Brisons les barreaux du silence
« Cet hiver, à Nantes, les couvertures sur les lits étaient toutes givrées le matin. À Draguignan, la température était toujours au-dessous de zéro dans certaines cellules. À Clairvaux, cinquante-huit cages à poules (cellules entièrement garnies de barreaux) ne sont jamais chauffées. À Loos, durant l’hiver 1969, le chauffage est resté en panne durant un mois. À cela s’ajoutaient les brimades les plus ignobles. On interdisait aux détenus de s’étendre sous les couvertures durant la journée. Le directeur disait: « Vous voulez vous réchauffer ? Vous n’avez qu’à courir dans vos cellules ! », ou : « Vous n’aviez qu’à ne pas venir ici ! »
Beaucoup de détenus disent pourtant : « Les conditions matérielles en prison, ce n’est pas le pire. » Et nous avons ainsi découvert toute une série de répressions plus mal supportées encore que l’entassement, l’ennui ou la faim.
La plus importante, peut-être, c’est l’absence de tout droit réel. La justice envoie un homme en prison, et cet homme ne peut défendre ses droits devant elle. Il est totalement désarmé. La longueur de la détention préventive et les conditions de vie, tout dépend de la justice. Or, quand il écrit au procureur pour se plaindre, sa lettre peut être interceptée ou réécrite en partie par le greffe. Parfois même, on l’enverra au mitard afin qu’il cesse de se plaindre. Les juges savent bien que l’administration pénitentiaire fait écran entre eux et les détenus. C’est même là l’une des fonctions de la prison que les juges apprécient beaucoup. »
Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet, « Enquête sur les prisons : brisons les barreaux du silence », 1971 in Foucault, Dits et écrits, p. 1047-1048.
Près de quarante ans après, quels changements ? Combien de temps encore ce texte restera-t-il hélas ! actuel, si actuel, trop actuel ? Combien de temps encore tolérera-t-on l’intolérable ? Combien d’autres Vincent Stasi (voir Libération, « A sa sortie de prison, un détenu raconte l’enfer vécu ») faudra-t-il pour qu’enfin la société cesse de refouler et se refouler en bafouant les droits de l’homme les plus élémentaires ?


15 avril 2009 à 10:27 stasi vincent[Citer] [Répondre]
bonjour je m’appelel vincent stasi je prends connaissance
ce jour, des nombreux messages reçus, je prie chacune, chacun de trouver ici l’expression de ma profonde gratitude
car dans l’imposssibilité derépondre individuelelemnt à tous
19 mars 2010 à 9:48 vincent.stasi[Citer] [Répondre]
Bonjour,
je tenais à préciser que la france vient d’être condamné par
la cour européene des droits de l’homme pour actes de barberies
au sein d’un établisement public d’autres plaintes sont en cours à la veille d’élection ou on récupère la sécurité au nom de crimes commis dans des établissements d’ETAT
8 décembre 2010 à
[...] vous avions parlé il y a maintenant un peu plus de deux ans de l’histoire de Vincent Stasi, cet ancien détenu ayant vécu l’inimaginable derrière les barreaux, et ayant eu le courage [...]