
<p>À plusieurs reprises, depuis que la Révolution a commencé jusqu&#8217;à nos jours, on voit la passion de la liberté s&#8217;éteindre, puis renaître, puis s&#8217;éteindre encore, et puis encore renaître ; ainsi fera-t-elle longtemps, toujours inexpérimentée et mal réglée, facile à décourager, à effrayer et à vaincre, superficielle et passagère. Pendant ce même temps la passion pour l&#8217;égalité occupe toujours le fond des coeurs dont elle s&#8217;est emparée la première ; elle s&#8217;y retient aux sentiments qui nous sont les plus chers ; tandis que l&#8217;une change sans cesse d&#8217;aspect, diminue, grandit, se fortifie, se débilite suivant les événements, l&#8217;autre est toujours la même, toujours attachée au même but avec la même ardeur obstinée et souvent aveugle, prête à tout sacrifier à ceux qui lui permettent de se satisfaire, et à fournir au gouvernement qui veut la favoriser et la flatter les habitudes, les idées, les lois dont le despotisme a besoin pour régner.</p>
<p>La révolution française ne sera que ténèbres pour ceux qui ne voudront regarder qu&#8217;elle ; c&#8217;est dans les temps qui la précèdent qu&#8217;il faut chercher la seule lumière qui puisse l&#8217;éclairer. Sans une vue nette de l&#8217;ancienne société, de ses lois, de ses vices, de ses préjugés, de ses misères, de sa grandeur, on ne comprendra jamais ce qu&#8217;ont fait les Français pendant le cours des soixante années qui ont suivi sa chute ; mais cette vue ne suffirait pas encore si l&#8217;on pénétrait jusqu&#8217;au naturel même de notre nation.</p></blockquote>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/LAncien-R%C3%A9gime-R%C3%A9volution-Alexis-Tocqueville/dp/2080705008%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2080705008"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VGPVKAZ2L._SL110_.jpg" width="66" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/LAncien-R%C3%A9gime-R%C3%A9volution-Alexis-Tocqueville/dp/2080705008%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2080705008">L&#8217;Ancien Régime et la Révolution</a></h3>
<p class="author">Alexis de Tocqueville.					Flammarion 1993, 					Poche,				411 pages,				&#8364;&#160;6,40</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/alexis-de-tocqueville-lancien-regime-et-la-revolution/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>De la fin de l&#8217;histoire</title>
		<link>http://www.morbleu.com/de-la-fin-de-lhistoire/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/de-la-fin-de-lhistoire/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 29 Jul 2006 16:52:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[bush]]></category>
		<category><![CDATA[Communisme]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Finalité]]></category>
		<category><![CDATA[Fukuyama]]></category>
		<category><![CDATA[Hegel]]></category>
		<category><![CDATA[Historicisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lénine]]></category>
		<category><![CDATA[Marx]]></category>
		<category><![CDATA[Néoconservatisme]]></category>
		<category><![CDATA[Popper]]></category>
		<category><![CDATA[Progrès]]></category>
		<category><![CDATA[Téléologie]]></category>
		<category><![CDATA[Todd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/de-la-fin-de-lhistoire/</guid>
		<description><![CDATA[Fukuyama pense que la démocratie libérale se trouve à la fin de l&#8217;histoire. Marx pensait que c&#8217;était la société sans classes. Du coup, Lénine, suivant le mot de Popper, « appuyait l&#8217;inévitable » afin de précipiter la chute de la société capitaliste. Il suffisait d&#8217;aider l&#8217;histoire à s&#8217;accélérer. De même, Fukuyama trouve que les néoconservateurs font preuve [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/de-la-fin-de-lhistoire/francis-fukuyama/" rel="attachment wp-att-265" title="Francis Fukuyama"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/05/fukuyama-caricature.thumbnail.jpg" alt="Francis Fukuyama" align="right" /></a>Fukuyama pense que la démocratie libérale se trouve à la fin de l&#8217;histoire. Marx pensait que c&#8217;était la société sans classes. Du coup, Lénine, suivant le mot de Popper, « appuyait l&#8217;inévitable » afin de précipiter la chute de la société capitaliste. Il suffisait d&#8217;aider l&#8217;histoire à s&#8217;accélérer. De même, Fukuyama trouve que les néoconservateurs font preuve d&#8217;historicisme, puisqu&#8217;il pense que ceux-ci veulent « appuyer l&#8217;inévitable » arrivée de la démocratie.</p>
<p align="justify"><span id="more-264"></span> 	Mais est-on bien dans la même situation ? Il est vrai que nombre de néoconservateurs sont des marxistes repentis, et peut-être ont-ils conservé quelques vieux réflexes, parmi lesquels, l&#8217;historicisme. Il n&#8217;empêche qu&#8217;il réside peut-être dans l&#8217;attitude de Fukuyama quelque chose comme un argument paresseux.</p>
<p align="justify"> 	En fait, tout comme le fatalisme, l&#8217;historicisme semble avoir deux tête : la face paresseuse et la face courageuse. La courageuse chez Lénine et la paresseuse chez Todd ou Fukuyama. La courageuse vient vous enjoindre à accélérer le mouvement de l&#8217;histoire pour arriver plus rapidement à sa fin supposée. La paresseuse vous somme de ne rien faire et d&#8217;attendre les bras croisés, car tôt ou tard, ceci arrivera. Dans les deux cas, c&#8217;est un travers redoutable.</p>
<p align="justify"> 	Lénine : la société sans classes est à la fin de l&#8217;histoire ; précipitons la chute du capitalisme.</p>
<p align="justify"> 	Les néoconservateurs : la démocratie est à la fin de l&#8217;histoire ; aidons-la à s&#8217;installer par les armes.</p>
<p align="justify"> 	Fukuyama : la démocratie est à la fin de l&#8217;histoire ; ne faites rien, contentez-vous de l&#8217;attendre sagement.</p>
<p align="justify"> 	Paresseux ou courageux, l&#8217;historicisme n&#8217;en reste pas moins un travers duquel il faut tâcher de se garder pour agir politiquement. Mais est-ce si simple ? Comment agir ici et maintenant sans se représenter sur le plus ou moins long terme l&#8217;avenir ? L&#8217;action d&#8217;aujourd&#8217;hui prépare le demain ; j&#8217;agis de telle sorte aujourd&#8217;hui car je pense que telles seront les conséquences demain de cette action. D&#8217;où le constat qu&#8217;une théorie de l&#8217;histoire plus ou moins élaborée est toujours présupposée pour chaque action. Il n&#8217;est donc pas si évident qu&#8217;il le semble de se débarrasser de tout pensée historiciste.</p>
<p align="justify">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Fin-lhistoire-dernier-homme/dp/2080812904%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2080812904"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/516A0KZX7WL._SL110_.jpg" width="66" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Fin-lhistoire-dernier-homme/dp/2080812904%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2080812904">La Fin de l&#8217;histoire et le dernier homme</a></h3>
<p class="author">D.-A. Canal (Traduction).					Flammarion 1993, 					Poche,				448 pages,				&#8364;&#160;8,00</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/de-la-fin-de-lhistoire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Histoire de la famille américaine</title>
		<link>http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2005 21:35:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/</guid>
		<description><![CDATA[INTRODUCTION On peut faire de l&#8217;histoire et de l&#8217;histoire de la famille de plusieurs façons. On essayera de rendre compte de manière exhaustive de celles-ci. L&#8217;objet du cours étant de comprendre comment les sciences humaines peuvent construire leur objet, on s&#8217;attardera dans un premier temps sur des réflexions d&#8217;ordre méthodologique. En second lieu, on examinera [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/grant-wood/gothique-americain/" rel="attachment wp-att-40" title="Gothique américain"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/wood.thumbnail.jpg" alt="Gothique américain" align="right" /></a><strong>INTRODUCTION</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	On peut faire de l&#8217;histoire et de l&#8217;histoire de la famille de 	plusieurs façons. On essayera de rendre compte de manière 	exhaustive de celles-ci.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	L&#8217;objet du cours étant de comprendre comment les sciences 	humaines peuvent construire leur objet, on s&#8217;attardera dans un 	premier temps sur des réflexions d&#8217;ordre méthodologique. 	En second lieu, on examinera un cas concret d&#8217;une histoire de la 	famille en étudiant la famille américaine. En 	troisième lieu, on tentera de voir si l&#8217;on peut trouver des 	liens plus profonds liant la famille et l&#8217;histoire.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><span id="more-41"></span><strong>I – METHODOLOGIE</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><strong>	</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><strong>	1) Histoire, famille, foyer</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>Histoire</strong> : Vient étymologiquement de recherche, 	information. Lalande : « connaissance des différents 	états réalisés successivement dans le passé 	par un objet quelconque de connaissance : un peuple, une 	institution, une espèce vivante, une science, une langue, 	etc »</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>Histoire de la famille</strong> : on étudiera la famille. 	Problème : pour qu&#8217;il y ait histoire, il faut qu&#8217;il y ait des 	changements par rapport à l&#8217;objet : ce sera l&#8217;histoire des 	changements de cet objet, la recherche des causes qui ont pu y 	conduire, etc. Or, quelque chose peut-il rester la même chose 	tout en changeant? C&#8217;est la difficulté de l&#8217;histoire en 	général, par exemple, pour l&#8217;histoire de France, où 	faut-il commencer (Gaulois), dans quel lieu (la Lotharingie), etc.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>Définition</strong> de la famille dans le Larousse : « ensemble 	formé par le père, la mère et les enfants ». 	Satisfaisante en apparence, c&#8217;est une définition qui n&#8217;est 	pas très générale, peu utilisable : comment 	rendre compte des familles recomposées, des foyers 	monoparental, des couples gay ou lesbiens, des familles polygames, 	du pacs, du concubinage, etc. Peut-on seulement donner une 	définition de la famille? C&#8217;est le problème des 	définitions qui, selon Kant, sont impossibles ailleurs qu&#8217;en 	mathématique. Il y a une définition mouvante de la 	famille, toute la difficulté de l&#8217;histoire de la famille est 	de travailler avec cette définition. Famille vient du latin 	<em>familia </em>signifiant « l&#8217;ensemble des serviteurs 	vivant sous le même toit, maison de famille ». 	L&#8217;idée de personnes reliées par le sang n&#8217;apparaît 	que tardivement, après le Moyen-Âge où la 	famille désigne les « serviteurs ». La 	difficulté sera de ne pas passer à coté de 	formes de familles (par exemple, les familles homoparentales) tout 	en ne s&#8217;attardant pas à ce qui n&#8217;est pas une famille 	(célibataires).</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><strong>Peter 	Laslett</strong><span> (Singly 1) tenta de 	réaliser une typologie des familles en 1972 pour permettre de 	l&#8217;étudier (cf Annexe 3). Mais ce tableau est comme les 	catégories de Kant : il se veut exhaustif, mais on doute 	toujours qu&#8217;il soit à jamais complet.</span></p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><strong>2) 			Historiographie de l&#8217;histoire de la famille</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	La <strong>sociologie</strong> : il y a des rapports étroits. Mais la 	sociologie s&#8217;en distingue par ceci qu&#8217;elle croit dans la plupart des 	cas pouvoir trouver des lois (Comte). En ce sens, elle a tendance à 	abstraire la famille, à n&#8217;en retenir que la forme et ne plus 	s&#8217;intéresser à la matière, pour aboutir en 	quelque sorte à l&#8217;objet en soi, la famille en soi et son 	histoire (<em>Sciences sociales </em>5).</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	C&#8217;est ce que fait <strong>Le Play</strong> quand il distingue famille 	patriarcale où « tous les fils se mariaient et 	s&#8217;établissaient au foyer paternel », 	famille-souche où le père choisit un seul des enfants 	et famille nucléaire : la famille est partie de la famille 	patriarcale et de la famille souche pour aboutir à la famille 	nucléaire, ce qui est d&#8217;après lui un facteur de 	trouble.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>Durkheim</strong> a lui aussi tenté de réaliser une 	généalogie de la famille, sa thèse étant 	notamment celle d&#8217;une contraction de celle-ci. À l&#8217;origine, 	celle-ci s&#8217;identifie avec le clan, à l&#8217;intérieur 	duquel se trouve des groupes consanguins, où l&#8217;homme, la 	femme et ses enfants tentent de s&#8217;isoler, bien qu&#8217;il n&#8217;y ait aucun 	lien juridique; la famille conjugale fondée sur le <span class='wp_keywordlink'><a href="http://www.morbleu.com/le-philosophe-doit-il-se-marier-et-mourir-en-socrate-plutot-quen-nietzsche/" title="mariage">mariage</a></span> 	est ainsi « le terme d&#8217;une évolution au cours de 	laquelle la famille se contracte à mesure que le milieu 	social avec lequel l&#8217;individu est en relation immédiate 	s&#8217;entend d&#8217;avantage », qui s&#8217;accompagne d&#8217;une 	modification de sa constitution : le communisme familial est 	progressivement ébranlé, lorsque de la famille 	agnatique émerge la famille patriarcale.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span style="font-style: normal"><span>Toutes 	ces tentatives sont semblables à ce que faisait </span></span><span style="font-style: normal"><strong>Rousseau</strong></span><span style="font-style: normal"><span>. 	Lui aussi faisait de l&#8217;histoire à sa façon : « O 	homme, de quelque contrée que tu sois, quelles que soient tes 	opinions, écoute. Voici ton histoire telle que j&#8217;ai cru la 	lire, non dans les livres de tes semblables qui sont menteurs, mais 	dans la nature qui ne ment jamais » (Rousseau 6, 	Introduction). Il se moquait bien des faits, c&#8217;était une 	histoire imaginaire, au sens où il imaginait comment cela 	devait être. Dans cette optique, l&#8217;ouvrage de Rousseau est 	valide pour notre étude. De même, pour Durkheim et Le 	Play, on aurait pu dire « O famille ».</span></span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	Ces tentatives font donc passer les faits après : ainsi, la 	théorie de Le Play se trouve falsifiée car en 	Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en France du Nord et de l&#8217;Ouest, la 	famille nucléaire est bien établie depuis le 	Moyen-Âge. En ce qui concerne Durkheim, il semble que la 	famille conjugale était très répandue dans les 	classes inférieures durant l&#8217;Antiquité et le 	Moyen-Âge, qu&#8217;ensuite aux XIVe et XVe siècle ce fut 	l&#8217;apogée des familles élargies en raison semble-t-il 	de la guerre de Cent Ans et de la crise économique qui s&#8217;en 	suivit.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	Il y a donc 2 types d&#8217;histoire : une dont on pourrait dire qu&#8217;elle 	est formelle et l&#8217;autre matérielle. On voit donc la 	différence qu&#8217;il peut y avoir entre une histoire de la 	famille et une histoire sociologique de la famille. La seconde est 	peu soucieuse des faits, et propose avant tout une sorte de modèle. 	La seconde va se cantonner aux faits, tenter de les expliquer en 	cherchant des causes historiques, essayer de trouver des tournants. 	C&#8217;est une méthode qui est plus empirique si l&#8217;on peut dire.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	La <strong>démographie</strong> est alors un des outils principaux 	permettant de réaliser une telle histoire. Comme le rappel 	d&#8217;ailleurs <strong>François Lebrun</strong> (Singly 1), l&#8217;histoire de 	la famille faisait d&#8217;ailleurs partie de cette discipline : on 	tentait d&#8217;étudier les structures démographiques et 	familiales, en étudiant notamment des facteurs comme ceux de 	la natalité, de la mortalité, de la fécondité.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	Puis sont venues d&#8217;autres questions qui dépassaient l&#8217;angle 	purement démographique, comme celle concernant l&#8217;évolution 	de son rôle dans la société. Finalement, 1974 	marque un tournant dans l&#8217;historiographie française de la 	famille lorsqu&#8217;est posé comme sujet à l&#8217;agrégation 	une question intitulée « La famille et l&#8217;enfant en 	France et en Angleterre du XVIe au XVIIIe siècle » 	. C&#8217;est ainsi qu&#8217;on passe à quelque chose qui relève 	plus de l&#8217;histoire telle qu&#8217;on peut l&#8217;enseigner usuellement.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>3) Histoire de la famille américaine</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	Ainsi, une histoire de la famille, si elle ne veut pas être 	une histoire sociologique doit s&#8217;attacher à un objet 	déterminé et ne pas s&#8217;effectuer abstraitement. Si elle 	ne veut pas être uniquement une histoire démographique, 	elle doit se poser la question de son rôle dans l&#8217;histoire. 	C&#8217;est pourquoi on a choisi de réaliser une histoire de la 	famille américaine.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	On a choisi d&#8217;étudier la famille américaine pour 	plusieurs raisons. 1) C&#8217;est le pays où l&#8217;on a fait le plus 	tôt des recensements vastes, fiables et complets. 2) C&#8217;est un 	pays vaste et une terre d&#8217;immigration : il y a ainsi autant de 	chances supplémentaires pour que l&#8217;on puisse rencontrer des 	formes variées de famille, pour pouvoir les comparer, et 	peut-être ainsi toucher quelque chose d&#8217;universel sur la 	famille. 3) C&#8217;est un pays où l&#8217;on hésite pas à 	parler en terme de races, alors qu&#8217;en France cela est encore assez 	tabou (polémique avec Finkielkraut au sujet des émeutes) 	: au niveau étatique, on peut disposer de statistiques 	ethniques sur la population alors que c&#8217;est quasiment impossible en 	France (on avait du mal à savoir le nombre de musulmans). 	Ainsi en 1990, la recensement comprend une question sur la race où 	chaque personne doit s&#8217;identifier comme Caucasien, Noir, Amérindien 	ou Asiatique, et en 2000, chaque personne peut cocher plusieurs 	cases (<em>La civilisation</em> 4, p. 90). Il y avait déjà 	au XVIIIe des recensements religieux. 4) C&#8217;est un pays qui laisse 	rarement indifférent, mais qu&#8217;on connaît la plupart du 	temps assez mal; c&#8217;est une occasion d&#8217;en connaître encore 	plus.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><strong>II – UNE HISTOIRE DE LA FAMILLE : L&#8217;EVOLUTION DU FOYER AMERICAIN</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>1) Les origines des familles américaines</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	Depuis 1790, il y a <strong>un recensement décennal</strong>. En 1790, 	il y avait 3 929 214 habitants. En 2000, la population était 	de 281.4 millions d&#8217;habitants. Au cours du XIXe, la population fut 	multipliée par 13 en raison des nombreuses vagues 	d&#8217;immigrations. Avant d&#8217;étudier la famille américaine, 	il est nécessaire de revenir sur les origines des habitants 	des Etats-Unis.</p>
</li>
</ul>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>La colonisation</strong>. Le continent était peuplé 	avant Colomb de 1 500 000 Amérindiens, anciennement des 	mongoloïdes. C&#8217;est en 1492 que l&#8217;Amérique fut découverte 	par Colomb, même si c&#8217;est Amérigo Vespuchi qui lui 	laissera le nom. Pour ce qui est de l&#8217;Amérique du Nord, les 	Français avec Jacques Cartier arrivent à Montréal 	en 1534. Mais leur influence restera limitée. Les Espagnols 	colonisent quant à eux le Sud, et c&#8217;est à eux que l&#8217;on 	doit le plus ancien bâtiment construit par des européens 	au XVIe siècle à Santa Fe au Nouveau Mexique. Cela 	concerne surtout le Sud. Pour les Anglais, il faut attendre 1607 	pour que la colonie de Jamestown soit fondée. En 1620 	arrivent les Pélerins du May Flower, en 1680 est fondée 	la Pennsylvanie. Les Anglais arrivent au Nord. Les Allemands et les 	Hollandais arrivent aussi en nombre. La guerre de Sept Ans 	(1756-1763) marque la fin de la présence française en 	Amérique. En 1776, la Déclaration d&#8217;indépendance 	est proclamée et en 1783, la Constitution est adoptée 	: c&#8217;est la fin de la présence anglaise en Amérique. 	Reste les Espagnols, dont la présence s&#8217;achèvera en 	1821 avec l&#8217;indépendance du Mexique. Si la présence 	politique de ces grandes nations disparaît, les populations 	demeurent, au point que Thomas Paine dira en 1776 que « c&#8217;est 	l&#8217;Europe, et non l&#8217;Angleterre, qui est la terre mère de 	l&#8217;Amérique » (<em>Civilisation</em> 4, p 9).  Depuis 	1619, des esclaves africains sont amenés de force.</p>
</li>
</ul>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span style="font-style: normal"><strong>L&#8217;immigration</strong></span><span style="font-style: normal"><span>. 	</span></span>C&#8217;est ensuite entre 1840 et 1860 que les Etats-Unis 	accueillent leur première vague d&#8217;immigration. En Europe, il 	y a une forte croissance démographique, mais également 	une faiblesse des récoltes (maladie de la pomme de terre en 	Irlande), au point que 5 millions de personnes par an quittent leur 	pays. Beaucoup d&#8217;Allemands émigrent pendant la guerre de 	Sécession. Aujourd&#8217;hui, 22% des Américains ont un 	ancêtre allemand, et 39 millions d&#8217;Américains ont des 	origines irlandaises. À partir de 1870, il y a une deuxième 	vague beaucoup plus massive : jusque dans les années 1880, 	c&#8217;est une population anglaise, néerlandaise et scandinave qui 	arrive. Ensuite, du XXe siècle à 1920, ce sont des 	immigrants du sud et de l&#8217;est de l&#8217;Europe qui arrivent, 	principalement d&#8217;Italie et de Russie. C&#8217;est à partir de 1880 	que les Juifs arrivent en nombre, fuyant les pogroms : au cours des 	45 années qui suivent, ils seront 2 millions. Au total, entre 	1870 et 1920, 20 millions d&#8217;Européens débarquent aux 	Etats-Unis, dont 4 millions d&#8217;Italiens, 4 millions 	d&#8217;Austro-Hongrois, 3.4 millions de Russes et de Polonais. Entre 1820 	et 1920, il y a 2 millions d&#8217;immigrants scandinaves dont la moitié 	est suédoise, un tiers sont norvégiens, et un sur sept 	danois. De même, entre 1880 et 1920, 420 000 Grecs quittent 	leur pays, et entre 1890 et 1914, 400 000 Croates. Ensuite, à 	partir de 1965, deux évolutions se font sentir. 1) 	L&#8217;immigration ne vient plus exclusivement d&#8217;Europe 2) L&#8217;immigration 	est plus terrestre que maritime : elle devient plus difficile à 	contrôler; ce sont des centaines de milliers d&#8217;Hispanniques 	qui viennent du Mexique pour la moitié, les autres étant 	originaires du Salvador, de Colombie, de Cuba, ou encore de 	République dominicaine. Cela modifie donc le profil 	démographique des Etats-Unis vers une société 	encore plus multiraciale et multiethnique. Voir graphique 	<span style="font-style: normal"><span>(</span></span><em><span>Civilisation</span></em><span style="font-style: normal"><span> 	4, p 11). Cependant, 65% des immigrants s&#8217;installent dans une 	dizaine de régions, en particulier celles de New York ou de 	Los Angeles qui en même temps connaissent un phénomène 	d&#8217;exode urbain. C&#8217;est là qu&#8217;intervient une </span></span><span style="font-style: normal"><strong>question 	familiale</strong></span><span style="font-style: normal"><span> 	: les immigrants les moins qualifiés sont en effet dépendants 	des liens familiaux pour les aider; on assiste donc à des 	regroupements familiaux des diverses populations. Des familles 	d&#8217;immigrés ont en effet déménagé vers ce 	qu&#8217;on appelle le « Nouveau Sud » et à 	l&#8217;Ouest, où il y avait une forte demande d&#8217;emploi.</span></span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><strong>Les 	politiques d&#8217;immigration</strong><span>. 	L&#8217;immigration ne va pas de soi. Il y a tellement d&#8217;immigrants que 	des politiques furent menées pour tenter de gérer le 	processus. Déjà en 1882, il y avait une loi sur 	l&#8217;immigration chinoise qui l&#8217;interdisait. Ellis Island fut également 	créé à la fin du XIXe (Céline, </span><em><span>Voyage 	au bout de la nuit</span></em><span> ?). 	En 1875, les prostituées et les malades mentaux sont 	interdits. De même, en 1893, les porteurs de maladies 	contagieuses, comme la tuberculose, sont interdits. Il faut pouvoir 	ne pas être une charge pour la société : pour 	éliminer les indigents, on fait payer à tout 	immigrants 50 cents. À partir de 1901, les anarchistes sont 	interdits des suites de l&#8217;assassinat du président McKinley. 	On fait également une sélection selon l&#8217;appartenance 	raciale à partir de 1898, où tout immigrant soit 	remplir une fiche indiquant sa race. Si avant, on voyait d&#8217;un 	mauvais oeil les Irlandais en raison du catholicisme, désormais 	ce sont les peuples dits Celtes, Latins, Slaves ou Juifs qui sont 	jugés comme menaçants : on distinguera alors 	l&#8217;ancienne et la nouvelle immigration : comme dit tout à 	l&#8217;heure, les Chinois en payeront par exemple les frais avec le 	</span><em><span>Chinese Exclusion Act</span></em><span> 	qui refuse l&#8217;immigration de ceux-ci et leur naturalisation. De même, 	en 1913, l&#8217;</span><em><span>Alien Land 	Law</span></em><span> interdit aux 	Japonais de posséder des terres. En mai 1921, le Congrès 	mettra en place une politique de quotas par nationalité : ils 	correspondent à 3% des populations déjà 	présentes aux Etats-Unis. Puis en 1924, le </span><em><span>Johnson 	Reed Act</span></em><span> plafonne 	l&#8217;immigration à 150 000 Européens par an, c&#8217;est-à-dire 	sept fois moins qu&#8217;avant. On veut pouvoir conserver le profil de la 	population du recensement de 1890, en favorisant toutefois les 	Britanniques. Cela s&#8217;explique par 3 raisons : la révolution 	d&#8217;Octobre 1917; protectionnisme du marché du travail ouvrier 	dans la période de récession; les solidarités 	entre les immigrants et leurs pays d&#8217;origine (guerre 1914-1918). Il 	faut attendre que le président Johnson signe l&#8217;</span><em><span>Immigration 	an Nationality Act</span></em><span> le 3 	octobre 1965, au pied de la statue de la Liberté, pour que 	les quotas basés sur la nationalité soit abandonné 	: il y aura seulement un quota en fonction de l&#8217;hémisphère 	Est ou Ouest, mais qui sera abandonné en 1978, où l&#8217;on 	plafonnera à 290 000 entrées par an l&#8217;immigration. On 	utilisera un critère individuel de de préférence 	: on donnera la préférence aux proches parents de 	résidents, c&#8217;est ainsi que se met en place une politique de 	</span><strong>regroupement familial</strong><span>; 	on donne aussi la priorité à la main d&#8217;oeuvre 	qualifié, aux réfugiés politiques des pays 	communistes, et des victimes de catastrophes naturelles. C&#8217;est le 	retour d&#8217;une immigration de masse. Aujourd&#8217;hui, les Etats-Unis 	accueillent de plus en plus d&#8217;immigrants, les chiffres montrant que 	ceux venant des pays pauvres étant les plus nombreux 	(Mexique, Inde, Chine, Philippines, Vietnam, Salvador, Cuba, 	République dominicaine, Bosnie-Herzégovine et 	Ukraine).</span></p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>2) La famille américaine aujourd&#8217;hui</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	Pour les Américains, la famille est la clef de voûte de 	la société. Elle est une petite communauté qui 	permet aux individus de se constituer. Sur 104.7 millions de foyers 	en 2000, 69% sont constitués de familles (72.5 millions), 53% 	de couples mariés (55.3 millions). Depuis 1960, la structure 	familiale a beaucoup évoluée, en raison de 	l&#8217;allongement de l&#8217;espérance de vie, du développement 	de l&#8217;adoption, des naissances hors <span class='wp_keywordlink'><a href="http://www.morbleu.com/le-philosophe-doit-il-se-marier-et-mourir-en-socrate-plutot-quen-nietzsche/" title="mariage">mariage</a></span> et des divorces.<span style="text-decoration: none"> 	Le modèle traditionnel, composé du père 	soutient de famille, de la mère au foyer et d&#8217;enfants de 	moins de 18 ans, tous vivant sous le même toit a été 	remis en cause. Les familles monoparentales, celles dont les parents 	sont remariés, celles dont les enfants sont élevés 	par les grands-parents ou par le père au foyer sont autant de 	nouveaux modèles. </span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>La modification des relations entre hommes et femmes</strong> joue un 	rôle essentiel : les Américaines travaillent, ne 	serait-ce que parce que l&#8217;on a besoin d&#8217;un deuxième salaire 	(les couples mariés à deux salaires passent de 59.3% 	en 1986 à 68% en 1998). De même, les femmes avec un 	enfant en bas age n&#8217;hésitent plus à travailler : en 	1998, 59% des femmes ayant un enfant de moins de 1 an travaillent, 	alors qu&#8217;elles n&#8217;étaient que 31% à le faire en 1996. 	Avec leur propre salaire, elles ont plus d&#8217;autorité au sein 	du foyer. Elles ont aussi le pouvoir de mettre fin à une 	union malheureuse.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Deux réactions se font sentir par rapport à cette 	évolution féministe</strong> : 1) La perte de valeurs, de 	règles morales, la désagrégation de la société, 	prenant l&#8217;exemple des nombreuses adolescentes souvent pauvres et 	sans instruction ayant des enfants hors mariage. 2) À 	l&#8217;inverse, d&#8217;autre insistent sur le fait que ce processus est lié 	à une augmentation du niveau de vie, des attitudes 	individualistes (dans un sens non péjoratif), et de la 	mobilité. Malgré tout cela, l&#8217;image de la famille 	traditionnelle perdure en tant que modèle. Cela dit, une 	évolution se fait également sentir sur le fait qu&#8217;il y 	ait de plus en plus de célibataires : 26.7 millions vivent 	seuls en 2000 contre 18.3 il y a vingt ans.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Baisse de la natalité</strong><span>. 	Il y a une baisse de natalité typique des sociétés 	industrialisées (cf Todd) : le taux est de 14 </span><span>‰ 	en 1999, ce qui correspond à une baisse de deux points par 	rapport à la fin des années 1980. Mais ce taux reste 	supérieur à celui Européens (enjeu de la 	Turquie). Il correspond à un peu plus de 2 enfants par femme. 	Cette baisse correspond à une chute de la mortalité 	infantile et juvénile. Dans les années 1950, un enfant 	avait quatre fois plus de risques qu&#8217;aujourd&#8217;hui de mourir en bas 	âge. Le risque de perdre un enfant de moins de 15 ans était 	trois fois plus grand. Le nombre d&#8217;enfants varie suivant les 	communautés : de 74% d&#8217;enfants blancs de mois de 18 ans en 	1980, on est passé à 65% en 1999. Les enfants 	hispaniques augmentent : de 9% en 1980, ils sont 16% en 1999, et 	devrait atteindre 20% d&#8217;ici 2020. Les enfants noirs reste stable aux 	environs de 18%.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Evolutions au sein du couple</strong><span>. 	Dans les années 1950, deux tiers des enfants son élevés 	dans des familles où le mari est la seule source de revenus. 	Les mères commencent à s&#8217;impliquer plus dans le marché 	du travail, et les familles avec deux salaires deviennent 	progressivement la norme. Ainsi, ce qui est nouveau aujourd&#8217;hui, ce 	n&#8217;est pas que les femmes contribuent aux ressources financières, 	mais qu&#8217;elles puissent exercer d&#8217;elles-mêmes un contrôle 	sur leurs revenus et sont ainsi libre de leur destinée. Elles 	consacrent aussi moins de leur existence aux enfants : elles en ont 	moins, et leur espérance de vie est plus longue. Avant le 	mariage prenait fin avec le décès d&#8217;un des conjoints, 	quelques années après le départ du dernier 	enfant du foyer. Aujourd&#8217;hui, les couples peuvent s&#8217;attendre à 	passer plus de vingt ans ensemble après cela, le nombre de 	couples célébrant leur 40e ou 50e anniversaire de 	mariage étant en hausse. Comme on passe plus de temps 	ensemble, les époux sont moins disposés à se 	contenter d&#8217;un mariage malheureux. Les femmes peuvent échapper 	à une situation non souhaitée grâce à 	leur indépendance économique. Cela ressort sur la 	réussite des enfants, car des études montrent qu&#8217;ils 	réussissent mieux leurs études quand leur mère 	sont épanouies.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><strong>Les 	familles recomposées et monoparentales</strong></span></span><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span>. 	Il y a donc une augmentation de la liberté laissée aux 	individus, dans la décision de se séparer au non 	(paradoxe anti-américain). Il y a une augmentation des 	divorces ainsi que du concubinage, ce qui fait baisser le 	pourcentage de couple officiels. En 2000, le taux de mariage est de 	59.5% pour toute la population (62% chez les Blancs, 42.1% pour les 	Noirs, 60.2% chez les Hispaniques. Le nombre de couples non mariés 	passe de 1.58 millions en 1980 à 5.5 millions en 2000, 	c&#8217;est-à-dire 5.2% des foyers. Ce phénomène 	concerne également les couples avec enfants : 4% de mères 	non mariées en 1950 contre 29.5% en 1990, et 40% en 2000. Les 	naissances hors mariage ne sont plus indignes, ce qui touche 	notamment les femmes noirs : en 1970, elles étaient 37.5% 	(alors que la moyenne était alors de 10.7%), en 2000 elles 	sont 80%. Certains montre ceci du doigt comme étant un 	facteur de trouble pour les enfants, mais des études ont 	montré que la proportion d&#8217;enfants traumatisés par un 	divorce est plus faible que durant les décennies précédentes, 	notamment en raison de la normalisation du phénomène.</span></span></span> 	Les familles recomposées deviennent aussi légitimes 	que les familles traditionnelles, et sont pour certains porteuses de 	valeurs de tolérance et d&#8217;adaptabilité.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><strong>Les familles 	monoparentales</strong> sont quant à elles passées de 7% en 	1940 à 26% en 2000 et sont maintenant plus nombreuses que les 	familles dites classiques, composées de deux adultes et deux 	enfants qui elles ne constituent qu&#8217;un cinquième de la 	population. Ainsi, en 1998 68% des enfants de moins de 18 ans sont 	éduqués par les deux parents, 23.3% que par leur mère 	et 4.4% uniquement par leur père, un peu plus de 4% par 	d&#8217;autres membres de la famille ou par des personnes extérieure. 	Les enfants vivant dans des familles monoparentales  avec le père 	augmente de 8.5% en 1980 à 16% en 1998.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><strong>Diminution de la 	taille des foyers</strong><span>. Cette 	diminution se fait sentir chez les Blancs et les Afro-Américains. 	Le nombre passe de 3.1 ne 1970 à 2.6 en 2000. Il augmente en 	revanche chez les hispano-américains, passant de 3 en 1975 à 	3.5 en 1998. Il est stable chez les Asiatiques : 3.2. Pour certains, 	cela annonce une société de plus en plus 	individualiste. Les enfants seraient ainsi plus isolés. Mais 	c&#8217;est à nuancer, car ainsi, les femmes passent près de 	deux fois plus de temps avec leurs enfants en 1920. Ceux qui ont 	élevés des enfants en 1950 reconnaissent que leurs 	enfants communiquent mieux avec les leurs.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><strong>Eclatement 	géographique</strong><span>. Au 	XVIIIe, tous les membres d&#8217;une famille vivaient sous le même 	toit, toutes génération confondues. Les familles se 	sont ensuite séparées, mais sans s&#8217;éloigner. En 	1940, la cohabitation intergénérationnelle concernait 	encore 30% des foyers, uniquement 10% aujourd&#8217;hui. Cela peut aussi 	s&#8217;expliquer par le fait que les deux parents occupent un emploi.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><strong>Les 	grands-parents</strong><span> sont de plus en 	plus nombreux, en raison de l&#8217;accroissement de l&#8217;espérance de 	vie. Leur rôle devient déterminant, notamment pour les 	familles monoparentales. De plus, de plus en plus d&#8217;enfants vivent 	dans des ménages ayant pour chef de famille des 	grands-parents : ils sont 5.5% dans ce cas en 1997 contre 3.2% en 	1970. Rien qu&#8217;entre 1990 et 1997, ce chiffre augmente de 19%. Les 	grands-parents ont en moyenne 5 petits-enfants et 	arrière-petits-enfants. 25% de grands-parents ont des 	arrière-arrière-petits-enfants. Une enquête 	montre que des liens très forts subsistent entre 	grands-parents et petits-enfants. On peut cependant distinguer deux 	cas : dans les classes moyennes ou élevées, les 	grands-parents sont trop âgés pour élever les 	petits-enfants et doivent être pris en charge par leurs 	enfants. Dans les familles à faible revenu, il n&#8217;est pas rare 	de rencontrer une mère de 16 ans dons la mère n&#8217;a que 	30 ou 35 ans.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><strong>Le nouveau rôle 	des pères</strong><span>. Les deux 	parents partagent de plus en plus les tâches au sein du foyer, 	les homme participant plus aux tâches ménagères 	depuis 1960. 49% des couples partagent la charge des enfants 	aujourd&#8217;hui contre 25% en 1985. Ce rôle accru des pères 	est bénéfique pour les enfants selon des études, 	notamment l&#8217;aide aux devoirs pour la réussite en classe : 	cela permettrait d&#8217;améliorer les compétences des 	filles en mathématiques et en sciences. En 1993, 1.9 millions 	de pères d&#8217;enfants de moins de 15 ans se définissent 	comme étant les principaux responsables de l&#8217;éducation 	des enfants. S&#8217;occuper des enfants à plein temps n&#8217;est plus 	une exclusivité féminine : il y avait 4.6% de pères 	au foyer de 25 à 54 ans en 1991, et 8.4% en 1996. Pour 	expliquer ce phénomène, on peut prendre en compte un 	calcul rationnel économique : on conserve le salaire le plus 	lucratif, après calcul des impôts à payer en 	plus, des trajets à faire, etc. Mais en 1996, 66% des pères 	au foyer se sentent toutefois isolés, contre 37.4% des mères.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><strong>De nouveaux types 	de foyers</strong><span>. Les couples gays et 	lesbiens, longtemps rejetés, sont apparus parallèlement 	à la libération sexuelle. Dans les années 1950, 	le foyer traditionnel était la norme : Dans un article de 	l&#8217;</span><em><span>Atlantic Monthly</span></em><span style="font-style: normal"><span> 	intitulé « Women Aren&#8217;t Men », Agnes E. 	Meyer affirmait que la seule vocation de la femme était la 	maternité. En 1960 arrive la pilule contraceptive. La 	libération sexuelle ose affirmait la sexualité 	indépendamment de la procréation. De plus, les hippies 	avec le slogan « Faites l&#8217;amour pas la guerre » 	affirme que la sexualité est une façon privilégiée 	de communiquer avec autrui. Ce mouvement sera l&#8217;occasion pour les 	féministes et les homosexuels de contester les définitions 	traditionnelles de la masculinité et de la féminité. 	C&#8217;est en 1969 qu&#8217;apparaît le </span></span><em><span>Gay 	Movement</span></em><span style="font-style: normal"><span>, 	des manifestations apparaissent contre le harcèlement 	policier dont ils sont victimes dans les lieux de rencontre. Si la 	majorité des homosexuels et lesbiennes ne veulent rien de 	plus que la simple intégration dans la société, 	 certains ont des ambitions plus subversives, qui rejoignent les 	mouvements féministes les plus radicaux. On désigne la 	famille traditionnelle d&#8217;être la « pierre angulaire 	de l&#8217;oppression » et on espère que les progrès 	de la science permettront un jour d&#8217;éliminer les fonctions 	biologiques telles que l&#8217;insémination, la gestation et la 	lactation. Les Universités de Yale et Harvard envisagent de 	réaliser des cours pour des études gay, lesbiennes et 	bisexuelles. À partir de 1980, l&#8217;épidémie du 	SIDA est utilisée par les partisans de l&#8217;ordre morale pour 	stigmatiser ces évolutions; ils dénonceront aussi les 	médias comme étant responsables d&#8217;une certaine 	déviance (cf Annexe)</span></span></p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"> 	<strong>3) Le nouveau statut de la femme comme principal facteur de l&#8217;évolution de la famille</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Pendant longtemps, le père était le <em>bread winner</em> 	pendant que la mère était la figure centrale de la 	famille, chargée de s&#8217;occuper de la maison et des enfants. De 	l&#8217;époque coloniale jusqu&#8217;à la fin du XIXe la femme, 	lorsqu&#8217;elle a une activité, celle-ci n&#8217;est pas monétaire 	: elle aide à l&#8217;exploitation agricole ou bien à 	l&#8217;artisanat de son mari. À la fin du XIXe, de plus en plus de 	femmes commencent à intégrer le marché du 	travail en dehors du strict cadre familial. À l&#8217;heure de la 	révolution industrielle, elles occupent des emplois dans des 	usines et investissent des emplois tertiaires, mais cela ne remet 	pas encore en cause l&#8217;organisation traditionnelle de la famille : si 	en 1900, 40% des célibataires américaines travaillent, 	5% seulement des mariées le font. En 2001, cela est différent 	: 60.1% des américaines et 61.4% des mariées 	travaillent : si en 1948 les femmes ne représentaient que 	28.8% de la population active, elles sont désormais 46.6%. 	Les années 1950 à 1960, bien que souvent considérées 	comme un retour de la femme au foyer, marquent une rupture puisque 	30% des femmes mariées travaillent en 1960 alors que 17% 	d&#8217;entre elles ne l&#8217;avaient jamais fait.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Les guerres mondiales</strong><span> 	expliquent ce phénomène : les hommes étant 	partis au front, il fallut les remplacer, même dans les 	industries lourdes alors que ce secteur était 	traditionnellement fermé. En 1945, beaucoup perdent leur 	emploi, mais cela contribua à lever des tabous. Le retour au 	foyer de 1950 n&#8217;est donc que temporaire et de plus, il ne concerne 	pas toutes les Américaines. Les Trente Glorieuses offrent en 	effet de multiples emplois, notamment dans le tertiaire.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>La législation</strong><span> 	devient aussi plus favorable à partir de 1960. En 1963, 	l&#8217;</span><em><span>Equal Pay Act</span></em><span> 	impose le principe d&#8217;un salaire égal à travail égal. 	En 1964, le </span><em><span>Civil Right 	Act</span></em><span> interdit les 	pratiques discriminatoires dont celles basées sur le sexe. En 	1967, l&#8217;</span><em><span>executive order</span></em><span> 	interdit toute discrimination sexuelle à l&#8217;embauche dans les 	emplois fédéraux. En 1971, un arrêt de la Cour 	suprême interdit de formuler des offres d&#8217;emploi séparées 	pour les hommes et les femmes. De plus, à partir de 1965, 	l&#8217;</span><em><span>Affirmative Action</span></em><span> 	met en place la pratique de la discrimination positive dans le cadre 	de la </span><em><span>Great Society</span></em><span>.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Mais des causes internes aux femmes entre en compte, comme  <strong>les 	mouvements féministes</strong>. Des revendications trouvent faveur 	en raison d&#8217;une administration démocrate. Ce sont surtout des 	revendications « émanent de femmes de la classe 	moyenne blanche qui ont le sentiment d&#8217;étouffer dans le 	modèle familial valorisé dans les années 1950. 	Le fait de n&#8217;être reconnues socialement qu&#8217;à travers 	leurs rôles d&#8217;épouse, de mère et de gardienne du 	foyer est particulièrement mal vécu par ces femmes qui 	ont souvent fait des études ou qui ont déjà 	travaillé ». C&#8217;est ainsi qu&#8217;elle trouveront un 	support théorique dans les écrits de Simone de 	Beauvoir, dont le <em>Deuxième sexe</em> sera traduit en 1952. 	Ce mouvement se structurera avec la création du NOW en 1966 	(<em>National Organization of Women</em>), et deux ans plus tard 	naîtra le <em>Women&#8217;s Liberation Movement</em>), équivalent 	du MLF, plus radical qui voient justement dans la famille une 	structure oppressive : l&#8217;ennemi est l&#8217;homme. Ces mouvements 	triompheront dans les années 1960. C&#8217;est ainsi 	qu&#8217;apparaissent les <em>Women&#8217;s studies</em> ou les <em>Gender Studies</em> 	qui vont réinterpréter l&#8217;histoire d&#8217;un point de vue 	féministe. Mais l&#8217;une des plus grandes victoires reste celle 	qui les <strong>autorise à disposer de leur corps</strong> : ainsi, en 	1965 le droit à la contraception est reconnu. Huit ans plus 	tard est reconnu le droit à l&#8217;avortement pendant les trois 	premiers mois de grossesse. Ces deux décisions accordent plus 	de liberté dans le couple.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Contre-réactions</strong>. Cela dit, il y a des oppositions à 	ce mouvement, des hommes bien évidemment, mais aussi de 	nombreuses femmes au foyer qui se satisfont très bien de leur 	mode de vie et qui n&#8217;acceptent pas de voir décrit leur style 	de vie comme étant aliénant et sans intérêt. 	La révolution conservatrice des années 1980 et le 	reaganisme contribue à affaiblir le mouvement, sous 	l&#8217;impulsion de femme comme l&#8217;ultra-conservatrice Phyllis Schafly, 	soutenue par la révérand Jerry Falwell, pour qui l&#8217;ERA 	(L<em>&#8216;Equal Rights Amendement</em> qui attend d&#8217;être ratifié 	depuis 1972<em>)</em> sape les fondements même de la société 	américaine car il remet en cause la répartition 	traditionnelle des rôles entre hommes et femmes; rallie le 	camp des <em>Pro Life</em> (interdiction de l&#8217;avortement) en 	combattant les <em>Pro Choice</em> (liberté de choix aux 	femmes)</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>L&#8217;essoufflement du mouvement</strong><span>. 	Les femmes d&#8217;aujourd&#8217;hui se sentent moins concernées par le 	combat de leurs mères : elles tiennent pour acquis la 	situation actuelle à laquelle elles ne furent pas 	confrontées. Leurs préoccupations sont autres et plus 	ciblée sur la vie quotidienne, comme trouver des places dans 	les crèches, surtout pour les petits revenus. C&#8217;est pourquoi 	fut voté en 1993 le </span><em><span>Family 	and Medical Leave Act</span></em><span> 	permettant aux parents de bénéficier d&#8217;un congé 	de douze semaines pour s&#8217;occuper de leurs enfants. Mais réussir 	à concilier vie professionnelle et familiale reste un défi 	pour toutes les femmes qui travaillent.</span></p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>4) L&#8217;enfant roi</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<span>Les Etats-Unis sont un pays jeune 	où l&#8217;âge médian était de 35.6 ans en 	2001, en comparaison du reste du monde occidental. Il y a aussi un 	des taux de natalité les plus élevé qu&#8217;en 	Europe. C&#8217;est une conséquence du </span><strong><em>baby-boom</em></strong><span>.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>L&#8217;enfant fut en effet roi</strong><span> 	dès le lendemain de l&#8217;après-Seconde Guerre mondiale. 	C&#8217;est surtout l&#8217;ouvrage du Dr Benjamain Spock, </span><em><span>Common 	Sense Book of Baby and Child Care</span></em><span> 	(</span><em><span>Manuel pratique des 	soins à donner au bébé et à l&#8217;enfant</span></em><span>) 	publié en 1946 qui sera un point de départ, qui 	deviendra un best-seller réédité trente fois. 	Il y explique que les parents doivent se laisser guider par le 	développement de leur propre enfant et ne pas s&#8217;opposer à 	sa volonté car cela risque de compromettre son évolution 	future. Cela a des implications économiques, car il devient 	de plus en plus prescripteur des achats que cela concerne les 	corn-flakes ou bien le choix d&#8217;une voiture. Dès 1956, les 	parents donnent de l&#8217;argent de poche à auteur de 10$ par 	semaine. En 1964, 40% des Américains ont moins de 20 ans.</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Cela dit, l&#8217;Amérique va devoir faire face au prochain 	vieillissement de la population. L&#8217;augmentation de l&#8217;espérance 	de vie en est la principale cause. Ce sont les mêmes enfants 	rois d&#8217;hier qui vont maintenant partir à la retraite. Les 	baby-boomers vont entrer dans le troisième âge. Ils 	s&#8217;organisent d&#8217;ailleurs en lobbies, reprenant la terminologie des 	années 1960 : le <em>Grey Power</em>.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> <strong>III – LA FAMILLE COMME MOTEUR DE L&#8217;HISTOIRE</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> <strong>	1) Modernisation politique et natalité : la relecture de Fukuyama</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Alphabétisation</strong>. Todd conteste le constat de Fukuyama 	de la démocratie libérale comme fin de l&#8217;histoire. On 	pourrait penser à la vue des événements 	politiques que le monde cours à sa perte. Mais il n&#8217;en est 	rien. En fait, « la généralisation de 	l&#8217;alphabétisation de masse et la diffusion du contrôle 	des naissance » démontre « la 	formidable progression culturelle du monde actuelle » (p 	43). De 1980 à 2000, le taux d&#8217;alphabétisation des 	individus de 15 ans et plus sachant lire est passé de 40 à 	67% au Rwanda, de 33 à 64% au Nigeria, de 27 à 47% en 	Côte d&#8217;Ivoire, de 40 à 63% en Algérie, de 18 à 	47% en Afghanistan, de 51 à 77% en Iran (p 44). Ainsi, Todd 	pense que l&#8217;alphabétisation complète de l&#8217;humanité 	aura lieu vers 2030. Une révolution mentale est entrain de 	s&#8217;achever.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Natalité</strong>.<strong> </strong>Quel rapport avec la famille? 	« Lorsque les hommes, ou plus exactement, les femmes 	savent lire et écrire, commence le contrôle de la 	fécondité » (p 47). En 1981, l&#8217;indice 	mondial de fécondité était de 3.7 enfants par 	femme, en 2001 il est tombé à 2.8, se rapprochant du 	2.1 n&#8217;assurant que le replacement simple de la population. Ainsi, de 	1981 à 2001, le taux passe de 6.9 à 5.8 au Rwanda, de 	6.9 à 5.8 au Nigeria, de 6.7 à 5.2 en Côte 	d&#8217;Ivoire, de 7.3 à 3.1 en Algérie, de 6.9 à 6.0 	en Afghanistan et de 5.3 à 2.6 en Iran. Il y a encore 	beaucoup de taux élevé, mais la baisse est générale. 	Or, pour Todd, la maîtrise de la fécondité est 	une composante nécessaire du progrès (p 49)</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	« <strong>Ensemble, alphabétisation et contrôle 	des naissances</strong> dessinent une histoire du monde autrement 	encourageante que celle diffusée par les actualités 	télévisées. ». Ce que l&#8217;on observe 	ne sont en fait que des « crises de transition » 	vers la modernité : ces crises furent libérales et 	égalitaires durant la Révolution française, 	égalitaires et autoritaires durant la révolution 	russe, autoritaires et inégalitaires dans le cas du nazisme 	allemand (p 53). Mais plus que cela, on peut comparer la situation à 	celle de l&#8217;Angleterre en 1649 : ce fut un pays précocement 	alphabétisé et il y eut une crise de régime 	religieuse où les protestants puritains de Cromwell se sont 	affrontés aux catholiques partisans des Stuart. De même, 	le djihad actuelle au nom d&#8217;Allah est, pour Todd, similaire : ce 	n&#8217;est qu&#8217;une crise de transition. L&#8217;Iran en témoigne avec sa 	révolution islamique de 1979 : c&#8217;est l&#8217;alphabétisation 	qui pour Todd a lancé le mouvement, et peu après la 	prise de pouvoir par Khomeyni s&#8217;en est suivi une baise de la 	fécondité.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<strong>Démographie et politique</strong><span>. 	Il y a donc une corrélation entre la chute de la fécondité 	et la modernité politique. Pour lui, dans son ouvrage </span><em><span>La 	chute finale</span></em><span>, 	l&#8217;effondrement du soviétisme était prévisible à 	la seule vue des indicateurs démographique : de 42.7 	naissances pour 1000 habitants en 1923-1927, à 26.7 en 	1950-1952 puis 18.1 en 1975, on pouvait conclure à 	« l&#8217;émergence vraisemblable de Russes normaux, 	parfaitement capables de jeter à bas le communisme » 	(p 58). Les crises de transitions sont en fait provoquées par 	la modification des conduites sexuelles qui aggravent le désarroi 	lié à l&#8217;alphabétisation. Il faut donc prévoir, 	à la seule vue des indicateurs démographique actuels, 	une nécessaire stabilisation. Autrement dit, le 11 septembre 	n&#8217;est qu&#8217;une conséquence de la crise de régime que 	traverse les états islamiques qui vont se calmer d&#8217;eux-mêmes 	sans qu&#8217;il y ait à agir. L&#8217;islamisme est en déclin. </span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Ainsi, contrairement à ce que disait <strong>Fukuyama</strong>, ce 	n&#8217;est pas vers la démocratie libérale que l&#8217;histoire 	va, mais vers l&#8217;alphabétisation et le contrôle des 	naissances. Mais cela mène ensuite à  l&#8217;affirmation de 	l&#8217;individu dans la sphère politique. Par conséquent, 	les régimes tendent vers la démocratie libérale.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> <strong>	2) Idéologie politique et structure familiale</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Comment expliquer les diversités des régimes 	politiques dans leur phase de transition? La dictature de Cromwell 	et la dictature bolchevique ont en effet exprimé des valeurs 	différentes (p 75). Il faut se tourner vers des critères 	anthropologiques pour y parvenir. « L&#8217;hypothèse 	familiale permet &#8230; de décrire et de comprendre la diversité 	persistante du monde démocratique qui est peut-être 	entrain de naître. »</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Ainsi, « les systèmes familiaux des paysanneries 	déracinées par la modernité étaient 	porteurs de valeurs très diverses, libérales ou 	autoritaires, égalitaires ou inégalitaires, qui furent 	réutilisées comme matériaux de construction par 	les idéologies de la période de modernisation » 	(p 75)</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<span>« </span><strong>Le 	libéralisme anglo-saxon</strong><span> 	projeta dans le domaine politique l&#8217;idéal d&#8217;indépendance 	mutuelle qui caractérisait les rapports entre parents et 	enfants dans la famille anglaise, ainsi que l&#8217;absence de référence 	égalitaire dans la relation entre frère »</span></p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	« <strong>La Révolution française</strong> 	transfigura en une doctrine universelle de la liberté et de 	l&#8217;égalité des hommes le libéralisme de 	l&#8217;interaction entre parents et enfants et l&#8217;égalitarisme du 	lien entre frères typique des paysans du Bassin parisien du 	XVIIIe siècle. »</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	« <strong>Les moujiks russes</strong> traitaient leurs fils de 	manière égalitaire mais les conservaient jusqu&#8217;à 	leur propre mort sous leur autorité, qu&#8217;ils fussent ou non 	mariés : l&#8217;idéologie russe de transition, le 	communisme, fut donc non seulement égalitaire, à la 	manière française, mais aussi autoritaire. » 	Cela se retrouve aussi en Chine, Yougoslavie ou Viternam où 	l&#8217;on retrouve ce type de famille.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	« <strong>En Allemagne</strong>, les valeurs autoritaires et 	inégalitaires de la famille souche, qui désignait à 	chaque génération un héritier unique, 	assurèrent la montée en puissance du nazisme, 	idéologie autoritaire et inégalitaire. La Japon et la 	Suède représentent des variantes très atténuées 	de ce type anthropologique »</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	« La structure de la famille <strong>arabo-musulmane</strong> 	permet d&#8217;expliquer certains aspects de l&#8217;islamisme radical &#8230; qui 	combine l&#8217;égalitarisme et une aspiration communautaire ». 	Il y a un statut très bas de la femme, mais cela n&#8217;est pas 	l&#8217;essentiel. Le modèle est proche du russe par sa forme 	communautaire, qui associe le père à ses fils mariés, 	mais s&#8217;en distingue par une préférence endogame pour 	le mariage entre cousins, qui induit un rapport d&#8217;autorité 	très spécifique, dans la famille comme dans 	l&#8217;idéologie (mariage entre cousins germains).</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><strong>Conclusion</strong></span></span><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span> 	: « Si nous saisissons à la fois la diversité 	familiale originelle du monde paysan &#8230;, et l&#8217;universalité 	du processus d&#8217;alphabétisation &#8230;, nous pouvons penser &#8230; 	le sens de l&#8217;histoire et les phénomènes de 	divergence. » (p 79). Toutes les idéologies de 	transition sont fondamentalistes et intégristes car elles et 	les familles réaffirment leur attachement au passé 	dans un temps où on tente de s&#8217;en débarrasser.</span></span></span> 	Cela renforce les antagonismes : les conflits entre Français 	et Allemands, Anglo-Saxons et Russes s&#8217;expliquent car chacun hurle, 	sous forme idéologique, sa spécificité 	anthropologique, c&#8217;est-à-dire sa structure familiale.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> <strong>	3) Le cas américain : la famille américaine comme clef de sa géopolitique actuelle</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Les structures familiales égalitaires comme pour la Chine, la 	France ou Rome dans l&#8217;Antiquité définissent les frères 	comme équivalents : ces peuples tendent donc à 	percevoir les hommes et les peuples en général comme 	égaux (p 174). Les structure familiales inégalitaires 	quant à elles, comme l&#8217;Allemagne ou Athènes, ne voient 	pas une relation égalitaire entre frères : ils ne 	parviennent donc pas à développer une perception 	égalitaire des hommes et des peuples; on arrive plus à 	une vision fragmentée (différentialisme) plutôt 	qu&#8217;homogène (universalisme) de l&#8217;humanité.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Où placer les Américains? Il y a une certaine 	ambivalence. Les Etats-Unis est une société née 	de la fusion d&#8217;immigrés (cf notre première partie) 	fournis par tous les peuples d&#8217;Europe. En ce sens, ils sont 	universalistes. Mais ils sont aussi différentialistes : les 	Indiens et les Noirs furent perçus comme étant les 	autres, et il y avait un refus de les intégrer. Ce deuxième 	penchant s&#8217;explique par l&#8217;ascendance anglo-saxonne, qui était 	différentialiste : la Grande-Bretagne n&#8217;a-t-elle pas réussi 	à préserver à la fois l&#8217;identité 	écossaise, galloise et irlandaise? Il y a en effet un 	flottement sur les valeurs d&#8217;égalité et d&#8217;inégalité 	chez les Anglais. Cela se montre dans la structure familiale 	anglaise traditionnelle : « les frères sont 	<em>différents</em>, ni égaux, ni inégaux » 	(p 151). Les parents ont en effet la liberté de tester et 	peuvent répartir comme ils l&#8217;entendent leurs biens entre 	leurs enfants. La frontière entre les Anglo-Saxons et l&#8217;Autre 	est donc mouvante. Un peuple peut être vu comme différent, 	puis semblable.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	L&#8217;assimilation des immigrés peut donc s&#8217;expliquer par la 	structure de la famille anglo-saxonne. Les Américains qui 	étaient Anglais au départ virent tous les Blancs comme 	leurs égaux, rejetant par conséquent les Noirs, les 	Asiatiques et les Indiens. Puis, de 1950 à 1965, les 	Asiatiques et les Indiens sont redéfinis comme Américains.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	On pourrait donc croire que la société américaine 	est plus égalitaire qu&#8217;inégalitaire, plus 	universaliste que différentialiste. Mais l&#8217;intégration 	des Noirs et des Hispaniques agit comme un révélateur. 	Les mariages interraciaux le montre : il semble que les femmes du 	groupe dominé ne doivent pas être épousées 	par les hommes du groupe dominant. En revanche, il y a des mariages 	mixtes chez les Asiatiques. Les Juifs américains atteignent 	quant à eux un taux de mariage mixte de 50%, ce qui explique, 	d&#8217;après Todd, la solidarité accrue avec Israël. 	Les Hispaniques sont aussi exclus des mariages mixtes. Ainsi, pour 	Todd, le schéma mental américain est triracial et l&#8217;on 	retombe sur ce que montrait déjà Tocqueville : Indiens 	(Hispaniques), Noirs et Blancs.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	« La famille américaine est nucléaire, 	individualiste et assure à la femme une position élevée. 	[cf II-3]. La famille arabe est étendue, patrilinéaire 	et place la femme dans une situation de dépendance maximale. 	Le mariage entre cousins est particulièrement tabou dans le 	monde anglo-saxon; préférentiel dans le monde arabe. 	L&#8217;Amérique, dont le féminisme est devenu, au cours des 	années, de plus en plus dogmatique, de plus en plus agressif 	&#8230; était d&#8217;une certaine manière programmée 	pour entrer en conflit avec le monde arable, ou plus généralement 	avec la partie du monde musulman dont les structures familiales 	ressemblent à celles du monde arabe, ce que l&#8217;on peut nommer 	le monde arabo-musulman » (p 193). Il y a donc « d&#8217;un 	coté l&#8217;Amérique, pays des femmes <em>castratices</em>&#8230;; 	de l&#8217;autre, Ben Laden, un terroriste polygame avec ses innombrables 	demi-frères et demi-soeurs »</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Pour Todd, la guerre que l&#8217;Amérique mène actuellement 	est en parti le fruit du féminisme américain. Ainsi, 	les B-52 américains bombardant l&#8217;Afghanistan bombardaient en 	fait l&#8217;antiféminisme islamique. Les prises de positions 	féministes de Mmes Bush et Blair concernant les femmes 	afghanes reflète bien ceci. (p 195). Mais pour Todd, c&#8217;est 	inutile; les sociétés arabes, comme le prouve l&#8217;indice 	démographique, étant en voie de modernisation.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	On peut dire qu&#8217;Aristote reprend en quelque sorte la pensée 	d&#8217;Aristote où ce dernier voyait dans l&#8217;Etat le prolongement 	naturel des structures naturelles qui existaient déjà, 	comme celle de la famille.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Cela reste très discutable. Mais c&#8217;est une histoire de la 	famille dans le sens où c&#8217;est une histoire qui appartient à 	la famille puisque c&#8217;est elle qui la construit : c&#8217;est l&#8217;histoire de 	la famille.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> <strong>CONCLUSION</strong></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	On s&#8217;est attaché dans cet exposé des différentes 	manière de rendre compte de l&#8217;histoire de la famille. On a vu 	que l&#8217;on pouvait faire une histoire sociologique, une histoire 	démographique, ou même une histoire philosophique de la 	famille.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	La famille, sous ses aspects anodins, semble en fait structurer la 	réalité humaine sur bien des points. Si on peut 	hésiter à suivre Todd sur ses conclusions, il faut en 	revanche reconnaître que l&#8217;étude de l&#8217;histoire de la 	famille permet d&#8217;éclairer bien des domaines.</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Une telle étude permet de relativiser les différentes 	formes familiales, de s&#8217;ouvrir ainsi à la tolérance, 	même si la tolérance n&#8217;implique pas de tolérer 	l&#8217;intolérable.</p>
</li>
</ul>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify"><u><strong>Appendices</strong></u><span style="text-decoration: none"><span> :</span></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none" align="justify"> <em>1) Immigration légale : années fiscales 1901-2001</em></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none" align="justify"> <a href="http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/limmigration-legale-aux-etats-unis-de-1901-a-2001/" rel="attachment wp-att-43" title="L’immigration légale aux Etats-Unis de 1901 à 2001"></a></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/limmigration-legale-aux-etats-unis-de-1901-a-2001/" rel="attachment wp-att-43" title="L’immigration légale aux Etats-Unis de 1901 à 2001"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/immigration.thumbnail.jpg" alt="L’immigration légale aux Etats-Unis de 1901 à 2001" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify"><em>2) Le statut du mariage aux Etats-Unis</em></p>
<p> <a href="http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/le-mariage-homosexuel-aux-etats-unis/" rel="attachment wp-att-42" title="Le mariage homosexuel aux Etats-Unis"></a></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/le-mariage-homosexuel-aux-etats-unis/" rel="attachment wp-att-42" title="Le mariage homosexuel aux Etats-Unis"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/famille.thumbnail.gif" alt="Le mariage homosexuel aux Etats-Unis" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; page-break-before: always" align="justify"> <em>3) Typologie des familles selon Peter Laslett</em></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="justify">
<table border="1" bordercolor="#000000" cellpadding="4" cellspacing="0" width="100%">
<thead>
<th width="54%"><font size="3"><em>Catégorie</em></font></th>
<th width="46%"><font size="3">Classe</font></th>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td>1. Solitaire</td>
<td>a) veufb) célibataires</td>
</tr>
<tr>
<td>2. Ménage sans famille</td>
<td>a) frères et soeurs corésidentsb) autres apparentés corésidents</p>
<p>c) corésidents non apparentés</td>
</tr>
<tr>
<td>3. Ménage simple</td>
<td>a) couple marié seulementb) couple marié avec enfants</p>
<p>c) veuves avec enfants</p>
<p>d) veufs avec enfants</td>
</tr>
<tr>
<td>4. Famille élargies</td>
<td>a) étendue vers le hautb) étendue en descendant</p>
<p>c) étendue latéralement</p>
<p>d) combinaison des précédents</td>
</tr>
<tr>
<td>5. Ménage multiple</td>
<td>a) multiple ascendantb) multiple descendant</p>
<p>c) multiple dans les deux sens</p>
<p>d) frérèches</p>
<p>e) autres</td>
</tr>
<tr>
<td>6. Ménage à structure indéterminée comportant certains liens de parenté.</td>
<td></td>
</tr>
</table>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal" align="justify">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"><u><strong>Bibliographie</strong></u><span style="text-decoration: none"><span> :</span></span></p>
<ol>
<li>François de Singly, <em>La famille. L&#8217;état des savoirs</em>, 	VI, 39, p385-391, La découverte
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">&nbsp;</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify">Emmanuel Todd, <em>Après l&#8217;empire. Essai sur la décomposition 	du système américain</em>, Folio</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	André Kaspi, <em>Les Américains</em>, Seuil</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	François Durpaire, Hélène Harter, <em>La 	civilisation américaine</em>, II « L&#8217;évolution 	du foyer américain », PUF</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	<em>Sciences sociales</em>, 12, B, p230-233, Sirey</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none" align="justify"> 	Rousseau, <em>Discours sur l&#8217;origine et les fondements de l&#8217;inégalité 	parmi les hommes</em></p>
</li>
</ol>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/civilisation-am%C3%A9ricaine-Andr%C3%A9-Kaspi/dp/2130554091%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2130554091"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/418HmVlzEVL._SL110_.jpg" width="76" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/civilisation-am%C3%A9ricaine-Andr%C3%A9-Kaspi/dp/2130554091%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2130554091">La civilisation américaine</a></h3>
<p class="author">André Kaspi.					Presses Universitaires de France &#8211; PUF 2006, 					Broché,				621 pages,				&#8364;&#160;20,89</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/histoire-de-la-famille-americaine/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Amerigo Vespucci</title>
		<link>http://www.morbleu.com/amerigo-vespucci/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/amerigo-vespucci/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 15 Oct 2005 17:36:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Amerigo Vespucci]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Montesquieu]]></category>
		<category><![CDATA[Pascal]]></category>
		<category><![CDATA[Providence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/amerigo-vespucci/</guid>
		<description><![CDATA[« L&#8217;Amérique ne doit pas avoir honte de son nom de baptême. Le nom d&#8217;un homme ordinaire est mieux adapté à un pays démocratique » Stefan Zweig, Amerigo, p. 121. Cet épisode historique, le baptême de l&#8217;Amérique, peut réconcilier Pascal et Montesquieu sur leurs conceptions philosophique de l&#8217;histoire. Pour Pascal, pour qui un petit événement peut avoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/amerigo-vespucci/amerigo-vespucci/" rel="attachment wp-att-224" title="Amerigo Vespucci"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/sil14-v002-06a.thumbnail.jpg" alt="Amerigo Vespucci" align="right" /></a>« L&#8217;Amérique ne doit pas avoir honte de son nom de baptême. Le nom d&#8217;un homme ordinaire est mieux adapté à un pays démocratique » Stefan Zweig, <em>Amerigo</em>, p. 121.</p>
<p align="justify"><span id="more-225"></span> 	Cet épisode historique, le baptême de l&#8217;Amérique, peut réconcilier Pascal et Montesquieu sur leurs conceptions philosophique de l&#8217;histoire. Pour Pascal, pour qui un petit événement peut avoir de grandes conséquences, on peut tout à fait considérer le baptême du continent américain comme étant de la même veine que le nez de Cléopatre. Pour Montesquieu, pour qui l&#8217;histoire ne procède que de causes générales, on peut lire cette histoire ainsi : la cause générale, à cause de l&#8217;obstination de Colomb à se croire en Inde,  fut que nécessairement une cause particulière, celui qui présumerait que ce fut un <em>Mundus Novus</em>, allait procéder au baptême de cette terre.</p>
<p align="justify">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/Amerigo-R%C3%A9cit-dune-erreur-historique/dp/2253140589%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2253140589"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/61lMhLK2yLL._SL110_.jpg" width="68" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/Amerigo-R%C3%A9cit-dune-erreur-historique/dp/2253140589%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2253140589">Amerigo </a></h3>
<p class="author">Dominique Autrand (Traduction).					Le Livre de Poche 1997, 					Poche,				121 pages,				&#8364;&#160;3,29</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/amerigo-vespucci/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Naissance d&#8217;une nation</title>
		<link>http://www.morbleu.com/la-naissance-dune-nation/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/la-naissance-dune-nation/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 May 2005 17:51:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Birth of A Nation]]></category>
		<category><![CDATA[Censure]]></category>
		<category><![CDATA[Einsenstein]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavagisme]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Griffith]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre de Sécession]]></category>
		<category><![CDATA[Ier ammendement]]></category>
		<category><![CDATA[Ku Klux Klan]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/la-naissance-dune-nation/</guid>
		<description><![CDATA[La Naissance d&#8217;une nation (The Birth Of a Nation), réalisé par Griffith en 1915, est souvent présenté comme le premier long métrage de l&#8217;histoire du cinéma. Ce film, publié exactement 50 ans après la fin de la guerre de sécession, raconte le déroulement de cette même guerre et la reconstruction du Sud qui en a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.morbleu.com/la-naissance-dune-nation/a-birth-of-a-nation/" rel="attachment wp-att-50" title="A Birth Of A Nation"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/03/birthofanation.thumbnail.jpg" alt="A Birth Of A Nation" align="right" /></a><em>La Naissance d&#8217;une nation</em> (<em>The Birth Of a Nation</em>), réalisé par Griffith en 1915, est souvent présenté comme le premier long métrage de l&#8217;histoire du cinéma. Ce film, publié  exactement 50 ans après la fin de la guerre de sécession, raconte le déroulement de cette même guerre et la reconstruction du Sud qui en a suivi. C&#8217;est un grand succès populaire, qui rapportera 15 millions de dollars.</p>
<p><span id="more-49"></span></p>
<p>* Du point de vue de la <strong>technique cinématographique</strong>, ce film est exemplaire pour l&#8217;époque. Gros plan, travelling, flash-back, montage parallèle, etc : autant d&#8217;innovations qui seront reprises par la suite par d&#8217;éminents réalisateurs. Eisenstein dira de lui que « c&#8217;est Dieu le père, il a tout créé, tout inventé. Il n&#8217;y a pas un cinéaste au monde qui ne lui doive quelque chose ». Griffith utilise en effet des mouvements de caméra, plusieurs plans, une mise en scène dynamique, beaucoup de figurants et donne une grande importance au montage. Jouent dans ce film Lillian Gish (qui deviendra une des actrices favorites de Griffith, que l&#8217;on retrouvera un an plus tard dans <em>Intolérance</em>), Mae Marsh, Henry B. Walthall, Miriam Cooper, Robert Harron, Wallace Reid, Joseph Henabery. Ce film marque un premier pas vers la normalisation de la durée des oeuvres cinématographiques, et Griffith propose ici de diviser son récit en deux parties, pour une durée totale de 157 minutes.</p>
<p>* Du point de vue <strong>historique</strong>, il y a un vrai parti pris de la part du réalisateur. L&#8217;affiche du film présentant un chevalier du Ku Klux Klan est là pour le rappeler. Griffith nous montre les Noirs du Sud heureux de leur condition d&#8217;esclaves, esclavage n&#8217;ayant, si l&#8217;on en juge par les images, rien de monstrueux mais qui serait au contraire une condition souhaitable. C&#8217;est pourquoi ces Noirs sont prêts à combattre avec leurs maîtres contre les fédéralistes. Les Nordistes, et les Noirs les ayant rejoint, sont vus comme des barbares capables des pires atrocités. Le Ku Klux Klan est présenté comme un organisme libérateur, qui permit de mettre fin &laquo;&nbsp;à l&#8217;anarchie du régime noir&nbsp;&raquo; qui sévissait dans le Sud. Peut-être que les origines de Griffith (il est né dans le Kentucky) ne sont pas étrangères à cette vision des choses. Griffith prétend s&#8217;appuyer sur plusieurs sources, dont le livre de Thomas Dixon <em>The Clansman</em>, et sur les différents travaux d&#8217;historien du président en place à cet époque Woodrow Wilson. Celui-ci cautionnera d&#8217;ailleurs tout à fait ce film, disant même que ce film devrait être vu par les écoliers. Remarquons aussi que c&#8217;est après avoir assisté en 1915 à la projection de ce film que William Joseph Simmons décida de recréer le Ku Klux Klan.</p>
<p>* Du point de vue <strong>politique</strong>, ce film marque un précédent. Les différentes associations pour la défense des droits civiques, telle que la NAACP (<em>National Association for Advancement of Colored People</em>), tentèrent d&#8217;interdire ce film. Cela pose la question de la censure, et donc, de la fixation du statut du film. Avant, on ne s&#8217;inquiétait guère que de la nudité susceptible de choquer un certain public, du fait que l&#8217;activité se déroule dans le noir, ou encore qu&#8217;il vide les Eglises. Ici, c&#8217;est par rapport au fond que la question se pose. Un Bureau National de la Censure fut mis en place des 1909, mais 95% des films soumis à son approbation étaient validés. Mais certains veulent des mesures plus virulentes. Des bureaux de censure vont se mettre en place spontanément dans certaines villes et Etats. C&#8217;est ainsi que dans l&#8217;Ohio, <em>The Birth of A Nation</em> sera interdit. Griffith ne l&#8217;entend pas de cette oreille, et décide de se placer sous le couvert du Ier amendement, garantissant la liberté d&#8217;expression. La question étant polémique, l&#8217;affaire va remonter jusqu&#8217;à la Cour Suprême, qui décidera que le Ier amendement ne peut pas s&#8217;appliquer, les bureaux de censure étant  vus comme l&#8217;expression de la démocratie populaire. La Cour Suprême va statuer sur le film et dire que le cinéma est une oeuvre industrielle qui concerne un public à caractère universel. Le premier amendement ne pourra donc pas s&#8217;appliquer, et ce n&#8217;est qu&#8217;en 1952 que le statut du film sera à nouveau révisé pour pouvoir être protégé par ce même amendement.</p>
<p>Ainsi peut-on dire qu&#8217;il y a un avant et un après Griffith. <em>The Birth of A Nation</em> marque un tournant à plusieurs points, et ce, positivement ou négativement. C&#8217;est pourquoi on peut considérer ce film comme le péché originel marquant la naissance du cinéma moderne.</p>
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/naissance-dune-nation-Lillian-Gish/dp/B000NVI37S%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3DB000NVI37S"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51YglcBhOSL._SL110_.jpg" width="79" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/naissance-dune-nation-Lillian-Gish/dp/B000NVI37S%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3DB000NVI37S">La naissance d&#8217;une nation</a></h3>
<p class="author">Lillian Gish (Interprète principal).					Aventi 2008, 								DVD,				&#8364;&#160;6,90</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/la-naissance-dune-nation/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La mêlée politique (1761 – septembre 1774)</title>
		<link>http://www.morbleu.com/la-melee-politique-1761-septembre-1774/</link>
		<comments>http://www.morbleu.com/la-melee-politique-1761-septembre-1774/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Sep 2004 12:47:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oscar Gnouros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre d'Indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre de Sept Ans]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Washington]]></category>
		<category><![CDATA[Wilson]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.morbleu.com/woodrow-wilson-george-washington-la-melee-politique-1761-%e2%80%93-septembre-1774/</guid>
		<description><![CDATA[Du Nord au Sud, une envie d&#8217;indépendance commença à naître. En mai 1764, le Parlement britannique jugea nécessaire d&#8217;instaurer une imposition sur les colonies, en particulier sur le vin et le sucre. Il semblait légitime que les colonies payent des impôts puisqu&#8217;elles bénéficiaient des services publics. Le 10 mars 1764, George Grenville, qui était le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.morbleu.com/la-melee-politique-1761-septembre-1774/george-washington-2/" rel="attachment wp-att-164" title="George Washington"><img src="http://www.morbleu.com/wp-content/uploads/2008/04/945341164_4eadaf8dbc.thumbnail.jpg" alt="George Washington" align="right" /></a> 	Du Nord au Sud, une envie d&#8217;indépendance commença à naître. En mai 1764, le Parlement britannique jugea nécessaire d&#8217;instaurer une imposition sur les colonies, en particulier sur le vin et le sucre. Il semblait légitime que les colonies payent des impôts puisqu&#8217;elles bénéficiaient des services publics. Le 10 mars 1764, George Grenville, qui était le Premier Ministre de l&#8217;époque proposa plusieurs impôts directs en plus des impôts indirects déjà en vigueur. Tout cela fut ressenti comme une provocation.</p>
<p align="justify"><span id="more-163"></span> 	Une législation très contraignante en matière de commerce, qui aboutissait au final « à interdire tout échange direct avec les pays étrangers et leurs dépendances ; et en particulier par l&#8217;intermédiaire de navires non-anglais (p. 84) » sévissait, mais était constamment bafouée par les colons, et l&#8217;autorité britannique chargée de faire respecter cette loi était très laxiste, sachant pertinemment qu&#8217;il serait bon de ne pas s&#8217;attirer la foudre des habitants. Dans certains ports, « la pleine liberté du commerce illicite (p. 84) » était demandée.</p>
<p align="justify"> 	Dès 1761, après qu&#8217;une taxe sur les exportations de rhum et de sucre fut instaurée, une résistance se forma, menée par James Otis.  Lors de la session de 1765, Greenville voulut prescrire « aux Colons l&#8217;usage de papier timbré pour tous actes et contrats commerciaux, documents officiels, journaux, etc. Il proposa encore que les troupes royales stationnés sur les plantations fussent cantonnées chez l&#8217;habitant. (p. 86) »</p>
<p align="justify"> 	Patrick Henry fut l&#8217;un des plus farouches opposant à cette législation contraignante. Il alla plaider à la Chambre des Bourgeois en mai 1765, peu après que la Loi sur le Timbre fut votée en mars 1765. Il avait face à lui des adversaires, tels que Peyton Randolph. Mais Patrick Henry n&#8217;en démordait pas et suggérait plutôt que « le Roi ferait bien de méditer sur le sort de César et de Charles Ier comme à de salutaires exemples. (p. 91) ». Il fut contesté par l&#8217;auditoire, mais finalement, à une faible majorité, l&#8217;Assemblée a adopté la déclaration des droits mais rejeta toutefois son idée de désobéissance. Les propositions de Patrick Henry sont désignées sous le nom de « Résolutions de la Virginie ».</p>
<p align="justify"> 	Dès le lundi 7 octobre 1765, les délégués de 9 colonies se réunirent à New York pour décider de la conduite à tenir. Le 19 octobre fut publié une « Déclaration des droits et griefs coloniaux » par le Congrès de New York et furent envoyés au Roi d&#8217;Angleterre ainsi qu&#8217;au Parlement britannique. Une pétition avait également cours.</p>
<p align="justify"> 	La loi fut finalement abrogée le 18 mars 1766, le cabinet anglais n&#8217;ayant pu résister à une pareille pression. Ce fait fut accueilli avec un grand soulagement et les tensions entre les différents colons s&#8217;apaisèrent. Patrick Henry devint rapidement un leader, « le premier porte-parole des Virginiens et de tous les bons citoyens (p. 95) ».</p>
<p align="justify"> 	Cependant, l&#8217;Angleterre poursuivait sa politique avec les même intentions. Le credo était que « le Parlement a pouvoir de contraindre les colonies en toutes circonstances et sans nulle exception. (p. 95) ». « Le 29 juin 1767 furent votés des droits d&#8217;importation sur le verre à vitre, le papier, les matières colorantes et le thé, pour assurer aux fonctionnaires de la couronne un traitement prélevé sur les revenus coloniaux. (p. 96) ».</p>
<p align="justify"> 	C&#8217;est pourquoi lors de la session suivante ayant eu lieu en 1768, la Chambre des Bourgeois établit de nouvelles remontrances à l&#8217;égard de la Couronne britannique. Les adresses ainsi que les pétitions à l&#8217;ordre du Roi ayant toutes échouées, il s&#8217;en suivit un regain d&#8217;intérêt  pour l&#8217;indépendance chez de plus en plus de colons. Dans sa lettre adressée à George Mason du 5 avril 1769, George Washington écrivait : « À l&#8217;heure où nos nobles maîtres de Grande-Bretagne ne visent à rien moins qu&#8217;à supprimer la liberté en Amérique, il me paraît indispensable de tenter quelque chose pour détourner le coup et assurer cette liberté que nous ont léguée nos ancêtres&#8230; Nul ne doit avoir de scrupules, ni hésiter un seul instant à employer les armes pour la défense d&#8217;un bien aussi précieux et aussi sacré&#8230; : telle est mon opinion très nette. Les armes cependant, me permettrai-je d&#8217;ajouter, ne doivent constituer que l&#8217;ultime ressource (p. 97) ». Il s&#8217;agissait de paralyser l&#8217;économie et l&#8217;industrie britannique.</p>
<p align="justify"> 	En janvier 1770, un nouveau cabinet en Angleterre s&#8217;était constitué, sous la présidence de Lord North, qui abolit toutes les taxes votées depuis 1767, mises à part celles sur le thé. « Mais ce que les colons combattaient, c&#8217;était <em>le droit</em> du Parlement à les taxer, bien plus que les taxes elles-mêmes. (p. 100) ». Des affrontements entre colons et militaires eurent lieu, se soldant parfois par des massacres, comme le 5 mars 1770 où le « Massacre de Boston » eut lieu au cours d&#8217;une émeute.</p>
<p align="justify"> 	En 1773, la situation évolua sur une crise. En effet, le Parlement avait décidé que les mutins, et notamment ceux de l&#8217;affaire de la <em>Gaspée</em> devaient être jugés en Angleterre. Patrick Henry, Richard Henry Lee, Dabney Carr et Thomas Jefferson se réunirent pour y réfléchir.</p>
<p align="justify"> 	En fin d&#8217;année, après que le gouvernement anglais ait décidé que les colonies devaient prendre du thé importé des Indes Orientales, des contestations éclatèrent et se soldèrent, le 16 décembre 1773, par <em>The Boston&#8217;s tea-party</em> où des Bostoniens jetèrent à la mer 370 caisses de ce thé.</p>
<p align="justify">
<div class="amtap-item" lang="fr" xml:lang="fr"><a href="http://www.amazon.fr/George-Washington-Fondateur-Etats-Unis-1732-1799/dp/2228901547%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2228901547"><img src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51b%2BwJkuhcL._SL110_.jpg" width="72" height="110" alt=""/></a><br />
<h3><a href="http://www.amazon.fr/George-Washington-Fondateur-Etats-Unis-1732-1799/dp/2228901547%3FSubscriptionId%3D0QRNS5H9PFYMFN93NA82%26tag%3Dmor0d-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D2025%26creative%3D165953%26creativeASIN%3D2228901547">George Washington </a></h3>
<p class="author">Woodrow Wilson.					Payot 2007, 					Poche,				266 pages,				&#8364;&#160;8,55</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.morbleu.com/la-melee-politique-1761-septembre-1774/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<series:name><![CDATA[George Washington par Woodrow Wilson]]></series:name>
	</item>
	</channel>
</rss>

